|
|
Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
septembre 2009 - Billets
-
Le 23 septembre dernier, en France, c’était la Journée du refus de l’échec scolaire. Et un article rapportait la statistique suivante : 1 enfant sur 3 a régulièrement mal au ventre avant d’aller à l’école. À cause de la peur, du stress ou parce qu’il n’a pas envie d’y aller.
Le sondage a été mené auprès de 700 élèves par l’AFEV, une association française qui oeuvre dans le domaine de l’éducation et qui lutte contre l’échec scolaire. Mais le Québec ne fait certainement pas exception. Dans mon entourage, je connais déjà 2 enfants qui sont concernés par ces maux de ventre du matin.
Bien sûr, pas évident de reconnaître et d’assumer, en tant que parent, que notre petit trésor somatise ainsi!
Le premier réflexe est souvent d’incriminer des petits problèmes de digestion. « C’est le repas d’hier soir, ça va passer! Ou peut-être… le lait dans tes céréales? Demain, on te donnera du yogourt », s’entend-on lui dire.
Mais si ce petit mal de ventre revient 3 fois dans la semaine, juste au moment de partir pour l’école, plus de doute. Alors, est-ce sa peur de l’échec? De l’intimidation des copains? De sa nouvelle maîtresse qui semble l’aimer moins que d’autres amis? Il faut partir à la recherche de sa source de stress! Avec comme principal outil : la communication.
Pour résumer ce que j’ai lu là-dessus, il s’agit parfois d’un stress de la performance, mais seulement pour une minorité.
Bien souvent, il s’agit d’une forme d'insécurité affective. La peur de quitter son chez-soi, la peur d’être abandonné, rejeté ou en danger.
Selon Hubert Montagner, ancien professeur et directeur de recherche à l’INSERM, cette insécurité affective se nourrit principalement de l’empilement des difficultés que vit l’enfant au quotidien. À la fois dans sa famille (problèmes de santé, chômage, pauvreté, rythmes de vie et de travail stressants, conflits récurrents ou permanents...), dans son groupe d’amis (il se sent exclu, humilié, bouc émissaire) et à l’école (il a l’impression de ne pas être aimé par le professeur, voire d’être rejeté).
Au contraire, quand l'enfant baigne dans la sécurité affective, il développe une confiance en soi et envers les autres. Cette estime de lui-même libère ses interactions avec les copains, ses émotions, et par voie de conséquence ses ressources intellectuelles, car il n’a pas peur d’aller de l’avant.
Toutes ces questions vous intéressent? Alors, courez vous procurer l’excellent livre de Marie-Caude Béliveau, J’ai mal à l’école, Troubles affectifs et difficultés scolair es.
Elle décortique le comment du pourquoi, puis donne de bons conseils aux parents. J’en relève quelques-uns, quand l'enfant vit un stress de la performance (une peur de l'échec).
- Donnez-lui l’occasion d’avoir des activités variées pour qu’il se sente compétent ailleurs qu’à l’école.
- Encouragez-le, le plus possible, à s’organiser seul pour étudier et pour réfléchir.
- Donnez-lui des responsabilités pour qu’il comprenne qu’il est utile et capable dans différents domaines; puis valorisez ses démarches, ses initiatives et ses efforts, au même titre que les résultats scolaires.
- Aidez-le à prévoir des stratégies et des attitudes à utiliser dans les situations stressantes.
- Ne le laissez pas consacrer plus de temps aux devoirs et aux leçons que le temps demandé par l’enseignant. Si cette durée n’est pas suffisante, ne l’obligez pas à travailler plus longtemps : cela risquerait de le braquer. Il vaut mieux faire autrement plutôt que de faire plus.
- Discutez-en avec les personnes qui ont la charge de l’enfant à l’école pour essayer de trouver des solutions.
- Utilisez l’humour pour désamorcer ou dédramatiser quand la tension devient trop forte.
Je m'arrête là pour ne pas dévoiler tout son livre qui vous aidera à venir à bout des vilains stress de vos amours!
|
-
Un joli ventre rond, une poitrine épanouie, des cheveux brillants et une peau de pêche : la femme enceinte est définitivement belle et sexy.
Il est loin le temps où des robes informes venaient cacher ces formes sublimes, et tant mieux!
En fait, cela fait quelques dizaines d'années déjà que les femmes affichent fièrement leur grossesse et mettent en valeur leur ventre. Mais ce qui est relativement nouveau, c'est que ce phénomène se répande à la télévision, chez nos chanteuses, présentatrices et starlettes; et surtout, à un stade de grossesse trèèèèès avancé!
À l'heure où j'écris ce blogue, je ne sais pas si elle aura pu le faire. Mais Véronique Cloutier a prévu présenter le Gala des prix Gémeaux avec le ventre rond, même très rond, puisque la naissance de sa petite fille est annoncée pour début octobre. À 37 ou 38 semaines : Waouh!
J'ai fait beaucoup de choses, enceinte. J'ai continué ma vie de femme, de maman, de journaliste, bien sûr. Je grimpais sur le Mont-Royal presque tous les jours (même en intégrant de petits sauts de biche, la veille de mon accouchement, pour faire arriver ma fille...!). Et je suis même allée présenter un livre à la télé, 2 semaines avant d'accoucher.
Mais tout un gala, comme ça, en direct, devant 2 ou 3 millions de téléspectateurs... Waouh! Je suis impressionnée.
Cela dit, Véronique Cloutier se connaît. Comme elle le précise à tous les journalistes qui la questionnent, elle a mené ses deux grossesses précédentes à terme, donc elle parie sur la loi des séries.
Au début de l'été, aussi, j'ai été émue de voir la belle Catherine Major se défoncer au piano sur les plaines d'Abraham, devant des milliers de personnes. Ça devait swinguer dans son ventre, j'vous l'dis! Cela m'a mis les larmes aux yeux.
Bref, les femmes enceintes n'ont jamais été aussi belles, en forme, sportives et... sexy!
Avez-vous vu cette pub? Elle a été faite pour une marque de lingerie sexy pour femmes enceintes. Vous allez voir : on croirait à un véritable strip-tease, avec tout le tralala, et surprise : un beau ventre rond! Ça a le mérite de prouver que, oui, on peut être très désirable et désirée, même avec bébé qui nous donne des coups de pied dans la bedaine. Après tout, n'est-il pas le fruit de notre amour, lui le premier?
Bref, vous me direz ce que vous en pensez : choquées ou amusées? J'ai hâte de savoir ;)
De mon côté, j'ai feuilleté aussi ce bouquin, sur le thème du désir pendant la grossesse. Pour l'écrire, l'auteure a interrogé 30 000 femmes et 3 000 hommes. Elle met des mots sur les nombreuses émotions qui traversent le couple, leurs gènes, leurs tabous, mais aussi sur l'éveil de leurs sens, leur épanouissement, leur jouissance. Amusant.
Je ne sais pas s'il s'est beaucoup vendu, par contre. La sexualité pendant la grossesse, c'est tellement tabou!
|
-
Les soirées sont longues sous les chaumières québécoises!
Au terme des 6 premiers mois de l'année 2009, au Québec, il y avait déjà 43 000 enfants de plus parmi nous. C'est 1 000 naissances de plus qu'en 2008, qui était déjà une année record depuis 2000.
Résultat : 1 bébé naît toutes les 6 minutes au Québec et, d'ici 2012, on aura franchi la barre des 8 millions.
Mais cela s'accompagne d'une autre réalité. Les vendeurs de gadgets, de produits ou de services pour bébés sont en feu. Jamais on ne nous a autant proposé de bonnes (ou de mauvaises) idées concernant nos enfants. Des services de vaccination à domicile? Une moulure-souvenir de notre belle bedaine? Des meubles déco avec la photo de nos enfants sur les portes?
Il n'y a qu'à se promener dans les allées de foires commerciales pour s'en convaincre. Il y a tellement de propositions superficielles et insignifiantes qu'on ne sait plus où donner de la tête.
Ici, la dernière-super-méga-tétine qui révolutionnera votre biberon anticolique. Là, le matelas supersonique qui l'empêchera de succomber de la mort subite. Et vas-y que l'on se fait de l'argent sur nos angoisses collectives.
Mieux vaut ne pas avoir oublié, non plus, le nom de la compagnie que vous cherchez. « Ça commence par Bébé... quelque chose! », dites-vous. Oui mais... il y a le stand Bébécar, Bébé Chic, Bébé fait dodo, Bébé Love, Bébé OÖM, Bébé Plus, Bébé Zen... Bref, je vous épargne les autres!
Autre petite nouveauté, qui a bien compris le filon : le Guide bébé 2010, paru chez Transcontinental. Parmi les auteures, la fondatrice du Réseau Familles d'aujourd'hui, Martyne Huot. Leur ambition? Nous aider à faire le choix parmi les 250 000 produits pour bébés au Canada, en nous guidant au final sur 260 produits « testés et approuvés » par les parents (...contrairement au magazine Protégez-Vous, dit le communiqué de presse, qui se fie uniquement aux tests en laboratoire).
Mouais. Bon. Je ne sais pas pour vous, mais quand je lis en gros sur la couverture « Gagnez 700 $ de produits Kaloo - Détails à l'intérieur », j'ai de sérieux doutes sur l'indépendance d'esprit des auteurs ou du jury de parents. À bien y penser, je préfère encore les articles moins glamour de Protégez-Vous.
Quoi qu'il en soit, le grand avantage du baby-boom, c'est qu'au bout de 2 ou 3 enfants sous notre chaumière, on a justement plus besoin de tous ces produits. Ouf!
En ce qui me concerne, je n'ai jamais aussi peu utilisé de produits cosmétiques et de produits jetables qu'avec mon 3e bébé.
Tandis qu'avant, j'alternais couches lavables à la maison et couches jetables pour les longues sorties, j'emporte maintenant mes couches lavables partout. Et tandis que j'avais toujours une boîte de lingettes jetables dans mes sacs de pique-niques, j'emporte maintenant mes bonnes vieilles débarbouillettes partout, mouillées d'avance.
Quant aux accessoires et aux vêtements, n'en parlons pas : ça fait bien 2 ans qu'aucune nouveauté n'a passé le seuil de ma porte. À part ce que l'on m'a offert pour sa naissance, bien sûr.
Et vous, votre montagne d'objets (plus ou moins) insignifiants, elle augmente ou elle s'affaisse, au fil des naissances?
|
-
Où les enfants sont-ils les plus heureux? L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) nous a donné quelques indices cette semaine, pour répondre à cette vaste question. Il s’agit de son premier rapport sur le bien-être des enfants dans ses 30 pays membres.
Pour mesurer le bien-être, elle a d’abord analysé les conditions du bien-être matériel : niveau de pauvreté, accès à l’éducation, qualité du foyer.
Ensuite, des indices sur la qualité de l’éducation, la qualité de vie à l’école, ou des données sanitaires comme la mortalité infantile, l’activité physique et le taux d’allaitement.
Enfin, les attitudes devant le risque, comme le tabagisme, l’usage de drogues ou la grossesse à l’adolescence.
Les résultats?
Pas de surprise concernant les données prestigieuses comme l’éducation, l’environnement et la santé. Les pays du nord de l’Europe sont toujours les plus forts : Suède, Finlande, Norvège, Islande, Pays-Bas.
La vraie surprise se trouve du côté des États-Unis. Ils sont l'un des plus mauvais élèves du monde industrialisé en matière de mortalité infantile, de grossesses précoces et de pauvreté des enfants!
Je vous livre les détails les plus étonnants :
- le taux de pauvreté des enfants est quasiment le double de la moyenne de l'OCDE : 21,6 % contre 12,4 %;
- le taux de mortalité infantile est parmi les plus élevés de l'OCDE : seuls le Mexique, la Turquie et la Slovaquie font moins bien;
- leurs ados de 15 ans figurent dans le peloton de queue en matière de résultats scolaires;
- le taux de grossesse chez leurs adolescentes est trois fois supérieur à la moyenne de l'OCDE, seul le Mexique affichant un taux supérieur parmi les pays de l'organisation.
À nous maintenant...
D’abord, le Canada fait aussi figure de cancre en matière de pauvreté. Il compte 15 % d'enfants vivant sous le seuil de la pauvreté, soit sous la moyenne de l'OCDE (12,4 %). Rappelons que les États-Unis font pire avec 21,6 %.
Nous sommes aussi parmi les derniers de la classe en matière : de vaccination contre la coqueluche (!), de taux de suicide chez les jeunes et de consommation d’alcool.
Pour tout le reste, nous sommes dans les bonnes moyennes.
Et notre palme d’or? L'éducation. Seules la Finlande et la Corée du Sud font mieux que nous. Voilà de quoi pousser un grand soupir de soulagement pour nos enfants, non?
Par contre, en ce qui concerne l’envie d’aller à l’école, aucun pays n’est épargné. Seuls 27 % des enfants des pays de l'OCDE aiment l'école. Et la Turquie étonne tout le monde sur ce point : tandis que la majorité de ses indices sont à la traîne, 57 % des jeunes Turques prennent du plaisir à aller à l'école!
Voilà pour l’essentiel. Et au final, ce que m’inspire tout ça, c’est que le bonheur ne pousse pas forcément là où règnent le progrès et l’argent.
On le savait, mais quoi de mieux que ce rapport pour nous le prouver?
|
|
|
|