L'enfant difficile

L'enfant difficile

Votre enfant vous mène la vie dure? Que faire pour glisser un peu d’harmonie dans vos relations?

Certains enfants sont plus sensibles que d’autres. Certains sont également plus expressifs et plus énergiques. Ces tout-petits suscitent souvent davantage de réactions chez leurs parents puisque leurs comportements sont plus intenses et visibles.

Il est toutefois important de se rappeler qu’un jeune enfant a encore peu de vocabulaire. Il exprime donc ce qu’il vit à l’aide de son corps. Si votre enfant a tendance à être difficile, vous pouvez l’aider à apprendre à gérer les situations bouleversantes.

Comment l’aider?

Voici quelques trucs pour accompagner et soutenir votre enfant afin qu’il devienne capable de faire face à ces situations par ses propres moyens :

Assurez-vous que votre enfant mange et dort bien. La faim ou le manque de sommeil peut contribuer à l’humeur plus difficile d’un tout-petit.
  • Mettez en place seulement quelques règles simples à la fois et assurez-vous d’appliquer de façon constante des conséquences en lien avec ces règles. En effet, un enfant peut être troublé par un environnement avec beaucoup de règles à respecter et avec des conséquences qui ne sont pas en lien avec la faute commise. Il ne comprend alors tout simplement pas ce qu’on attend de lui.
  • Rendez les routines aussi prévisibles que possible. Cela aidera votre enfant à se sentir en sécurité.
  • Répondez le plus rapidement possible aux besoins de sécurité et d’affection de votre enfant. Lorsqu’on ne répond pas aux besoins essentiels d’un enfant, il aura tendance à les exprimer de plus en plus fort pour être entendu. Par exemple, un enfant qui est nerveux parce qu’il craint les monstres sous son lit et qui n’est pas rassuré pourrait se mettre à se relever souvent ou à crier la nuit la prochaine fois qu’il a peur.
  • Pour certains enfants, il est préférable de les préparer longtemps d’avance à un événement stressant. Pour d’autres, il est au contraire préférable de les aviser à la dernière minute. Par exemple, savoir qu’il ira chez le dentiste la semaine prochaine peut aider un enfant à s’y préparer, alors que ce sera une source d’angoisse pour un autre. Ajustez-vous donc selon le tempérament de votre enfant.
  • Passez du temps à observer votre enfant et essayez de comprendre ce qui le dérange. En découvrant la cause, il vous sera plus facile de trouver des solutions.
  • Si votre enfant éprouve de la difficulté à s’adapter aux situations nouvelles, aidez-le à traverser celles-ci une étape à la fois en lui disant d’avance à quoi il doit s’attendre. En décomposant une nouvelle situation en plusieurs petits éléments qu’il peut gérer, il y sera exposé peu à peu et ne se sentira pas dépassé. Cela peut être utile dans le cas d’un déménagement, par exemple.
  • Faites-lui comprendre que vous le croyez capable de gérer certaines situations par ses propres moyens, mais que vous êtes toujours à ses côtés quand il a besoin de vous.

Avoir une attitude positive

Il faut garder en tête qu’un enfant intense l’est autant dans les moments positifs que négatifs. Rappelez-vous donc régulièrement les bons moments passés avec votre enfant. Vous n’aimez pas qu’il crie à la moindre frustration, mais vous aimez sûrement le voir crier de joie lorsqu’il se balance très haut au parc.

Réfléchissez à sa conduite et décrivez-la d’une façon favorable plutôt que négative. Par exemple, ne dites pas qu’il est « incontrôlable » ou « pénible », mais qu’il est « plein d’énergie » et « passionné ». Acceptez votre enfant tel qu’il est.

Par ailleurs, essayez également de lui demander gentiment de faire les choses, sans crier et en évitant les critiques. Les enfants sont généralement plus portés à faire quelque chose quand leurs parents le demandent de manière agréable. Par exemple, dites : « Prends tes souliers et place-les à côté de tes bottes dans le garde-robe, s’il te plaît » plutôt que « Arrête de laisser tes souliers au milieu de l’entrée ». De plus, la demande sera ainsi plus claire, et votre enfant comprendra mieux ce qu’il doit faire.

Se questionner comme parent

En tant que parent, vous pouvez aussi vous demander si vous trouvez votre enfant difficile en raison de ce qu’il est ou en raison de ce que vous êtes, vous. En d’autres termes, il est possible que le comportement de votre enfant soit en opposition avec votre personnalité ou ne soit pas conforme à la façon dont vous aimez entretenir des rapports avec les autres.

Les jeunes enfants réagissent aussi à l’humeur de leurs parents. Le fait de vous sentir moins disponibles peut les déranger.

Soyez également attentif à votre propre humeur. Nous nous sentons plus souvent dépassés par les comportements perturbants d’un enfant lorsque nous sommes nous-mêmes fatigués, irrités ou stressés.

Enfin, observez vos propres interventions. Sans le vouloir, vous contribuez peut-être à l’irritabilité de votre enfant. Par exemple, si vous avez tendance à le critiquer souvent, à lui parler régulièrement de façon autoritaire ou à vous emporter, il est fort possible que votre enfant développe des comportements semblables ou qu’il réagisse à votre attitude.

Quand consulter?

Si votre petit a déjà 1 an et si vous le trouvez très difficile, il serait bon que vous obteniez de l’aide. Plus les interactions parents-enfants problématiques sont traitées tôt, plus elles sont faciles à modifier. Consultez votre médecin ou le CLSC de votre région pour qu’il vous dirige vers les ressources appropriées.

De plus, si votre enfant saute et grimpe partout, s’il parle très fort, s’il passe rapidement d’un jeu à l’autre ou s’il éprouve des difficultés à bien dormir, consultez un médecin. Votre enfant présente peut-être un problème tel qu’un déficit d’attention avec hyperactivité, un problème d’audition ou autre. Un avis médical pourrait alors être pertinent.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Annie Goulet, psychologue
Traduction et adaptation : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Novembre 2015

 

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