Je suis disponible et accessible en tout temps, même dans le ventre de maman, et les bébés m'adorent.
Qui suis-je? Eh oui, le petit pouce, ce mal-aimé des parents à qui j'aimerais rendre un hommage bien mérité.
Des chercheurs ont découvert que les bébés prématurés qui suçaient leur pouce faisaient un séjour moins long à l’hôpital. Non seulement sucer leur pouce leur permet de se détendre et de dépenser moins d’énergie à pleurer, mais cela régule leur rythme cardiaque et leur respiration après une colère, en plus de stimuler les muscles qui participent à la déglutition, leur permettant ainsi de digérer plus efficacement.
D’autres études ont comparé les enfants « suceurs » (de pouce, de doigts ou de suces) aux enfants « non suceurs ». Chaque fois, les premiers atteignent une indépendance émotionnelle plus tôt que les seconds.
Dans l’une des études, ils ont placé les bébés et leur mère au bout d’un long couloir, puis à l’autre bout, des jouets très attrayants. Résultats? Les « suceurs » se sont aventurés plus loin que les autres et ont joué avec les jeux plus longtemps, même si tous ont exprimé les mêmes réactions positives au moment de retourner vers leur mère.
On l’explique simplement par une plus grande confiance dans leur capacité de jouer seul loin de leur mère, puisqu’ils savent que leur petit pouce (ou leur suce), s’ils sont moindrement stressés, les aidera à passer par dessus ce moment.
Quiconque a vu son nourrisson s’apaiser avec son pouce sait toutes ces choses, sans lire d’études. Je l’ai bien compris et je n’ai jamais empêché cet élan naturel. Dans les maternités, les aides natales aident même les nourrissons à trouver leur poing, c'est dire comme on ne refait pas le monde.
Le pouce, mauvais pour les dents?
Voilà aussi pourquoi la majorité des spécialistes, incluant les dentistes, ne sont pas pour les interdictions radicales. Cette psychologue de Havard raconte même dans son blogue – dont je tire ces études – que son propre dentiste lui avait dit, à propos de son enfant : « Lui faire la guerre au pouce lui fera plus de mal que de bien ».
Mon dentiste m’avait dit peu ou prou la même chose, à propos de ma fille. « Tant qu’elle n’a pas ses dents d’adulte, rien ne presse. Dès qu’elle commencera à perdre ses dents, il faut l’aider à cesser cette habitude. »
Cela m’avait permis d’avoir une date butoir en tête, de relaxer un peu et de lui ficher la paix, tout en réfléchissant à mes petites stratégies pour ce deuil à venir.
Et vous savez quoi? Au final, elle a été au-devant de mes espérances! Après lui avoir expliqué une bonne fois pour toutes le risque de déformation pour ses dents, j’ai profité de son attrait du vernis pour lui proposer de se badigeonner le pouce avec du vernis amer. Elle a accepté. En une semaine, c’était réglé.
Cela m’amène au point suivant : finalement, tout réside dans la motivation de l’enfant. C’est sur son raisonnement qu’il faut miser, dès 4 ans, même s’il n’a pas encore l’âge de raison. Neuf fois sur dix, il aura cessé avant que ses dents en pâtissent.
Avant cet âge-là, si vous acceptez mon humble avis, ne vous cassez pas la tête. Pensez avec gratitude au bonheur qu’il apporte à votre enfant, ce divin pouce. À toutes les belles nuits et aux moments à la garderie que votre bébé traverse grâce à lui. Pensez même à tous les enfants du monde qui l’adoptent, comme votre bébé peut-être, même avant de sortir du ventre.
Y a-t-il encore des suceurs de pouce par ici?