Vous souvenez-vous? Lors de la dernière campagne électorale québécoise, en matière de santé, le remboursement des traitements de fertilité était au programme.
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, évaluait le coût de 10 000 $ à 15 000 $, et promettait de rembourser jusqu’à un maximum de 3 essais.
Le Québec s’alignerait ainsi sur la France et plusieurs autres pays, qui remboursent ces traitements puisqu’ils considèrent l’infertilité comme une maladie.
En effet, comment peut-on être contre la guérison?
La Commission de l’éthique, de la science et de la technologie (dont le mandat est de favoriser un débat public éclairé sur ces questions) ne semble pas du même avis.
Dans un rapport remis en décembre dernier, elle estime que le « droit à l'enfant » n'existe pas et qu'il faut distinguer le désir d'avoir un enfant et le droit d'en avoir un. Elle affirme que l'État n'est pas tenu d'accéder à toutes les demandes des citoyens en matière de procréation assistée et que l’adoption doit constituer la solution pour les couples infertiles.
Malgré cela, le Ministère a décidé d’aller de l’avant dans sa promesse. Il a demandé aux centres hospitaliers universitaires quels étaient leurs besoins en équipement et en main d’oeuvre, pour y voir plus clair.
C’est là que la Commission de l’éthique a réitéré son avis et a sorti quelques chiffres. Elle rappelle que, dans un contexte où les ressources de santé se font rares (débordement des urgences, etc.), où la santé monopolise 44,8 % du budget total du Québec, il n’est peut-être pas pertinent d’augmenter la pression budgétaire sur ce Ministère, pour quelque chose qui relève plus d’un désir que d’un droit.
Le ministre avait estimé, en effet, que le nombre de fécondations in vitro passerait d’environ 2 000 à 10 000 d’ici 5 ans!
Je vous le dis tout de suite : je n’ai pas vraiment d’avis sur la question. Je suis d’autant plus prudente que j’ai écrit un livre sur le sujet, destiné aux parents, et que ma propre soeur a subi plusieurs traitements.
Mais j’avoue que l’argumentation de la Commission vient me chercher. À l’heure où le système de santé coûte si cher, où les besoins de base peinent à être offerts (un médecin de famille notamment), le remboursement de ces traitements est-il une priorité? Avoir un enfant : désir ou droit?
J’aimerais bien avoir votre avis là-dessus. Pas facile, hein?