Père en devenir

Père en devenir
Devenir papa amène plusieurs questionnements. Est-ce que je ferai un bon papa? Comment créer un lien avec mon bébé?

Devenir papa amène plusieurs questionnements. Est-ce que je ferai un bon papa? Comment créer un lien avec mon bébé? Serais-je capable de m’en occuper?

« Quand j’ai entendu le coeur de ma fille pour la première fois, je me suis dit “Ça y est! Je suis papa!” », raconte Pascal, papa de Jeanne, 8 mois. Ce n’est toutefois pas la réaction de tous les pères, car « si la femme fait un bébé dans son corps, l’homme, lui, le fait dans sa tête, dit Raymond Villeneuve, du Regroupement pour la valorisation de la paternité. Souvent, les hommes réalisent qu’ils sont papas seulement quand ils ont leur bébé dans leurs bras. »

L’annonce de la grossesse amène une réflexion chez beaucoup d’hommes, même s’ils en parlent peu. C’est le cas de Charles Huteau. « Je suis heureux d’être bientôt papa, mais en même temps, j’ai une foule de doutes, dit celui qui partage son expérience à travers son blogue-BD Les 9 derniers mois de ta vie de petit con. Serai-je un bon père? Suis-je prêt à faire les sacrifices qui viennent avec la venue d’un enfant? La paternité, pour moi, c’est la fin de l’insouciance. »

Les pères ont avantage à passer du temps avec leur bébé dès la naissance pour commencer à développer un lien d’attachement.

En attendant de trouver ses réponses, Charles pratique l’haptonomie, une technique de caresses et de touchers sur le ventre de sa blonde pour entrer en contact avec son bébé. « Je ne suis pas convaincu qu’il me reconnaît, mais il répond au toucher et je suis content de représenter le monde extérieur pour lui », dit le futur père.

Patrick Denoncourt, papa de Charlie-Ann, 2 ans, a écrit le livre Attention : papa droit devant! dans lequel il donne des conseils aux futurs pères. Il les invite entre autres à commencer à s’impliquer pendant la grossesse. « Je crois qu’il faut dès le début montrer à notre conjointe que notre paternité nous tient à coeur. Et ça se fait en partageant les tâches et en participant aux préparatifs. Les gars se préparent à devenir pères en faisant des choses concrètes, comme peinturer la chambre du bébé. Mais ils peuvent aussi chercher un médecin pour assurer le suivi de la grossesse, un pédiatre et une garderie. »

Quand bébé est là

Pas toujours évident pour un nouveau père de trouver sa place auprès du bébé dans les premières semaines suivant la naissance! Parce qu’ils se sentent maladroits avec un nouveau-né ou parce que leur conjointe allaite, certains pères se concentrent sur les tâches et ne touchent presque pas à leur enfant de la journée. Raymond Villeneuve encourage les nouveaux papas à passer de petits moments avec leur bébé. « Faites-lui faire son rot, donnez-lui le bain, massez-le, bercez-le, promenez-le, faites-lui des gagas! C’est important de créer rapidement un lien. » Stephen, pour sa part, a trouvé sa place en faisant du contact peau à peau. Ce genre de contact rassure le bébé et favorise le lien d’attachement. Il aime aussi jouer à faire bouger les bras et les jambes de sa petite fille. Pascal, de son côté, adore le portage. « Je fais le ménage, l’épicerie et je travaille sur mon terrain avec ma petite Jeanne collée contre moi. Je lui fais des coucous, des chatouilles, je chante pour elle. Elle adore ça et moi aussi! »

Des papas plus engagés qu’avant
Quand Myriam retournera travailler à la fin de son congé de maternité, c’est Pascal qui restera à la maison pour s’occuper de leur fille. Les pères au foyer comme lui sont encore l’exception, mais leur nombre augmente. En 2011, 13 % des familles canadiennes comptaient un papa à la maison, contre 7 % en 1991 et 1 % en 1976.
Les papas passent aussi de plus en plus de temps en famille. En 2005, ils passaient 5h45 de leur temps chaque jour à faire des activités familiales. En 2010, ce chiffre est passé à 6h20. Quant aux 5 semaines de congé de paternité offertes par le Régime québécois d’assurance parentale, c’est 80 % des pères québécois qui en profitent. Cependant, seulement 30 % des papas prennent une partie du congé parental, qui est pourtant partageable entre les deux parents. Le Conseil du statut de la femme a d’ailleurs récemment suggéré d’allonger le congé de paternité à 8 semaines en transférant aux pères 3 semaines du congé parental. À suivre!

 

Naitre et grandir.com

Source : Magazine Naître et grandir, septembre 2015
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Daniel Paquette, professeur titulaire à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal

 Crédit photo : Maxim Morin