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Famille à la Une

Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.

octobre 2009 - Billets

Famille à la Une
  • 9 commentaire(s)
    2 524 aperçus

    Allaiter en public, un droit?

    C’est l’histoire d’une maman de 3 enfants, Nathalie Gagnon, qui vit à Gatineau.  Au mois de mai dernier, elle va à la piscine municipale avec ses 3 fistons. Entre 2 bains, lorsque son bébé de 10 mois manifeste des signes de faim, elle le met au sein.

    C'est alors qu'une sauveteuse s’approche pour lui demander d’allaiter au vestiaire. La mère lui demande si quelqu’un s’est plaint; la jeune fille lui répond que non, mais que c’est la politique de l’endroit. Nathalie lui dit que ce n’est pourtant pas la première fois qu’elle vient, ni qu’elle allaite ainsi; mais la jeune fille lui répète que c’est la politique.

    « Je rétorque que, selon la Charte canadienne des droits et libertés, j'ai le droit d'allaiter où et quand bon me semble et que du vestiaire, je ne peux pas surveiller mes deux grands garçons qui se baignent », raconte  la maman sur son blogue. Mais la jeune fille lui répète que le mot d'ordre vient de son supérieur, qui n’est d'ailleurs pas là. Alors, la mère demande son nom pour pouvoir relater l'événement et porter plainte, puis termine d'allaiter bébé.

    « Aussi solide que j'aie pu paraître, je vous jure que je n'en menais pas large. Je me suis sentie vulnérable, anxieuse, gênée. Mes grands fistons posaient sur la situation et sur moi un regard interloqué : allaiter leur frère n'était-il pas un geste normal, naturel, quotidien, voire banal? Mon pauvre bébé a dû redoubler d'ardeur et de patience pour obtenir son lait », raconte Nathalie, qui n'avait alors aucune certitude que la superviseure n'irait pas chercher un collègue masculin ou un garde de sécurité pour l'obliger à sortir...

    Ce banal événement est allé loin puisque Nathalie Gagnon a obtenu gain de cause après un parcours du combattant exemplaire. Demande d’accès à l’information (pour découvrir que la consigne était probablement verbale et n’avait aucune existence juridique!), plainte à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (avec l’aide de sa cousine avocate), plainte au 311 (service officiel des plaintes publiques à la Ville) et demande d’intervention auprès de l’ombudsman de la Ville.

    Finalement, le dossier s’est réglé hors cours, à l’aide d’un médiateur. « Comme je ne souhaitais pas que d'autres femmes allaitantes vivent une telle situation entre temps, je tenais à régler le dossier rapidement », dit la maman.

    Et ses efforts ont été magnifiquement récompensés. Outre une lettre d'excuses et une compensation financière de la Ville, la municipalité a envoyé une lettre le 1er octobre à tous ses employés, leur rappelant que les femmes avaient le droit d'allaiter et qu'il n'était pas permis de leur demander de le faire de façon plus discrète.

    La note indique même que les mères n'ont pas à se rendre dans les aires d'allaitement si elles ne le souhaitent pas et que les plaintes formulées par d'autres personnes ne sont pas un motif suffisant pour porter atteinte à leur droit.

    Enfin, la Ville a mis à jour son site Internet et disposé des signets dans ses présentoirs rappelant que l'allaitement est permis.

    « Tout au long de ma démarche, mon but a été qu'on cesse d'importuner les femmes qui choisissent de donner le meilleur aliment qui soit sur terre pour leur enfant. Il est démontré que l'intolérance vis-à-vis de l'allaitement en public décourage les femmes », explique Nathalie Gagnon.

    Et son combat, elle l’a fait pour toutes les femmes, allaitantes comme non allaitantes. « Je voudrais que cet énoncé ne divise pas les femmes allaitantes des non allaitantes. Un biberon signe parfois une douloureuse tentative avortée d'allaitement et les mamans nourrissant leur bébé différemment de moi le font aussi avec amour et c'est surtout ce qui compte. Le retour en force de l'allaitement et le regard qu'on y pose ne devraient pas nous diviser en tant que femmes, mais bien nous unir, parce que ce qui m'est arrivé, et à d'autres certainement, est une discrimination fondée sur le sexe. »

    Elle a raison. C’est au titre de la discrimination fondée sur le sexe qu’il est possible d’allaiter où bon nous semble; seules les femmes pouvant allaiter.

    Mille bravos, Nathalie Gagnon! Car cela aurait pu toutes nous arriver, encore aujourd'hui, fin 2009...

    Et vous, êtes-vous à l’aise d’allaiter en public?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Pourquoi il faut parler aux bébés

    Parler à notre bébé : on le fait spontanément, mais sait-on vraiment combien c’est précieux?

    Hier, pendant que je changeais la couche de ma princesse de 4 mois, j’ai réalisé que mon esprit était totalement ailleurs et que je faisais les gestes mécaniquement, silencieusement. Puis quand mon regard a croisé le sien, j’ai reçu une petite décharge électrique. Ses gros yeux ronds avaient l’air de me dire : « Tu m’oublies, maman! »

    Ça m’a profondément émue, sur le coup, et le fait de me rendre compte combien il était facile « d’oublier » de parler à son bébé m’a encore plus bouleversée. Mon esprit s’est emballé et j’ai pensé à ces enfants, dans des situations extrêmes, à qui l’on ne parle jamais… Orphelinat dans les pays du tiers-monde, familles dysfonctionnelles… Bref, le genre de pensées qui vous emmènent loin en l’espace de quelques secondes et qui vous font réaliser combien le trésor que vous tenez entre vos bras est précieux.

    La semaine dernière a été lancée l’excellente campagne « Bien Grandir » par la Fondation Lucie et André Chagnon, avec le soutien de nombreux partenaires du domaine de la santé et de l’éducation. Cette campagne vise justement à nous faire réaliser des choses comme celles-ci. Combien tout ce qu’on apprend à un enfant, de 0 à 5 ans, est crucial pour son développement. Et combien, loin d’être passif, il est le petit spectateur attentif de tous nos gestes, paroles, émotions.

    Je suis allée sur ce site, justement, voir s’ils parlaient du langage. Sans surprise, cela fait partie des « 10 essentiels » pour favoriser le développement de bébé. La section « Parle parle, jase jase! » rappelle que « le cerveau d’un enfant a besoin d’entendre parler pour réussir à connecter tous les circuits qui vont lui permettre à son tour de communiquer ». Rien que cette vérité, ça décoiffe.

    Tout comme un bébé a besoin d’être touché pour prendre conscience de son corps, il a besoin qu’on lui parle pour prendre conscience des mots qu’il peut produire. C'est tellement évident. L’enfant fait un son, le parent l’imite, l’enfant va continuer à répéter ce son : c’est le premier pas vers l’éveil au langage. On le fait inconsciemment, mais c’est de l’or en barre pour le bébé : ça l’aide à structurer « la matière brute » qu’il produit.

    Ce miracle commence tôt. On sait que quelques jours après sa naissance, le nourrisson peut distinguer sa langue maternelle des autres langues. On le mesure à ses battements de coeur et à sa respiration, lorsque c’est une autre langue qui est parlée autour de lui.

    Est-ce que toutes ces connaissances nous font parler plus qu’avant à nos bébés? Pas sûr.

    Plusieurs linguistes de New York s’inquiètent de l’inconscience de nombreux parents, pendus à leur téléphone ou leur Blackberry pendant qu’ils promènent bébé, qu’ils le nourrissent ou le changent. Avant, c’était de si précieux moments, tant pour les nourrices que les parents, de parler aux bébés.

    L’une d’entre elles dit même : « Les parents ont cessé d’avoir une bonne communication avec leur bébé. Ils sont en train de perdre le contact visuel, l’expression faciale et la discussion interactive qui sont si essentiels au développement de la communication. »

    Elles nous rappellent que c'est en lui décrivant ce qui l'entoure, ce que l’on fait, où l’on va, comment l’on se sent, ce que l’on entend, que bébé apprend les mots, les sons, les émotions.

    Personnellement, chaque fois que je croise une maman au parc en train de faire la discussion à voix haute à son nouveau-né, lui parler des cui-cui, des abeilles et des nuages, je ne peux pas m’empêcher de sourire. C’est pourtant elle qui a raison. Désormais, je le ferai aussi!

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Attaque chimique généralisée

    Actuellement, nous nous faisons construire une belle petite maison. Toute neuve. Le bonheur.

    Cela dit, assez rapidement, l'écolo que je suis a essayé de voir là où on pouvait faire « mieux », écologiquement parlant.

    Une peinture sans COV (composés organiques volatiles)? Oui, ça je peux le faire. Un plancher de bambou sans COV aussi, habituellement contenu dans les vernis de planchers? Oui, je peux le faire aussi.

    Côté chauffage, on s'installera un système de géothermie, permettant de nous réchauffer et de nous rafraîchir le plus naturellement possible, grâce à la température de la terre. Côté gestion des déchets, j'aurais très probablement un grand enclos à compost au fond du jardin.

    Puis-je faire beaucoup plus? Ô que oui… dès qu'on se met à fouiller un peu.

    Si je voulais une maison certifiée LEED, je devrais par exemple utiliser une majorité de matériaux recyclés, ce que l'on ne fera pas.

    Dans mon mode de vie, aussi, je pourrais revoir tous mes comportements de consommatrice, à commencer par ce qu'absorbent mes enfants par la bouche, la peau, les cheveux. Je passerais donc au crible leurs crèmes, dentifrices, shampoings, savons, parfums, vêtements, lessives, adoucissants.

    Et si je ne comprends pas la moitié des ingrédients? Je consulte les excellentes bases de données à notre disposition. Par exemple, celle-ci.

    Vous trouvez cela exagéré? Si l'on écoute un peu Helen Lynn, chimiste canadienne et coordonnatrice pour le Women's Environmental Network, il faut en passer par là. C'est presque la base, même. Selon cette scientifique, en plus de manger bio, on devrait éviter de boire dans des gobelets en plastique, ne jamais utiliser du plastique pour conserver et cuisiner, et encore moins faire chauffer du plastique au micro-ondes. Également, bien entendu, pas de parfum (sur nous) ni de brûle-parfum (dans notre salon) synthétiques, pas de déodorant ni de désodorisant chimiques.

    J'vous l'dis, on n'est pas sortis du bois. L'horreur, c'est que ces produits chimiques, on les retrouve partout. J'aurais beau les éliminer de la majorité de mes produits de consommation, que j'en retrouverai quand même dans le lait de mes seins... Tout ça à cause des produits cachés qui m'entourent.

    Savez-vous ce que contient un vulgaire t-shirt pour enfant avec des inscriptions? Entre autres, du cadmium, du plomb, mais aussi du formaldéhyde, qui permet d'adoucir le PVC utilisé pour les jolies inscriptions (... de Dora?). Si cela peut vous rassurer, c'est exactement le même formaldéhyde qu'on souhaite éviter lorsqu'on demande des planchers et des peintures sans COV. Fuyez-le dans votre plancher, il reviendra donc dans votre chandail...

    Je terminerai en citant cette phrase rigolote d'Helen Lynn, tirée de son intervention lors d’une conférence en 2007. « Ironiquement, c'est en essayant de garder nos maisons et nous-mêmes les plus propres possible, avec les meilleures odeurs possible, que nous nous exposons encore plus aux produits chimiques les plus nocifs. Les produits que nous utilisons à la maison finissent dans notre poussière et dans les tissus de notre corps. Par exemple, un agent antibactérien connu, le Triclosan, a été retrouvé dans le lait maternel. » D'où vient-il? Pas besoin d'aller très loin. Regardez vos dentifrices, crèmes à raser, savons…

     

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Vaccin à la pomme

    En ce moment, c’est la cueillette des pommes. Et à l’heure où tout le monde s’interroge sur la vaccination contre la grippe… oui ou non… moi je dis : mangeons des pommes!

    Je sais, je sais, je ne devrais pas faire de blagues avec un sujet si sérieux. Et loin de moi l'idée de remplacer les vaccins par de la pomme. Mais l’air de rien, si nous commencions par manger plus de fruits et légumes (les 5 portions par jour recommandées par tous les guides de santé publique aujourd’hui), ce serait déjà un fier service rendu à notre corps.

    Ne dit-on pas, depuis le 19e siècle, « One apple a day keeps the doctor away »? (Littéralement : une pomme par jour éloigne le docteur). Il y a une grande part de vérité là-dedans.

    Entre autres : elles contiennent beaucoup de vitamines C, ce qui soutient le système immunitaire; elles servent de brosse à dents naturelle après un repas en éliminant près de 90 % des bactéries de notre bouche (oui oui!); ou encore, elles aident à lutter contre la dégénérescence des cellules grâce à leurs antioxydants (surtout présents dans la pelure, et non dans la pulpe). Rien que pour ça, on devrait en manger tous les jours.

    Alors, courons faire nos réserves! Des dizaines de fermes nous ouvrent grand leurs champs pour qu’on les cueille nous-mêmes, qu’on les déguste sur place, puis qu’on en fasse en compotes, salades, tartes, etc.

    N’est-il pas vrai, en plus, que l’appétit et la découverte des fruits et légumes passent plus efficacement par le plaisir et le jeu? Cette activité en fournit une preuve parfaite.

    J’ai été stupéfaite de voir le nombre de pommes qu’ont mangé mes enfants les jours qui ont suivi. Subitement, c’était devenu beaucoup plus intéressant de manger les pommes mélangées à la salade de carotte, puisqu’on les avait soi-même cueillies.

    Pour trouver ces champs accueillants, allez voir ce site très bien fait. Il rassemble les coordonnées de tous les champs d’auto-cueillette au Québec, classés par type de fruits ou de légumes, par lieu ou encore par date.

    Fraises, framboises, bleuets, haricots, pruneaux, maïs, citrouille… il y a de quoi remplir son réfrigérateur et son congélateur, sans aucun souci. Ensuite, à Noël, ce sera au tour des sapins de Noël d’être choisis dans les champs (sur ce site aussi).

    Autre actualité sympathique, concernant les citrouilles : le Mont Saint-Anne, le 10 octobre, organise une chasse aux citrouilles. Mille citrouilles seront dissimulées au bas de la montagne et, une fois trouvées, pourront être décorées dans un atelier de bricolage en plein air.

    Que les Montréalais se consolent, le Jardin botanique revient aussi avec son concours de citrouilles. Vous ne participerez peut-être pas au prix de la plus grosse citrouille (assez physique, n’est-ce pas?), mais dans la catégorie de la mieux décorée, il y a quand même 14 prix à gagner, de 50 $ à 250 $!

    Là encore, une activité qui leur fera aimer davantage ces sublimes légumes.

    Et vous, quels fruits ou légumes préférez-vous ramasser?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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