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Famille à la Une

Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.

octobre 2010 - Billets

Famille à la Une
  • 10 commentaire(s)
    5 107 aperçus

    Faut-il avoir peur des exerciseurs?

    Quand ma première fille a eu 6 mois, elle aimait tellement se mettre debout sur ses petites jambes bien tendues que cela nous est apparu comme une évidence : l’exerciseur, elle va adorer ça!

    Effectivement, elle a beaucoup aimé ça. D’ailleurs, quel bébé n’aime pas ça? Ils sont dedans comme des pachas, avec tous leurs jouets à portée de main. Même plus besoin de faire d’efforts. 

    Quant aux parents, c’est tellement réjouissant! Bébé est debout, s’amuse comme un fou et, en plus, il est parfaitement en sécurité pendant que maman parle au téléphone ou s’active dans la cuisine.

    Oui, mais. Voilà le problème. Trop facile, l’exerciseur. 

    « Pour le bébé, c’est la loi du moindre effort », m’a résumé Maria de Notariis, physiothérapeute au CHU Sainte-Justine, qui voit des bébés tous les jours pour réajuster leurs divers troubles de développement. 

    Les parents d’aujourd’hui s’inquiètent que leur bébé n’aime pas être sur le ventre et ne fasse pas de quatre pattes… mais comment peut-il en être autrement, quand ils ont cette soucoupe bionique à la maison? 

    « Une fois qu’ils ont goûté à ça, comment trouver la motivation d’apprendre à se déplacer? », explique-t-elle. 

    C’est donc bien clair : lorsque l’exerciseur est trop utilisé, et trop tôt, il freine le développement moteur du bébé plus qu’il ne le stimule. Il se révèle même négatif pour le développement musculaire. 

    Dans le livre passionnant qu’elle a publié en 2008 sur le développement neuromoteur de 0 à 15 mois (Regarde-moi), avec trois autres collègues de l’hôpital Sainte-Justine, elle consacre un petit encadré à ce joujou. Les quatre auteures prennent clairement position. 

    « Depuis 10 ans environ, on constate un engouement pour ce type d’équipement. Certains parents y placent leur poupon dès l’âge de 4 mois, sous prétexte qu’ils l’ont reçu en cadeau ou que le bébé adore y être placé. En effet, certains bébés expérimentent très peu les positions ventrales et latérales. Or dans ces équipements, les muscles utilisés sont les extenseurs. (…) »

    Les parents, fiers comme des paons, sont convaincus que leur bébé va bientôt marcher! Mais il n’en est rien. 

    « Il y a des conséquences à l’utilisation de ces aides à la station debout : des jambes raides et des pieds pointés ou une marche avec une base très large et un mouvement de pivot des jambes. Dans les deux cas, les mouvements seront lents et grossiers et les bébés seront incapables de franchir les obstacles. Les chutes seront fréquentes, car les mécanismes de réajustement postural seront quasiment inexistants (…).  La marche indépendante peut être retardée. » 

    Déjà, on le sait, nos bébés ont plus de difficulté qu’avant à pratiquer le quatre pattes en raison du dodo sur le dos, qui engendre nécessairement une moindre vitalité en position ventrale (si on les compare aux bébés de la génération précédente). Mais si, en plus, on les met trop tôt dans ces choses-là...?

    « Pas étonnant que nos bébés n’expérimentent plus les joies du quatre pattes, pourtant très riches sur le plan psychomoteur », rappelle-t-elle. 

    Pour elle, le conseil à retenir est celui-ci : « On peut dire que si le bébé a expérimenté toute la mobilité au sol et qu’il commence à se tirer debout tout seul, il est prêt à y être placé pour de courtes périodes. » 

    Malheureusement, la plupart des parents (dont je suis) avaient tendance à croire l’inverse : si nous y plaçons bébé avant qu'il sache marcher, il va apprendre plus vite. Erreur.

    Et si l’on commence plus tard (vers 11 ou 12 mois), c’est l’âge où bébé a le plus envie de fouiner et d’explorer. Alors à quoi bon?

    Autant le remiser ou le vendre…

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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  • 14 commentaire(s)
    3 591 aperçus

    Un verre pendant la grossesse: finalement possible?

    Comme de nombreuses campagnes de santé publique nous le rappellent régulièrement, il n’est pas recommandé de boire de l’alcool pendant la grossesse. Cette règle générale sera toujours vraie. 

    Mais bien des femmes enceintes estiment que la règle du « zéro-alcool » est trop stricte. Leur bon sens de maman leur dicte qu’il y a peu de risque à déguster un petit verre de vin, de champagne ou de bière exceptionnellement. Elles pourraient bien dire vrai aussi. 

    Il existe, sans doute, une culpabilisation démesurée subie par les femmes enceintes dans les restaurants, par exemple. Quand le serveur arrive, elles osent à peine commander, comme leur conjoint, un petit verre de vin, même si elles en ont envie et font partie de celles qui n’exagèrent pas.

    Est-ce le fruit de leur imagination, cette pression sociale? Ont-elles peur de ce que pourra penser le petit couple de la table d’à côté? Peur du jugement de leur conjoint, leur famille? Peur de la réaction de leur bébé? Souvent, un peu de tout cela à la fois. 

    Personnellement, le peu de fois où je me suis offert ce petit luxe, j’ai laissé s’exprimer mon « gros bon sens » et personne ne m’a jamais fait sentir mal à l’aise. Ni mes amies, ni mon mari, ni même ma gynécologue, à qui j’avais répondu sans l’ombre d’une culpabilité mon opinion à ce sujet.

    La règle de la tolérance zéro, de l’avis de nombreuses personnes, a été établie pour mettre fin aux tergiversations sur le dosage à respecter (un verre, ou deux? Par semaine ou par mois?) et, surtout, pour ne pas fournir d’excuse aux mamans fragiles qui pourraient abuser de cette  « permission » exceptionnelle. Cette logique est compréhensible, bien que draconienne. 

    Je cite le document co-édité par le Collège des médecins et Educ'Alcool : « À ce jour, la recherche ne permet pas de déterminer un seuil minimal de consommation entièrement sécuritaire pour le développement du futur bébé, même s’il n’y a pas de preuve formelle que prendre un verre à l’occasion ait un effet nocif sur le foetus. » La phrase elle-même n'est pas tout à fait intelligible...

    Ce qui est nouveau et très clair, par contre, c’est que des scientifiques respectables viennent de donner un bon coup de pied dans cette fourmilière. 

    Une étude du département d'épidémiologie et de santé publique du University College de Londres, publiée le 5 octobre dans le Journal of Epidemiology and Community Health, vient de l’affirmer : boire un ou deux verres d'alcool par semaine, durant la grossesse, ne pose pas de risque particulier.

    L’équipe vient en effet de montrer, en analysant les données d'une cohorte de plus de 11 000 enfants, que chez les petits de 5 ans nés de mères qui buvaient de façon modérée pendant qu'elles étaient enceintes, il n'y pas de risque plus élevé de problèmes de comportement ou cognitifs que chez les enfants nés de mères qui n'ont pas bu une goutte pendant leur grossesse.

    L'étude avance même quelque chose de surprenant : ces enfants seraient légèrement moins susceptibles (environ 30 %) de souffrir de problèmes de comportement et obtiennent de meilleurs résultats aux tests cognitifs que les enfants dont la mère n'a pas bu d'alcool en étant enceinte. Ceux dont la mère a abusé de l'alcool présentent cependant beaucoup plus de troubles comportementaux et émotionnels.

    Cette étude va-t-elle aider à faire déculpabiliser les mamans raisonnables qui, comme moi jadis, ont osé consommer un verre de vin lors d’un souper d’amoureux? Sans doute que oui. Tant mieux pour elles et pour leur bébé, de s'alléger de ce stress.

    Par contre, va-t-elle inciter d’autres mamans fragiles à consommer plus d'alcool qu'elles ne le devraient? C’est ce qu'il reste à déterminer. Je ne le souhaite pas.

    P.-S. Dernièrement, je regardais l'héroïne de la série Mad Men (qui se situe dans l'Amérique des années 60), notre chère Betty Draper, boire et fumer pendant qu'elle était enceinte, avec le consentement mal éclairé de la société et des médecins... Je me suis dit : quel bond social et scientifique nous avons fait, depuis! Ouf, au bonheur de nos bébés!

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    2 728 aperçus

    Halloween : quels costumes, quels bonbons?

    C’est la première année que nous fêterons vraiment l’Halloween. Et je veux tellement bien faire ça… que je crois que j’y réfléchis trop!

    Va-t-on recevoir les enfants du quartier ou aller cogner aux portes? Peut-être les deux : pendant que ma plus grande part en visite avec son père, je reçois avec les deux plus petits (18 mois et 3 1/2 ans)?

    Ensuite, vais-je acheter des bonbons dignes d’épicerie naturelle (que les enfants n’oseront peut-être pas goûter!) ou des bonbons bien chimiques à la pharmacie (que je n’achète même pas pour mes enfants habituellement!)?

    Enfin et surtout, vais-je fabriquer moi-même les costumes effrayants, en acheter, ou leur suggérer les déguisements de princesses et pirates qu’ils ont déjà?

    Il y a un livre récent que j’aime beaucoup : Fêtes et rituels, de l’auteure, journaliste et maman France Paradis. Dans ce livre, qui traite de toutes les fêtes de l’année, elle parle bien sûr d’Halloween. Et voici deux idées sympathiques que je partage avec vous. 

    1- Elle nous suggère de faire « monter » la fête, quelques jours avant, en racontant une histoire de courageux héros. Car l’idée, c’est de donner un sens à la fête. C’est donc l’occasion parfaite de leur faire jouer un jeu de rôle, leur permettant de s’approprier les valeurs et les forces de leur héros.

    « Cette marche de nuit, dans les rues, n’est-elle pas un défi lancé à la peur? Une sorte d’appel au courage des enfants, sous des dehors joyeux? Les déguisements sont l’instrument symbolique de ce courage, et les bonbons, les fruits de cette victoire », écrit-elle. 

    2- S’agissant du choix du costume, là où cette maman me fait réfléchir, c’est qu’elle va plutôt à l’encontre des habitudes de sorcières, vampires et compagnie... 

    « Il serait dommage que de tout petits enfants de 5 ans se déguisent en squelette ou en vampire. (…) L’identification peut être puissante si on choisit bien le héros en question : Robin des bois, un chevalier, le lutin rusé et compatissant de l’histoire, une princesse, une fée aimante. Ainsi, le déguisement porte le sens et fait pénétrer l’enfant dans un monde de force et de bonté. » 

    3- Les bonbons… pour ou contre? Et si oui, combien, et pendant combien de jours?!

    « Ils seront d’autant plus précieux pour vos enfants si c’est la seule période de l’année où ils en auront. Chez nous, les enfants peuvent manger autant de bonbons qu’ils veulent pendant les 3 jours qui suivent. Ils peuvent même choisir de souper aux bonbons! Et c’est la fête qui devient exubérante! Mais après 3 jours, tous les bonbons disparaissent. C’est la fin de la fête. » 

    Inspirant, n’est-ce pas? Et vous, quelles sont vos idées de bonbons et de costumes?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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