Ça fait longtemps qu’on laisse entendre que les crèmes solaires sont louches. Qu’elles ne font pas vraiment le travail, ou que leurs produits sont « plus que douteux ».
Mais aujourd’hui, la presse nous donne le nom des coupables. Oxybenzone, benzophénone, méthoxycinnamate. De vrais noms de barbares.
À partir de là, mon premier réflexe a été de vider mes placards. J’ai tout passé en revue. Même chose quand je suis arrivée à la garderie. Résultat : je suis plus confuse que jamais. Ces compositions sont incompréhensibles, et même quand j’arrive à démasquer un ingrédient fautif, je ne sais plus ensuite vers quoi me tourner.
Pour vous résumer la situation, les crèmes solaires fonctionnent de deux façons différentes. Soit grâce à un filtre « chimique » (notamment l’oxybenzone), soit grâce à un filtre « physique » (notamment le dioxyde de titane).
Le problème des filtres chimiques? Non seulement ils traversent la barrière de la peau (se retrouvent dans le sang, les organes, l’urine, avec des conséquences totalement inconnues), mais certains d’entre eux ont des actions hormonales (le benzophénone ou l’octyl-méthoxycinnamate). Ils se comportent comme des oestrogènes, les hormones féminines.
C’est une chercheuse suisse, Margaret Schlumpf, qui a prouvé cela sur des bébés rats : certains ingrédients retardent la puberté des mâles, accélèrent celle des femelles et affectent le développement des organes reproducteurs.
Depuis ces trouvailles, publiées et confirmées, toute l’industrie des écrans solaires est en panique. L’Oréal a immédiatement répondu : « Il faudra des études épidémiologiques sur des humains pour le prouver. » Rassurant, n’est-ce pas? Moi, personnellement, je n’ai pas envie que mes enfants servent de cobayes.
Quant aux filtres physiques, ce sont des pigments d’origine minérale (donc naturelle) et ont l’avantage de rester en surface. Mais là encore, ils font jaser. Un chimiste québécois établi à Miami, Roger Leblanc, affirme que lorsque ces particules sont infiniment petites, comme dans la crème, ça pénètre quand même dans l’organisme…
Alors, que choisir? Là est la question. Si on veut éviter le chimique à tout prix, mieux vaut aller vers les crèmes contenant du dioxyde de titane. Voilà ce que je retiens. Avec le risque, non confirmé encore, que celui-là a des risques aussi.
Pour être très honnête avec vous, je crois que je vais continuer à privilégier la sagesse. C’est-à-dire les vêtements légers à manches longues, les chapeaux, et pas d’exposition au soleil entre 11 h et 16 h. La crème? Un strict minimum. Sur le bout des bras et le bout des jambes.
D’ailleurs, aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours détesté les crèmes. Ça colle, faut renouveler ça toutes les deux heures, et quand on sait qu’elles nous causeront peut-être le cancer qu’on veut justement éviter… on y réfléchit vraiment à deux fois.
Alors, vous choisissez quoi : le cancer à cause du soleil ou le cancer à cause des crèmes? J’exagère. Mais tout compte fait, je préfère encore le soleil à toutes petites doses.
Je ne dis pas que c’est ce qu’il faut faire. Comme vous, je cherche encore la solution « la moins mauvaise ». Si vous avez un truc, faites-moi signe…
P.-S. Pour vous aider à y voir clair dans le charabia des étiquettes, je vous conseille cet excellent article paru dans Québec Science. Vous découvrirez par exemple que l’oxybenzone peut se cacher sous 4 appellations différentes...!