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Famille à la Une

Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.

novembre 2010 - Billets

Famille à la Une
  • 15 commentaire(s)
    2 117 aperçus

    Retour au travail: quand le doute s'installe

    Il n’y a pas si longtemps, je vous questionnais sur la date de votre retour au travail.

    Mais aujourd’hui, je vais vous poser une autre question déstabilisante : la maternité vous a-t-elle donné envie de changer de job? De réorienter votre carrière? Ou encore de tout lâcher, pour profiter pleinement de l’aventure de la maternité?

    Ces questions m’inspirent, car j’ai eu l’occasion d’assister à une conférence sur ce sujet, donnée par une sympathique conseillère d’orientation de l’organisme Tandem emploi, affilié au Centre de recherche d’emploi de la Vallée-du-Richelieu.

    Plusieurs fois par mois, Chantal Cormier rencontre des mamans qui s’interrogent; même des papas. « Le fait d’atteindre la “mi-temps de leur vie” (35-40 ans), mais surtout le fait de devenir parents leur fait porter un regard nouveau sur l’emploi dont ils rêvent et reformuler leurs priorités de vie », nous disait-elle.

    Certes, les mères n’ont jamais été aussi actives : de 20 ans à 44 ans, 79,3 % sont actives; et quand les enfants ont moins de 3 ans, encore 72,9 % sont actives. Mais Chantal nous a confirmé que de plus en plus de parents souhaitent se remettre en question avant, faire un bilan de compétences puis « magasiner » un emploi aux horaires plus souples.

    Pour beaucoup de mamans (surtout), ces rencontres permettent de sortir du « doute ». Vais-je reprendre mon travail? Pas reprendre? « Le pire, c’est d’avoir un doute. Ce doute pèse très lourd sur notre humeur, notre vie de famille, alors autant le prendre de front et le régler le plus en amont possible », explique celle qui fait le tour, généralement en 12 rencontres individuelles, des projets qui conviennent à chacun (la plupart des services d’orientation sont gratuits). 

    Savez-vous, dans l’ordre, les raisons qui motivent à un retour au travail?

    - les raisons financières,
    - la volonté de se réaliser, de s’actualiser et de se valoriser à travers le travail,
    - la volonté de sortir de l’isolement,
    - la peur de perdre son emploi. 

    Dans l'autre sens, ce qui fait le plus douter, c’est : « Est-ce que l'argent que cela va me rapporter va compenser pour tous les sacrifices physiques (la fatigue), financiers (la garderie) et moraux (laisser ses enfants en services de garde, courir toute la journée, me culpabiliser de ne pas les voir assez, etc.) induits par le retour au travail? »

    C’est la question qui tue. 

    À présent, voici de quoi méditer et nous rassurer : 

    Notre bonheur rejaillit sur le bonheur de nos enfants. Alors, si on est heureuse dans notre travail et qu’on y retourne pour les bonnes raisons (la réalisation personnelle occupant, idéalement, la première place), c’est un bon choix. Mieux vaut une maman travaillante et pleinement heureuse qu’une maman pleinement disponible pour ses enfants, qui doute et s’énerve. 

    La maternité ne nous ferait pas perdre tant d'atouts que ça, devant l'employeur. Une étude réalisée par Statistique Canada et publiée dans le tout dernier Journal of Family Issues prouve que les mères retrouvent très vite leur salaire initial et leurs conditions d'avant, lorsqu'elle réintègre leur poste.

    Enfin, il n’est jamais trop tard pour se réorienter. « Loin d’être une faiblesse, ce questionnement de la fin de congé de maternité est une excellente chose. Bien des travailleurs n'ont pas cette opportunité, justement parce qu’ils ne prennent pas de pause. Mais c’est une immense chance, qui permet souvent de faire enfin le travail pour lequel on est fait. » Alors, questionnez-vous. Le pire, c’est de traîner un doute sur ses épaules. 

    Je me rends compte que, parmi mes amies « mamans à la maison », une bonne partie doute au sujet d'un éventuel retour au travail. Du coup, toutes sont sorties très motivées de cette conférence, à la simple idée de régler ce doute. Et vous?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
  • 16 commentaire(s)
    3 070 aperçus

    Nos bébés sur Facebook: une inconscience?

     

    À l’heure où nous n’avons jamais autant protégé comme des lions l’intégrité physique et intellectuelle de nos enfants, comment être à l’aise avec la publication de leurs photos sur des sites tentaculaires comme Facebook?

    Je me pose sérieusement la question, parfois. Et visiblement, je ne suis pas la seule.

    Ici et là, dans les forums de parents, on commence à voir des messages anxieux à ce sujet. Je cite :

    « Ma belle-mère mets des photos des mes enfants de 2 mois et 16 mois sur Facebook sans même me demander l'autorisation... cela me gêne. »

    « J'ai un enfant qui est âgé d'à peine 6 ans. Je me suis séparé de sa mère il y a 2 ans. Mon fils porte mon nom. Je suis tombé sur plusieurs pages internet (Myspace, Facebook...) où j'ai pu voir des photos de mon fils publiées sans mon accord. De plus, certaines de ses amies ont des blogues/Myspaces/Facebook et ont publié également des photos de lui. De quels moyens je dispose? »

    On entend même parler, sur les forums du sérieux site Hoaxbuster, de « vol de photos d’enfants ». Vrai ou faux, peu importe, ça fait réfléchir. 

    Bien sûr, ces inquiétudes peuvent faire sourire. On peut se dire, comme beaucoup : « il faut vivre avec son époque ». Mais comme le soulignent plusieurs, les parents ont certainement une responsabilité à prendre sur ces questions, ne serait-ce que pour la « virginité numérique » de leur enfant, qui n'a pas encore l'âge de donner son avis.

    Louis-Serge Real del Sarte, consultant en réseaux sociaux et branding de marques, auteur du livre Les réseaux sociaux sur internet, pose une question intéressante :

    « À l'heure où le droit à l'oubli n'est techniquement pas réalisable, où joindre Google et Facebook par téléphone est rendu impossible malgré leur gigantisme, verra-t-on des adolescents attaquer leurs propres parents pour l'image que ces derniers auront mise en ligne lorsqu'ils étaient des bambins? Le choix des parents est crucial en termes de responsabilités pour leur progéniture. Mieux vaut prévenir que guérir. »

    Vous voulez quelques chiffres?

    Selon une enquête AVG (un fabricant de logiciels de protection), l'âge moyen de naissance sur le Web des enfants se situe aux alentours de 6 mois pour un tiers d'entre eux, et la mise en ligne de photos et d'informations se fait dans les quelques semaines suivant la naissance.

    Résultat : 81 % des enfants de moins de 2 ans ont déjà une sorte de profil ou d'empreinte numérique avec leurs photos. Dans ce groupe de Facebook, dédié à ce sujet, on parle même de 93 % des enfants américains.

    Selon cette même enquête, 70 % des mères de famille expliquent qu'elles ont publié ces images pour les partager avec leur famille et leurs amis.

    AVG leur a ensuite demandé à quel point elles étaient préoccupées par la quantité d'information sur leurs enfants susceptible d'être accessible sur le Web dans quelques années (sur une échelle de 1 à 5, 5 correspondant à très préoccupée) : les résultats montrent qu'en général, les mères sont modérément inquiètes (3.5 en moyenne).  

    Est-ce par inconscience? En pure connaissance de cause? Ou par manque de connaissances informatiques?

    Pourtant, certaines précautions sont faciles à prendre. Des sites comme celui-ci nous expliquent comment diffuser des photos sur Facebook dans le respect de la vie privée. 

    On peut également rappeler que, sur le Net, une prudence élémentaire est de mise. N'y mettez aucune photo que vous ne serez pas prêt à voir afficher partout dans les rues!

    Mais justement, j'aimerais bien connaitre vos avis là-dessus. Mettez-vous des photos de vos enfants en ligne? Sans inquiétude ou avec inquiétude? Ou faites-vous partie des parents qui ne mettent rien, même pas le gros ventre qui abrite leur bébé?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    1 890 aperçus

    Lait maternel à partager

    Sur le site d’Héma-Québec, l’organisme qui gère déjà la banque de sang de la province, on trouve cette information : « Projet de banque de lait maternel à l'étude ». 

    Depuis longtemps, en effet, l’idée de banques de lait maternel circule. 

    Déjà nombreuses en Europe - l'Association européenne des banques de lait comprend 155 centres dispersés dans 23 pays -, elles permettent essentiellement de nourrir les bébés prématurés et de multiplier leur chance de survie, mais aussi de nourrir d’autres bébés, surtout sur besoin médical de leurs mamans. 

    Selon une recherche publiée en décembre dernier dans le Journal of Pediatrics, le lait maternel diminuerait des deux tiers les risques d'entérocolite nécrosante, très difficile à traiter et souvent fatale pour les prématurés, puisqu'elle détruit leurs muqueuses intestinales.

    On sait aussi que le lait maternel protège les prématurés - et tous les bébés - des infections aux voies respiratoires ou des infections gastro-intestinales. 

    Bref, ces raisons font que de nombreux médecins attendent cela depuis longtemps et que la Fondation d’Héma-Québec a décidé d’investir 66 000 $ pour voir comment cela serait possible, à quel coût, etc. Après cela, quelle que soit la décision d'Héma-Québec, il faudra l’accord du ministère de la Santé. 

    En attendant, il est drôle de lire les réactions de certaines blogueuses, mais surtout des mamans, à ce sujet. 

    Parmi les lectrices de La Presse, par exemple, la plupart semblent prêtes, avec plaisir, à donner leur lait tout comme elles donnent leur sang. Dans le sens inverse, elles sont a priori moins à l'aise avec l’idée de donner à leur bébé un autre lait maternel. 

    Cela se comprend, bien sûr, si elles peuvent elles-mêmes allaiter. Mais si elles ne le peuvent pas? 

    Sur un autre blogue, une lectrice raconte comment elle avait mal réagi lorsqu’une amie de son mari lui avait gentiment proposé d’offrir son propre sein à son bébé, lorsque cette première lui a dit qu’elle allait probablement abandonner l’allaitement pour donner du lait artificiel. Ce à quoi une autre lui répond que les mamans d'autrefois ne se posaient même pas la question, avec leur nourrice attitrée... 

    D’autres expliquent que, si elles imaginent mal faire téter directement leur bébé à un autre sein, elles seraient par contre favorables à lui donner du lait maternel anonyme, étiqueté et pasteurisé, acheté à une banque. 

    Comme dit l’une d’entre elles, « ce n’est certainement pas pire que de donner le lait d’une vache anonyme! » N’est-ce pas?

    Personnellement, la seule fois où j’ai dû jeter mon lait congelé, cela m’a un peu tordu le coeur. Alors, je n’hésiterais pas à faire don du mien, si j’en avais l’occasion lors d’une future grossesse. Quant à acheter celui d'une autre, si j'étais malade par exemple, pourquoi pas? Si les conditions sont irréprochables, je préfère une maman anonyme à une vache anonyme. Surtout que, paraît-il, les laits maternels sont mélangés pour maximiser la teneur en vitamines. Mais je conviens que c'est très personnel... et qu'il me faudrait sûrement un temps d'adaptation (...d'acceptation?).

    Enfin, dernier problème : rémunérer ou pas les donneuses?

    La plupart des mamans semblent prêtes à l’idée de donner gratuitement, estimant même qu’un tel acte ne peut qu’être bénévole, tout comme le don de sang. 

    L’organisme Nourri-source est du même avis, mais allume une autre lanterne : si nous laissons des entreprises lucratives s’emparer de ce marché, comment être sûr de l’utilisation de notre lait à des fins honorables? 

    Je les cite : « Comment ne pas se questionner sur le désir effréné de l'industrie de toujours présenter un produit qui se "rapproche de plus en plus du lait maternel"? Comment ne pas penser que l'industrie n'essayera pas de standardiser ou de "breveter" certaines substances du lait maternel? Et si des gens qui peuvent se payer le luxe d'acheter le lait du lactarium privé pour leurs nourrissons, que se passera-t-il pour les parents qui n'ont pas les moyens? »

    La solution serait donc claire : il faut que ce soit un organisme indépendant et non lucratif qui prenne ce projet sous le bras. 

    Pour Nourri-Source, l’enjeu est même urgent. « Il est difficile de comprendre le manque de dynamisme du réseau de la santé face au rétablissement du projet des banques de lait/lactariums au Canada. Attendons-nous que des intérêts financiers s'emparent de "l'or blanc" au Canada? Ou bien souhaitons-nous que, pour le bien de tous, le lait maternel puisse servir à ces bébés moins fortunés par la vie (et dont les mères n'ont, malheureusement, pas pu ou pas voulu allaiter)? »

    Quant à vous, les mamans et les papas, ces projets vous évoquent quoi?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
 
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