Qui aurait dit, il y a encore un an, que je quitterais un jour la belle Montréal pour la banlieue? Pas ma famille, et moi encore moins. Et pourtant…Cet été se posera la première pierre de notre maison sur la Rive-Sud, et l'hiver prochain, nous y débarquerons, nos trois petits sous le bras.
Trop envie d’espace, de vert, de silence. Moins besoin de cinés, de restos et d'expositions, en cette période de vie familiale intense.
Au fond de moi, bien sûr, j’ai eu un mini doute. Et si on s’encroûtait? Et si mon conjoint devenait fou à passer, quotidiennement, deux fois 50 minutes dans un train? Et s’il nous manquait cruellement nos croissants chauds du coin de la rue, nos petits restos français et nos festivals à portée de main?
Bien sûr qu’ils vont nous manquer : je l’assume! Mais moins que ne me manquent aujourd’hui le jardinage, l’absence de voisin, le calme, les randonnées ou encore les rues dégagées.
Alors voilà, j’ai dressé un tableau « avantages/inconvénients », j’ai replacé tout cela dans notre contexte de vie, et la décision n’a pas été longue à prendre. Le transport? On va adapter nos emplois. Quant aux sorties, on se gardera un abonnement au théâtre avec nos copains montréalais, pour nous obliger à nous bouger les fesses.
Sommes-nous les seuls fous à quitter la ville? J’ai découvert que non. Entre juillet 2007 et juin 2008, Montréal a perdu 21 465 habitants au profit d'autres régions québécoises. L’Institut Statistique du Québec révèle même que, pour la 6e année consécutive, le nombre de sorties dépasse le nombre d'entrées par plus de 20 000. Les groupes d'âge associés aux familles (0-14 ans et 25-44 ans) sont les plus touchés.
À ma grande stupéfaction, il y a quelques jours, je lisais dans La Presse un chercheur qui avait l’air de s’en plaindre. Ce ne serait pas nécessairement bon pour le plan financier, disait-il, puisque les familles sont obligées d'acheter une deuxième voiture et de passer un temps fou dans les déplacements. Pas bon, non plus, pour l'environnement, puisqu’elles deviennent très dépendantes de l’automobile.
Eh bien, mon avis à moi, qui ne repose sur aucune statistique formelle, c’est que l’air qui entrera dans les poumons de mes enfants sera plus pur dans notre campagne qu’à Montréal. Que l’on fera certainement plus de vélo, de randonnées et de jogging en famille. Et qu’en ce qui nous concerne, on ne prendra pas plus la voiture, puisque mon bureau est à la maison et que mon conjoint prendra le train.
J’ai cru comprendre, aussi, que les écoles de banlieues ferment en raison de la dénatalité. J’entendais la ministre se désoler du fait que, depuis 2003, 134 écoles publiques ont fermé leurs portes dans la province et que bien d'autres sont à moitié occupées.
Alors, à la bonne heure! Si les jeunes familles débarquent davantage en banlieue, elles réussiront peut-être à inverser la tendance, qui sait? Comme à Vaudreuil-Dorion, Mirabel ou Candiac, où l’on réclame maintenant la construction d’écoles primaires!
Et vous : ville ou banlieue? Est-ce que votre coeur balance?