Les cauchemars

Les cauchemars

Votre enfant fait des cauchemars? C’est normal, mais vous pouvez l’aider à avoir un sommeil plus paisible.

Les cauchemars peuvent commencer vers l’âge de 2 à 3 ans, mais c’est de 5 à 10 ans qu’ils deviennent plus fréquents. Ils surviennent généralement en fin de nuit, pendant la phase du sommeil paradoxal. L’enfant se réveille soudainement avec une sensation d’angoisse. Généralement, il n’y a pas lieu de s’inquiéter puisque les rêves et les cauchemars font partie du développement psychologique de l’enfant.



Les causes des cauchemars

La cause exacte d’un cauchemar peut être difficile à identifier. En fait, il existe plusieurs raisons possibles :

  • L’enfant a fait face à différentes peurs et insécurités durant sa journée, comme la peur de l’inconnu, un changement ou une difficulté d’apprentissage. Il peut aussi s’agir d’une information captée durant le jour et qu’il ne comprend pas. Ces préoccupations peuvent réapparaître sous différentes formes la nuit dans ses rêves;
  • L’enfant peut vivre des conflits intérieurs. Les rêves, bons et mauvais, l’aident à faire face au monde des grands;
  • Il peut vivre du stress à cause d’un changement : un déménagement, une séparation, l’adaptation à l’école ou à un nouvel enseignant, l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite soeur, etc.
  • Un événement marquant peut s’être produit près de lui ou il peut avoir été impressionné par des images vues à la télévision ou dans un livre. Choisissez toujours attentivement les histoires que vous lui racontez le soir et surveillez ce qu’il regarde et écoute à la télévision ou sur le Web.

Si l’enfant fait un cauchemar

  • Restez quelques minutes avec lui pour le rassurer.
  • Demandez-lui de vous raconter son mauvais rêve. Aidez-le à y trouver une fin positive (où il triomphera du monstre, par exemple).
  • Donnez-lui son toutou ou son jouet préféré ou mettez-lui une musique douce au besoin afin de l’aider à revenir à des sentiments plus positifs.
  • Laissez sa porte entrouverte et rappelez-lui que vous êtes tout près. Évitez de le laisser dormir dans votre chambre. Il doit apprendre qu’il n’a pas à avoir peur dans son lit, que sa chambre est un lieu sûr.
  • Ne vous moquez pas de ses peurs. Elles sont réelles. Essayez de savoir si quelque chose le perturbe à l’école ou à la maison.
Le dessin pour chasser les mauvais rêves
Dans la journée, si l’enfant mentionne ses cauchemars, incitez-le à les exprimer par le dessin. Aidez-le à trouver une solution imaginaire ou à inventer une fin qui lui plaît pour chaque mauvais rêve. Lorsqu’elle est effectuée à plusieurs reprises, la modification du cauchemar par le dessin aiderait à diminuer les mauvais rêves chez les enfants de 6 à 11 ans qui en font un ou plus par semaine.

Pour encourager un sommeil paisible

Vous pouvez prendre quelques précautions pour diminuer le nombre de cauchemars que fait votre enfant ou leur intensité.

  • Préparez avec votre enfant une routine apaisante avant le dodo et prenez l’habitude de le coucher à des heures régulières.
  • Laissez votre enfant dormir avec son jouet préféré et avec une veilleuse, au besoin.
  • Évitez les films violents ou les histoires de monstres avant d’aller au lit.
  • Avant le dodo, parlez avec votre enfant de choses positives.
  • Certains enfants préfèrent s’endormir avec un bruit de fond, mais il faut éviter les bruits forts et stridents.

Si les cauchemars persistent

Les cauchemars sont normaux; ils font partie du développement de l’enfant. Toutefois, s’ils sont trop fréquents, très intenses, ou s’ils durent plusieurs semaines ou plusieurs mois, il est préférable de consulter un médecin. Consultez également un professionnel de la santé si votre enfant est encore fatigué après sa nuit de sommeil et que ce problème persiste.

Les terreurs nocturnes

Lorsque l’enfant se met à crier, à pleurer et semble en état de panique en début de nuit (dans les 3 premières heures de sommeil), il s’agit probablement d’une terreur nocturne et non d’un cauchemar. L’enfant a alors les yeux grands ouverts, mais il dort toujours. Tout comme le somnambulisme, la terreur nocturne est le résultat d’un éveil partiel : une partie du cerveau est réveillée et l’autre dort encore profondément.

Lors d’un épisode de terreur nocturne, l’enfant est inconsolable. Si vous tentez d’intervenir, de le toucher, de le prendre dans vos bras, cela ne fait que prolonger l’épisode en cours. N’essayez pas non plus de le réveiller. L’épisode cessera de lui-même après 30 secondes à 1 minute. Les terreurs nocturnes surviennent surtout en bas âge et touchent environ 10 % des enfants de 5 à 8 ans. Elles sont plus fréquentes lorsque l’enfant est fatigué, qu’il manque de sommeil ou qu’il subit un décalage horaire. Toutefois, si les terreurs nocturnes persistent, sont trop fréquentes ou encore s’il y a un danger que l’enfant se blesse pendant ces manifestations, il peut être bon de consulter un spécialiste de sommeil.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Dominique Petit, Ph. D., Centre d’études avancées en médecine du sommeil, Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Janvier 2016

 

Ressources et références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • KIDSHEALTH. Nightmares. 2013. kidshealth.org
  • LANGEVIN, Brigitte. Fondation Sommeil. Le somnambulisme, les cauchemars et les terreurs nocturnes chez l’enfant [extrait du livre Aider mon enfant à mieux dormir]. fondationsommeil.com
  • NAÎTRE ET GRANDIR. Le sommeil. L’enfant qui se réveille la nuit. 2008. naitreetgrandir.com
  • NAÎTRE ET GRANDIR. Les cauchemars. 2013. naitreetgrandir.com
  • NAÎTRE ET GRANDIR. Les troubles du sommeil. 2011. naitreetgrandir.com
  • PETIT, Dominique et autres. « Dyssomnias and parasomnias in early childhood », Pediatrics, vol. 119, no 5, mai 2007. pediatrics.aappublications.org
  • PETIT, Dominique et autres. Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ÉLDEQ 1998-2010). De la naissance à 8 ans. Le sommeil. Un acteur méconnu dans le développement du jeune enfant. Québec, Institut de la statistique du Québec, vol. 5, fascicule 2, 2010.

À lire aussi