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Famille à la Une

Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.

juin 2010 - Billets

Famille à la Une
  • 6 commentaire(s)
    2 599 aperçus

    Premier bal de finissants... à 5 ans!

    Hier soir, c’était la « graduation » de ma fille. Sa « soirée des finissants », destinée à souligner la fin de son époque « garderie » et son passage à l’école maternelle.

    Ils étaient 34 enfants, comme elle, et nous devions être une centaine de parents, frères et soeurs, rassemblés autour de ce joli moment.

    Mais quel tra-la-la, pour fêter cela!

    La salle des fêtes de la mairie avait été réquisitionnée et la fête a duré 2 h 30. Les spectacles de chaque groupe avaient été préparés depuis 2 mois. Même les parents ont mis la main à la pâte, en participant à un grand buffet communautaire. La garderie avait fait tout le reste   3 gâteaux géants décorés de paillettes bleu-blanc-rouge, une grande fresque servant d'arrière-scène, un micro, un photographe, des diplômes, des costumes.

    Mais la cerise sur le gâteau, c'était bien sûr la remise des diplômes. J’ai alors vu ma petite puce et ses 33 amis arriver à la queue leu leu, tous habillés d’une toge blanche et d’un mortier (chapeau carré des finissants), être appelés un à un au micro pour se faire remettre officiellement leur « diplôme » en main, enroulé et cacheté. Cela a duré facilement 30 minutes, séance photo comprise.

    Bien sûr, j’ai souri, mais mes émotions balançaient. Sait-elle ce que cela signifie, ce petit diplôme enroulé? Ce chapeau sur la tête? Est-ce qu’elle se souviendra davantage de cela ou de ce gâteau coloré, mangé par terre avec ses amies, suivi d’un petit spectacle où 100 paires d'yeux la regardaient?

    À vrai dire, j’ai découvert le rituel du bal des finissants à mon arrivée en Amérique du Nord (en France, cela n’existe pas). Chaque mois de mai, on le sait bien, les salons de coiffure et les tailleurs sont monopolisés par les finissantes, leur coiffure et leur robe à préparer…

    Mais là, j’apprends que la coutume commence dès la fin du primaire, et même en fin de garderie!

    Que faut-il en penser? Je ne sais pas trop.

    Je suis très attachée aux rituels. Ils marquent le rythme des saisons, de la croissance et de la vie, offrant des repères stables et prévisibles à nos petits amours.

    Comme dit France Paradis (Fêtes et rituels, Éditions Enfants Québec, 2008), « c’est l’incarnation du fait que chaque chose vient en son temps, qu’il y a un temps pour chaque chose et qu’il ne sert à rien de tout précipiter. Dans notre monde changeant et souvent bousculant, ils viennent marquer le temps biologique, le temps humain, par opposition au temps technologique ». Je me retrouve totalement dans ce ressenti.

    Cela dit, j’ai juste trouvé ça un peu trop. Trop long, trop surfait, tout ce tra-la-la de 2 h 30, avec souper + spectacle + séance photo du spectacle + remise des diplômes + séance photo des diplômés... J'ai même découvert que je n'étais pas la seule dans ce cas, vu ce texte de mes collègues Z'imparfaites.

    Enfin bref. J’ai quand même félicité le travail des éducatrices, dont les spectacles étaient adorables. J’ai craqué aussi pour la décoration à la main des chapeaux, par les enfants.

    Et vous, cela vous inspire quoi, votre petit mousse en toge et chapeau-mortier?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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  • 3 commentaire(s)
    2 268 aperçus

    Un ami de garderie handicapé, et pourquoi pas?

    Quand j’ai annoncé à une amie que le nouveau CPE de mes enfants intégrait des enfants à besoins particuliers et handicapés, à raison d'un enfant par groupe, je l'ai sentie déstabilisée.

    « Mais… tu n’as pas peur que cela les influence… ou que ça leur enlève de l’attention? », m’a-t-elle lancé, hésitante.

    Sur le coup, cela m’a un peu contrariée. Je lui ai répondu non et expliqué pourquoi. Puis, j’ai réalisé que c’était sans doute l’appréhension de nombreux parents.

    Côtoyer le handicap, ça fait peur. Au pire, on se comporte comme si c’était une maladie transmissible; au mieux, on a peur que cela perturbe les groupes et nos enfants.

    Alors, en cette Semaine québécoise de la personne handicapée (du 7 au 11 juin), j’ai pensé qu’il était temps de démystifier tout cela!

    D’abord, nos enfants ne portent pas du tout le même regard que nous sur le handicap. À la base (...avant que notre regard d’adulte « pollue » leur propre regard), ils n’ont aucun préjugé. Pour eux, un enfant est avant tout un enfant; qu’il soit en fauteuil roulant, surexcité, dans son monde, ou sourd et muet. C'est un enfant comme lui, et même un ami potentiel, qui aime observer, jouer, sourire, manger; tout comme lui.

    Ensuite, le handicap et les besoins particuliers, cela ne se résume pas aux enfants en fauteuils roulants.  En fait, il est très possible que vous ne sachiez jamais quel est l’enfant différent, intégré dans le groupe de votre enfant.

    Dans le CPE de Doris Bissonnette, une directrice à qui j’ai parlé récemment, il y a, par exemple, 7 enfants intégrés. Les handicaps vont du léger retard intellectuel, à la déficience motrice, à la maladie génétique rare ou encore au trouble envahissant du développement (autisme); tout comme ceux du CPE de mes enfants.

    Or, dans le quotidien, comment ça se passe?

    Les enfants handicapés sont super populaires! Dès que les autres réalisent leurs difficultés à accomplir certaines choses, ils veulent les aider, se mettre à leur niveau, même faire les choses à leur place. De temps à autre, ils leur apportent des jouets, veulent les nourrir, participer à leurs soins, etc.

    Les éducatrices, de leur côté, sont magnifiquement douées pour mettre des mots sur les différences et répondre aux questions simples des enfants. Et quand le handicap nécessite une assistance particulière, des professionnels de la réadaptation la soutiennent, afin de lui permettre d’accomplir normalement son travail.

    Bref, tout le monde y gagne. Les enfants handicapés font des progrès spectaculaires; tandis que les autres enfants apprennent l’esprit d’entraide, la coopération, l’ouverture à la différence, la tolérance.

    « Depuis 27 ans que je suis directrice et que nous intégrons des enfants à besoins particuliers, il n’y a jamais eu une intégration défavorable, ni même une remarque de parents! », m’a affirmé Doris Bissonnette.

    « C’est un grand bonheur pour tous : pour les parents, bien sûr, pour les autres enfants, mais aussi pour l’enfant handicapé lui-même. Par exemple, récemment, l’un d’eux revenait de 1 mois à l’hôpital. Juste le fait de retrouver ses amis et de se faire chatouiller le dos l'a remis d’aplomb et il a retrouvé sa bonne humeur! », a poursuivi la directrice.

    Dans le groupe de mon fils, je crois que c’est un enfant autiste. Je ne sais même pas qui c’est, mais je suis heureuse pour lui. Et pour mon fils.

    Car, c'est définitivement les enfants qui nous offrent les plus belles leçons d’amour et de tolérance! L'avez-vous remarqué?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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