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Famille à la Une

Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.

février 2010 - Billets

Famille à la Une
  • 20 commentaire(s)
    2 684 aperçus

    Maman à la maison: un retour en arrière?

    La maman d'aujourd'hui est-elle victime du mythe de la mère parfaite, maternelle, disponible et nourricière?

    Oui, dit la philosophe et féministe française Elisabeth Badinter, qui a sorti la semaine dernière un livre explosif sur le sujet : Le conflit, la femme et la mère. La maternité serait aujourd'hui tellement valorisée qu'elle nuirait à la liberté de la femme; même à la parité.

    Selon elle, il existe une « guerre idéologique souterraine » et un « retour en force du naturalisme » qui est en train de défaire tout le beau travail des féministes.

    Les féministes ont essayé de nous amener sur le marché du travail et de nous faire partager les tâches du foyer, mais la mère d'aujourd'hui se remet des boulets aux pieds.

    Non seulement elle doit allaiter 6 mois exclusivement et à la demande (pourquoi pas le biberon, c'est tellement pratique!?), mais elle fait en plus ses purées maison (et les petits pots alors?), met des couches lavables (c'est jamais le mari qui fait les machines!), garde son bébé longtemps à la maison (pourtant, les pouponnières prennent les bébés dès 2 mois, non?)...

    Pour Elisabeth Badinter, c'est un retour en arrière clair et net.

    On renvoie les femmes à la maison, au nom de ce modèle maternel idyllique. D'ailleurs, on essaie de nous faire croire à un « instinct maternel », tandis qu'il n'existe pas (dit-elle). « C'est une réduction de la femme au statut d'une espèce animale, comme si nous étions toutes des femmes chimpanzés », dit-elle dans cette entrevue au grand quotidien français Libération.

    Autant dire que la Ligue la Leche est l'un de ses ennemis publics numéro 1, tout comme la pauvre députée française qui a eu la bonne idée de taxer les couches jetables.

    Quant au bébé? « Le pauvre bébé, lui, tient sa mère prisonnière : la mère est au service des besoins de son enfant, elle doit se plier à ses horaires, il trône parfois dans le lit conjugal », dit-elle ensuite.

    Eh bien, vous savez quoi?

    Je suis infiniment fière d'être au service des besoins de mon enfant. Je suis infiniment fière de me plier à ses horaires, et je suis infiniment fière de ressembler à une femelle chimpanzé, surtout quand je tiens ma fille au bout du sein pendant que je consulte mes courriels ou que je réponds au téléphone.

    Cette aventure-là, qui nous fusionne avec notre enfant, dure tout au plus 5 petites années. C'est quoi, 5 années de bonheur intensif, saupoudrées d'un peu d'esclavage maternel volontaire, sur toute une vie?

    Et si, contrairement à ce qu'elle dit, ce féminisme libérateur des années 60 nous avait au contraire éloignées des besoins fondamentaux de nos enfants?

    Peut-être que féminisme et maternité ne sont pas toujours faits pour s'entendre...

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Télé ou casserole? Le dilemme de l'heure du souper.

    Ils font quoi, les vôtres, pendant que vous préparez le repas?

    Moi, cela dépend. La plupart du temps, les 2 grands se courent après dans un joyeux vacarme tandis que la petite joue de la timbale avec une cuillère en bois et 2 ou 3 casseroles. Dans les pattes de maman, c'est tellement mieux que dans la chambre, n'est-ce pas!?

    D'autres fois, je leur accorde une 1/2 heure de pure détente avec Toc-Toc-Toc, une émission éducative quotidienne. Ils ont sûrement pensé aux parents, les Messieurs-Dames de la programmation, car cela tombe à une heure parfaite : 5 h 30, juste après le bain et juste avant le souper, pile-poil quand maman est dans le feu de l'action avec ses chaudrons.

    Mais si l'on en croit la Dre Kylie Hesketh, de l'Université Deakin (en Australie), on ferait mieux de les faire regarder le paysage à travers la fenêtre, ou encore, comment on fait la cuisine.

    En parlant des tout-petits, elle affirme : « Ils seront tout aussi intéressés par ces types de mouvements et de couleurs qu'ils ne le sont par la télévision. »

    En effet, elle vient juste de conduire une étude (la énième!) sur les comportements sédentaires des enfants, parmi lesquels figure la télévision. Dans son pays, comme aux États-Unis, les autorités fédérales de santé recommandent d'exclure totalement la télé chez les 2 ans et moins, de la limiter à 1 heure par jour chez les 2 à 5 ans, puis à 2 heures par jour au-delà de 5 ans, tout type d'écran compris (ordi, télé, console de jeux, etc.).

    Elle rappelle, encore une fois, qu'il n'a jamais été prouvé que la télévision apportait quoi que ce soit de positif dans l'éducation des très jeunes enfants. La seule chose qui ait été prouvée, dit-elle, c'est leur sur-stimulation par l'écran et le fait que cela les éloigne des choses vraiment nécessaires pour leur développement : activité physique, relations sociales, jeux, etc.

    Au Québec, selon l'Institut de la statistique, les enfants de 2 à 11 ans consommeraient près de 20 heures de télévision par semaine.

    De mon côté, je n'ai jamais vraiment comptabilisé. C'est assez rapide à calculer : 5 fois 25 minutes pour les Toc-Toc-Toc (quand ils y pensent!), plus un Walt Disney la fin de semaine. Bref, 3 h 30 par semaine, au maximum.  Il doit y avoir beaucoup de familles dans le même créneau.

    Mais pour en arriver à 20 h de moyenne par semaine, au Québec, cela signifie que certains enfants regardent l'écran 40 heures par semaine. Soit un bon gros 6 heures par jour. Comment est-ce possible?!

    J'avoue que, pendant la préparation du repas, cela peut faire l'affaire de tous. En tout cas, c'est certainement mieux pour les enfants que de se faire pourchasser par une mère échevelée, fatiguée, avec une poêle brûlante dans la main droite et une cuillère pleine de sauce dans la main gauche.

    Et vous, c'est quoi vos trucs, dans ce 5 à 6 festif?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Sexualité: on en parle quand?

    Notre vision de la sexualité chez nos tout-petits a quelque chose d’étonnant. Parfois, on les prend pour plus grands qu’ils ne sont, d’autres fois, on sous-estime complètement une partie de leur développement sexuel.

    C’est un peu ce que j’ai découvert, récemment, en parlant du sujet avec des spécialistes. Je m’explique…

    Prenons par exemple leur incontournable question « Maman, comment on fait les bébés? ». Ont-ils besoin de connaître le parcours précis du spermatozoïde, sa remontée vers les trompes et l’ovaire, puis sa rencontre avec l’ovule? Ou encore, le phénomène de la pénétration et de l’éjaculation?

    « Pas du tout! », m’ont répondu en choeur les psys et autres. L’explication du « papa qui dépose sa petite graine dans le ventre de maman », puis des « 2 graines qui se rencontrent pour former un bébé » leur suffit amplement, de 3 ans à 7 ans au moins. Ils ne posent pas la question du « comment » avant 8 ou 9 ans. (Bien sûr, cela dépend des enfants!).

    Aussi, comment en dire assez, et ne pas en dire trop? Répondre à leurs questions par des phrases courtes, simples et vraies. Mais AVANT, les sonder un peu sur ce qu’ils connaissent déjà, pour mieux cibler leurs attentes et leur « niveau » de connaissance. (Et toi, qu’est-ce que t’en penses? Tes amis, ils t’ont dit des choses?)

    À l’inverse, disais-je, dans d’autres domaines, on occulte un peu leur « maturité » sexuelle.

    Prenons la masturbation; sujet qui intéresse et préoccupe hautement les parents.

    Savez-vous que les petits garçons s’auto-stimulent dès 8 mois, et les filles dès 10 mois? Bien sûr, il ne faut pas imaginer cela avec notre regard d’adulte, ni même nos arrières pensées.

    À cet âge, c’est tout doux et tendre. Il n’y a rien de « planifié ». Tout survient dans le jeu et l’exploration. L’enfant découvre que le lent mouvement de son corps contre une peluche, une chaise ou simplement le frottement de ses cuisses suffit à l’apaiser et lui procure des sensations nouvelles.

    Et même quand, plus tard, on le surprend à se toucher, que ce soit devant la télévision ou dans le bain, c’est la plus belle preuve du développement normal de sa sexualité.

    Évitons donc absolument les « Enlève tes mains de là », « On fait pas ça », « C’est sale », etc. On lui dit simplement que c’est une chose agréable peut-être, mais intime, à faire dans sa chambre, tout comme on ne va pas aux toilettes devant les autres.

    La meilleure attitude : garder une attitude de disponibilité et d’ouverture tout au long de la petite enfance pour parler de cela, au rythme de leur quotidien et de leurs questions. En dire assez, sans en dire trop.

    Récemment, un pédiatre de l’Hôpital pour enfant de Boston (Harvard Medical School) a découvert, sans surprise, que les parents américains parlaient de sexualité beaucoup trop tard. Bien souvent, après que leurs ados aient eu leur première expérience sexuelle.

    Il a prouvé, au contraire, que parler tôt de sexualité avait des effets protecteurs : lorsqu’enfants et parents parlent de sexualité, les enfants retardent leur première expérience sexuelle, ont moins de partenaires et sont moins enclins à avoir des relations non protégées.

    Quand on leur dit, « T’es pas assez grand pour ça », ils se tournent vers les copains d’école. Puis quand ils en seront à l’adolescence, il leur sera inconcevable de parler sexualité avec leurs parents; un moment où c’est précisément vers les parents qu’ils devraient se tourner.

    Bref : faisons nous-mêmes notre éducation, avant que d’autres ne s’en chargent… Les situations du quotidien nous offrent tellement d'occasions! Lors des changements de couche, les bains, les rires autour du pipi-caca-prout, des jeux de docteur...

    Je suis sûre que vous avez des tas d'anecdotes comiques à ce sujet, non?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Achats pour bébé: les meilleurs... et les pires!

    Merci à ces collègues blogueuses de m'inspirer pour vous dresser, moi aussi, ma liste des achats indispensables (ou pas) pour Bébé. Cela pourra donner des idées de cadeaux de naissance!

    C'est une liste très personnelle, qui ne fera sans doute pas l'unanimité. Elle est tirée de mon humble expérience de maman...

    Les 10 trucs VRAIMENT utiles :

    1. Un porte-bébé écharpe ou Mei Tai, comme vous trouverez par exemple ici. J'ai porté tous mes bébés, été comme hiver, avec l'écharpe jusqu'à facilement 15 mois, sans jamais avoir mal au dos. Tandis qu'avec mon Baby-Bjorn (ou tout autre porte-bébé qui sollicite les épaules plutôt que le dos), c'est l'enfer. Note aux papas : vous adorerez le Mei Tai (porte-bébé chinois), que vous pouvez attacher tout seul, avec Bébé devant ou derrière.
    2. Un petit transat, pour que Bébé (jusqu'à 6 mois) puisse vous regarder confortablement faire la cuisine, le ménage, etc. J'ai personnellement opté pour le Baby-Bjorn, simple, super « design » et pliable à plat.
    3. Une couverture isolante (de ce genre), qui reste toujours attachée au siège d'auto. Avec ça, pas besoin de surhabiller bébé chaque fois qu'on sort faire une petite course ou une promenade : on le glisse là-dedans, on le « clipe » dans l'auto ou sa poussette, et il reste au chaud. 
    4. Pour s'amuser, mordiller, toucher, sucer : Sophie la Girafe. Née en France il y a presque 60 ans(!), elle débarque maintenant au Canada dans plusieurs boutiques.
    5. Un coussin d'allaitement, si on allaite. Ce n'est pas un détail, surtout au début, quand on allaite de 6 à 8 fois par jour! Personnellement, j'adore celui-là, rempli de céréales et malléable à souhait.
    6. Les petits chaussons Robeez à semelle souple, car ce sont les seuls qui tiennent vraiment aux pieds de Bébé, ils se lavent, sont en cuir, et sont super mignons.
    7. Une plaque à glaçons ou une plaque de moules à muffins en silicone (quand bébé est plus grand), pour congeler ses purées.
    8. Un bavoir en plastique souple, avec un petit bac récupérateur. Parce qu'on a pas tous des chiens pour ramasser les aliments perdus, et qu'avec les bavoirs en tissu, on se salit quand même.
    9. De la fécule de maïs, pour soigner les érythèmes fessiers! Cela remplacera utilement toutes les crèmes, même la crème de zinc. Parole d'éducatrices, de sages-femmes et de mamans.
    10. Un savon unique pour corps et cheveux, totalement naturel. Par exemple comme celui à la lavande, karité et calendule, de la Savonnerie des Diligences... Une composition irréprochable, enfin!

     

    Les 10 achats ou cadeaux INUTILES (pour moi en tout cas!) :

    1. Les toutous. Un, ça va, mais 10, c'est trop! Les bébés ne jouent JAMAIS avec leurs peluches. Plutôt avec les cuillères en bois, des casseroles, des bouts de tissus, etc.
    2. Les walkies-talkies, qui se placent dans le lit de bébé et vous permet d'entendre ses moindres sons, même parfois de le voir avec une caméra. Inutiles! En effet : soit bébé chouine à peine, et dans ce cas là ça ne sert à rien d'aller le voir; et s'il pleure vraiment, vous l'entendrez! Sauf si vous êtes à l'autre bout du jardin ou que vous vivez dans un château. C'est l'exception. 
    3. Les matelas électroniques qui détectent (soi-disant) l'arrêt respiratoire de bébé, pour éviter le syndrome de mort subite du nourrisson. Tout comme les walkies-talkies, c'est le genre de gadget qui angoisse plus les parents qu'autre chose et ne fonctionne pas toujours. Suivez plutôt ces consignes de Santé Canada ou lisez cet article.
    4. La balançoire électrique, comme ça. Parce que même si ça paraît séduisant, Bébé y reste grand maximum 10 minutes, et au maximum 1 mois de sa vie, puis on passe à autre chose. Même s'il fait des coliques, ça ne marche pas toujours. Donc, faites-la vous prêter!
    5. Dans le même genre, essayez de vous passer d'exerciseur ou « soucoupe à activités ». Je me suis moi-même laissée prendre avec ma première. En effet, c'est satisfaisant pour un parent de voir son bébé déjà debout, toucher à toutes sortes de bébelles et en plus, sans pouvoir en sortir! Mais les pédiatres le disent : ces accessoires empêchent bébé de faire d'autres exercices bien plus fondamentaux pour leur développement : roulades, jeux sur le ventre, marche à 4 pattes, etc. C'est écrit noir sur blanc dans ce livre écrit par deux pédiatres du CHU Sainte-Justine. 
    6. Les poubelles à couches. C'est le comble de l'anti-écolo-consumériste. En effet, les couches disparaissent comme par magie sous nos yeux dans cette poubelle, mais quand vous sortez cette abominable « guirlande » de couches, plastifiées, vous avez (généralement) des remords...
    7. Les couches jetables « Pull-Up », pour soi-disant apprendre l'autonomie et la propreté. Deux autres choix : la bonne vieille culotte en coton (même si vous la changerez souvent au début, Bébé apprendra la propreté 10 fois plus vite), ou les couches d'entrainement imperméables en coton (en vente dans les boutiques qui vendent des couches lavables).
    8. Les thermomètres frontaux ou auriculaires. Pas fiables! Préférez, là encore, le bon vieux thermomètre rectal, qui est de loin le plus fiable.
    9. Les thermomètres pour le bain. Pas assez précis non plus. Faites confiance à votre coude!
    10. Les baignoires pour bébé! Personnellement, je baigne mes bébés dans l'évier de la cuisine, ou alors contre moi, dans le bain.

     

    Maintenant, j'aimerais bien votre avis!

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
 
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