Les caprices alimentaires

Les caprices alimentaires

Votre enfant ne veut plus manger son plat favori, il aime mieux jouer que manger ou il refuse de goûter aux légumes verts. Vous vous inquiétez alors de son appétit ou vous négociez ses caprices, car vous savez que sa santé dépend, entre autres, des aliments qu’il consomme. Pourtant, plusieurs de ces « caprices » ne sont que des comportements alimentaires qui font partie du développement normal d’un enfant. Il est naturel qu’un tout-petit n’aime pas tout au premier essai et que son appétit varie.



Erreur n° 1 : « Mon enfant ne mange rien, c’est un caprice! »

Tenir compte de son ralentissement de croissance

Chaque enfant a des besoins propres à son métabolisme, sa taille, son poids. Contentez-vous d’offrir des aliments variés et de qualité, en laissant votre enfant les découvrir à son rythme. Votre tout-petit ira chercher tout ce dont il a besoin en respectant ses envies et son appétit. De cette façon, il développera ses goûts et ses habitudes alimentaires de façon harmonieuse.

Durant sa 1re année de vie, un bébé triple son poids et double sa taille. Durant sa 2e année, sa croissance ralentit et l’enfant perd l’appétit. Ne vous inquiétez donc pas si votre enfant mange moins, c’est normal. Se rappeler que l’enfant respecte sa faim instinctivement

Votre enfant sait s’il a faim. S’il mange peu ou s’il mange des aliments à faible teneur en énergie lors d’un repas, il mangera davantage ou choisira des aliments à teneur en énergie plus élevée au prochain repas, si son corps le lui dicte. Le défi pour vous est de faire confiance aux signaux de satiété de votre enfant. Laissez-le les écouter et ne vous inquiétez pas s’il dit qu’il n’a pas faim.

Accepter son désir d’affirmation

Il est normal qu’un enfant hésite à manger, ou même à goûter, certains aliments.

Pour le jeune enfant, manger est une activité parmi d’autres. Vers 2 ans ou 3 ans, il préfère apprendre à grimper, à sauter, à parler, à chanter, à devenir autonome... Votre tout-petit peut donc se permettre de consacrer moins de temps à manger, car son corps a moins besoin de nourriture.

Comme il a moins faim, il peut aussi se permettre d’utiliser la nourriture pour exprimer son désir d’autonomie. Refuser des aliments lui donne un nouveau pouvoir. Il est important de respecter les choix alimentaires de votre tout-petit. Vous l’aidez ainsi à développer sa capacité à prendre des décisions. Un enfant qui n’a pas la possibilité de refuser des aliments risque d’ailleurs de développer une relation malheureuse avec la nourriture.

Erreur n° 2 : « Je vais insister, car c’est pour son bien. »

Toujours respecter son appétit

Quels sont les aliments dont les enfants ont le plus besoin?

Ne forcez pas votre enfant à manger. Ne vous inquiétez pas : les tout-petits ne se privent jamais de l’énergie dont ils ont besoin pour jouer et apprendre. Plus vous manifesterez votre inquiétude et vos exigences, plus votre enfant résistera. De plus, il risque de développer une mauvaise relation avec la nourriture. Votre enfant mangera trop pour vous faire plaisir et obtenir votre affection, ou il refusera de manger s’il éprouve trop de pression ou se sent dévalorisé.

Pour les mêmes raisons, le dessert ne devrait pas être l’objet de chantage (ex. : « Tu auras du dessert quand tu auras fini de manger ce qu’il y a dans ton assiette. »). Le dessert n’est pas une récompense en soi, ça fait partie d’un menu. Si votre enfant n’a pas faim pour le pâté chinois, il peut quand même avoir le dessert prévu, sans être pénalisé. Le dessert contribue aussi à combler ses besoins, car il est idéalement un aliment nourrissant : un fruit, un yogourt nature, un muffin maison, un dessert au lait maison, etc. Les desserts plus sucrés ont cependant aussi leur place à l’occasion.

Les enfants de 2 ans et 3 ans devraient manger, en 1 journée : 4 portions de fruits et légumes, 3 portions de produits céréaliers, 2 portions de lait et substituts et 1 seule portion de viande ou équivalents.
Puis, de 4 ans à 8 ans, ces portions passent à : portions de fruits et légumes, 4 portions de produits céréaliers, 2 portions de lait et substituts et 1 seule portion de viande ou équivalents.
1 portion étant l’équivalent de ½ tasse environ

Erreur n° 3 : « Au pire, je lui donne ce qu’il demande, pourvu qu’il mange. »

Garder le cap sur la qualité

Si les petites portions que mange votre enfant vous inquiètent, concentrez-vous sur la qualité et la variété des aliments plutôt que sur la quantité. Laissez votre enfant manger seulement un peu. Son manque d’appétit n’est, le plus souvent, que passager. Peu à peu, il goûtera à différents aliments et découvrira ce qu’il aime.

La nouveauté le rebute? C’est normal! La néophobie alimentaire fait partie du développement normal d’au moins les trois quarts des enfants. Plus les tout-petits sont exposés à différents aliments, plus ils apprennent à les connaître et à les apprécier. N’offrez pas un plat différent à votre enfant qui ne veut pas manger ce qui a été cuisiné pour la famille. Plus vous céderez à ses exigences, plus il se montrera difficile et moins il aura de chance d’élargir son répertoire alimentaire. Savoir que vous gardez fermement les commandes des menus le rassurera.

Favoriser son appétit

Pour vous assurer que votre enfant a faim au dîner ou au souper, allégez ses collations et offrez-les au moins 2 heures avant ou après le repas. Certains parents pensent que leur enfant ne mange pas. Après avoir calculé ce que leur tout-petit avale au cours d’une journée, ils se rendent compte que leur enfant a mangé tout ce dont il avait besoin en dehors des repas.

Afin d’éviter que votre tout-petit remplisse son estomac de liquide avant de manger, offrez-lui un petit verre d’eau ou de lait une fois le repas commencé. Évitez cependant de lui servir du jus en même temps que la nourriture. Un verre de jus (même pur) fournit l’équivalent de 6 sachets de sucre et autant de calories qu’une boisson gazeuse. C’est donc un véritable coupe-faim.

Vous pouvez aussi changer l’heure du repas. Votre enfant pourrait être trop fatigué pour manger à 18 h 15. Essayez de le faire souper à 17 h 45, par exemple. Il retrouvera peut-être son appétit.

Améliorez facilement l’alimentation de votre enfant en remplaçant :
  • le jus de fruits par un fruit, qui contient encore toutes ses fibres et autant de vitamines;
  • au moins la moitié de vos céréales « blanches » (le pain, les pâtes, le riz, le blé, etc.) par leur équivalent « brunes », c’est-à-dire à grains entiers;
  • les aliments transformés du commerce par des repas et collations faits maison;
  • occasionnellement, la viande par du poisson, des légumineuses, du tofu ou des oeufs.

 

Naitre et grandir.com

      Révision scientifique : Stéphanie Côté, nutritionniste, M. Sc.
      Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
      Mise à jour : Novembre 2013

 

Site d’intérêt

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • CENTRE D’EXCELLENCE SUR LE DÉVELOPPEMENT DES JEUNES ENFANTS. Comportements alimentaires, Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Octobre 2008, www.enfant-encyclopedie.com.
  • SANTÉ CANADA. Le Guide alimentaire canadien. 2007, www.hc-sc.gc.ca.
  • NOS PETITS MANGEURS. Enfants difficiles. Février 2013, www.nospetitsmangeurs.org.
  • ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ. www.who.int
  • PASSEPORT SANTÉ. « Alimentation des tout-petits : variété, qualité et quantité...». www.passeportsante.net

Livres

  • COLLECTIF. Jouer à bien manger: nourrir mon enfant de 1 à 2 ans. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2006, 162 pages.
  • LAMBERT-LAGACÉ, Louise. Comment nourrir son enfant : du lait maternel au repas complet. Éditions de l’Homme, 2007, 336 pages.
  • RÉGIMBAL, Nathalie et Manon VALADE. Du plaisir à bien manger : 80 recettes gagnantes pour les familles. Boucherville, Viséo solutions, 2007, 96 pages. (Livre lancé en collaboration avec plus d’une centaine de CPE, une nutritionniste offre aux parents et aux cuisinières de CPE « 80 recettes gagnantes », testées auprès des principaux concernés. À se procurer dans tous les CPE participants et sur le site Internet : www.duplaisirabienmanger.com)

 

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