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Famille à la Une

Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.

mai 2010 - Billets

Famille à la Une
  • 8 commentaire(s)
    11 978 aperçus

    Couches lavables: demandez votre subvention, c'est offert!

    Vous hésitez beaucoup à vous lancer dans les couches lavables, à cause du prix et de l'entretien?

    Côté entretien, je vous le dis tout de suite : c'est du gâteau. J'ai moi-même été étonnée du peu de temps que ça prend. On entasse les couches dans un seau vide (plus besoin de trempage), on les balance dans la machine et hop, le tour est joué. J'avoue même mélanger régulièrement des couches de pipi dans mes brassées de vêtements clairs, lavés à chaud. Après tout, ce n'est pas plus sale qu'un pantalon couvert de boue ou un chandail souillé de sauce, n'est-ce pas?

    Côté financier, ensuite, ce ne sera bientôt plus qu'une rigolade, aussi. Réjouissons-nous : de plus en plus de villes proposent des subventions!

    J'en parlais déjà dans ce texte, mais les choses évoluent vite. Depuis, des dizaines de municipalités en proposent et cela devient de plus en plus facile de convaincre celles qui restent.

    À Vaudreuil-Dorion, par exemple, cela n'a pris qu'une rencontre et moins de 6 mois pour que la propriétaire de la boutique Bedon et fripons, Stéphanie Le Vaguerèze, obtienne la mise en place de la mesure.

    Depuis mars 2010, la ville offre un maximum de 100 $ par enfant pour l’achat d’un minimum de 24 couches lavables. Précision pour les intéressés : l’enfant doit être âgé de 6 mois ou moins et être né avant le 1er février 2011. Pour obtenir cette aide financière, il suffit de présenter une preuve de résidence avec un exemplaire de l’acte de naissance et une preuve d’achat.

    Pourquoi tant de facilité? Sans doute parce que les municipalités réalisent qu'elles ont un intérêt financier à le faire, bien sûr.

    Au Québec, les couches représentent le 3e déchet en importance et chaque enfant, à lui seul, aura besoin d’une tonne de couches avant d’être propre. Mais gérer une tonne de déchets, ça coûte cher aux villes. Environ 130 $ la tonne de déchets, selon l'une des journalistes qui ont couvert cette petite actualité. Alors, la subvention de 100 $, c'est rentable. 

    À titre indicatif, voici un site qui répertorie les villes qui offrent la subvention et qui vous suggère toutes les démarches pour faire adopter cette belle initiative. 

    Lancez-vous, ça vaut le coût! Et surtout, parlez-en, car de trop nombreuses personnes l'ignorent. Le maire de Vaudreuil et les 2 journalistes qui ont couvert cette nouvelle ne savaient pas qu’existaient ces subventions auparavant. La journaliste de La Gazette croyait même que c’était une première au Québec. ;-) Voilà pourquoi j’en parle encore!

    Et, dernière chose : sachez qu'une fois l'utilisation des couches terminée, un programme humanitaire québécois permet de les acheminer au Guatemala, vers une maison de convalescence pour enfants. De très nombreuses boutiques dépositaires collaborent à ce projet. Voici les infos.

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Les papas aussi ont des baby-blues!

    Bientôt, il ne sera plus honteux de parler de post-partum pour l’homme. C’est prouvé : 1 père sur 10 serait concerné!

    Une étude publiée mardi dernier, dans un numéro spécial du Journal of the American Medical Association consacré à la santé mentale, l’explique noir sur blanc. 

    James Paulson, du service de pédiatrie de l'Eastern Virginia Medical School à Norfolk (Virginie), et ses collègues ont analysé 43 études internationales (dont 17 provenant des États-Unis) donnant des informations sur la dépression chez 28 000 futurs ou jeunes papas, de janvier 1980 à octobre 2009. Et c'est aux États-Unis que les pères seraient le plus fragilisés à l'arrivée d'un enfant (14,1 % contre 8,2 % à l'international).

    Le moment le plus critique? De 3 mois à 6 mois après la naissance de l’enfant. À ce moment, 25 % des pères connaissent une période dépressive. 

    Alors mesdames, soyez alertes, et messieurs, regardez-vous le nombril : si vous éprouvez un manque d’intérêt pour vos activités habituelles, de la difficulté à vous concentrer ou à prendre des décisions, si vous vous sentez bons à rien ou coupables, si vous éprouvez des variations d’appétit, de sommeil et de l’anxiété excessive à propos de la santé de votre bébé, il est fort possible que vous soyez en dépression. 

    Les mamans, de leur côté, présentent 2 fois plus de risque (24 %) que les pères de souffrir d'une dépression post-partum. Et comme pour les pères, leur symptôme a tendance à survenir durant la période de 3 à 6 mois après la naissance, 42 % des femmes affirmant alors être déprimées.

    Selon cette étude encore, il y aurait une corrélation entre la dépression de la maman et du papa. 

    Les auteurs appellent donc à de plus grands efforts pour détecter ces périodes dépressives chez les pères, d’autant que l’on sait que cela a des conséquences émotionnelles et comportementales chez l’enfant, même tout petit.  

    J’ajouterai que cela est d’autant plus important que les papas, contrairement aux mamans, sont peu portés à demander de l’aide. Ils gardent tout pour eux, endossent le rôle de l’homme fort et ravalent leur tristesse. 

    Yvon Lemay, responsable de la seule maison d’hébergement pour pères en difficulté au Québec (la maison Oxygène, à Montréal) me l’avait bien expliqué. Cela m’avait beaucoup touchée. 

    « Les hommes sont conditionnés, dès leur petite enfance, à régler leurs problèmes tout seuls. En général, ils ne demandent pas d’aide; et s’ils le font, ils attendent la dernière minute, en montent sur les ponts! », m’avait-il lancé, faisant volontairement référence au dernier papa en désespoir, qui s’était perché sur le pont Jacques-Cartier. 

    Bien sûr, ce n’était pas le même contexte. Il ne s’agissait pas d’un post-partum, mais plutôt d’un contexte de séparation.  

    Mais à bien y réfléchir, j’ai plusieurs fois croisé des papas tristes et un peu perdus. Aujourd’hui, j’ai donc une pensée pour eux. J’aurais bien dû leur dire : « Allez mon grand, avoir besoin d’aide n’est pas un signe de faiblesse ni d’échec : cela arrive à tout le monde à un moment donné! »

    Pensez-vous qu’ils le prendront bien?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Mieux vaut naître ici, ou ailleurs?

    Vous êtes-vous déjà dit : « Quelle chance d’être né dans ce pays… de ces parents… dans cette ville »?

    Moi, souvent. En particulier, bien sûr, devant les images de pays en guerre ou de pays dévastés. Ça fait réfléchir. « Ça aurait pu être mon enfant, là, sous les décombres. »

    Aujourd'hui, grâce à ce rapport, publié par l’organisme Save the Children, nous pouvons mettre des noms sur ces pays qu’on a en tête, chanceux ou malchanceux.

    Depuis 11 ans, cet organisme répertorie les meilleurs et les pires endroits du monde pour être maman. Il examine les façons dont les systèmes de santé contribuent à sauver la vie des mères, des nouveau-nés et des enfants; mais aussi l’accès à l’éducation, les possibilités économiques... Bref, tout ce qui offre aux femmes et aux enfants une meilleure chance de survivre et de prospérer.

    Parmi le top 10? Au premier rang, la Norvège, suivie de l’Australie, l’Islande, la Suède, le Danemark, la Nouvelle-Zélande, la Finlande, les Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne. La France se place en 12e position, le Canada en 20e position, et tout juste avant nous, par exemple : le Portugal, l’Italie… l’Estonie et la Slovénie!

    Parmi les 10 places en bas du classement, on retrouve l’Afghanistan au dernier rang, précédé par le Niger, le Tchad, la Guinée-Bissau, le Yémen, la République démocratique du Congo, le Mali, le Soudan, l'Érythrée et la Guinée équatoriale.

    Bien sûr, résumé comme ça, c’est un peu abstrait. Mais quelques statistiques, dans ce même rapport, viennent donner un peu plus de poids à ces chiffres.

    Par exemple, moins de 15 % des naissances sont assistées par un agent de santé qualifié en Afghanistan et au Tchad.  En Éthiopie, 6 %, tandis qu’en Norvège, près de 100 % des naissances.

    Au Niger, 1 femme sur 7 meurt pendant la grossesse ou l'accouchement. En Bosnie-Herzégovine, en Grèce et en Italie, 1 femme sur 25 000, tandis qu’en Irlande, moins d’une femme sur 47 600.

    En Angola, au Tchad, en République démocratique du Congo et en Somalie, 1 enfant sur 5 n’atteint pas son 5e anniversaire. En Finlande, en Islande, au Luxembourg et en Suède, c’est 1 enfant sur 333. 

    Côté éducation? En moyenne, une femme en Afghanistan, en Angola, au Tchad, à Djibouti, en Érythrée et en Guinée-Bissau reçoit moins de 5 années d'éducation formelle. Au Niger, les femmes reçoivent moins de 4 ans. En Australie et en Nouvelle-Zélande, chaque femme passe en moyenne plus de 20 ans à l’école.

    Un seul mot : Gratitude. Merci, Canada! (...et merci, France, pour mon premier quart de vie!)

    Mes petites lamentations disciplinaires semblent bien superficielles après de telles lectures… Voilà pourquoi il en faut, de temps en temps.

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Le congé parental, pas pour les papas en deuil...

    Ils s’appellent Caroline Cyr et Mathieu Banville. Vous avez peut-être entendu parler de leur histoire, à la suite de la lettre ouverte de cette maman dans Le Devoir, ou lors de leur passage le lendemain chez Christiane Charette?

    C’est une histoire à faire pleurer, dont on sort - a priori - scandalisé contre le gouvernement.

    Les faits? À quelques heures de l’accouchement, après une grossesse à terme, Bébé Éloi meurt in utero. Puis, dans ce contexte de drame que l’on imagine, Maman obtient un congé parental, mais pas Papa.

    Les règlements sont ainsi. Le papa n’a droit à son congé de paternité que lorsque Bébé est né et vivant; car le but du congé de paternité est de prendre soin de son enfant. Plus de bébé? Plus de congé parental.

    Seule la maman a droit à son congé de maternité, qu’il s’agisse d’une interruption de grossesse (spontanée, volontaire ou médicale) ou d’un décès à terme, aussi bouleversant soit cet événement pour le couple dans son entier…

    Replacé dans un contexte humain, cela peut paraître cruellement injuste. Je vous cite la lettre ouverte de Caroline Cyr :

    Après l'accouchement, le papa d'Éloi a coupé le cordon. Il a pris son bébé dans ses bras, a regardé son petit visage endormi et paisible, lui a dit des mots d'amour et l'a caressé. Moi, je n'ai pas eu la force de le prendre dans mes bras. Il a pris quelques photos si précieuses qu'il regarde à présent presque chaque jour. Il l'a présenté à nos parents tandis que je restais immobile sur le lit (…).

    Et selon le gouvernement, le papa d'Éloi n'est pas un papa. Son fils n'a pas respiré les 2 minutes requises pour que l'on reconnaisse l'existence de son coeur de père, son coeur qui vient de se déchirer en mille morceaux. Pourtant, selon ce même gouvernement, je suis une maman, moi qui n'ai jamais pris mon enfant. On m'accorde un congé de maternité, plusieurs semaines pour remettre mon corps et mon âme sur pied. Lui n'a droit à rien. Si Éloi avait respiré 2 minutes, on lui aurait accordé 1 semaine de répit. 

    J’ai appelé le ministère de la Famille. Je souhaitais obtenir confirmation et, surtout, savoir sur quel principe se basait ce type de décision, même si cela relève d’un cas unique et confidentiel. 

    On m’a confirmé que, dans l’esprit de la loi, le congé parental et les prestations ont pour but de permettre à la maman de se remettre de la grossesse, de l’accouchement, puis de prendre soin de son bébé; et au papa, de prendre soin de son bébé.

    C’est donc aussi pour cette raison que lorsqu’un bébé décède dans ses premières semaines de vie, le congé de paternité s’arrête également... avec la vie du bébé (voir l’article 14 de la loi sur l’assurance parentale). 

    En d’autres termes, ce congé ne sert pas à faire un deuil. C’est difficile à entendre, mais c’est ainsi.

    Mon interlocuteur, fort gentil et compatissant, m’a laissé entendre que ce n’était pas un cas à part. Il n’y a qu’à lire certains commentaires sur le site du Devoir pour en avoir la preuve. Plusieurs mères disent avoir vécu la même chose.

    On le savait déjà : le juridique ne fait pas toujours dans la dentelle… 

    Remarque : Heureusement, rappelle l’une des commentatrices, la Loi sur les normes du travail donne 5 jours de congé, dont 2 payés, au père « à la naissance de son enfant (…) ou lorsque survient une interruption de grossesse à compter de la vingtième semaine de grossesse ».

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    10 000 dollars contre une place

    Dans mon billet précédent, on m'a peut-être cru fâchée contre les CPE. Mais je ne le suis pas. S'il manque de places en garderie, c'est évidemment le signe d'une défaillance gouvernementale, qui ne met pas nécessairement les priorités au bon endroit. Je disais simplement regretter que trop peu de CPE s'inscrivent sur les listes centralisées, car cela favoriserait une gestion plus transparente et efficace.

    Cette mise au point étant faite, si je continue sur ce sujet aujourd'hui, c'est que je souhaitais vous raconter la suite de mon histoire...

    Il y a 2 jours, on m'a finalement appelée pour me proposer 2 places en CPE, pour ma fille de 5 ans et mon fils de 3 ans. Je les ai acceptées, principalement parce qu'ils auront aussi une place en septembre pour ma petite chouette qui aura 16 mois. C'est donc une très bonne nouvelle.

    J'en ai profité pour discuter avec la directrice de ce CPE, fort sympathique. Elle gère l'un des plus gros CPE au Québec, qui comprend 4 installations et coordonne 175 garderies en milieu familial.

    Elle me disait combien l'inscription sur cette liste centralisée avait été salutaire, pour toute son équipe, côté gestion, mais surtout côté PRESSIONS.

    Récemment encore, un papa (à qui elle faisait visiter le CPE, à sa demande) lui a proposé 10 000 $ si elle lui dégageait une place. Elle lui a alors montré plusieurs enfants du doigt en lui demandant : « On enlève lequel? Vous choisissez? »

    Le père a, bien sûr, ri jaune, comprenant l'ironie de la réponse et, du même coup, la réaction mi-choquée mi-blasée de la directrice.

    Une éducatrice d'un autre CPE me disait l'autre jour que sa directrice s'était fait offrir une voiture. Refusée, bien sûr (sinon je ne serais pas là à vous le raconter, ni elle).

    Combien de directrices et directeurs se voient offrir des pots-de-vin, des voitures, des rénovations? Beaucoup, sûrement.

    Pourtant, dans 98 % des cas, il n'y en a vraiment pas, des places.

    Cette directrice me confirmait qu'avec le baby-boom, les quelques places qui s'ouvrent depuis 2 ou 3 ans sont immédiatement comblées par les frères et soeurs des enfants, qui sont prioritaires comme on le sait. Même discours du côté de tous les CPE de mon quartier, que j'ai appelés ces dernières semaines. Chaque fois, on m'avouait que seuls 2 ou 3 enfants « extérieurs » allaient être pris, le reste étant uniquement de la fratrie.

    La bonne nouvelle, c'est que les garderies en milieu familial se multiplient. Près de moi, une amie a décidé d'en ouvrir une chez elle; une décision qu'elle mûrit depuis des années. Il y a donc toujours une possibilité de se trouver un milieu familial de qualité, près de chez soi.

    Personnellement, accepter ces places en CPE a été une décision un peu difficile : il est à 15 minutes de chez moi en voiture, tandis que le milieu familial (où mes enfants vont encore) est à 1 rue de chez moi. On y va à pied, en vélo, ou en patin à roulettes. Mais voilà, ma gardienne ne pouvait pas prendre ma fille en septembre, donc j'ai préféré regrouper mes 3 enfants en CPE.

    Quel casse-tête! Entre les critères de distance, de qualité, de personnes... Comment choisissez-vous votre milieu de garde, vous?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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