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Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
novembre 2009 - Billets
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Autour de moi, tous les parents de 2 enfants s’interrogent un jour ou l’autre au sujet d'un troisième. Malheureusement, les autres copains en rajoutent : « Alors, il est pour quand, le petit troisième?! »
Et quand ils ont 2 enfants du même sexe, c’est pire! « Alors, est-ce qu’on tente une petite fille? », disent-ils le sourire en coin.
Effectivement, c’est prouvé : parmi les raisons qui motivent les parents à en faire un troisième, il y a évidemment le fait d’avoir déjà 2 filles ou 2 gars. Ils rêvent de leur petit joueur de foot, ou ils rêvent de faire enfin des nattes. Mais bien souvent, ils ont encore plus peur d'en avoir un troisième du même sexe!
Que l'on se rassure. Moi qui suis l’heureuse maman d’un troisième, je vais vous en donner, de bonnes raisons. Au moins 5 :
- On profite de Bébé sans aucun stress. Parce qu'on sait déjà tout (ou presque tout) sur eux, mais aussi parce qu'on sait (trop bien) comme le temps passe vite. Alors, on prend le temps de s’attendrir longtemps sur son babillage, son orteil qui remue, sa fesse potelée...
- On ne se culpabilise plus de passer autant de temps sur ce bébé (contrairement au bébé numéro 2), car les 2 grands jouent ensemble!
- On a une organisation parfaitement rodée, donc moins de tergiversations. Repas, ménage, rangement : ils sont tous planifiés d’avance. Enfin presque.
- On est déjà tout équipé! Plus besoins de lit, jouets, vêtements, soutien-gorge d’allaitement…
- Bébé numéro 3 est SUPER facile. À défaut d’avoir le parent à lui tout seul, le troisième bébé apprend très vite à partager et patienter. Et il le fait très bien!
Côté emploi maintenant, la vie est-elle si rose? Du côté des mamans, rien n’est moins sûr. À en croire une étude de Julie Moschion publiée par l'INSEE (l’institut statistique français), l'arrivée du troisième a bel et bien un impact direct sur la carrière.
Cela fait diminuer de 2 heures le nombre d'heures travaillées par semaine lorsqu'elles ont un emploi. Et lorsqu'au moins 1 des enfants a moins de 3 ans, les taux d'activité des mères de 1, 2 ou 3 enfants et plus, sont respectivement de 81 %, 60 % et 38 %.
Du côté des hommes, pas de différence! Pour eux, qu'il y ait 1, 2 ou 3 enfants, cela ne modifie en rien leur carrière...
Et vous, avez-vous envie d’un troisième? Et côté travail, on arrête ou on ralentit? Vous ou votre conjoint?
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On commençait à l'entendre ici et là, dans des débats d'initiés, mais maintenant, c'est dit officiellement : faire trop de bébés, c'est pas écolo. Mercredi dernier, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a conclu son rapport avec cette idée dérangeante... mais vraie.
« Chaque naissance entraîne non seulement les émissions imputables à ce nouvel être durant tout le cours de sa vie, mais aussi les émissions produites par tous ses descendants », expliquent les auteurs. Ils rappellent que, si rien n'est fait, la population mondiale passera de 6,7 milliards à 10,5 milliards de personnes en 2050, ce qui aggravera le réchauffement planétaire. Cela serait encore plus vrai dans toutes les puissantes émergentes : Chine, Inde, Amérique du Sud, etc.
Les solutions? Heureusement, ils ne conseillent nulle part dans le rapport une limitation des naissances, comme en Chine. D'ailleurs, si le ton du rapport est si prudent, c'est par peur d'être coincés avec cette solution extrême. Mais l'UNFPA recommande tout de même aux États membres de commencer à réduire le taux de fécondité de leur population. Comment? Par la sensibilisation et la « planification familiale volontaire », en donnant par exemple l'accès gratuit aux contraceptifs.
Ce genre de débat me touche, par sa vérité inéluctable, mais me dérange en même temps.
D'abord, parce que je vois venir les sourires en coin de la part des adultes qui ont choisi de ne pas avoir d'enfant. Ils vont pouvoir savourer leur petite revanche.
En effet, combien d'entre eux se font poser plusieurs fois par jour la question harcelante : « Mais… pourquoi tu n'as pas d'enfant? » Dès qu'un couple approche la quarantaine et choisit de vivre sans contrainte familiale, cette question les ramène à leur « anormalité » (qui n'en est pas une). Ils sont toujours mis en position de se justifier. Ce qui, à mon avis, est injuste pour eux. La parentalité est un choix trop intime et personnel pour être discuté.
Bref, ces couples-là, devant les familles nombreuses qui autrefois les titillaient, vont enfin pouvoir penser : « Pollueurs ». J'exagère, mais à peine. Et cela me désole d'avance.
Cela me dérange, aussi, parce qu'il me semble qu'il y a bien d'autres mesures économiques, agricoles, industrielles qui pourraient être prises avant d'embêter les parents. Des choses évidentes, comme le fait de réduire l'élevage bovin qui produit près du quart des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Les pets et les rots des vaches! Oui, Mesdames!
Et puis, en tant qu'éternelle optimiste, j'ai toujours l'espoir que ces enfants qu'on met au monde, justement, participent à construire un monde plus vert. Par leurs gestes, leurs idées géniales, ou leurs nouveaux métiers écolos qu'on ne connaît pas encore. Moi, je me contente pour le moment de leur transmettre les bonnes valeurs : réduire, réutiliser, recycler. Parce que je sais qu'ils le transmettront à leurs descendants.
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Dans un texte, récemment, je parlais d'une attache chimique généralisée dont on ne pouvait pas vraiment se protéger, tellement les produits chimiques nous envahissent et tellement les recherches sont balbutiantes.
Eh bien, qu'on se réjouisse! Le Réseau des femmes en environnement, qui réunit des chercheurs universitaires de haut rang sur toutes les questions de l'environnement, vient de produire une brochure qui nous apprend beaucoup.
Jouets, alimentation, eau, cosmétiques : enfin une source d'information crédible qui nous explique clairement ce qui n'est pas bon, pourquoi, et comment les éviter.
Quelques perles d'information tirées de cette brochure...
- La production chimique mondiale est passée de 1 million de tonnes en 1930 à plus de 400 millions de tonnes en 2000. Environ 35 000 de ces produits chimiques se retrouvent au Canada. Ils se cachent dans la nourriture, les plastiques, les peintures, le mobilier, les détergents, les tissus, les cosmétiques. Parmi ceux qu’on détecte dans l’organisme, certains sont des perturbateurs endocriniens.
- Le bisphénol A? Découvert par un scientifique russe en 1928, il a été utilisé en laboratoire comme substitut de l’oestrogène. Mais lorsqu’on a aussi découvert qu’il pouvait aider à produire des plastiques rigides et transparents, sa fabrication commerciale a explosé. Aujourd'hui, on sait que son imitation de l’oestrogène conduit à des altérations des organes de reproduction masculins, induit la puberté précoce et pourrait être liée au développement de l’obésité.
- Il vaut mieux boire de l’eau du robinet filtrée plutôt que de l’eau embouteillée, particulièrement celle provenant des cruches d’eau en polycarbonate (plastique 7 PC) et les contenants de 18 litres. Car le polycarbonate pourrait laisser s’échapper du bisphénol A dans l’eau.
- Les adolescentes utilisent en moyenne 17 produits par jour, soit 5 de plus que leurs mères, pour un total de 174 ingrédients différents.
- L’odeur caractéristique des rideaux de douche neufs en plastique indique la présence de composés volatils, dont les phtalates, ces perturbateurs endocriniens cachés dans le polychlorure de vinyle (PVC) et qui s’attaquent notamment au système reproducteur. Les résultats d’une étude dévoilée en 2008 indiquent que ces rideaux de douche libèrent au moins 108 composés chimiques organiques volatils.
- Les désodorisants, les liquides à vaisselle contenant un antibactérien, les savons antibactériens liquides et les savons hospitaliers contiennent souvent du triclosan, un composé déjà repéré dans le lait maternel en Suède et dans des organismes aquatiques près des sorties d’eaux d’épuration. Et en 2006, des chercheurs ont découvert que l’exposition au triclosan nuisait au système endocrinien et au développement des grenouilles de l’Amérique du Nord.
Vous voulez en savoir plus, et surtout, savoir comment éviter tout cela de façon simple? Comment choisir vos poissons ou vos jouets? Courez visiter leur site, Sabotage Hormonal. Le titre est provocant, mais le contenu est on ne peut plus sérieux et vulgarisé.
Bonne lecture!
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La garderie de mes enfants se trouve le long d'un grand boulevard montréalais : le boulevard Saint-Joseph. Et même si la circulation y est limitée à 50, la plupart des voitures y foncent comme si elles étaient sur une autoroute.
Lorsque j'en sors, vers 15 h 30 ou 16 h, je tiens donc fermement les mains de mon fils de 2 1/2 ans et je m'engouffre dans la première rue adjacente qui suit, pour rejoindre notre maison par les petites rues tranquilles. Ma plus grande de 4 ans, quant à elle, n'a même plus besoin de consignes. Elle a tellement peur des voitures qu'elle se fige dès qu'elle en voit une à 100 mètres d'elle, et me rejoint en courant dès que j'approche une intersection, au cas où j'aurais la mauvaise idée de traverser avant elle…
Je ne suis pas la seule à être effrayée par ce boulevard Saint-Joseph. Tous les parents de la garderie ont signé une pétition destinée à régler ce problème. Proposée par le conseil d'administration du CPE (où je siège), elle a déjà recueilli 200 signatures et sera présentée au prochain conseil d'établissement.
En plus, les élections municipales arrivent. Cela a pour conséquence magique que tous les candidats viennent promettre haut et fort à notre directrice qu'ils feront tout pour réaménager le quartier, mettre des ralentisseurs, élargir les trottoirs…
Le Dr Patrick Morency, de la Direction de santé publique de Montréal, a étudié les données d’accidents nécessitant une intervention ambulancière. Résultat : entre 1998 et 2008, 3 771 piétons et cyclistes blessés âgés de 5 ans à 17 ans ont été fauchés par une voiture (mais pas tous tués, heureusement).
« Ça fait environ 8 enfants par semaine qui sont transportés en ambulance. Je crois que ces résultats parlent d'eux-mêmes », a déclaré le Dr Morency à la presse.
Autre organisme intéressé à ce que ça change : la Coalition québécoise sur la problématique du poids. Selon elle, plus les quartiers seront aménagés, avec de grands trottoirs et des pistes cyclables, plus les enfants se sentiront en sécurité pour se rendre à l'école à pied ou à vélo. Pas faux.
Combien d'entre nous envoient (ou enverront) leur enfant à pied à l'école? Certainement 10 fois moins qu'il y a 20 ans.
Je me souviens que je marchais 6 kilomètres au total, matin et midi, pour me rendre à mon collège et en revenir! Et c'est sûrement encore 2 fois moins que la génération d'avant...
Bref, comment obtenir un monde meilleur? Faire preuve d'un brin de confiance, pour laisser aller nos enfants (même si notre tension monte d'un cran juste à les imaginer aux intersections), mais surtout, bombarder de lettres nos élus. Faire signer une pétition sur notre rue, puis chercher à les rencontrer, pour obtenir un dos d'âne ici, une piste cyclable là. Avant les élections, ça peut très bien fonctionner.
Sur le site de la Coalition Poids, par exemple, vous trouverez une compilation de ce que les candidats à la mairie de Montréal proposent, pour sécuriser les déplacements à pied ou à vélo.
Allez, il reste une semaine! Même un petit courriel à votre candidat, ça prend quelques minutes et ça met un peu de pression!
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