Dans mon billet précédent, on m'a peut-être cru fâchée contre les CPE. Mais je ne le suis pas. S'il manque de places en garderie, c'est évidemment le signe d'une défaillance gouvernementale, qui ne met pas nécessairement les priorités au bon endroit. Je disais simplement regretter que trop peu de CPE s'inscrivent sur les listes centralisées, car cela favoriserait une gestion plus transparente et efficace.
Cette mise au point étant faite, si je continue sur ce sujet aujourd'hui, c'est que je souhaitais vous raconter la suite de mon histoire...
Il y a 2 jours, on m'a finalement appelée pour me proposer 2 places en CPE, pour ma fille de 5 ans et mon fils de 3 ans. Je les ai acceptées, principalement parce qu'ils auront aussi une place en septembre pour ma petite chouette qui aura 16 mois. C'est donc une très bonne nouvelle.
J'en ai profité pour discuter avec la directrice de ce CPE, fort sympathique. Elle gère l'un des plus gros CPE au Québec, qui comprend 4 installations et coordonne 175 garderies en milieu familial.
Elle me disait combien l'inscription sur cette liste centralisée avait été salutaire, pour toute son équipe, côté gestion, mais surtout côté PRESSIONS.
Récemment encore, un papa (à qui elle faisait visiter le CPE, à sa demande) lui a proposé 10 000 $ si elle lui dégageait une place. Elle lui a alors montré plusieurs enfants du doigt en lui demandant : « On enlève lequel? Vous choisissez? »
Le père a, bien sûr, ri jaune, comprenant l'ironie de la réponse et, du même coup, la réaction mi-choquée mi-blasée de la directrice.
Une éducatrice d'un autre CPE me disait l'autre jour que sa directrice s'était fait offrir une voiture. Refusée, bien sûr (sinon je ne serais pas là à vous le raconter, ni elle).
Combien de directrices et directeurs se voient offrir des pots-de-vin, des voitures, des rénovations? Beaucoup, sûrement.
Pourtant, dans 98 % des cas, il n'y en a vraiment pas, des places.
Cette directrice me confirmait qu'avec le baby-boom, les quelques places qui s'ouvrent depuis 2 ou 3 ans sont immédiatement comblées par les frères et soeurs des enfants, qui sont prioritaires comme on le sait. Même discours du côté de tous les CPE de mon quartier, que j'ai appelés ces dernières semaines. Chaque fois, on m'avouait que seuls 2 ou 3 enfants « extérieurs » allaient être pris, le reste étant uniquement de la fratrie.
La bonne nouvelle, c'est que les garderies en milieu familial se multiplient. Près de moi, une amie a décidé d'en ouvrir une chez elle; une décision qu'elle mûrit depuis des années. Il y a donc toujours une possibilité de se trouver un milieu familial de qualité, près de chez soi.
Personnellement, accepter ces places en CPE a été une décision un peu difficile : il est à 15 minutes de chez moi en voiture, tandis que le milieu familial (où mes enfants vont encore) est à 1 rue de chez moi. On y va à pied, en vélo, ou en patin à roulettes. Mais voilà, ma gardienne ne pouvait pas prendre ma fille en septembre, donc j'ai préféré regrouper mes 3 enfants en CPE.
Quel casse-tête! Entre les critères de distance, de qualité, de personnes... Comment choisissez-vous votre milieu de garde, vous?