Y a-t-il encore, vraiment, des gens qui se montrent agacés par les pleurs de bébé en avion? Devant le chahut interminable d’enfants âgés et pas du tout encadrés, je comprends encore, mais devant des pleurs de nourrisson?
À en croire certains textes que j’ai lus ici et là, et notamment ce billet du chroniqueur Richard Martineau, il semblerait que oui.
Celui-ci relate que dans le « webzine américain Salon, une journaliste se plaignait du fait que, dans les avions, certains enfants pleurent. Nous nous sommes débarrassés de la cigarette dans l’avion, écrivait-elle. Pourquoi ne faisons-nous pas la même chose avec les enfants qui crient? On pourrait créer une section ”enfants”, à l’arrière de l’avion, là où l’on séquestrait naguère les fumeurs ».
Devant une telle provocation, comment ne pas sourire? En tout cas, cela ma donné l’idée de lancer un petit sondage, plus empirique que scientifique, afin de savoir si l’un ou l’une d’entre vous a déjà remarqué de telles réactions d’agacement… en 2011 encore?
Si oui, où allons-nous? Devrait-on aussi, comme dit le chroniqueur, interdire les cinémas aux personnes obèses ou les bars aux personnes repoussantes, sous prétexte qu’ils peuvent nous gâcher l’atmosphère? Doit-on interdire les restaurants aux bandes de filles éméchées qui parlent trop fort? Je semble exagérer, mais l’intolérance gagne du terrain, c’est une certitude.
La meilleure réaction contre cela est sans aucun doute de rester zen, en faisant un grand sourire à ces ennemis des bébés, qu’ils soient dans l’avion ou au restaurant. Car répondre à leur agacement risque de nous mettre de plus mauvaise humeur encore.
Sinon, comme le fait Richard Martineau, on peut brièvement leur rappeler que ces futurs payeurs de taxe sont sans doute ceux qui leur permettront d’avoir une retraite correcte et un minimum de soins, lorsqu’ils en seront, eux aussi, à porter des couches et à manger mou. Un peu direct, mais tellement vrai.
En fait, la tolérance devant les moeurs enfantines est une question de culture. Dans un pays comme le Liban, où les enfants sont associés à toutes les fêtes, il est inconcevable d’évincer les enfants d’une soirée familiale sous prétexte qu’ils dérangent ou parlent trop fort. Ils font partie de la fête et de la vie, point final. C’est ce que m’expliquait un ami libanais. De la même façon, toute la famille libanaise débarque à l’hôpital lors d’un accouchement, avec musique et champagne. Cela va dans les deux sens!
Personnellement, je n’ai jamais vécu ce genre de situations délicates, avec mes bébés. Heureusement, car même si j’ai le sang chaud et la réplique facile, je n’aime pas avoir le sentiment de gêner, d’une façon générale.
Même quand j’ai eu l’occasion d’amener souper ma fille de 3 mois dans un Relais Château à North Hatley, ma fille est tellement passée inaperçue que je n’ai eu droit qu’à des sourires surpris de la part des gens qui la découvraient. Question de chance, sûrement?
Pour le savoir, j’aimerais bien avoir vos anecdotes à ce sujet!