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Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.
juillet 2009 - Billets
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Il faut bien le dire, les services de garde en milieu familial arrivent souvent en second choix, après les services de garde « en installation » (les CPE). Et lors de mon arrivée au Québec, il y a 6 ans, je me suis demandé pourquoi.
« Moins bonne qualité », m'ont répondu les mamans (celles qui avaient obtenu une place en CPE). « Faut juste que tu tombes sur la bonne maison », m'ont dit les autres (qui avaient accepté un milieu familial par dépit). Seule une petite poignée d'entre elles en avait fait un premier choix. Elles voulaient quelque chose de douillet pour leur enfant, à taille humaine, avec une ambiance familiale.
Heureusement qu'il y en a comme elles! me suis-je dit. Car le Québec compte près de 15 500 services de garde en milieu familial, contre 980 CPE...
Mais revenons au coeur du sujet : pourquoi cette mauvaise réputation?
D'abord, parce que les milieux familiaux dépendent beaucoup du statut économique et social du quartier. À Montréal, un milieu familial situé à Westmount n’offrira pas la même qualité qu’un milieu familial à Hochelaga-Maisonneuve.
Ensuite, parce que les éducatrices en milieu familial n'ont pas reçu la même qualité de formation. On exige d’elles une formation totale de 45 heures, plus 6 heures de perfectionnement par année, tandis qu’on exige des éducatrices en installation un DEC de trois ans en Techniques d’éducation à l’enfance (cégep).
Enfin, parce qu'à titre de travailleuse autonome, la responsable de milieu familial détermine directement, avec sa clientèle, les modalités de son service : horaires, nombre de jours de fréquentation, sorties et activités. Elle gère comme elle veut sa petite maison, organise les jouets comme elle le souhaite.
Cela fait peur à beaucoup de parents. Pourtant, il faut qu'ils le sachent : ces dames reçoivent du soutien de leur bureau coordonnateur (notamment des ateliers de formation), mais aussi des contrôles de qualité. Le bureau coordonnateur effectue des visites à l'improviste, environ trois fois par année, pour vérifier la qualité du service, notamment en ce qui concerne la santé et la sécurité des enfants.
Mais voilà la nouveauté : bientôt, ces travailleuses autonomes deviendront des salariées, au même titre que les éducatrices de CPE. Pourquoi? Grâce à leur nouveau droit à la syndicalisation, obtenu fin 2008. Une bombe dans le petit monde de l'enfance.
Elles pourront donc obtenir des conditions de travail similaires à leurs collègues de CPE en ce qui concerne le taux horaire, les heures supplémentaires et les avantages sociaux (vacances payées, congés de maternité, prestations de retraite et de la Régie des rentes...).
Autant dire que leurs collègues de CPE ne voient pas forcément ça d'un bon oeil; elles qui se sont tapé 3 ans d'études avant de pouvoir postuler un emploi, et encore, sans certitude du résultat.
Et pour nous, est-ce que ça va changer quelque chose? « Logiquement, la formation et la compétence devraient également suivre », m'a répondu, il y a peu, la présidente de l'association québécoise des CPE. Bonne nouvelle!
Surtout que bientôt, je déménage en Montérégie. Et ce n'est pas avec les 40 000 enfants inscrits sur les listes d'attente de CPE (j'exagère un peu) que je trouverai une place en installation.
Espérons que je me dénicherai un amour d'éducatrice, dévouée, pleine de bonne humeur, compétente et passionnée de son métier. Je suis sûre qu'il en existe des centaines, hein?
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À la une des actualités famille, cette semaine, on trouve évidemment le thème des vacances. Deux beaux mois de vacances, pour nos trésors, n'est-ce pas le bonheur?
Eh bien, pas vraiment, à en lire les chroniqueurs et les articles. On dirait que tous se sont passé le mot pour nous faire culpabiliser, ou du moins, nous rappeler qu’il y a de quoi culpabiliser…
Ça commence par le casse-tête des parents, chaque année, pour « caser » leurs enfants dans des camps de vacances. Je ne sais pas si vous le réalisez, mais statistiquement, plus de la moitié des enfants de 6 ans passent plus de temps avec un animateur de camp ou une gardienne qu'avec leurs parents. Et le tiers d'entre eux se fait garder tout l'été, ou presque.
Alors, forts de cette culpabilité, les parents se mettent à la recherche des meilleurs camps pour accueillir leurs enfants, des meilleurs entraînements de soccer, des meilleurs stages de musique, etc.
Autre facteur de culpabilité - qui découle du premier - : n'est-on pas en train de surcharger l'été de nos enfants? En effet, ils passent toute l'année à courir entre l'école, leurs devoirs et leurs activités parascolaires, puis nous, on leur en ajoute une couche pendant les vacances?!
Et vas-y que les psys se régalent et interviennent à la pelle. Pour nous dire :
- que les enfants ont besoin de « s'ennuyer »;
- qu'il est nécessaire, parfois, de n'avoir aucun programme et d'organiser tout seul ses journées;
- que c'est l'occasion unique de jouer aux jeux accumulés depuis Noël, auxquels on n'a pas touché à cause de notre agenda de ministre;
- enfin, qu'à force d'organiser constamment leur emploi du temps, on en fait des êtres totalement dépendants de nous pour s'amuser, pas débrouillards pour un sou.
Et vlan, dans nos dents de parents!
J'avoue, j'avoue… je suis en bonne partie d'accord avec eux. Je suis pro « jeux libres », pro « désorganisation », pro « ennui ». Parce que, comme beaucoup d’autres chanceux, mes enfants reçoivent dans l’année toute la stimulation dont ils ont besoin, et sûrement plus.
En est-il de même pour les enfants des familles défavorisées? Pas sûr.
Beaucoup d'enfants de moins de 6 ans, pendant l'année, n'ont pas accès à des garderies de qualité à cause des listes d'attente interminables. Ils traînent chez eux, entre la maman surchargée par le dernier-né et le linge à ranger, et le papa parfois au chômage, collé devant la télé.
Ce sont eux, sans aucun doute, qui auraient grand besoin de camps de vacances, de football ou de stage de trompette.
Mais le triste paradoxe, c'est qu'ils n'en bénéficient pas. Ce sont les autres, dont l'emploi du temps est déjà bien garni, qui ingurgitent cette planification hyperactive tandis qu'ils auraient besoin de traîner… Je rejoins, ici, le constat de Marie-Claude Lortie, dans cette chronique que j'aime bien.
Enfin, cerise sur le gâteau de la culpabilisation : les vacances qu’on leur offre les feraient grossir! Oui oui, vous avez bien entendu.
Une étude canado-grecque, réalisée sur 180 enfants grecs pendant un an, révèle que pendant l’année scolaire, leur forme physique s'améliore et que leur embonpoint diminue, mais que pendant les vacances, ces deux mesures « stagnent ». La chercheuse, canadienne, prétend que ces données peuvent s’appliquer aux enfants canadiens.
Décidément, comme dirait Dolto, les parents auront toujours tort…
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Je ne suis pas une sectaire des couches lavables, ni même une militante; ici et là, quand j'emmène mon bébé pour la journée en vadrouille, il m'arrive bien d’emporter 1 ou 2 couches jetables... N'empêche que je suis « définitivement convaincue » des couches en coton!
Tous les 2 jours, elles virevoltent au gré du vent sur ma corde à linge et font sourire mes visiteurs. Ma végétarienne de mère les compare à des petits poulets suspendus, tandis que ma belle-soeur y voit des ratons laveurs. Chacun y va de son imagination. Quoi qu'il en soit, je les adore et mon bébé les a adoptées.
Chaque fois que je lui en mets une, j'éprouve une grande satisfaction, là où j'éprouvais une immense culpabilité autrefois, en jetant à la pelle des couches à peine remplies.
Aujourd’hui, chaque fois que je les mets en machine, je me remémore le triste palmarès des couches jetables et je m'autocongratule.
- 600 millions de couches jetables produites par année au Québec, représentant 60 000 tonnes de déchets à enfouir.
- 3,5 fois plus d'énergie, 2,3 fois plus d'eau et 90 fois plus de matières premières nécessaires pour fabriquer une couche jetable, plutôt qu'une couche lavable.
- 5000 couches utilisées, par enfant, avant d’être propres.
- de 1500 $ à 2000 $ de plus pour les couches jetables, de la naissance à la propreté.
Mais le pire du pire, c'est probablement les cochonneries mégadurables qui les composent. La couche jetable contient des produits chimiques tels que gels
absorbants, parfum, conservateurs, et des produits cancérigènes ont
même été montrés du doigt par diverses études (polychloroprène en 1967,
dioxine en 1989, benzol en 1988, TBT en 2000). Une seule couche jetable joue son rôle quelques heures puis subsiste 200 à 500 ans sous terre; tandis qu’une couche en coton s'utilise 200 fois, puis peut servir de chiffon et se décomposer totalement en 6 mois.
Heureusement, de plus en plus de municipalités subventionnent l’achat de couches en coton. Il y en a plus de 50 au Québec, dont la plus forte proportion se trouve en Estrie, Chaudière-Appalaches et en Montérégie. La plupart offrent 100 $ par enfant, pour un minimum de 20 couches; tandis que d’autres paient 50 % de l'achat total, jusqu'à concurrence de 100 ou 200 $.
Plusieurs sites recensent les municipalités qui ont fait ce choix. Parmi eux, celui de La Mère Hélène. Votre municipalité n’y apparaît pas? Vous pouvez signer la pétition produite par une Montréalaise, destinée à tous les paliers de gouvernement, qui incite à soutenir les municipalités, mais aussi les milieux de garde qui acceptent d’utiliser les couches lavables.
Puis, la dernière étape, ce serait d'apprendre à ne plus utiliser de couches... du tout, d'accord? C'est une blague! Enfin, presque... La méthode de « l’hygiène naturelle », ça vous dit quelque chose?
Débarquée tout droit des États-Unis, la méthode s’appelle « Elimination Communication (EC) ». Elle apprend comment amener son bébé à la propreté, dès les premiers mois de sa vie (5-6 mois).
Il suffirait d’apprendre à détecter les signaux émis par l’enfant dès qu’il ressent le besoin de faire pipi ou caca, et de réagir immédiatement en l’incitant à se soulager aux toilettes, en le tenant par les bras.
L’idée est séduisante, même les économies... Mais les résultats? Après plusieurs semaines d’entraînement, ça fonctionnerait.
Pour en savoir plus, les deux papesses américaines du mouvement ont écrit un livre : L’hygiène naturelle de l’enfant, la vie sans couche, par Ingrid Bauer et Laurie Boucke (Éditions Jouvence, 2005) et ont monté un site : www.diaperfreebaby.org.
Je vous laisse essayer et vous m'en donnerez des nouvelles! De mon côté, je continue d'amortir l'achat de mes couches en bambou. Avec mon 3e bébé, ça commence à être drôlement satisfaisant...
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Le gouvernement canadien veut bannir six produits chimiques de la fabrication des jouets. En particulier, les phtalates, liés à des insuffisances rénales et hépatiques chez les enfants ayant sucé ou mâchouillé beaucoup les jouets en question. Il veut aussi réduire la teneur en plomb dans les jouets pour enfants de moins de 3 ans, dans les tétines de biberons, les suces, les embouts de gobelets, les pailles, etc. C'est bien! Applaudissons!
Mais ce n'est pas le seul dossier chaud qui mérite d'être ouvert. Le bruit des jouets, qui s'en préoccupe?
Nos enfants sont en train de se décaper les tympans avec leur I-Pods et personne ne réagit. Dans le bus ou le métro, ils montent le volume à fond pour arriver à entendre leurs chansons et personne ne s'en soucie. La dernière fois, j'ai compté, presque un jeune sur trois écoutait un baladeur dans le métro. Une bombe à retardement, ou plutôt une machine à fabriquer des sourds...
Car le bruit, ça commence dès l'enfance.
À la garderie, d'abord, où 200 000 petits Québécois passent leurs journées dans un joyeux vacarme, dont les pics se comparent au bruit d'une tondeuse à gazon, soit 90 décibels. Certains audiologistes l'ont déjà dénoncé haut et fort, en réclamant des insonorisations dans toutes les garderies. L'Organisation mondiale de la Santé recommande, en effet, un niveau ambiant de 35 décibels pour apprendre sereinement, que ce soit en garderie ou à l'école!
À la maison, ensuite, le bruit des jouets et jeux électroniques n'est limité qu'à 100 dB par le gouvernement fédéral. Si le jeu est loin de l'oreille, c'est relativement acceptable. Mais lorsque les enfants portent leur jouet à l'oreille - et ils le font tous - c'est carrément dangereux. En effet, on sait qu'à 100 dB, l'ouïe commence à se dégrader irrémédiablement lorsque l'exposition est régulière. Les audiologistes l'ont encore dit maintes fois, mais rien n'y fait.
Enfin, le bruit continue ses ravages à l'adolescence, que ce soit dans les discothèques, les cinémas ou les baladeurs numériques.
Au Canada, les discothèques ont toujours carte blanche : émettre 125 dB est parfaitement légal. Un niveau 100 fois plus fort que chez nous cousins français, où une limite de 105 dB est imposée depuis 1998.
Côté baladeur, même chose. Tandis qu'il existe en France un plafond de 105 dB, nos fabricants continuent à se surpasser. Les baladeurs numériques, avec un bon casque d'écoute, peuvent facilement produire jusqu'à 115 dB.
« Les jeunes d'aujourd'hui courent le risque de devenir sourds 30 ans plus tôt que leurs parents, parce qu'ils écoutent leur lecteur MP3 trop fort et trop souvent », avertissait en juillet 2006 Deafness Research UK, un organisme britannique d'aide aux personnes atteintes de surdité.
Alors, qu'attendent les parents pour réagir? Bien sûr, bien sûr, on ne peut pas interdire à un ado d'écouter son baladeur. Mais on peut le sensibiliser.
Chaque fois qu'il rentre de discothèque avec l'oreille qui siffle, on peut lui expliquer que c'est un acouphène. Que certains jeunes le gardent à vie, pour avoir dansé trop près d'un haut-parleur toute une nuit. Et que pour s'habituer à ce son de moustique dans leur oreille toute leur vie, certains devront prendre des calmants plusieurs années. Parole d'audiologiste. Pas vraiment cool, n'est-ce pas?
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