La propreté

La propreté

Prêt pour le départ?

La propreté dépend de la capacité de l’enfant à contrôler sa vessie et ses intestins. Ce n’est que vers l’âge de 2 ans environ qu’il peut reconnaître la sensation que ces organes sont « pleins ». Ensuite, il apprend à détecter le moment où il est sur le point d’uriner ou d’aller à la selle. Enfin, il se dirige vers son petit pot avant qu’il soit trop tard...

Tout cela ne « s’enseigne » pas à proprement parler. Cela dépend de l’enfant. Il faut qu’il y soit prêt physiologiquement et, surtout, « psychologiquement ». Vous pouvez, tout simplement, le soutenir et l’encadrer. Surtout, faites-lui confiance! L’apprentissage de la propreté demande de la patience et de la persévérance, ainsi qu’une bonne dose de bonne humeur.

Les 10 étapes-clés

1. Ne le forcez pas

Tant que votre petit n’est pas prêt, il est inutile de le forcer à devenir propre. De toute façon, cela ne ferait probablement que ralentir le processus. Votre petit doit se sentir valorisé et enclin à vous faire plaisir. Les enfants deviennent « propres » vers 2 à 4 ans, d’abord le jour puis, généralement, quelques mois plus tard, la nuit. L’âge de la maîtrise de la propreté varie toutefois beaucoup d’un enfant à l’autre. Il faut donc éviter d’avoir une échéance précise en tête et accepter de suivre le rythme de son enfant. C’est lui qui décide! Durée de l’apprentissage : de 3 à 6 mois en moyenne.

L’apprentissage de la propreté la nuit peut prendre plus de temps et, avant l’âge de 5 ans, il est inutile de s’inquiéter si votre enfant ne réussit pas à se réveiller pour aller aux toilettes.

L’apprentissage de la propreté est toujours un casse-tête pour les parents, voyez cette vidéo résumant les règles de base.

 

Comment savoir s’il est prêt?

Voici quelques signes :

  • Il se dirige lui-même vers son petit pot et s’assoit dessus tout seul.
  • Il se déshabille en partie sans votre aide.
  • Il reste au sec pendant plusieurs heures (couche propre).
  • Il comprend les consignes simples, comme « Va porter ceci à papa ».
  • Il commence à exprimer ses besoins clairement et dit, par exemple, « Veux du lait ».
  • Il est fier de faire des activités tout seul.
  • Il se montre curieux : il veut vous voir aller aux toilettes, il place son toutou sur le petit pot, il aime les histoires qui parlent de propreté, etc.

2. Choisissez le bon moment

Le moment idéal? L’été. Vous pourrez ainsi le laisser en culotte ou les fesses à l’air à l’intérieur de la maison, et placer son pot à côté de lui pour lui faciliter la tâche. Sinon, commencez son apprentissage au cours d’une période paisible, pendant les vacances par exemple, afin de pouvoir vous y consacrer activement.

Surtout, ne tentez pas d’encourager votre enfant à devenir propre à un moment stressant pour lui, qui coïncide, par exemple, avec un déménagement ou avec l’arrivée d’un petit frère.

Assurez-vous d’obtenir la collaboration des autres personnes qui s’occupent de lui – éducateurs, gardienne, grands-parents, etc. Il faut que la démarche soit cohérente quel que soit le milieu qu’il fréquente.

3. Familiarisez-le avec le pot

Déposez son pot près des toilettes et expliquez-lui à quoi il sert. Ensuite, invitez-le à s’asseoir dessus, même habillé, ou à asseoir son toutou. Au début, ce sera un jeu!

Laissez-le vous regarder aller aux toilettes. Puis encouragez-le à faire comme vous lorsqu’il a envie de faire « pipi » ou « caca », en le félicitant chaque fois qu’il essaie. S’il est vraiment prêt, il ressentira le désir de vous imiter.

Et la « grande toilette »?
Le petit pot est plus stable; l’enfant s’y sent donc plus en sécurité. Il peut aussi poser les pieds bien à plat sur le sol et prendre appui dessus. Un jour viendra où vous pourrez vous servir du siège adaptable. Votre petit vous demandera probablement lui-même d’aller sur les « grandes toilettes ». Vous pourrez alors placer un petit banc sous ses pieds afin qu’il puisse s’appuyer dessus et qu’il ne coure aucun risque de tomber. Il doit se sentir en sécurité en tout temps!

4. Établissez une routine

Peu à peu, amenez votre enfant à s’asseoir sur le petit pot à des heures régulières et propices à l’élimination : au réveil, après les repas et les collations, et avant les siestes, le bain et le coucher.

Il se relève dès que vous l’assoyez? Suggérez-lui de rester un peu plus longtemps (2 ou 3 minutes) et distrayez-le avec un jouet ou un livre. S’il ne se passe rien, laissez-le se relever et retourner jouer; ne manifestez ni déception ni réprobation. Par contre, s’il fait ses besoins dans le pot, n’oubliez pas de le complimenter.

5. Passez à la culotte de tissu

Votre enfant commence à utiliser le pot régulièrement? Pendant le jour, supprimez la couche. Il sera plus motivé à rester au sec s’il porte une culotte. Mettez-lui des vêtements faciles à enlever et rappelez-lui régulièrement d’aller sur le petit pot. À son âge, c’est normal qu’il oublie de le faire.

Bien sûr, il salira quelques culottes. Cela fait partie de son apprentissage, alors ne le grondez pas. S’il vous le dit après l’avoir fait, félicitez-le quand même de vous avoir prévenu.

S’il a une série d’accidents peu après avoir commencé à porter une culotte, il devrait pouvoir recommencer à porter une couche sans éprouver de honte et sans être puni.

6. Supprimez la couche pendant le dodo

Il reste propre toute la journée? Et sa couche est demeurée sèche pendant plusieurs siestes? Il est temps de la supprimer. Lorsque ce moment sera venu, appliquez la même méthode pour la nuit. D’ici là, même si vous lui mettez une couche pour dormir, encouragez-le à vous appeler s’il a envie d’aller sur le pot.

7. Pour les sorties

Tant que vous n’êtes pas sûr de lui et que vous savez que vous sortez pour un bon moment, mettez-lui une couche. Mais si vous ne sortez que pour un court moment et si vous pouvez facilement avoir accès à des toilettes, osez! Mettez-le sur le pot juste avant de partir et n’oubliez pas de prendre des vêtements de rechange. Si vous voyagez en voiture, apportez le petit pot avec vous, ainsi qu’une boîte de lingettes humides.

8. Si votre enfant refuse d’aller à la selle sur le petit pot

Laissez-le faire ses selles dans une couche. Si vous le forcez à s’en abstenir, il risque de se retenir et de devenir constipé. La constipation peut rendre les selles douloureuses. Si votre enfant a mal, il lui faudra encore plus de temps pour devenir propre. Quand il sera prêt, il ira sur le pot tout seul. D’ailleurs, il sera très fier de vous montrer son premier « caca ».

9. Conseils d’hygiène

Un enfant ne peut pas s’essuyer seul correctement avant l’âge de 4 ans. Jusque-là, il aura donc besoin de votre aide. N’oubliez pas que les filles doivent s’essuyer de l’avant vers l’arrière pour éviter de souiller leur vulve de selles et de s’exposer à des infections. Enseignez les bonnes techniques d’hygiène à votre enfant et rappelez-lui qu’il doit toujours se laver les mains après être allé aux toilettes.

10. En cas de pépin : le médecin

Malgré tous vos efforts et toutes vos tentatives, votre enfant refuse systématiquement d’aller sur le petit pot ou semble incapable de se retenir? Il a été propre pendant quelques temps mais a régressé au point que tout retour à la normale paraît impossible? Ou encore, il a plus de 4 ans et ne manifeste toujours aucun intérêt pour cet apprentissage? Parlez-en avec votre pédiatre ou avec votre médecin de famille. Ils pourront explorer les raisons de ce refus ou de cette difficulté, qu’elles soient de nature psychologique ou physiologique.

En résumé :
  • Rappelez-vous que l’apprentissage de la propreté est une étape de développement aussi importante que la parole et la marche, tant sur le plan physiologique que sur le plan psychologique.
L’approche Réconforter, jouer et enseigner dans l’apprentissage de la propreté de l’enfant.
  • Faites-en une expérience favorable. Devenir propre, c’est apprendre à contrôler son corps. Soutenez les efforts de votre enfant, félicitez-le. Faites-en sa réussite personnelle, car de toute façon, c’est son apprentissage à lui!
  • Ne le forcez pas. Tant qu’il n’est pas prêt, il s’opposera au petit pot. Si vous vous lancez dans une bataille, vous risquez de nuire à votre relation et de retarder cet apprentissage.
  • Votre enfant peut connaître des périodes de régression, notamment à cause d’un événement stressant pour lui. Rassurez-vous, tout reviendra bientôt à la normale. Continuez de l’encourager et de le féliciter lorsqu’il va sur le petit pot, mais sans accorder trop d’importance à ces moments. Il ne faut surtout pas que l’attention favorable que vous lui prêtez soit uniquement reliée à la propreté.
  • S’il le faut, revenez aux couches pendant un certain temps. Faites tous deux une pause pendant quelques semaines. Faites preuve de patience, de persévérance et... de bonne humeur! Ne vous tracassez pas, votre tout-petit finira bien par être propre tôt ou tard...

 

Naitre et grandir.com

      Révision scientifique : Équipe de recherche: Isabelle Marc, MD
      Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
      Mise à jour : Juillet 2011

 

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • YOUNGER-LEWIS, Catherine Younger-Lewis, MD., MJ. ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE. Mon bébé, je l’attends, je l’élève. De la conception à l’âge de trois ans. Editions Sélection du Reader’s Digest, 2002.
  • Comité de la pédiatrie communautaire, SOCIÉTÉ CANADIENNE DE PÉDIATRIE. L’apprentissage de la propreté: des conseils axés sur l’enfant. Paediatrics & Child Health 2000; 5(6): 342-4. Réapprouvé en février 2007. www.cps.ca.
  • DORÉ, Nicole et Danielle LE HÉNAFF. Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, Guide pratique pour les mères et les pères. Institut national de santé publique du Québec, Québec. www.inspq.qc.ca.
  • Revolution Health, Family and Parenting. « Potty training: How to get the job done ». www.revolutionhealth.com.
  • ROSSANT, Lyonel et Jacqueline ROSSANT-LUMBROSO. Votre enfant. Guide à l’usage des parents, Editeur Robert Laffont, Collection Bouquins, mars 2006.

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