Intervenir: le chantage

Intervenir: le chantage

Plus un enfant vieillit, plus il gagne en autonomie, mais également en capacité à s’affirmer. Il peut alors désobéir aux règles. Devant ce comportement normal, il peut être plus difficile d’intervenir. C’est alors que plusieurs parents peuvent avoir recours au chantage.

Le chantage consiste à menacer l’enfant de le priver d’un privilège ou à lui promettre une récompense afin d’obtenir un comportement correct de sa part. Bien que ces stratégies semblent attrayantes, elles ne sont pas efficaces à long terme.

Les conséquences du chantage

  • Votre enfant risque de ne pas bien comprendre vos consignes. Par exemple, si vous lui dites : « Si tu n’es pas habillé dans 2 minutes, je pars sans toi! », il pourrait ne pas comprendre que vous souhaitez qu’il s’habille rapidement. Il pourrait plutôt s’inquiéter à l’idée que vous le laissiez réellement seul à la maison.
  • Votre enfant ne veut plus faire les choses sans avoir une récompense ensuite. Il est donc préférable de ne pas utiliser les récompenses de façon régulière.
  • Votre enfant utilise le chantage à son tour. Comme il apprend par imitation, il comprend que c’est là une bonne façon d’obtenir ce qu’il veut. De plus, vers 4 ans, les enfants développent leur capacité à négocier. Il pourrait donc vous dire des phrases telles que « Je vais ranger, à condition de pouvoir écouter la télévision ».
Le chantage alimentaire
Évitez d’utiliser le chantage avec votre enfant, par exemple en le menaçant de le priver de dessert, lors d’un refus de manger ou d’un caprice alimentaire. Cela pourrait le pousser à bouder les fruits et légumes et à être plus attiré par les friandises. Il est préférable que vous décidiez de l’heure du repas et du contenu de l’assiette et que votre enfant décide de la quantité qu’il mange.

Comment éviter le chantage

Même si les menaces semblent parfois efficaces à court terme, privilégiez plutôt des stratégies positives avec votre enfant.

  • Il est préférable d’intervenir en expliquant clairement à votre enfant dans quel ordre les choses devraient être faites, plutôt qu’en le menaçant de le priver de quelque chose. Par exemple, dites-lui « Range d’abord tes blocs, tu pourras ensuite jouer avec tes autos », plutôt que « Si tu ne ranges pas tes blocs, tu ne pourras pas jouer avec tes autos ». Ainsi, votre tout-petit comprendra qu’avant de passer à une autre activité, il faut que la première soit terminée. Cet apprentissage lui servira autant à la garderie qu’à la maison.
  • Si votre enfant vous fait chanter, rappelez-lui simplement ce que vous attendez de lui, sans tenir compte de son argumentation : « Ce que je t’ai demandé, c’est de ranger. » Si vous êtes constant dans vos interventions, votre enfant apprendra qu’il ne peut pas utiliser le chantage avec vous.

 

Naitre et grandir.com

Recherche et rédaction : Solène Bourque, psychoéducatrice
Adaptation web : Équipe Naître et grandir
Septembre 2014

 

Référence

  • RACINE, Brigitte. La discipline, un jeu d’enfant. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2008, 136 pages.

 

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