Est-ce un caprice?

Est-ce un caprice?

Cris, pleurs ou refus catégorique, l’enfant qui fait un caprice exprime sa frustration, parfois de manière intense, face à un désir qu’il a manifesté, mais qui n’a pas été satisfait. On ne parle toutefois pas de caprice lorsque l’enfant exprime un besoin physique ou émotif.

Vous ne gâtez pas votre enfant lorsque vous répondez à ses besoins. Vous lui apprenez plutôt qu’il peut compter sur vous.

Avant 18 mois, un enfant est incapable de faire un caprice. Pour désirer quelque chose, il faut être capable de l’imaginer et de trouver les moyens de l’obtenir. Le cerveau des bébés n’est pas assez développé pour le faire. Si un bébé pleure pour être pris, c’est qu’il a besoin d’être rassuré. Certains enfants sont plus sensibles et ont davantage besoin d’être sécurisés que d’autres. Ses pleurs peuvent aussi vouloir dire qu’il a faim ou froid, par exemple.

Le besoin de s’affirmer

L’enfant, vers 2 ans, commence à vouloir être plus autonome. Il commence aussi à exprimer ses volontés et ses désirs. Cela peut entraîner une confrontation avec les adultes de son entourage. C’est une période difficile, car il doit apprendre à connaître ses propres limites et celles des autres.

Essayer de comprendre la réaction du tout-petit est essentiel pour déterminer s’il fait un caprice ou exprime un réel besoin. Ce n’est cependant pas toujours facile, car une crise n’est pas forcément un caprice. Pour y parvenir, demandez-vous pourquoi votre enfant crie, pleure ou refuse catégoriquement de faire quelque chose. S’il parle assez bien, essayez de le questionner quand il sera calmé. Sinon, analysez le contexte de la crise : votre enfant est-il fatigué? Semble-t-il inquiet ou apeuré? Par exemple, un enfant peut refuser de se baigner parce qu’il a peur de l’eau et qu’il a besoin d’être rassuré. Il ne fait donc pas de caprice.

Quand vous refusez une demande de votre enfant, expliquez-lui pourquoi vous ne voulez pas. S’il est fâché ou triste, il est important qu’il sente que vous êtes là pour lui. Dites-lui que, malgré votre refus, vous comprenez sa colère.

Pour limiter les frustrations, laissez votre enfant faire des choix lorsque c’est possible. Par exemple, le verre bleu est disponible et votre tout-petit aimerait l’utiliser, pourquoi ne pas le lui donner? De plus, prendre des décisions l’aide à développer une certaine autonomie et une plus grande confiance en lui.

Apprendre à connaître les limites

Répondez aux besoins de votre enfant, mais pas à tous ses désirs.

Lorsque votre tout-petit fait un caprice, vous avez peut-être l’impression qu’il tente de vous tester, de vous manipuler ou de vous embêter. Il n’essaie pourtant pas de vous contrarier.

Avant l’âge de 5 ans, il teste plutôt les limites pour apprendre à les connaître. Il a aussi besoin d’apprendre qu’il ne peut pas toujours avoir ce qu’il désire. Acheter le jouet qu’il réclame à grands cris peut être tentant pour le calmer, par exemple. Vous risquez cependant d’en faire un enfant-roi, qui ne supporte pas qu’on lui refuse quoi que ce soit.

Par ailleurs, si vous cédez souvent aux crises de votre enfant, il apprend que c’est ce qu’il doit faire pour obtenir ce qu’il souhaite. Il ne s’agit toutefois pas de manipulation. Votre tout-petit ne refuse pas d’avaler son déjeuner pour vous faire sentir coupable d’aller travailler, par exemple. Ce raisonnement est beaucoup trop complexe pour lui. Il y a sûrement une autre explication (il est fatigué, il veut passer du temps avec vous…) que vous trouverez en examinant bien votre situation familiale.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Sylvie Bourcier, intervenante en petite enfance
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Novembre 2013

 

Références

Pour les parents

  • BRUNET, Christine et Nadia BENLAKHEL. C’est pas bientôt fini ce caprice? Les calmer sans s’énerver. Paris, Albin Michel, 2005, 140 pages.
  • PLEUX, Didier et Jean-Baptiste MAGNE. Petits caprices et grosses colères. Gérer les crises de son enfant. Paris, Éditions Eyrolles, 2012, 178 pages.

Pour les enfants

  • MATHIS. Boris, Je veux cette pomme! Paris, Éditions Thierry Magnier, 2011, 32 pages. (dès 2 ans)
  • BINGHAM, Jane. La colère. Courbevoie, Les deux souris, 2007, 24 pages. (dès 3 ans)

 

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