Cette semaine, le BILA de ma région a appelé. C'est le « Bureau d'inscription sur la liste d'attente centralisée » de la Montérégie. Une gentille dame voulait savoir si mes enfants étaient toujours en attente d'une place en garderie, à temps plein, à mi-temps, etc.
J'en ai déduit qu'en avril-mai, c'est effectivement le temps où toutes les garderies font leurs groupes de septembre, et ça s'active dans les bureaux...
En fait, depuis 2007, plusieurs régions offrent un service de gestion centralisée des listes d'attente. C'est fabuleux : on inscrit notre enfant sur une seule et unique liste, puis il se retrouve inscrit dans tous les services de garde à 7 $ du territoire souhaité, que ce soit en CPE, en garderie privée ou en milieu familial.
Non seulement cela nous fait gagner un temps fou, cela fournit aussi à l'administration un tableau au jour le jour des besoins de la population, selon les coins du territoire. Mais en plus, ça se gère en toute transparence. Les CPE ne se font plus agresser ou soudoyer par les parents frustrés, et les parents sont rassurés sur le fait que personne ne leur passera devant. C'est l'objectif de ces listes : efficacité et transparence. C'est la date d'inscription de l'enfant qui prime.
Le problème : l'adhésion des garderies à cette liste est facultative. Résultat, même si le ministre Tomassi a répété à plusieurs reprises souhaiter que tous les services de garde y adhèrent, nous n'en sommes qu'à un peu moins de la moitié, du moins en Montérégie (65 CPE sur 140).
J'en ai moi-même fait les frais. Quand le BILA m'a appelé il y a 3 jours, j'ai appris qu'il ne gérait pas la liste du CPE le plus proche de chez moi. Pourquoi? « Il n'a pas adhéré », m'a-t-on dit.
Alors ce matin, j'ai attrapé mon téléphone et j'ai appelé les responsables du BILA. « Pourquoi il y a en a qui ne veulent pas adhérer? » Éclats de rire au téléphone. « Viens ici, on pourra s'assoir et y réfléchir ensemble! », m'a lancé la responsable des communications.
Certains disent que c'est trop cher. D'autres manquent d'informations avant de se lancer. D'autres, encore, disent que gérer leur liste n'est pas si compliqué. (Tu parles! Quand on reçoit 50 appels par jour de parents et qu'on en a 2 000 en attente, quelle simplicité!)
La responsable du BILA n'est pas dupe. « Le coût est un argument qui tient difficilement. Mille dollars par année, ou 87,50 $ par mois, c'est probablement moins que cela ne leur en coûte de gérer leur liste eux-mêmes. C'est ce que nous disent tous les services de garde qui ont adhéré. C'est tellement le bonheur qu'ils ne reviendraient jamais en arrière! », dit-elle.
Un des problèmes, que tout le monde connaît, mais que personne n'ose dire publiquement, est que les garderies veulent garder le contrôle sur leur liste. On ne veut pas que quelqu'un mette le nez dedans. On veut pouvoir continuer à respecter l'ordre chronologique ou faire passer dans l'urgence un ami ou un voisin, si nécessaire.
Vivement que cela devienne obligatoire. Il y a une liste centralisée par région. Et le ministre a dit à plusieurs reprises qu'il le ferait, s'il constatait qu'on y mettait de la mauvaise volonté.
J'ai donc poussé la curiosité jusqu'à appeler le ministère de la Famille. Quand j'ai parlé au chargé des relations avec les médias du Ministère, il y a quelques minutes, il m'a assuré qu'on en était encore à la phase « d'implantation » des listes centralisées. Il n'a pas voulu en dire plus. Alors, il faudra être patient... et, pourquoi pas, créer un groupe de soutien Facebook pour le succès de ces listes. Ou une manifestation devant les CPE qui ne veulent pas y adhérer, avec des étendards : « Transparence, pour l'enfance! Transparence, pour l'enfance! » (Blague).