
La barrière entre la femme et la vache s'est incontestablement resserrée, au grand désespoir des féministes!
Trêve de plaisanterie. Je vous explique de quoi il s’agit.
Le 10 juin, on apprenait, de la part d’un laboratoire argentin, la naissance de la première vache clonée au monde comportant deux gènes humains. Elle s’appelle Rosita. Les chercheurs espèrent que la vache clonée, une fois adulte, produira « du lait similaire à celui des êtres humains », indique l’Institut national de technologie agricole (INTA).
L’objectif? Améliorer la valeur nutritionnelle du lait de vache en ajoutant deux gènes humains, la protéine lactoferine et le lysozyme, afin de mieux protéger les nourrissons contre certaines maladies et favoriser leur développement.
Le lysozyme est une enzyme très peu présente dans le lait de vache, mais on la retrouve dans le lait maternel de façon très concentrée au cours de la première semaine de lactation.
La lactoferrine, elle, existe chez tous les mammifères et permet d’assimiler le fer pour fabriquer des globules rouges. Mais elle est spécifique à chaque espèce, donc la lactoferine bovine n’agit pas sur les humains. Cette protéine favorise également la poussée dentaire et le développement de cellules intestinales, antibactériennes, antivirales et antifongiques.
Ces protéines font la grande force du lait maternel, parmi de nombreuses autres (non clonées heureusement). Mais pour combien de temps encore?
Dans 10 mois, date à laquelle les chercheurs vont provoquer une grossesse chez cette pauvre vache, ils vont pouvoir confirmer si les deux protéines sont bien présentes dans le lait de Rosita. Puis théoriquement, à l'âge adulte, Rosita pourra « avoir des enfants qui auront des gènes modifiés dans 25 % à 30 % des cas », espèrent-ils.
Rosita n’était déjà pas un veau comme les autres à la naissance. Elle est née le 6 avril par césarienne, en raison de son poids excessif : 45 kilos, tandis que les vaches Jersey ne dépassent pas habituellement les 22 kilos à la naissance.
Des chercheurs chinois, paraît-il, auraient déjà mis au point un procédé similaire, mais en clonant deux vaches portant chacune l’un des deux gènes. L’équipe argentine, elle, a réussi à implanter les deux dans une même vache.
Quelle tristesse. Et je vois que parmi les forums, les commentaires ne sont pas particulièrement plus optimistes, même si certains sont drôles.
« Ça va nous retomber sur le pif, un de ces jours, et là, gare aux conséquences. On n'a encore rien vu. Ça va faire mal. »
« Certes, un enfant par pis de vache, c'est vrai que ça va plus vite. Une vache offerte aux familles nombreuses, avec la maison, et le terrain qui vont avec, pourquoi pas en fait? Tant qu'à faire, s'il y avait une version yogourts et crèmes glacées, ce serait parfait! »
« Pendant ce temps-là, le sida tue encore, la mucoviscidose aussi... Ils fument quoi ces chercheurs? »
« Ce genre d'ignobles progrès, un clone bovin de 45 kg pour un poids naturel de 22 kg, mérite une réponse sans appel : démantèlement du laboratoire et interdiction de pratique de la recherche pendant 10 ans de tous les responsables. Science sans conscience est bien la mort de l'âme. »
« À quand des vaches porteuses? Ce serait bien plus pratique que les gestations pour autrui, et limiterait les risques liés aux grossesses tardives. La durée de la gestation de la vache convient parfaitement, le vêlage ne poserait aucun des risques associés à la pratique de la césarienne ou à l’utilisation du forceps. Pas besoin non plus de nourrice ou de congé maternité, vu que la dame modifiée pourrait nourrir des dizaines de petits. Brave new world! »
« Avant, ce genre de nouvelles aurait fait la une pendant plusieurs jours. On est vraiment entré dans l'air du banal. En tout cas, il faudrait vraiment m'expliquer en quoi ça va apporter un plus d'allaiter nos gosses directement au pis de la vache... C'est du progrès ça? »
« J'avais envie de rire, mais quand j'ai pensé au projet économique qui se cache derrière tout cela, je me suis trouvé statufié d'horreur... »
En ce qui me concerne, je partage fortement les doutes sur ce « progrès ». Et vous?