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Famille à la Une

Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.

avril 2010 - Billets

Famille à la Une
  • 6 commentaire(s)
    3 273 aperçus

    Listes d'attente en garderie: à quand la transparence?

    Cette semaine, le BILA de ma région a appelé. C'est le « Bureau d'inscription sur la liste d'attente centralisée » de la Montérégie. Une gentille dame voulait savoir si mes enfants étaient toujours en attente d'une place en garderie, à temps plein, à mi-temps, etc.

    J'en ai déduit qu'en avril-mai, c'est effectivement le temps où toutes les garderies font leurs groupes de septembre, et ça s'active dans les bureaux...

    En fait, depuis 2007, plusieurs régions offrent un service de gestion centralisée des listes d'attente. C'est fabuleux : on inscrit notre enfant sur une seule et unique liste, puis il se retrouve inscrit dans tous les services de garde à 7 $ du territoire souhaité, que ce soit en CPE, en garderie privée ou en milieu familial.

    Non seulement cela nous fait gagner un temps fou, cela fournit aussi à l'administration un tableau au jour le jour des besoins de la population, selon les coins du territoire. Mais en plus, ça se gère en toute transparence. Les CPE ne se font plus agresser ou soudoyer par les parents frustrés, et les parents sont rassurés sur le fait que personne ne leur passera devant. C'est l'objectif de ces listes : efficacité et transparence. C'est la date d'inscription de l'enfant qui prime.

    Le problème : l'adhésion des garderies à cette liste est facultative. Résultat, même si le ministre Tomassi a répété à plusieurs reprises souhaiter que tous les services de garde y adhèrent, nous n'en sommes qu'à un peu moins de la moitié, du moins en Montérégie (65 CPE sur 140).

    J'en ai moi-même fait les frais. Quand le BILA m'a appelé il y a 3 jours, j'ai appris qu'il ne gérait pas la liste du CPE le plus proche de chez moi. Pourquoi? « Il n'a pas adhéré », m'a-t-on dit.

    Alors ce matin, j'ai attrapé mon téléphone et j'ai appelé les responsables du BILA. « Pourquoi il y a en a qui ne veulent pas adhérer? » Éclats de rire au téléphone. « Viens ici, on pourra s'assoir et y réfléchir ensemble! », m'a lancé la responsable des communications. 

    Certains disent que c'est trop cher. D'autres manquent d'informations avant de se lancer. D'autres, encore, disent que gérer leur liste n'est pas si compliqué. (Tu parles! Quand on reçoit 50 appels par jour de parents et qu'on en a 2 000 en attente, quelle simplicité!)

    La responsable du BILA n'est pas dupe. « Le coût est un argument qui tient difficilement. Mille dollars par année, ou 87,50 $ par mois, c'est probablement moins que cela ne leur en coûte de gérer leur liste eux-mêmes. C'est ce que nous disent tous les services de garde qui ont adhéré. C'est tellement le bonheur qu'ils ne reviendraient jamais en arrière! », dit-elle.

    Un des problèmes, que tout le monde connaît, mais que personne n'ose dire publiquement, est que les garderies veulent garder le contrôle sur leur liste. On ne veut pas que quelqu'un mette le nez dedans. On veut pouvoir continuer à respecter l'ordre chronologique ou faire passer dans l'urgence un ami ou un voisin, si nécessaire.

    Vivement que cela devienne obligatoire. Il y a une liste centralisée par région. Et le ministre a dit à plusieurs reprises qu'il le ferait, s'il constatait qu'on y mettait de la mauvaise volonté.

    J'ai donc poussé la curiosité jusqu'à appeler le ministère de la Famille. Quand j'ai parlé au chargé des relations avec les médias du Ministère, il y a quelques minutes, il m'a assuré qu'on en était encore à la phase « d'implantation » des listes centralisées. Il n'a pas voulu en dire plus. Alors, il faudra être patient... et, pourquoi pas, créer un groupe de soutien Facebook pour le succès de ces listes. Ou une manifestation devant les CPE qui ne veulent pas y adhérer, avec des étendards : « Transparence, pour l'enfance! Transparence, pour l'enfance! » (Blague).

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Une semaine sans télé, seriez-vous capable?

    Quand j’ai emménagé dans ma nouvelle maison, le débat sur la place de la télé a refait surface. Alors, cette fois-ci : on la montre, on la cache, ou on s’en débarrasse?

    Parce que c’est vrai que, en dehors du Téléjournal (et encore...) et de quelques Toc-Toc-Toc, ici et là, on n'en fait pas grand usage.

    Allez, on la garde. Les bons films, on aimait trop ça. Que ce soient les vieux Hitchcock, les bons vieux westerns de Clint ou même les classiques de Walt Disney. On ne peut pas complètement fermer la porte à cette culture, car il y a du beau.

    Mais on l'a « camouflée » dans notre salon, derrière une armoire murale encastrée qui se ferme entièrement. Les portes sont blanches, comme mes murs. Et quand elles sont fermées, on oublie complètement tout le bazar derrière (jeux de société, livres, télé).

    Cette semaine, l’idée de ne plus l'allumer refait surface, puisque c’est la « Semaine sans écrans ».

    En fait, au départ, c’était la Semaine internationale sans télé, lancée par la revue canadienne Adbusters. Mais c’est devenu Semaine sans écran, chapeautée par le Center for SCREEN-TIME Awareness, un organisme de Washington.

    C'est sûr que les Américains, ils nous battent. Pendant que les Québécois de 2 ans à 11 ans en consomment 20 h par semaine, les tout-petits américains (2-5 ans) passent en moyenne 32 h par semaine devant un écran (et plus précisément : 25 h devant la télévision, 6 h 45 devant des enregistrements et 1 h 15 devant des consoles de jeu).

    À vrai dire, je n’ai pas d’idée catégorique sur le sujet. Chaque famille trouve son bon fonctionnement. Mais si ce type d’événement vient faire réaliser qu’elle n’est pas capable d'éteindre quelques jours ses écrans, alors c’est peut-être que trop d’heures sont passées devant.

    Les émissions de télé, en fait, je n’aurais aucun mal à m’en passer. Par contre, j’utiliserais mon écran plat pour regarder des vidéos. Ça, oui. Et Internet, pour continuer à me relier au monde et à ceux que j’aime. 

    Les DVD du type Baby Einstein, j’en ai utilisé aussi. Mais je n’ai jamais été dupe sur leur contenu éducatif. C’est joli à regarder, mais ce n’est clairement pas ça qui apprendra à notre bébé à parler. D’ailleurs, les études l’ont démontré : c’est beaucoup moins efficace que l’apprentissage par discussion. 

    À ce titre, rappelons les dosages pour nos enfants. La Société canadienne de pédiatrie demande de limiter la télévision et autres écrans à 1 à 2 h par jour. Même chose pour l’American Pediatric Society : 1 à 2 h par jour maximum, pour les enfants de 2 ans à 5 ans. Par contre, celle-ci suggère une interdiction totale aux moins de 2 ans (on peut donc se demander pourquoi les Américains ont créé les Baby Einstein et en consomment autant!).

    Une chose est certaine : plus les écrans seront éteints, plus les enfants seront portés vers les autres activités, mettant en jeu des apprentissages essentiels et de la socialisation.

    Un autre défi, québécois cette fois-ci, l’a d’ailleurs prouvé. « Le défi 10 jours » a été proposé à des centaines d’écoles au Québec et appliqué par les familles. En 2007, il a été évalué dans une école primaire de la Rive-Sud de Montréal (auprès de 326 parents et 264 élèves, de 3e à 6e année).

    On a découvert qu’il avait permis, notamment, de réduire les disputes à l’école et à la maison, d’améliorer les relations entre élèves à l'école et la concentration en classe, de favoriser les devoirs et leçons, d’améliorer la santé et le bien-être des enfants, de favoriser l’aide fournie à la maison par les enfants et de passer plus de temps en famille!

    Ça vous parle, tout ça? Alors, on peut bien se demander ce qu'on attend pour la faire disparaitre, au moins en semaine! On est maso, paresseux, dépendant, ou... quoi d'autre?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Vous passez plus de temps en famille que vous ne le croyez

    Qu’on arrête de se culpabiliser, car c’est démontré : les parents nord-américains n'ont jamais passé autant de temps avec leurs enfants.

    L'enquête, conduite par deux économistes de l’Université de California, a analysé une douzaine d’études sur la façon dont les Américains utilisaient leur temps, de 1965 à 2007. Des résultats qui devraient être similaires (voire supérieurs) au Québec, grâce à nos exceptionnels congés parentaux.

    Quelques chiffres?

    Avant 1995, les mères américaines consacraient en moyenne 12 h par semaine aux besoins de leurs enfants. En 2007, ce chiffre passait à 21,2 h par semaine chez les diplômées (niveau collégial) et 15,9 h pour celles moins diplômées.

    Les pères? Les plus diplômés consacraient 4,5 h avant 1995, puis 9,6 h en 2007; tandis que les autres passent de 3,7 h à 6,8 h.

    Le point fort de l’étude, c’est qu’elle a comptabilisé uniquement le « vrai » temps d’interaction. Elle n’a pas compté le temps « passé ensemble », c'est-à-dire dans la même pièce, mais chacun à ses activités. Elle a relevé le temps directement investi dans les soins de l’enfant. « Celui passé à les amener à l’école, à les aider pendant les devoirs, à jouer avec eux dans la cour, etc. », précise Erik Hurst au New York Times.

    Comment cela se fait-il, puisqu'il y avait plus de mamans à la maison au foyer, avant?

    Les mères d’aujourd’hui passent moins de temps à la cuisine et à faire le ménage, comparé à avant. Les pères passent moins de temps au bureau. Et les parents consacrent aussi plus de temps ensemble avec les enfants : on fait des virées familiales en vélo, on va au parc tous ensemble, etc. Avant, on était plus seul à seul avec l'enfant.

    C'est cool! Mais je suis tentée de me faire un peu l'avocat du diable...

    Ce temps supplémentaire avec l’enfant, est-il composé d'heures passées ensemble à regarder la télé, ou d'heures à faire un bricolage ou un jeu de société? Est-ce qu'on les aide à faire les devoirs, ou on les fait à leur place?

    Je sais que beaucoup s'interrogent sur la tendance à se « surinvestir » avec ses enfants. Notre manie à devenir des parents copains, sous peine de culpabilisation majeure.

    Mais quelles sortes d'adultes va-t-on éduquer? Ces enfants auront-ils autant d'indépendance et d'autonomie que ceux qui ont appris à construire leurs jeux tout seuls, avec leurs petits voisins ou leurs copains imaginaires?

    Je l’avoue, je n’ai pas vraiment de souvenir de longs jeux interactifs avec mes parents. Aucun souvenir d'avoir joué au Monopoly par terre avec mon père, ni ma mère. Ai-je été malheureuse pour autant? Non.

    En fait, les souvenirs les plus forts de mon enfance, ce sont tous ces jeux que je me suis construits avec mes copines et copains. Ce sont mes heures de liberté à faire de la planche à roulettes ou des cabanes dehors. Ce sont aussi les choses que l'on m'a montrées (cuisine, jardinage) puis qu'on m'a laissée faire toute seule.

    Dans une étude intitulée « Ask the children » (Harper, 2000), on a demandé à plus de 1 000 enfants quel était leur principal voeu, concernant leur relation avec leur parent. Ont-ils demandé d’avoir plus de temps en famille, comme le croyaient tous les parents? Non! La majorité souhaite que leurs parents soient moins fatigués et moins stressés.

    Bref, ce n’est pas la quantité qui compte, mais bien la qualité. On le sait tous.

    D'ailleurs, heureusement que c'est ainsi! Parce que lorsqu’on compte vraiment le temps qu’il nous reste dans une journée, ça ne fait pas beaucoup. Partez des 24 h d’une journée, puis retranchez votre besoin de sommeil, votre travail, puis le temps minimal pour la cuisine et les courses. Puis voyez le temps qu’il reste pour jouer avec les enfants...

    Il reste 20 minutes? Ne nous décourageons pas! Mais décidons plutôt que ce seront 15 minutes de bonheur inaltérable, consacrées à dire à notre enfant combien on l'aime, à parler de ce qu’il aime, et à jouer…

    Je sais, ça fait un peu Mélodie du bonheur. Mais c'est un objectif louable et réalisable, non?

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    Marie Charbonniaud
     
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    Quand les prothèses mammaires lâchent…

    Se refaire les seins. Ça ne concerne pas seulement les « bimbos », avec la jupe ras-les-fesses et les seins en avant. Ça concerne aussi les femmes qui ont subi une mastectomie puis une reconstitution des seins, ou encore la maman qui en a allaité 4 et qui souhaite redonner un peu de tenue à sa poitrine.  Bref, ça pourrait presque toutes nous concerner, un jour.

    Mais pour le moment, un incident concerne 30 000 Françaises et ce n’est pas drôle.

    En fait, ça a commencé en 2009, quand l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a levé le nez sur un nombre suspicieux de remplacements de prothèses mammaires (pour motif de rupture), effectués par la société PIP (Poly Implant Prothèses).

    Créé en 1991, Poly Implant Prothèse occupait jusqu’à présent le 4e rang mondial parmi les fabricants d’implants mammaires. Mais autant vous dire que, aujourd'hui, c’est bel et bien fini pour le groupe.

    Quand l’Afssaps a demandé des explications sur ces remplacements au-dessus de la moyenne, les réponses n’étaient pas satisfaisantes. Alors, elle a organisé une inspection approfondie en mars 2010 et 3 experts ont découvert le pot aux roses.

    Le gel de silicone utilisé dans les prothèses n’était pas celui qui avait été mentionné dans le dossier d’agrément soumis aux autorités sanitaires, et ce changement n’avait pas été déclaré. « C’est du jamais vu en 10 ans d’inspection à l’agence », commentait il y a quelques jours le directeur de l’évaluation des dispositifs médicaux de l’Afssaps, Jean-Claude Ghislain.

    Immédiatement, évidemment, une campagne d’information a été mise en place, de même qu’un « numéro vert » pour appeler (0.800.636.636).

    C’est que... 30 000 Françaises ont été implantées avec des prothèses PIP, sur les 500 000 Françaises qui portent des implants mammaires!

    Je ne sais pas si ces prothèses étaient distribuées ici. Je sais simplement que ce n’est pas la première fois que les implants mammaires font les gros titres de l’actualité et que, même si les chirurgiens esthétiques vantent les implants d’aujourd’hui comme « les plus sécuritaires de tous les temps », cette actualité prouve exactement le contraire.

    Quelles sont les conséquences d’une rupture d’implants?

    D’abord, le sein va se déformer, avec un préjudice esthétique, ce qui nécessite obligatoirement une nouvelle opération.

    Il peut ensuite y avoir des inflammations locales importantes.

    Mais surtout, il y a toujours le risque que le silicone se répande à travers le corps, avec tous les effets secondaires encore inconnus que cela peut entraîner.

    Cette affaire arrive tandis que la chirurgie esthétique mammaire n’a jamais eu autant d’adeptes.

    Pensez-vous que cela va freiner un peu d'élans? Y'en a-t-il qui y songeait, parmi vous, et que ça refroidit un peu? La question peut se poser.

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
 
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