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Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
juillet 2010 - Billets
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Je crois que je peux me définir comme une bonne dormeuse. Je m’endors vers 23 h, immédiatement après avoir posé ma tête sur mon matelas (je dors sans oreiller) et me réveille le lendemain sans aucune interruption, même quand j’ai bu 2 tasses de tisane avant de me coucher.
Jusqu’à quelle heure? Si ma dernière de 14 mois ne gazouillait pas aux aurores comme elle le fait (vers 5 h 45 à 6 h 30, selon son humeur), je dormirais probablement jusqu’à 8 h ou 9 h.
Même si je l’aime infiniment, j’avoue que cela me met dans une humeur plutôt maussade. Dans un élan automatique et très lent, je lui donne à boire et la recouche pour une petite heure, s’il est 5 h 45. Elle n'est pas toujours très contente, mais ce n’est pas grave. J’essaie en vain de me rendormir malgré ses miaulements.
Puis, quand vient la fin de semaine, je m’autorise un petit luxe : je la descends, avec ses frères et soeurs, devant Toupie et Binou ou Thomas le train. Puis je retourne faire le légume dans mon lit, tant que je le peux.
Avez-vous une idée du déficit de sommeil que cela créé, toutes ses petites heures accumulées, naïvement volées par le réveil matinal de nos enfants? 730 heures sur 2 ans, pour ceux qui dorment 4 heures d’affilée, par exemple, au lieu des 5 qu’il nous faudrait minimalement.
Oui oui, ça a été calculé.
Les spécialistes du sommeil disent, en effet, qu’il faut dormir un minimum de 5 heures ininterrompues pour fonctionner normalement le lendemain.
Vous pensez y arriver facilement? Hum hum...
Une étude récente anglaise, conduite par la compagnie de matelas Silentnight auprès de 1 000 nouveaux parents, a découvert que les deux tiers (2/3!) des parents ne dormaient consécutivement que 4 heures ou moins.
Cette blogueuse sympathique du New York Times a fait un calcul simple. Cinq heures de sommeil par nuit sur 2 ans (soit de la naissance à ses 2 ans), c’est 3 650 heures de sommeil. Et 4 heures par nuit? 2 920. Le déficit de sommeil, pour ces parents, est donc de 730 heures sur 2 ans… soit l'équivalent de 5 mois de sommeil (à 5 heures par nuit).
Déboussolant, n'est-ce pas?
J’avoue ne pas être concernée. Mes 5 heures continues de sommeil, je les ai, depuis que ma fille a 2 mois. Je ne me plaindrai donc pas.
Mais j’ai quand même l’impression d’être en manque de sommeil, puisque depuis que je suis ado, j’ai toujours tenu pour acquis qu’il me fallait 8 heures de sommeil pour être au top de ma forme. Or cela fait bien longtemps que je ne les ai plus…
Alors, c’est quoi la solution? Faire des siestes? Sous le bureau, si nécessaire? J’en suis sûre. Y arrivez-vous, vous?
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Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais avec les « codes sociaux » d'aujourd'hui, les aires de jeu sont devenues des terrains minés. Difficile de trouver un code de conduite commun pour séparer deux enfants qui se chamaillent, ou de reprendre le bébé de l'autre qui lance du sable dans les yeux du nôtre.
Avant, on disait qu’il fallait un village pour élever un enfant. Maintenant, c’est l’extrême inverse. Cela prend - éventuellement - un parent pour intervenir, mais deux, ô grand jamais! Quant à mettre la main sur l'épaule d'un autre enfant? N'y pensez même pas!
Comme le dit une éducatrice, interrogée dans ce très bon billet, on dirait que les parents ont maintenant une tolérance zéro pour des choses que l’on considérait normales, voire rituelles, dans un terrain de jeu : s’éclabousser, s’attraper, se mettre à terre, jouer avec des bâtons, etc.
Suite logique à cela : on n’a jamais vu autant de parents manquer de diplomatie entre eux, se jeter des regards glacials, ou même carrément s’engueuler, pour défendre leur rejeton devant un autre bambin.
Alors, comment intervenir? Selon « l’étiquette » actuelle, peut-on intervenir auprès d’un autre enfant ou au contraire se taire, en s’en remettant à son parent?
L'auteure de ce même billet suggère, d’abord, d’apprendre à son enfant à s’affirmer poliment, en disant ce qu’il n’aime pas qu’on lui fasse (ex. : « Je n’aime pas qu’on me pousse »).
Puis, si le mauvais comportement de l’autre enfant continue, on peut alors prendre la relève en disant, tout aussi poliment : « S’il te plaît, ne pousse pas les autres ».
Et si cela continue encore, on s’en remettra à l’autorité de l’autre parent, qui devrait en principe répondre : « Oups, désolé, je n’avais pas remarqué ».
Personnellement, je ne me suis jamais retenue d’intervenir auprès des autres enfants, quand leur comportement m'a gênée. Toujours avec politesse, bien sûr, mais sans aucune hésitation à le faire.
Après tout, les enfants ne recevront-ils pas d’instructions « étrangères » tout au long de leur enfance? Bien sûr! Ça commence en garderie, ça se poursuit à l’école, dans la rue, dans les épiceries ou les camps de vacances.
Autre contexte : quand on part avec des amis et leurs enfants en vacances. Alors là, la situation se corse. Si les styles éducatifs sont très différents, on se force à ne rien dire, la tension monte... et les vacances peuvent carrément déraper.
Dans cet article du Elle, on trouve des conseils rusés :
En premier, organiser une réunion de parents informelle pour faire le point sur les loisirs des enfants, mais aussi les règles de base du séjour : participation aux tâches ménagères, vie en communauté, discipline, heures de coucher, etc. À l'heure des repas, par exemple, la tension monte souvent d'un cran. Alors, on peut décider, dès le départ, de dîner avec les enfants le midi, mais le soir les faire manger avant les parents.
Ensuite, on choisit un « gardien de l’ordre » parmi les adultes. Celui qui prendra la grosse voix pour faire respecter les règles. Puis, on fait front uni derrière lui.
Enfin, on communique et on s’affirme. C'est-à-dire on communique avec l’autre parent sur ce qui nous irrite; ou on s’affirme directement devant l’enfant, s’il ne respecte pas des règles connues d’avance.
Et on n'oublie pas le miracle… du jeu! Car c’est encore lui qui met la meilleure ambiance et attire le dévouement des enfants : spectacle d’enfant à préparer pour la fin du séjour, concours de rangement de chambre, remises de prix symbolique…
Vous avez déjà vos trucs pour une cohabitation de rêve? Ou pour intervenir auprès des enfants des autres? Partagez-les!
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Cet été, j’espérais les faire grimper le mont Saint-Hilaire à leur rythme et dans la joie. Dès le départ, j'ai visé les randonnées de 3 à 4 kilomètres maximum, sans trop de dénivelés. Mais les deux premières expériences m'ont vite ramenée à la réalité...
— ma plus grande (5 ans), s'arrêtait tous les 50 mètres pour me dire « C'est long... C'est où le bout du chemin, M'man??? »; — mon fils (3 ans) faisait une pause tous les 2 mètres pour attraper un bâton, saisir une fourmi rouge, arracher un vieux champignon sur un tronc, et j'en passe... — mon bébé (1 an), perchée dans un porte-bébé dorsal, ne demandait rien, mais on s'arrêtait quand même tous les 100 mètres pour lui proposer à boire ou lui remettre la tête en place, si elle faisait dodo!
Bref, autant vous dire que notre « progression horaire », comme disent les spécialistes, était plus de 500 mètres à l'heure que de 2 km/h (la vitesse familiale normale).
Vous vivez la même chose que moi, par ces belles journées d'été? J'ai enquêté, fouiné, puis testé des trucs; et voici les 10 meilleurs conseils pour les faire avancer presque au même rythme que nous...
- Avant 3 ans, ne pas se faire d'illusions! C'est clair et scientifique : à 2 ans et 3 ans, même si notre trésor est plein d'énergie, les muscles de sa ceinture abdominale et dorsale ne sont pas encore assez formés pour une marche continue. Il va donc vadrouiller et galoper ici et là, mais oubliez la randonnée de 2 kilomètres, même à son rythme!
- À partir de 3 ans, l'enfant peut marcher, dit-on, 1 kilomètre par année d'âge; mais pas en suivant notre vitesse de croisière d'adulte. Il en est encore physiquement incapable. Misez plutôt sur une progression horaire de 1 à 2 km en moyenne, en respectant ses pauses et surtout, en jouant!
Pour cela, fixer un but de promenade à l'enfant : un point de vue où l’on voit toute la ville et les maisons; un château; une cascade; un sommet où l’on a presque la tête dans les nuages (comme son amie Dora l'exploratrice, à la télé), etc.
- Chemin faisant, jouez le jeu de la découverte. On part avec un sac pour y mettre nos plus belles feuilles mortes (dont on va chercher le nom en rentrant à la maison) ou on part à la recherche des fleurs et des champignons les plus bizarres (en sachant que les plus bizarres se trouvent là-haut, c'est sûr!);
- On lui raconte une histoire, on commente le paysage (l'histoire du château, la légende de la grotte...), on entonne des chansons. Le but, c'est de lui faire oublier qu'il marche.
- On le hisse au niveau des plus grands, en lui organisant un vrai p'tit kit de randonneur : un vrai petit sac à dos (même s'il n'y a que sa doudou), une petite gourde, sa collation, son sac à trouvailles, sa carte de randonnée, sa boussole, etc.
- On le laisse marcher devant, en éclaireur! Il nous dira s'il y a des dangers, des gros trous, des pierres menaçantes...
- On lui épargne les conditions difficiles : vent, froid, faim, soif, grande chaleur, car son petit organisme s'épuise vite et l'expérience doit rester belle. Sinon, il ne reviendra pas, c'est sûr!
- On lui promet un magnifique carré de chocolat (comme à nous), ou sa collation préférée, en arrivant là-haut. C'est la facilité... mais ça marche si bien!
- Une fois les premières expériences réussies, on essaie de choisir des randonnées un peu inédites : une grotte, un fort, une ferme, etc. Quelque chose qui les motive vraiment.
J'ai appliqué tous ces trucs en vrac, au jour le jour, et ça marche! Et chez vous, qu'est-ce qui fonctionne le mieux?
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Êtes-vous une « Mompreneure » ou « mampreneure »? Cette drôle d’expression, venue des États-Unis, est la contraction de « maman » et d’« entrepreneure ». Le phénomène a été remarqué aux États-Unis, mais a très vite déboulé en France, puis ici.
En fait, il y a toujours eu des mamans entrepreneures. C’est-à-dire des femmes qui décident de se lancer en affaire, à partir de leur maison, dans le but de s’épanouir dans un travail flexible et payant, compatible avec leur vie de famille.
Mais depuis peu, elles se serrent les coudes et s'organisent. Certaines sont d’anciennes cadres, qui réalisent qu’elles ne peuvent plus mener de front leur carrière et l’éducation de leurs petits; d’autres se sentent poussées vers la porte de sortie de leur entreprise, depuis leur retour au travail.
Au Québec, le réseau des « Mamentrepreneures » est né en 2009. C’est l’histoire d’une jeune mère de 4 filles, qui décide un jour de suivre un cours « Lancement d’une entreprise » pour fonder sa propre maison d’édition et qui, dans ses démarches, constate qu’il n’existe aucune ressource spécifique pour les mamans qui désirent démarrer leur propre affaire. Lui vient alors l'idée de créer un groupe de mamans en affaires, avec 2 autres mères.
Aujourd’hui, Mamentrepreneure.com est un portail complet. Il met en vedette les mères en affaires ou sur le point de le devenir et leur offre une communauté d’échanges, des outils et des événements pour les soutenir. Des groupes s’organisent aussi à travers toutes les régions du Québec. Un webzine mensuel est publié et un gala annuel est prévu pour reconnaître le succès des membres.
À la clé de leurs réussites? On trouve des entreprises de services, d’alimentation, de maternité, d’organisation d’événements, de santé, etc.
Près de moi, une amie s’est lancée dans la conception et la fabrication de bijoux. Ses 4 enfants ont de 3 ans à 13 ans, et puisqu’elle est douée pour mettre en valeur ses bijoux et développer son réseau, ça fonctionne! Elle les expose dans des boutiques de vêtements, des salons, et sera même pour la première fois au Salon des artisans cette année.
N’est-il pas paradoxal de faire le choix de lancer une entreprise, tandis qu'on souhaite être plus présente à la maison? Quand on lui a posé cette question récemment, Valérie Hains, une des fondatrices des Mamentrepreneures, a répondu que le mot clé était la flexibilité.
Elle a d’ailleurs cité une étude récente de l'Université Laval, selon laquelle les femmes n'envisagent pas l'entrepreneuriat pour l'aspect financier, mais plutôt dans le but de bâtir quelque chose afin d'atteindre cette flexibilité tant recherchée, quand on a des enfants. « Je le dis souvent : ne pensez pas que choisir cette voie-là, c'est plus facile. Il faut quand même travailler beaucoup », a-t-elle dit, en précisant que le fait de pouvoir gérer ses horaires était un grand avantage.
J’avoue qu’étant moi-même travailleuse autonome, je reviendrais très difficilement en arrière. À vrai dire, mes expériences en bureau n’ont duré que 2 ans, lorsque j’étais en France!
Et vous, les mamans qui me lisez, êtes-vous tentées de vous lancer en affaire? En tout cas, sachez que le réseau existe et il vous attend!
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