
Vu mon métier, je suis plongée jour après jour dans les livres pour parents, les « comment faire pour », les « aider votre enfant à… ». Et vous savez quoi? Je ris tellement je suis cordonnière mal chaussée, sur bien des points.
Le dodo de mes enfants en fait partie. Je me demande quel parent, d’ailleurs, arrive à jongler avec les mille et une règles du sujet, dans un parcours sans faute.
À écouter les experts, il faudrait (entre autres) : ni laisser pleurer bébé trop longtemps, ni l’endormir dans nos bras; ne pas lui mettre de couverture, mais bien le couvrir sans trop le couvrir; le nourrir la nuit à la demande, mais ne jamais lui donner de biberon au lit; ne pas le coucher sur le ventre, sauf pour jouer dans la journée (alors la sieste, on peut?). Bref, c’est un casse-tête sans nom.
Or mes deux plus jeunes, de temps à autre, m’offrent chacun un petit défi.
Mon fils de 3 1/2 ans, certains soirs, se relève de son lit. Il traîne sa doudou dans le couloir, parfois aussi 1 ou 2 bonshommes, s’assoit devant les barrières de l’escalier en faisant pendre ses jambes, puis nous regarde en suçant ses doigts, pendant que nous jasons ou regardons la télé en bas.
La règle veut que je lui dise de se coucher. Puis, si ça ne marche pas, qu’au lieu de répéter, je m’exécute tranquillement, en le reconduisant à son lit. S’il se relève, je remonte, autant de fois qu’il le faudra, en gardant un calme olympien. Une semaine où nous étions motivés, nous l'avons fait 6 ou 7 fois par soirée.
Maintenant? Au bout de 2 fois, je l’ignore. Alors, il s’endort sur place, quelque part entre le couloir et sa chambre. Avec cette technique, il ne le fait presque plus. Et quand ça arrive, je l’avoue, j’en ris.
Ma fille de 21 mois, elle, a décidé depuis 6 jours qu’elle ne voulait plus se coucher. Se coucher seule, se coucher dans le noir, se coucher « tout court »? Je ne sais pas.
En fait, tant que se déroule la routine du coucher, tout va à merveille. Elle adore que je lui lise son imagier préféré (le même depuis 3 mois), puis que je la berce avec une chanson dans la foulée. Mais quand vient le moment de la mettre dans son lit, c’est « Noooonnnnn », « Bézzzzouuu!!!! », « Câââlinnnnn! », en hurlant. Son cri se transforme d’abord en chaudes larmes, puis en protestations courtes et virulentes. Une vraie rebelle en cage.
C’est une situation loufoque, où je suis prise chaque fois entre la grande peine et le fou rire, tellement je trouve drôle de voir un tel petit personnage s'affirmer ainsi, changer ses intonations, essayer diverses stratégies de cris, etc.
Généralement, je ne la ressors pas du lit. Je lui caresse le dos, elle se calme et soupire de bonheur, puis reprend ses cris de plus belle quand je sors (en laissant la porte ouverte, bien sûr).
Alors, je sais que, selon les experts :
- il ne faut pas ressortir l’enfant du lit (sinon il a gagné),
- il ne faut pas ouvrir la lumière ou lui mettre de la musique (sinon on l’habitue mal),
- il ne faut pas rester planté à côté de son lit jusqu’à ce qu’il s’endorme (car on ne peut pas faire ça tous les soirs),
- il ne faut pas, enfin, le laisser (trop) pleurer.
Alors, messieurs les professionnels, on fait quoi? On couche l’enfant et on revient, 10 fois de suite, lui dire qu'on est là et qu'on l'aime?
Je vous le donne dans le mille : on fait sa recette maison, avec un peu de tout ça à la fois. Le dilemme passe aussi vite qu’il arrive.
Vous, quelle est votre recette-maison-magique du moment?