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Famille à la Une

Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.

février 2011 - Billets

Famille à la Une
  • 40 commentaire(s)
    5 806 aperçus

    Le dodo des bébés, chacun sa recette!

    Vu mon métier, je suis plongée jour après jour dans les livres pour parents, les « comment faire pour », les « aider votre enfant à… ». Et vous savez quoi? Je ris tellement je suis cordonnière mal chaussée, sur bien des points. 

    Le dodo de mes enfants en fait partie. Je me demande quel parent, d’ailleurs, arrive à jongler avec les mille et une règles du sujet, dans un parcours sans faute.

    À écouter les experts, il faudrait (entre autres) : ni laisser pleurer bébé trop longtemps, ni l’endormir dans nos bras; ne pas lui mettre de couverture, mais bien le couvrir sans trop le couvrir; le nourrir la nuit à la demande, mais ne jamais lui donner de biberon au lit; ne pas le coucher sur le ventre, sauf pour jouer dans la journée (alors la sieste, on peut?). Bref, c’est un casse-tête sans nom.

    Or mes deux plus jeunes, de temps à autre, m’offrent chacun un petit défi.

    Mon fils de 3 1/2 ans, certains soirs, se relève de son lit. Il traîne sa doudou dans le couloir, parfois aussi 1 ou 2 bonshommes, s’assoit devant les barrières de l’escalier en faisant pendre ses jambes, puis nous regarde en suçant ses doigts, pendant que nous jasons ou regardons la télé en bas.

    La règle veut que je lui dise de se coucher. Puis, si ça ne marche pas, qu’au lieu de répéter, je m’exécute tranquillement, en le reconduisant à son lit. S’il se relève, je remonte, autant de fois qu’il le faudra, en gardant un calme olympien. Une semaine où nous étions motivés, nous l'avons fait 6 ou 7 fois par soirée.

    Maintenant? Au bout de 2 fois, je l’ignore. Alors, il s’endort sur place, quelque part entre le couloir et sa chambre. Avec cette technique, il ne le fait presque plus. Et quand ça arrive, je l’avoue, j’en ris.

    Ma fille de 21 mois, elle, a décidé depuis 6 jours qu’elle ne voulait plus se coucher. Se coucher seule, se coucher dans le noir, se coucher « tout court »? Je ne sais pas.

    En fait, tant que se déroule la routine du coucher, tout va à merveille. Elle adore que je lui lise son imagier préféré (le même depuis 3 mois), puis que je la berce avec une chanson dans la foulée. Mais quand vient le moment de la mettre dans son lit, c’est « Noooonnnnn », « Bézzzzouuu!!!! », « Câââlinnnnn! », en hurlant.  Son cri se transforme d’abord en chaudes larmes, puis en protestations courtes et virulentes. Une vraie rebelle en cage.

    C’est une situation loufoque, où je suis prise chaque fois entre la grande peine et le fou rire, tellement je trouve drôle de voir un tel petit personnage s'affirmer ainsi, changer ses intonations, essayer diverses stratégies de cris, etc.

    Généralement, je ne la ressors pas du lit.  Je lui caresse le dos, elle se calme et soupire de bonheur, puis reprend ses cris de plus belle quand je sors (en laissant la porte ouverte, bien sûr).

    Alors, je sais que, selon les experts :

    - il ne faut pas ressortir l’enfant du lit (sinon il a gagné),
    - il ne faut pas ouvrir la lumière ou lui mettre de la musique (sinon on l’habitue mal),
    - il ne faut pas rester planté à côté de son lit jusqu’à ce qu’il s’endorme (car on ne peut pas faire ça tous les soirs),
    - il ne faut pas, enfin, le laisser (trop) pleurer.

    Alors, messieurs les professionnels, on fait quoi?  On couche l’enfant et on revient, 10 fois de suite, lui dire qu'on est là et qu'on l'aime?

    Je vous le donne dans le mille : on fait sa recette maison, avec un peu de tout ça à la fois. Le dilemme passe aussi vite qu’il arrive.

    Vous, quelle est votre recette-maison-magique du moment?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
    Mot clés: ,
  • 6 commentaire(s)
    1 969 aperçus

    «Ramasse tes jouets... maintenant?»

    Est-il important de laisser un peu vivre nos tout-petits dans le bazar de leurs jouets, pour laisser libre cours à leur créativité? Beaucoup le pensent. À vouloir toujours tout ramasser, on couperait court à leur imaginaire. D’autres sont plutôt favorables au rangement quotidien, quitte à tout redéfaire le lendemain. 

    Autour de la table, dans cette émission radiophonique fort intéressante, il y avait 4 personnes. Caroline Allard (Mère indigne), Carmen Bourassa (Fondatrice de Passe-Partout), Martin Larocque et Régine Laurent (présidente de la FIQ). 

    Régine Laurent, quand elle était petite, était obligée de tout ramasser avec ses 3 frères et soeur. « Ça n’a pas brimé du tout ma créativité! », lance-t-elle. 

    Carmen Bourassa, qui était l’aînée de 7 enfants, était plutôt bordélique. Elle aime cette devise : « Le désordre est un effet de l’art! » D'ailleurs, leur maman respectait leur sain désordre, tant qu'elle le pouvait. « Elle recevait ses invités en leur disant : levez les pieds, il y a des enfants qui jouent, ici! », raconte Carmen Bourassa. Cela dit, avec ses propres enfants, elle ne supportait pas trop longtemps le bazar, ni les portes fermées pour le camoufler. Elle imposait un moment corvée : « Les enfants, on a tant de temps, pendant lequel on range autant qu’on le peut. » 

    Martin Larocque, de son côté, avait l’interdiction d’aller jouer avec ses amis tant que sa chambre n’était pas rangée. « Mes chums d’enfance en sont encore traumatisés. Ils me disent : "Qu’est-ce qu’on a pu t’attendre, les samedis, quand tu devais faire ton ménage!" », raconte-t-il. 

    Et aujourd'hui? On dirait que notre seuil de tolérance a augmenté... ou je me trompe? Ça dépend peut-être de chaque famille?

    Selon Caroline Allard, « On a tendance à vouloir le faire nous-mêmes, car ça va plus vite. Mais quel mauvais investissement pour l’avenir! », dit-elle. Elle avoue avoir eu une certaine paresse à cet égard et dit s’en mordre les doigts aujourd’hui, car le désordre est proportionnel à l’âge, à en observer sa fille. « En plus, mon aînée a développé la mauvaise manie de penser qu’elle va se faire aider pour ranger. Elle dit: "Pourquoi je le ferai toute seule?". Ou alors, elle met cela sur dos de sa soeur. Cela me rend furieuse! Je lui dis : "Si tu veux qu’on comptabilise tout ce que j’ai rangé pour toi depuis que tu es petite, tu vas être perdante!" », s'exaspère la Mère indigne. 

    La vraie question, en fait, est de les inciter sans énervement ni chantage. Et je crois que le secret, c'est de commencer cette bonne habitude tôt, très tôt. 

    Avec ma petite dernière de 21 mois, c'est encore la vie en rose de ce côté. Je n'ai qu'à m'assoir devant le coffre à jouets, en lui disant: « Apporte-moi les jouets, je vais les ranger! », puis je fais un gros Bong! chaque fois que je range un jouet. Ça la fait rire et c'est le bonheur. Sinon, encore mieux : c'est elle qui les range spontanément en fredonnant la comptine « C'est le temps de ramasser...amasser...amasser! », qu'elle a dû apprendre au CPE. Trop génial. 

    Avec mes deux grands, de 3 ans et 5 ans, c'est plus délicat. Je cherche encore les solutions de rechange au chantage ou à la récompense. Parce que leur faire croire qu'on va donner tous les jouets par terre aux enfants pauvres, c'est bien beau, mais c'est encore une menace! Et surtout, au bout de 3 fois, ils ont compris qu'on ne la mettra jamais à exécution. 

    On peut, suggère Carmen Bourassa, leur dire que ce sera plus facile, après, de retrouver leurs affaires. « Quel gain de temps c’est, de savoir où sont ses choses! », lance la pionnière de Passe-Partout. C'est vrai. Mais est-ce que cela suffit à les motiver?

    Et si la solution, c'était de lâcher prise 6 jours par semaine, pour ne ranger qu'une fois par semaine? On parle ici de leur chambre, bien sûr, pas des lieux communs (là, j'ai une heure de tolérance, maximum). Je crois que c'est celle qui me convient. 

    D'ailleurs, dans cette table ronde téléphonique, tout le monde était d'accord sur une chose : quand il y a un village de princesses ou une structure de petit train de construits, on s'abstient. Car leurs jeux reprennent le lendemain, le surlendemain, et c'est sans doute ça, le vrai bonheur de l'enfance.  Le jeu éclipse totalement le désordre. 

    Et vous, quelles sont vos zones de tolérance?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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