Je ne suis pas une sectaire des couches lavables, ni même une militante; ici et là, quand j'emmène mon bébé pour la journée en vadrouille, il m'arrive bien d’emporter 1 ou 2 couches jetables... N'empêche que je suis « définitivement convaincue » des couches en coton!
Tous les 2 jours, elles virevoltent au gré du vent sur ma corde à linge et font sourire mes visiteurs. Ma végétarienne de mère les compare à des petits poulets suspendus, tandis que ma belle-soeur y voit des ratons laveurs. Chacun y va de son imagination. Quoi qu'il en soit, je les adore et mon bébé les a adoptées.
Chaque fois que je lui en mets une, j'éprouve une grande satisfaction, là où j'éprouvais une immense culpabilité autrefois, en jetant à la pelle des couches à peine remplies.
Aujourd’hui, chaque fois que je les mets en machine, je me remémore le triste palmarès des couches jetables et je m'autocongratule.
- 600 millions de couches jetables produites par année au Québec, représentant 60 000 tonnes de déchets à enfouir.
- 3,5 fois plus d'énergie, 2,3 fois plus d'eau et 90 fois plus de matières premières nécessaires pour fabriquer une couche jetable, plutôt qu'une couche lavable.
- 5000 couches utilisées, par enfant, avant d’être propres.
- de 1500 $ à 2000 $ de plus pour les couches jetables, de la naissance à la propreté.
Mais le pire du pire, c'est probablement les cochonneries mégadurables qui les composent. La couche jetable contient des produits chimiques tels que gels
absorbants, parfum, conservateurs, et des produits cancérigènes ont
même été montrés du doigt par diverses études (polychloroprène en 1967,
dioxine en 1989, benzol en 1988, TBT en 2000). Une seule couche jetable joue son rôle quelques heures puis subsiste 200 à 500 ans sous terre; tandis qu’une couche en coton s'utilise 200 fois, puis peut servir de chiffon et se décomposer totalement en 6 mois.
Heureusement, de plus en plus de municipalités subventionnent l’achat de couches en coton. Il y en a plus de 50 au Québec, dont la plus forte proportion se trouve en Estrie, Chaudière-Appalaches et en Montérégie. La plupart offrent 100 $ par enfant, pour un minimum de 20 couches; tandis que d’autres paient 50 % de l'achat total, jusqu'à concurrence de 100 ou 200 $.
Plusieurs sites recensent les municipalités qui ont fait ce choix. Parmi eux, celui de La Mère Hélène. Votre municipalité n’y apparaît pas? Vous pouvez signer la pétition produite par une Montréalaise, destinée à tous les paliers de gouvernement, qui incite à soutenir les municipalités, mais aussi les milieux de garde qui acceptent d’utiliser les couches lavables.
Puis, la dernière étape, ce serait d'apprendre à ne plus utiliser de couches... du tout, d'accord? C'est une blague! Enfin, presque... La méthode de « l’hygiène naturelle », ça vous dit quelque chose?
Débarquée tout droit des États-Unis, la méthode s’appelle « Elimination Communication (EC) ». Elle apprend comment amener son bébé à la propreté, dès les premiers mois de sa vie (5-6 mois).
Il suffirait d’apprendre à détecter les signaux émis par l’enfant dès qu’il ressent le besoin de faire pipi ou caca, et de réagir immédiatement en l’incitant à se soulager aux toilettes, en le tenant par les bras.
L’idée est séduisante, même les économies... Mais les résultats? Après plusieurs semaines d’entraînement, ça fonctionnerait.
Pour en savoir plus, les deux papesses américaines du mouvement ont écrit un livre : L’hygiène naturelle de l’enfant, la vie sans couche, par Ingrid Bauer et Laurie Boucke (Éditions Jouvence, 2005) et ont monté un site : www.diaperfreebaby.org.
Je vous laisse essayer et vous m'en donnerez des nouvelles! De mon côté, je continue d'amortir l'achat de mes couches en bambou. Avec mon 3e bébé, ça commence à être drôlement satisfaisant...