Discipline: le retrait

Discipline: le retrait

Plusieurs parents utilisent la méthode du retrait lorsque leur enfant ne se conduit pas bien. Cette technique consiste à mettre l’enfant à l’écart un certain temps afin qu’il se calme et réfléchisse à son comportement. Aussi appelé période de réflexion ou temps d’arrêt, le retrait ne devrait pas être utilisée avant 2 ans.

Cette méthode de discipline constitue un progrès considérable par rapport au châtiment corporel. Cependant, aujourd’hui, les experts se rendent compte que l’on peut vraiment l’utiliser à tort et à travers, notamment si on le fait presque systématiquement, dans toutes les situations nécessitant de la discipline.

De plus, une étude effectuée auprès d’enfants de 2 ans à 4 ans a démontré que seulement la moitié d’entre eux pouvaient dire pourquoi ils étaient en retrait. Pour eux, il s’agissait d’une punition et ils pensaient d’abord au moyen de sortir de cet isolement en s’excusant, sans vraiment comprendre.



Comprendre les besoins de votre enfant

De 1 an à 3 ans

Votre enfant a besoin de vous pour arrêter certains comportements, car il a de la difficulté à maîtriser ses pulsions. Ainsi, si votre tout-petit pose un geste interdit, tenez-le dans vos bras pour arrêter son geste et le rediriger. Par exemple, faites-lui lancer des boules de papier plutôt que des blocs.

S’il refuse et se fâche, essayez de le calmer et de lui expliquer avec des mots simples pourquoi vous n’acceptez pas son comportement. S’il ne vous écoute pas parce qu’il est trop énervé, emmenez-le dans un endroit tranquille et sûr. S’il ne se maîtrise plus, il a probablement besoin d’aide pour retrouver son calme.

Il a besoin de sentir votre présence calme et sécurisante et de savoir que vous reconnaissez sa colère, mais sans accepter son comportement. Rassurez-le en lui parlant doucement ou simplement en restant près de lui. Le laisser seul lorsqu’il est en pleine crise ne l’aidera pas à se reprendre et à comprendre ce qui est arrivé. Il ressentira plutôt un sentiment d’abandon.

Lorsqu’il est d’accord, tenez-le tendrement contre vous et rassurez-le. Pour l’aider à mettre des mots sur ses émotions, expliquez-lui ce qui s’est passé, ce qu’il peut avoir ressenti et la cause probable de sa colère. Dites-lui par exemple « Tu étais fâché parce que je ne voulais pas que tu lances tes blocs. »

À partir de 3 ans

L’enfant peut maintenant exprimer sa colère et ses désirs par des mots. Le « Stop, je m’arrête et je me calme et je réfléchis » devient donc possible pour lui. À cet âge, il commence à mieux se maîtriser et est capable de s’arrêter pour discuter d’une solution.

Pour éviter d’utiliser le retrait, orientez votre enfant vers une activité plus calme lorsqu’il commence à s’agiter et à devenir agressif.

Votre enfant a besoin que vous l’aidiez à réfléchir à ses actes et ses paroles, ainsi qu’à leurs conséquences. Il est inutile de le mettre en retrait pour un geste dont il ne comprend pas la portée. Posez-lui des questions ou expliquez-lui la situation : « Comment pourrais-tu…? Qu’est-ce qui va se passer si…? » ou, après 2 avertissements, « Tu lances des blocs. Je ne peux pas te laisser faire, tu risques de blesser ton frère. Joue à autre chose ou va jouer plus loin. » Vous aidez ainsi votre enfant à s’exprimer et à comprendre les conséquences de ses gestes. En même temps, vous renforcez vos liens.

Comment bien utiliser le retrait

Dans certaines circonstances, le retrait peut être un moyen d’intervention efficace. Le retrait doit être considéré comme un moyen pour se calmer, et non comme une punition. Voici comment faire.

  • Déterminez l’endroit où votre enfant doit rester tranquille pendant un certain temps (ex. : assis sur une chaise ou sur la première marche de l’escalier). Si votre enfant a plus de 3 ans, vous pouvez l’isoler dans une pièce, par exemple sa chambre, afin qu’il n’ait pas de contacts avec d’autres enfants ou adultes. Ne l’enfermez jamais dans un endroit qui lui fait peur, comme un placard sans lumière. L’isolement ne devrait pas être appliqué avant l’âge de 3 ans.
  • Le retrait ne doit pas être trop long (1 minute par année d’âge). Évitez d’adresser la parole à votre enfant ou de le regarder pendant la période du retrait. Cette pause lui permet de prendre conscience de son niveau d’excitation ou de colère.
  • Dites-lui clairement ce que vous attendez de lui : « Lorsque tu auras retrouvé ta petite voix, que tu auras cessé de frapper le mur avec tes pieds… »
  • Si votre enfant ne reste pas à sa place, ramenez-le à l’endroit choisi et recommencez tant qu’il ne respectera pas la période d’immobilité prévue. Par contre, si votre enfant réagit très mal à ce retrait (ex. : il se met à lancer les objets autour de lui, se tape la tête contre les murs…), utilisez plutôt d’autres stratégies comme l’ignorance intentionnelle, la réparation du geste et, surtout, l’attention positive.
  • Lorsque votre enfant est calme, invitez-le à vous rejoindre et répétez la consigne calmement afin de vous assurer qu’il la comprenne bien.
Le retrait, c’est bon pour les parents aussi
Si vous ne vous contrôlez plus, vous avez peut-être besoin, vous aussi, d’un « temps d’arrêt » pour vous retrouver seul. Veillez à ce que quelqu’un s’occupe de votre enfant et accordez-vous du temps pour vous calmer.

Attention à la surutilisation du retrait

Si vous vous rendez compte que vous mettez votre enfant en retrait presque chaque fois qu’il vous dérange, c’est qu’il y a un problème. Réfléchissez à toutes les situations récentes où vous avez utilisé cette méthode pour calmer votre enfant ou pour le réprimander. Essayez de comprendre pourquoi il ne se conduit pas bien. Puis, tentez de trouver une stratégie appropriée pour faire cesser le comportement inacceptable. Préparez-vous ensuite à appliquer cette stratégie la prochaine fois que votre enfant adoptera ce comportement.

De plus, vous pourriez vous demander si vous n’êtes pas trop exigeant envers votre enfant ou si certaines choses qui vous tracassent ne se répercutent pas sur votre relation avec votre enfant. Parlez aussi de la situation à d’autres parents ou aux responsables de la garderie de votre enfant. Ils pourront vous aider à évaluer la situation.

 

Naitre et grandir.com

Adaptation web : Équipe Naître et grandir
Recherche et rédaction : Invest in kids et Sylvie Bourcier, intervenante en petite enfance
Mise à jour : Juin 2013

 

Photo : iStock.com/Rosemarie Gearhart

 

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • L’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants
    Cette Encyclopédie publiée sur Internet est accessible gratuitement. Elle couvre des thèmes traitant du développement psychosocial de l’enfant, de la conception à cinq ans, et présente les connaissances scientifiques les plus récentes. Les messages à retenir sur chacun des thèmes, présentés dans un format pratique, sont destinés aux parents et aux intervenants. www.enfant-encyclopedie.com
  • READDICK, Christine A. et Paula L. CHAPMAN. « Young Children’s Perceptions of Time Out », Journal of Research in Childhood Education, vol. 15, n1, 2000, p. 81-87.

 

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