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Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
mars 2010 - Billets
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Ça y est, c'est le printemps.
C'est le temps de laisser de côté nos bottes d'hiver et de rechausser nos bottes de randonnées, avec nos petits derrière nous (ou sur nous).
À ce propos, j'ai parlé à un expert de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), l'organisme qui gère 80 000 km carrés de territoires naturels au Québec (parc et réserves). Je voulais savoir si les familles québécoises étaient plutôt du genre « surorganisées » ou « sous-organisées », côté randonnées.
Eh bien, croyez-le ou non, nous sommes loin d'être des femmes et des hommes des bois, contrairement à notre réputation!
« Les gens qui fréquentent nos parcs sont de plus en plus urbains et ont donc besoin de références urbaines. Quand ils réalisent qu'ils n'ont plus de signalisation, cela les déstabilise. Ils ne savent plus s'orienter, trouver de l'eau, se vêtir correctement, ni évaluer les distances à parcourir », m'a affirmé le chargé de projet responsable des randonnées pédestres, Gilbert Rioux.
Leur premier problème est sans aucun doute d'évaluer correctement les distances à parcourir, en fonction du temps dont ils disposent, de la météo, mais aussi de leur condition physique. Par exemple, on dit qu'un groupe de marcheurs expérimentés progresse en moyenne à une vitesse de 2 km/h, ce qui inclut les pauses pipi, pauses dîner et pauses jasettes. Alors, pour une famille avec enfants, on dit plutôt 1 km/h.
Or combien d'entre nous partent pour une randonnée de 5 km en pensant la faire en 2 h, tout inclus? Beaucoup!
Problème numéro 2 : l'équipement. Souvent, on part sans imperméable et avec des chaussures pas toujours appropriées. « C'est l'élément le plus spectaculaire », assure mon bon monsieur de la Sépaq, en précisant que certains d'entre eux attaquent le Mont-Albert en sandales.
« En pratique, cela va du soulier de ville de monsieur aux sandales à talon haut de madame. Résultat, les gens se blessent les pieds ou ralentissent leur progression et ce qui devait se faire en 1 h se fait en 3 h. Alors on a froid, on a faim et ce n'est pas drôle du tout », explique-t-il.
Vous voulez vous rafraîchir la mémoire au sujet des précautions à suivre? Allez voir leur petit prospectus, Prudent de nature, très bien fait. Et puis, celui concernant les randonnées d'été.
Personnellement, une de mes belles résolutions de cette année est justement d'habituer mes enfants aux randonnées. On va commencer par petit, puis augmenter graduellement. Peut-être pas de là à partir 3 jours en refuge, mais au moins, d'y passer une demi-journée!
J'ai demandé à mon interlocuteur si beaucoup de familles, avec jeunes enfants, partaient pour plusieurs jours de randonnées.
« Pas beaucoup », m'a-t-il dit. « Il y a pour cela une raison bien simple. Ce qui détermine la durée de la randonnée, c'est votre degré de tolérance à l'absence de douche! »
Ouais, vu comme ça, je crois que je vais m'en tenir à une journée. Mais s'il y en a qui ont vécu une telle expérience, je suis curieuse.
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Rendue publique en octobre dernier par la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée poursuit son petit bonhomme de chemin. Je l’ai moi-même reçue cette semaine.
Beaucoup de monde a participé à la rédaction de ses 7 petits articles : gens de la mode, de la publicité, des médias et du gouvernement. Bonne nouvelle : il semblerait que les signataires se multiplient à grands pas.
Grosso modo, on y réaffirme qu’il y a toutes sortes de formes corporelles dans notre monde, mais que le marketing et les magazines continuent pourtant de nous assommer, décennie après décennie, de modèles de minceur.
Cela aurait un impact majeur sur l’estime de soi (des femmes bien sûr, mais aussi des hommes), en plus d'avoir une influence négative sur la santé.
Leur site donne des chiffres éloquents :
- 34 % des adolescents et plus de 40 % des adolescentes de niveau secondaire sont insatisfaits de leur image corporelle et affirment vouloir modifier leur apparence;
- 56 % des femmes ayant un poids santé selon leur indice de masse corporelle veulent perdre du poids;
- au moins 10 % des Québécoises âgées de 13 à 30 ans souffrent d’un trouble de l’alimentation important...
Les signataires souhaitent donc « promouvoir une diversité d’images corporelles comprenant des tailles, des proportions et des âges variés; minimiser les risques d’anorexie nerveuse, de boulimie et de préoccupation malsaine à l’égard du poids; encourager de saines habitudes autour de l’alimentation et de la régulation du poids corporel ». Voilà 3 des 7 principes, pour vous donner un aperçu.
Je suis d’accord avec tout ça. Mais j’ose poser une question : vais-je m’interdire de dire à ma fille« Ne mange pas trop de gras et de sucre », sous prétexte qu’elle n’a que 5 ans et qu’elle risque de développer une attitude critique à l’égard du poids, voire à l’égard des personnes en surpoids?
Évidemment non. Il ne faut pas que ce discours empêche, à l’inverse, d’éduquer nos enfants à l’alimentation saine. Mais j’avoue qu’en pratique, la conduite à tenir est très délicate.
Je me souviens encore d’une conversation récente :
Moi : - Ma chérie, il faut être raisonnable avec les desserts. C’est beaucoup de gras et de sucre, en général, les desserts.
Elle : - Mais pourquoi c’est pas bon, le sucre et le gras? Moi, j’aime ça!
Moi : - Ta bouche aime ça, mais ton petit corps, lui, n’aime pas ça. Il préfère les fruits, les céréales et les légumes, par exemple. Et si tu lui donnes trop de gras et de sucre, il n’aura pas le temps d’utiliser le tout pour sa petite machine... et va se mettre à grossir pour le stocker. (J’avoue, j’ai simplifié).
Une amie, avec sa propre fille, a utilisé des macaronis pour expliquer tout ça.
« Je lui ai expliqué que nos artères étaient comme des petits macaronis et que lorsqu'on prenait trop de beurre ou de margarine, ça bouchait le petit tuyau. Tout ça, avec l’exemple technique du beurre que je mettais dans un macaroni... Disons que la démonstration a été éloquente! », m’a-t-elle dit l’autre jour, quand je lui faisais part de ce sujet délicat à aborder.
Je ne crois pas que nos filles développeront un désordre alimentaire parce qu’on leur a expliqué cela.
Pourquoi? Parce qu’on prêche une saine alimentation pour des considérations de santé, plutôt que pour des considérations esthétiques.
Comme je l’ai dis à ma fille, quand on mange trop de gras et de sucre, on a plus de risques de souffrir de maladies et de mourir un peu plus tôt. C’est un peu réducteur, mais ce sont des arguments qu’elle comprend très bien, même du haut de ses 5 ans.
Jamais, par contre, je n’ai utilisé la beauté dans mes arguments.
Cette nuance dans l’argumentation fait toute la différence, je crois. En plus, ça rend le sujet plus facile à aborder.
Et vous, vous réagissez comment?
P.-S. : Un bon petit livre pour trouver les mots justes : Ma fille se trouve ronde - Comment l'aider, par le Dr Cassuto et S. Guillou (Albin Michel, 2005).
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Vous souvenez-vous? Lors de la dernière campagne électorale québécoise, en matière de santé, le remboursement des traitements de fertilité était au programme.
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, évaluait le coût de 10 000 $ à 15 000 $, et promettait de rembourser jusqu’à un maximum de 3 essais.
Le Québec s’alignerait ainsi sur la France et plusieurs autres pays, qui remboursent ces traitements puisqu’ils considèrent l’infertilité comme une maladie.
En effet, comment peut-on être contre la guérison?
La Commission de l’éthique, de la science et de la technologie (dont le mandat est de favoriser un débat public éclairé sur ces questions) ne semble pas du même avis.
Dans un rapport remis en décembre dernier, elle estime que le « droit à l'enfant » n'existe pas et qu'il faut distinguer le désir d'avoir un enfant et le droit d'en avoir un. Elle affirme que l'État n'est pas tenu d'accéder à toutes les demandes des citoyens en matière de procréation assistée et que l’adoption doit constituer la solution pour les couples infertiles.
Malgré cela, le Ministère a décidé d’aller de l’avant dans sa promesse. Il a demandé aux centres hospitaliers universitaires quels étaient leurs besoins en équipement et en main d’oeuvre, pour y voir plus clair.
C’est là que la Commission de l’éthique a réitéré son avis et a sorti quelques chiffres. Elle rappelle que, dans un contexte où les ressources de santé se font rares (débordement des urgences, etc.), où la santé monopolise 44,8 % du budget total du Québec, il n’est peut-être pas pertinent d’augmenter la pression budgétaire sur ce Ministère, pour quelque chose qui relève plus d’un désir que d’un droit.
Le ministre avait estimé, en effet, que le nombre de fécondations in vitro passerait d’environ 2 000 à 10 000 d’ici 5 ans!
Je vous le dis tout de suite : je n’ai pas vraiment d’avis sur la question. Je suis d’autant plus prudente que j’ai écrit un livre sur le sujet, destiné aux parents, et que ma propre soeur a subi plusieurs traitements.
Mais j’avoue que l’argumentation de la Commission vient me chercher. À l’heure où le système de santé coûte si cher, où les besoins de base peinent à être offerts (un médecin de famille notamment), le remboursement de ces traitements est-il une priorité? Avoir un enfant : désir ou droit?
J’aimerais bien avoir votre avis là-dessus. Pas facile, hein?
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Est-ce que je suis prête pour déménager? Je ne sais pas!
Chaque personne que je croise, depuis une semaine, me lance : « Pis, t'es dans les boîtes? »
Et chaque fois, je leur réponds : « Non, je me garde ça pour les 2 derniers jours... Chez nous, on concentre les efforts! (rires). »
Non, les boîtes, ce n'est pas vraiment ce qui m'inquiète le plus. Un bon coup d'énergie et c'est fait. Les petites angoisses qui me traversent la tête, c'est plutôt...
Comment mon Victor d'amour de 3 ans va faire pour s'habituer à sa grande chambre, tout seul, sans son Emma qui lui chante dans les oreilles tous les soirs, lui pique son toutou, ou vient lui faire la lecture pendant qu'il dort?
Comment on va gérer les incessants raccompagnements au lit de notre chère Emma (de 7 h 30 à 21 h 30), maintenant qu'on vit dans une maison de plusieurs étages et qu'il y aura 2 barrières d'escalier à ouvrir et fermer, à chacune de nos allées et venues?! (un bisou et hop, au lit! Pas de deuxième essai!)
Comment vont-ils réagir au fait que ce ne soit plus leur papa chéri qui les réveille, les fait déjeuner, les habille et les accompagne à la garderie tous les matins? (Je précise que pendant ce temps-là, je me rendais quand même utile : bébé, cuisine, brossage de dents, euh... voilà, quoi!)
Pour moi, c'est ça, les plus grands changements. Mais je dois dire que beaucoup de facteurs jouent pour une belle adaptation. Ils connaissent bien leur nouveau quartier (c'est celui de leurs grands-parents), ils connaissent déjà leur maison (nous l'avons fait construire), ils connaissent même leur nouvelle gardienne (en milieu familial).
Quoi qu'il en soit, j'ai glané ici et là de beaux conseils pour déménager en famille. Je les partage avec vous.
- Préserver au maximum les horaires de sommeil, de bain et de repas, même au milieu des cartons! Et éviter les changements de routine pendant la période qui entoure le déménagement : sevrage, entraînement à la propreté, etc.
- Faire visiter la future maison, la future chambre, le futur quartier, en insistant aussi sur tout ce qui ne changera pas. On peut même constituer un album-souvenir avec des photos de l’ancienne maison, de l’ancienne chambre des enfants, de leurs anciens voisins et amis!
- Associer les enfants aux préparatifs et aux cartons, notamment ceux qui concernent leurs jouets.
- Prévoir de faire garder les enfants le jour même du déménagement, surtout s’ils sont très jeunes, pour ne pas qu’ils subissent notre stress élevé ce jour-là. Cela dit, il peut être utile qu’ils y assistent en partie – voir l’ancienne maison se vider ou la nouvelle maison se remplir – afin de mieux réaliser cette étape.
- Aménager leur chambre en priorité afin qu’ils retrouvent facilement et rapidement leurs jouets, leurs toutous, l’odeur de leur douillette…
- Faire confiance à leur capacité d’adaptation. Plus que le déménagement lui-même, c’est davantage le contexte du déménagement qui chamboule les enfants (naissance, séparation, perte d’emploi) et notre propre attitude vis-à-vis du déménagement! (Est-ce qu'on est tout excité de bonheur ou est-ce qu'on trouve ça triste et angoissant? Ils se fient à nous pour en juger!)
- Prévoir un panier familial avec l'essentiel : des vêtements pour chacun, des collations, les doudous et un jouet, de l'argent (pour commander à manger), du papier hygiénique, du savon et des serviettes. Éventuellement la trousse de premiers soins, si vous avez des petits bricoleurs dans les jambes!
Bref. Je m'en sortirai bien, va...
Mais vous, vous avez déménagé en famille? Qu'est-ce qui a marché, pour vous?
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Saviez-vous qu’une bonne partie de notre avenir gynécologique se joue dans les 6 premières semaines après l’accouchement?
C’est ce que j’ai appris en discutant avec Bernadette de Gasquet, auteure française de Retrouver la forme après bébé, entre un marathon de formations qu’elle a données auprès du Centre La Source en Soi.
En fait, notre vision de la « rémission » de notre corps après bébé est farcie d’idées reçues...
On pense qu’il est impossible, voire interdit, de travailler ses abdominaux avant 6 semaines? Faux!
On pense que se promener debout la majeure partie de la journée n’aura pas vraiment d’incidence sur notre récupération gynécologique? Faux!
On pense qu’il s’agit surtout se remuscler le périnée pour que tout se remette en place? Faux!
En fait, dès l’accouchement, bien plus que de faire de l'exercice, il s’agit de se protéger.
« Tradionnellement, les femmes qui accouchent partout dans le monde sont très entourées et se font beaucoup aider. Elles ne passent pas la journée debout comme on le voit beaucoup chez nous, où les femmes font tout pour le bébé, mais remettent à plus tard pour elles. C’est pourtant une période très critique, où beaucoup de choses peuvent se dégrader de manière irréparable », affirme l’auteure.
Par exemple? C’est durant ces 6 semaines que la longueur des ligaments de l’utérus se rétracte, mais si l’on n’est pas toujours debout, le ventre en avant et le bébé dans les bras!
Au contraire, la maman devrait passer plus de la moitié de la journée allongée. Et le reste du temps, elle doit protéger son corps et ne pas aller contre son rétablissement, en adoptant une bonne respiration, de bonnes positions d’allaitement, de bonnes positions de portage du bébé, etc. Madame de Gasquet les explique en détail.
Docteur, peut-on retrouver exactement notre corps d’avant?
Presque. En réalité, le bassin de la femme s’élargit inévitablement de 2 cm au moins durant la première grossesse, de façon définitive. De même, les abdos ne seront jamais plus accolés comme avant (les « grands droits »).
Mais oui, la silhouette peut se retrouver. « En sachant que cela dépend beaucoup de la qualité des tissus, du tonus, de la déformation, qui s’est faite pendant la grossesse », précise-t-elle.
Et si on ne s’est pas ménagée ces 6 premières semaines, est-ce qu’il est toujours possible de se rattraper? De redonner un tonus à son périnée, à ses abdos?
Le périnée oui, parce que c’est un muscle (ouf!). « Ce qui est difficile à récupérer, c’est la position des organes, qui sont descendus et qu’il faut remonter. »
C’est cela qui cause l’incontinence, tout autant les femmes qui accouchent par césarienne que par voie vaginale. Autrement dit, « après 3 césariennes, il y autant d’incontinence qu’après 3 accouchements par voie basse », affirme Bernadette de Gasquet (autre idée reçue!).
Que faire, alors, pour repositionner les organes? Renforcer le périnée? Non, respirer!
Quand la vessie est un peu descendue, par exemple, cela se récupère par la force de notre diaphragme. Autrement dit, par la bonne respiration. Celle qui se fait correctement et qui « replace ». Celle qui fait contracter le ventre à l’expiration, et non pas à l’inspiration. Madame de Gasquet l’explique très bien dans son livre.
Une bonne nouvelle pour finir : heureusement, notre corps ne s’abîmera pas 3 fois plus avec 3 bébés. C’est la première grossesse qui met le plus notre corps à l’épreuve, tant en ce qui concerne le muscle du périnée que la descente d’organes.
Et il est toujours possible de prendre soin de l’un et l’autre, même après 6 semaines. Mais dès l’accouchement, c’est encore plus efficace.
Vous avez des techniques miracles? Donnez-les-nous!
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