Portraits de parents

Portraits de parents

Quel type de parent êtes-vous? Détendu, autoritaire, surprotecteur ou obsédé par la performance?


Quel type de parent êtes-vous?

Surprotecteur, détendu, sévère, axé sur la performance… La plupart des parents sont « un peu de tout », et cela fonctionne bien ainsi. Cependant, la présence trop marquée d’un style ou le passage soudain d’un style à l’autre peut avoir des effets sur le bien-être d’un enfant. Pour cette raison, il est important d’apprendre à se connaître en tant que parent.

Même si vous vous reconnaissez particulièrement dans l’un de ces styles parentaux, cela ne fait pas de vous une mauvaise personne. La plupart des parents correspondant à l’un d’eux sont aimants. Ils sont juste « un peu trop comme ça ». En prenant conscience de la situation, vous êtes déjà sur la bonne voie. Apprendre à mieux vous connaître vous permet de rajuster le tir.

Certains styles parentaux conviennent d’ailleurs davantage au tempérament de certains enfants qu’à d’autres. Par exemple, un style autoritaire est beaucoup moins efficace avec un enfant qui cherche la confrontation qu’avec un tout-petit plutôt coopératif.

Le parent permissif

Souvent, le parent permissif est en quête d’affection. Ce parent craint de s’imposer de peur de ne pas être aimé. Il peut aussi chercher à être l’ami de son tout-petit. Ce statut est toutefois incompatible avec le besoin de son enfant d’être guidé et encadré.

Certains parents adoptent aussi une attitude permissive, car ils sont tout simplement contre l’exercice de l’autorité, en réaction à une éducation trop stricte. Souvent, la moindre réprimande donnée à leur enfant par un autre adulte les dérangera.

Les conséquences de ce style parental sur l’enfant

Les plus grands besoins de l’enfant sont d’être aimé et de réussir ce qu’il entreprend, mais aussi de savoir qu’il y a des limites et des règles qu’il doit respecter. Lorsqu’il est laissé à lui-même sans encadrement, un tout-petit peut avoir de la difficulté à vivre des réussites, car il démissionne facilement devant l’effort. De plus, son manque d’encadrement peut déranger son entourage, qui le voit alors comme un enfant immature. Comme il vit des échecs et des rejets, l’enfant peut devenir mal dans sa peau.

Vous vous reconnaissez dans ce portrait du parent permissif?

Si vous vous reconnaissez beaucoup, demandez-vous pourquoi vous êtes si permissif :

  • Vous cherchez l’affection de votre enfant à tout prix? Rappelez-vous qu’il est là beaucoup plus pour en recevoir que pour en donner.
  • Vous êtes plutôt un « parent-ami »? Reprenez votre place : vous n’êtes pas son coéquipier, mais plutôt son entraîneur.
  • Vos parents étaient trop sévères? Vous pouvez encadrer votre enfant sans aller aussi loin.

De façon générale, vous devrez faire preuve de plus de fermeté. Votre enfant n’en souffrira pas si vous le faites dans le respect de ses besoins. N’hésitez pas à lui imposer une petite conséquence s’il dépasse les bornes.

Le parent autoritaire

Le parent autoritaire se situe à l’opposé du permissif. Il a tendance à punir son enfant sans fournir d’explications. Il y a problème lorsque le parent fait preuve d’autorité pour répondre à ses besoins plutôt qu’à ceux de son tout-petit.

Certains parents autoritaires ont aussi des exigences démesurées par rapport au stade de développement de leur enfant (propreté, politesse, rangement, etc.).

Les conséquences de ce style parental sur l’enfant

Souvent, le tout-petit ne comprend pas les raisons des interdictions d’un parent autoritaire. L’enfant peut alors croire qu’il n’est pas important, puisque ses besoins et ses goûts ne sont pas considérés. Il risque de se laisser dire quoi faire par les autres, d’être peureux et d’avoir une mauvaise estime de lui-même. Les attentes trop élevées du parent peuvent aussi causer de l’anxiété chez l’enfant.

Comme ces parents jouissent d’un grand pouvoir sur leur enfant, c’est souvent à l’adolescence que les problèmes apparaissent.

Vous vous reconnaissez dans ce portrait du parent autoritaire?

Si vous vous reconnaissez beaucoup, voici ce que vous pouvez faire :

  • Donnez la chance à votre tout-petit de prendre certaines décisions qui le concerne.
  • Expliquez brièvement la raison d’une conséquence ou d’une interdiction.
  • Recentrez-vous sur les besoins de votre enfant.
  • Assurez-vous que vos attentes envers votre tout-petit sont appropriées à son âge.

Le parent surprotecteur

Le parent surprotecteur s’inquiète de tout. Il est convaincu que l’environnement de son tout-petit est dangereux pour lui. Il imagine souvent les pires scénarios. Il fait aussi les choses à la place de son enfant et excuse ses comportements pour lui éviter des frustrations ou des difficultés.

Les conséquences de ce style parental sur l’enfant

Si le tout-petit perçoit le monde comme une menace, il risque de devenir anxieux. Il peut aussi réagir fortement lorsqu’on le dépose au service de garde ou être très timide avec les autres enfants.

Vous vous reconnaissez dans ce portrait du parent surprotecteur?

Si vous vous reconnaissez beaucoup, voici ce que vous pouvez faire :

  • Tentez tout d’abord de calmer vos inquiétudes. Sinon, vous communiquez votre angoisse à votre enfant au lieu de le protéger vraiment. Une remise en question lorsque l’enfant est en bas âge a un impact très positif sur lui.
  • Même si cela n’est pas toujours facile, encouragez votre tout-petit dans ses initiatives et laissez-le développer son autonomie. Grâce à vos encouragements, il développera une plus grande confiance en lui.

Le parent aliénant

Le parent aliénant se remet rarement en question, car il est convaincu d’agir dans l’intérêt de son enfant et de vouloir ce qu’il y a de mieux pour lui. Ce type de parent met trop d’importance sur la performance de son enfant. Ce peut être à l’école, dans le sport, en musique ou dans une autre activité. Il veut des résultats, très bons de préférence.

Le parent aliénant peut aussi se montrer très exigeant sur une valeur en particulier, comme l’écologie ou l’altruisme. Il pourrait par exemple dire à son enfant : « Toi, tu n’as pas de besoins, tu dois donner tes choses aux autres, parce que nous sommes au-dessus de ça. »

Les conséquences de ce style parental sur l’enfant

Le parent aliénant exige souvent de son enfant d’être ce qu’il n’est pas pour satisfaire ses propres désirs. Le tout-petit devient alors le porteur de l’idéal de son parent. Cela représente une pression importante pour l’enfant, qui en déduit qu’il n’existe pas s’il échoue ou n’arrive pas premier. Comme il ne peut pas être qui il est vraiment, l’enfant risque aussi de passer à côté de ses rêves et de ses aspirations.

Vous vous reconnaissez dans ce portrait du parent aliénant?

Si vous vous reconnaissez beaucoup, voici ce que vous pouvez faire :

  • Laissez votre enfant choisir des activités qu’il aime et des passe-temps de son âge.
  • Évitez d’ajouter de la pression de performance à celle qui s’impose naturellement.

Quand les parents n’ont pas le même style parental

Parfois, les deux parents adoptent des styles différents. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Cela permet de devenir complémentaires et complices. Tant que les valeurs relatives aux règles de vie sont les mêmes (respect, attitude à table, heure du coucher, etc.), l’enfant peut s’adapter. Il apprendra ainsi à être plus conciliant.

Toutefois, des styles parentaux différents peuvent parfois causer des conflits dans le couple. Les divergences d’opinions sur la manière d’élever les enfants sont d’ailleurs courantes. Lorsque vous n’êtes pas d’accord avec votre partenaire, discutez calmement avec lui en restant ouvert aux compromis. Vous pouvez évoquer vos valeurs, vos idées, vos objectifs, etc. Vous pouvez aussi aborder les aspects positifs et négatifs de votre propre éducation.

Même s’il peut être frustrant de ne pas être sur la même longueur d’onde que votre conjoint, rappelez-vous que les divergences sont normales. Reconnaissez à chacun la liberté d’agir sans subir de critiques. Vous travaillez d’ailleurs tous les deux pour élever un enfant heureux et en santé.

Les désaccords importants entre vous et votre partenaire peuvent toutefois perturber et inquiéter votre tout-petit. De plus, au fur et à mesure qu’il grandira, il pourrait tenter de vous monter l’un contre l’autre, ce qui lui donnerait trop de pouvoir au sein de la famille.

Pour toutes ces raisons, évitez de discuter de vos différends devant lui, même si cela signifie de remettre une décision à plus tard. Vous pourrez échanger sur le sujet et ensuite annoncer votre choix à votre enfant après être tombés d’accord. Dialoguer à l’écart de votre enfant évite aussi qu’il soit témoin d’une dispute si jamais les esprits s’échauffent.

Chicane avec votre partenaire : comment réagir si votre enfant en est témoin?
Voici quelques trucs pour réduire les effets négatifs d’une dispute entre vous et votre partenaire sur votre enfant.
  • Évitez de crier ou d’être excessif.
  • Discutez de solutions avec votre partenaire et mettez un terme à votre dispute. Réconciliez-vous dès que possible pour que votre enfant comprenne que la chicane est finie et qu’il apprenne à résoudre ses conflits en suivant votre exemple.
  • Ne niez pas que vous vous êtes disputés. Rassurez-le plutôt en lui disant que même si vous étiez fâchés l’un contre l’autre, vous vous aimez.
  • Faites-lui comprendre qu’il n’est pas responsable du conflit.
  • Veillez à ce que votre enfant ne soit pas forcé de prendre parti pour l’un ou l’autre.
  • Ne vous montrez pas gentil de façon exagérée avec votre partenaire pour compenser la dureté de vos échanges, car votre tout-petit se rendra compte que cela n’est pas naturel.
  • Tentez d’éviter les excuses du type : « Ma journée se passe mal » ou « je suis en colère, c’est tout. »

Que faire quand les parents ne s’entendent pas?

Si vos échanges sont violents psychologiquement ou physiquement ou s’ils commencent à avoir des répercussions sur le comportement de votre enfant, demandez de l’aide. Votre CLSC ou votre médecin pourra vous guider vers les ressources appropriées de votre secteur. Plus vous le ferez tôt, moins la situation aura eu le temps de se détériorer.

 

À retenir

  • La plupart des parents sont un mélange à différents degrés des 4 styles parentaux.
  • Réfléchir à son style parental permet au parent de pouvoir s’améliorer et ainsi d’accroître le bien-être de son enfant.
  • Avoir un style parental différent de son conjoint peut causer des conflits, mais aussi apprendre à l’enfant à s’adapter et à être plus conciliant.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : François Dumesnil, psychologue
Rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Janvier 2014

 

Photo : iStock.com/Maica

 

Ressources et références

  • DUCLOS, Germain et Martin DUCLOS. Responsabiliser son enfant. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2005, 198 p.
  • DUMESNIL, François. Parent responsable, enfant équilibré. Montréal, Éditions de l’Homme, 2003, 400 p.
  • L’ENCYCLOPÉDIE SUR LE DÉVELOPPEMENT DES JEUNES ENFANTS. Habiletés parentales. www.enfant-encyclopedie.com
  • LE PARENT ENTRAÎNEUR. www.parententraineur.com
  • LIGNE PARENTS. www.ligneparents.com
  • GANNAC, Anne-Laure. Mère-fils, l’impossible séparation. Paris, Les éditions Marabout, 2008, 382 p.
  • PREMIÈRE RESSOURCE, AIDE AUX PARENTS. www.premiereressource.com
  • REID, Louise. Guérir l’anxiété de nos enfants, sans médicament ni thérapie. Montréal, Les Éditions Québec-Livres, 2011, 144 p.
  • WYCKOFF, Jerry et Barbara C. UNELL. Se faire obéir des enfants sans crier. Montréal, Éditions de l’Homme, 2015, 256 p.

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