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Famille à la Une

Blogue de Marie Charbonniaud
Journaliste indépendante et mère de 3 enfants, je jette un regard à la fois critique et maternel aux questions d’actualité touchant à la famille.

juin 2009 - Billets

Famille à la Une
  • 2 870 aperçus

    Fiston fait de l'embonpoint?

    Votre enfant a des rondeurs? Il n'est pas le seul. 

    Comme je le rappelais récemment, 28 % des petits Québécois souffrent d'excès de poids, et un sur dix est obèse. 

    Mais ce qui est formidable, c'est de voir le nombre grandissant de parents qui prennent la situation en main et toutes les initiatives qui fleurissent, ici et là. 

    J'apprenais hier encore que le Groupe d'entraide pour les parents d'enfants avec excès de poids (GEPEEP) innove en proposant un camp d'été familial, destiné aux enfants avec excès de poids. Un programme intelligent, mais surtout plaisant, élaboré avec la participation de chercheurs et professeurs de l'Université Laval. 

    Bien sûr, puisque l'enfant est en pleine croissance, il n'est pas question de le mettre au régime, mais plutôt de l'aider à acquérir de saines habitudes de vie. On le sait par coeur : cela passe par une alimentation équilibrée et de l'activité physique. 

    Or, ce camp d'été, qui se tient du 15 au 17 août à Hérouxville, mise justement sur une chasse au trésor, des parcours à obstacle et la baignade pour sensibiliser les enfants de 5 ans à 12 ans (et leurs parents!) à ces principes de bonne santé. Tout en s'amusant, ils y apprendront comment se concocter des repas nutritifs et appétissants. (www.gepeep.org, inscriptions avant le 31 juillet). 

    Et si, à la rentrée, ils allaient à l'école en vélo? Là encore, on les attend au tournant. Tandis qu'il y a quelques années encore, les vélos s'entassaient sur les clôtures autour des écoles, aujourd'hui, il y en a tout au plus deux ou trois, me disait récemment un professeur. 

    Alors, devant ce constat, l'association Vélo Québec a lancé, en 2005, l'initiative « Mon école, à pied, à vélo! ». Ce programme envoie directement des intervenants dans les classes pour sensibiliser les élèves au « transport actif », mais améliore aussi la sécurité du parcours des écoles, en collaboration avec la ville. Cette année, 42 écoles de Montréal, Laval et la Montérégie et 34 écoles du reste du Québec prenaient part au programme. D'ici 2015, il sera déployé dans l'ensemble du Québec. Sympathique, non? Et si vous souhaitez que cela arrive plus vite près de chez vous, n'hésitez pas à contacter Vélo Québec (www.velo.qc.ca/monecole). 

    Côté sport aussi, j'aime bien l'initiative de l'Association des Grands Frères Grandes Soeurs du Grand Montréal. Depuis 5 ans maintenant, celle-ci jumelle des écoliers obèses avec des adultes bénévoles, passionnés de sport, dans le programme « Mentors en mouvement ». Des centaines d'élèves y participent et, là encore, toutes les régions du Québec souhaitent importer l'initiative. 

    Mais l'objectif final à atteindre, on le sait, c'est la prise de conscience et la motivation des parents. Et cet objectif, il passe par l'éducation. Alors, à quand les cours de nutrition dans les écoles? N'est-ce pas aussi, voire plus, important que la physique ou la géographie? Tous les parents le réclament, ainsi que les médecins. Mais aucun gouvernement ne bouge...

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    906 aperçus

    Zizis et pollution environnementale

    Cela fait déjà longtemps qu'on s'inquiète des effets de la pollution environnementale sur notre équilibre hormonal.

    Dès les années 1970, quelques médecins américains commençaient à remarquer une baisse de la qualité du sperme humain. Puis, une étude de 1992 a jeté un pavé dans la marre, en démontrant que de 1938 à 1990, la concentration de spermatozoïdes avait baissé de 1 % par an en moyenne. Elle était passée de 113 millions par ml, dans les années 1930, à 66 millions 50 ans plus tard. 

    Pourquoi? À cause des perturbateurs endocriniens présents dans notre environnement, c'est-à-dire les produits chimiques capables d'imiter les hormones naturelles, notamment de diminuer l'action des hormones masculines. Les oestrogènes environnementaux, par exemple, seraient présents dans de nombreux plastiques comme les bouteilles d'eau, les films alimentaires et les emballages. 

    Cette pollution, sournoise, atteint le foetus alors même qu'il est encore dans le ventre de sa maman. Des études ont déjà prouvé l'augmentation des malformations génitales chez les nouveau-nés de sexe masculin, comme des testicules non descendus. Mais ce n'est sûrement que la pointe de l'iceberg de tout ce que nous découvrirons bientôt.

    Il restait à savoir, par exemple, si l'écart de poids entre les filles et les garçons à la naissance allait diminuer. Car il est connu que le poids des petits garçons est supérieur, en raison de l'action des hormones mâles sur le foetus masculin. Eh bien, voilà qui est fait.

    Trois chercheurs canadiens ont analysé la base de données de l'Agence de santé publique du Canada, qui contient de l'information sur le poids à la naissance de plus de 5 millions d'enfants nés entre 1981 et 2003. Or il y a bel et bien une diminution soutenue de la différence de poids, à la naissance, entre garçons et filles. L'étude vient d'être publiée dans le numéro de juillet de la revue Epidemiology

    Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, ce genre de lecture me donne la chair de poule. Elle me fait d'abord sentir ridiculement impuissante à agir contre des phénomènes mondiaux, insaisissables, en proie à des intérêts économiques monstrueux. Puis, elle me conforte dans mes quelques choix de consommatrice responsable, même s'ils ne pèsent pas plus lourd qu'un battement d'ailes de papillon dans une tempête. J'ai envie plus que jamais d'acheter bio, en vrac, de cultiver un potager et de bannir définitivement de mon panier les produits suremballés. 

    L'idée qu'un jour les zizis de nos petits garçons pourraient ressembler aux zézettes de nos petites filles vaut bien ce maigre effort, il me semble.

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Ville ou banlieue? Notre choix est fait.

    Qui aurait dit, il y a encore un an, que je quitterais un jour la belle Montréal pour la banlieue? Pas ma famille, et moi encore moins. Et pourtant…Cet été se posera la première pierre de notre maison sur la Rive-Sud, et l'hiver prochain, nous y débarquerons, nos trois petits sous le bras. 

    Trop envie d’espace, de vert, de silence. Moins besoin de cinés, de restos et d'expositions, en cette période de vie familiale intense. 

    Au fond de moi, bien sûr, j’ai eu un mini doute. Et si on s’encroûtait? Et si mon conjoint devenait fou à passer, quotidiennement, deux fois 50 minutes dans un train? Et s’il nous manquait cruellement nos croissants chauds du coin de la rue, nos petits restos français et nos festivals à portée de main?

    Bien sûr qu’ils vont nous manquer : je l’assume! Mais moins que ne me manquent aujourd’hui le jardinage, l’absence de voisin, le calme, les randonnées ou encore les rues dégagées.

    Alors voilà, j’ai dressé un tableau « avantages/inconvénients », j’ai replacé tout cela dans notre contexte de vie, et la décision n’a pas été longue à prendre. Le transport? On va adapter nos emplois. Quant aux sorties, on se gardera un abonnement au théâtre avec nos copains montréalais, pour nous obliger à nous bouger les fesses. 

    Sommes-nous les seuls fous à quitter la ville? J’ai découvert que non. Entre juillet 2007 et juin 2008, Montréal a perdu 21 465 habitants au profit d'autres régions québécoises. L’Institut Statistique du Québec révèle même que, pour la 6e année consécutive, le nombre de sorties dépasse le nombre d'entrées par plus de 20 000. Les groupes d'âge associés aux familles (0-14 ans et 25-44 ans) sont les plus touchés.

    À ma grande stupéfaction, il y a quelques jours,  je lisais dans La Presse un chercheur qui avait l’air de s’en plaindre. Ce ne serait pas nécessairement bon pour le plan financier, disait-il, puisque les familles sont obligées d'acheter une deuxième voiture et de passer un temps fou dans les déplacements. Pas bon, non plus, pour l'environnement, puisqu’elles deviennent très dépendantes de l’automobile. 

    Eh bien, mon avis à moi, qui ne repose sur aucune statistique formelle, c’est que l’air qui entrera dans les poumons de mes enfants sera plus pur dans notre campagne qu’à Montréal. Que l’on fera certainement plus de vélo, de randonnées et de jogging en famille. Et qu’en ce qui nous concerne, on ne prendra pas plus la voiture, puisque mon bureau est à la maison et que mon conjoint prendra le train. 

    J’ai cru comprendre, aussi, que les écoles de banlieues ferment en raison de la dénatalité. J’entendais la ministre se désoler du fait que, depuis 2003, 134 écoles publiques ont fermé leurs portes dans la province et que bien d'autres sont à moitié occupées.

    Alors, à la bonne heure! Si les jeunes familles débarquent davantage en banlieue, elles réussiront peut-être à inverser la tendance, qui sait? Comme à Vaudreuil-Dorion, Mirabel ou Candiac, où l’on réclame maintenant la construction d’écoles primaires! 

    Et vous : ville ou banlieue? Est-ce que votre coeur balance?

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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    Parents indignes sous surveillance

    Faut-il interdire aux adultes de fumer dans leur voiture, quand ils ont des enfants mineurs à l’intérieur? Cette mesure nous aurait semblé complètement insensée dans les années 60.

    À cette même époque, non seulement on fumait en voiture, fenêtre baissée, avec nos enfants, mais aussi dans les ascenseurs, les avions, les cinémas, les salles de réunions, les chambres des enfants. Côté sécurité, on ne s’inquiétait nullement de jeter le couffin de notre nouveau-né sur la banquette arrière, dès la sortie de la maternité. Les parents roulaient sans ceinture aussi, les motocyclistes sans casque, les cyclistes sans rien du tout… Bref, une belle époque d’insouciants.

    Il y a deux semaines, au Québec, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, annonçait son projet d’interdire aux fumeurs de griller une cigarette en voiture, s’ils transportent des enfants mineurs. Ce serait la quatrième province à le faire, après la Nouvelle-Écosse, en 2008, l’Ontario en janvier dernier, et la Colombie-Britannique.

    Qu’en disent les Canadiens? Selon un sondage réalisé par la Société canadienne du cancer, 82 % sont favorables. Du côté des fumeurs, 69 %. Quant à moi, je la soutiens à 150 %. Comment ne pas vouloir protéger des petits, otages d’une fumée toxique dans quelques mètres carrés et parfaitement impuissants, quand on sait que cette fumée est 27 fois plus importante dans une auto que dans une résidence occupée par un fumeur?

    La seule question que cela soulève, le ministre le sait, c’est la question des libertés individuelles. Il s’attend déjà à des contestations. En effet, au nom de la santé aussi, pourquoi ne pas interdire également aux parents de fournir à leurs enfants des sodas surdosés en sucre ou des repas saturés de gras, qui leur prédisent à coup sûr un surpoids problématique et des maladies coronariennes, avec tout ce que ça coûte à notre système de santé!

    Bien sûr, cela serait impossible en pratique. Il faudrait mettre un policier à côté de chaque réfrigérateur. Mais… interdire carrément ces aliments, pourquoi pas? Puisqu’ils n’apportent à l’organisme que des problèmes et rien de nutritif? Des fois, je me prends à y rêver. Je me reprends vite, en me disant que ces pensées frôlent l’État totalitaire...

    Du 25 au 31 mai, c’était la semaine Sécurijeunes. L’organisme canadien, voué à la protection des jeunes, a consacré cette semaine de sensibilisation à la sécurité des produits domestiques. Il a rappelé que, chaque année, en moyenne, 9 000 enfants se blessent à la suite d'une chute (ou en chutant) de meubles, de téléviseurs, ou d’appareils électroménagers. De même, entre 1990 et 2007, 5 403 enfants ont chuté de leurs lits superposés.

    Alors… faut-il aussi interdire les lits superposés, tout comme on a déjà interdit les marchettes? Faut-il obliger à fixer les bibliothèques et les étagères au mur? Ou encore, faut-il interdire les ballons de fête en caoutchouc (vous savez, ceux qu’on gonfle à l’hélium), puisqu’ils mènent immanquablement à la mort par étouffement lorsqu’ils sont avalés par les bébés? J’ai appris cela en interrogeant un médecin des urgences pédiatriques. Je n’y aurais jamais pensé. Les débris de ballons se coincent dans leurs petits poumons, sans possibilité de ressortir.

    Bref, jusqu’où faut-il aller dans les interdictions pour protéger nos amours? Telle est la question…

    Publié par
    Marie Charbonniaud
     
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