Qu’y a-t-il de commun entre Facebook, le Congrès américain, mon petit quartier du Plateau-Mont-Royal, la ministre française Rachida Dati ou encore la belle Naomi Watts, sulfureuse blonde de Mulholland Drive? Vous n’y êtes pas?
Tous ont fait la une avec l’allaitement, pour commencer 2009 en beauté.
Tant mieux, car j’adore ce sujet. Vous le remarquerez bientôt.
J’ai allaité ma fille 13 mois, de même que mon garçon. Pourquoi 13 mois? Aucune idée. Pur hasard. C’est un chiffre qui me suit : c’est la date de mon premier bisou avec mon conjoint, le jour de la naissance de ma fille, le jour de la sortie de mon premier livre et j’en passe...
Mais l’allaitement, voilà un sujet qui me suit aussi partout. Pas une semaine sans que j’en parle avec une amie, sans que j’en lise un énième bénéfice dans l’actualité ou que je croise un sein tété au détour d’un lieu public.
Tiens, un peu grâce à mon quartier du Plateau-Mont-Royal, justement. Depuis l’automne dernier, un nouveau logo existe, distribué par la Ville à tous les immeubles ou restaurants qui le désirent. Lorsqu’il est collé sur leur porte, cela signifie aux mamans qu'elles sont dans un environnement favorable à l’allaitement maternel et qu'elles sont les bienvenues pour allaiter. Belle initiative.
Ensuite, l’allaitement a fait les manchettes à cause (ou plutôt grâce à?) de Facebook. Poussé à la maladresse par certains membres très puritains, le géant n’a pas trouvé mieux que de laisser savoir à certaines mamans que leur photo les montrant en train d’allaiter contrevenait à leur règlement. « Comme tout autre matériel obscène, pornographique ou sexuellement explicite », a-t-il dit. Savait-il vraiment à quoi il s’attaquait? Sans doute pas. Résultat : un groupe de protestation s’est créé (« Hey Facebook, breastfeeding is not obscene! ») et regroupe 210 000 membres. Des mamans se sont même passé le mot pour changer la photo de leur profil en même temps - vous imaginez pour quelle photo précise - et ça a marché.
Enfin, une petite loi américaine a fait la une. Courte et efficace. Présentée le 9 février au Congrès, la « Bill HB 1596 » propose de faire de l’allaitement en public rien de moins qu’un droit civil, protégé par la loi antidiscriminatoire, ouvrant droit à poursuites et indemnisations s’il est bafoué. Heureuse coïncidence après l’événement Facebook!
Bon, place au potinage maintenant.
Comme vous le savez, les vedettes font un travail de propagande formidable. Même en ce domaine. Et j’en suis ravie, car cela me permet de ravaler ma tristesse et de faire preuve de réserve quand j’apprends qu’une proche, ici ou là, renonce à allaiter. Je me dis, au fond de moi : « Elle n’a qu’à ouvrir les yeux et les oreilles, la société se chargera de l’encourager. Bien plus efficacement que moi ». Or, à ce sujet, l’actualité a été riche.
Ça a commencé par la ministre française de la Justice, Rachida Dati. Clouée publiquement au pilori lorsqu’on l’a vue à la télé, seulement 5 jours après son accouchement - par césarienne -, arriver en talons hauts au Conseil des ministres, c’est l’allaitement qui a permis de pousser un certain « ouf » national de soulagement. « Elle allaite son bébé, ce qui est une garantie de très bonne santé pour un bébé », a laissé échapper son amie Bernadette Chirac, femme de l’ancien Président, sur un plateau de télé. « Elle est au moins humaine… », a-t-on dû murmurer dans les chaumières.
Dans un registre plus glamour, on notera aussi que Naomi Watts a révélé sur toutes les tribunes que l’allaitement lui avait permis de retrouver sa silhouette, seulement un mois après l’accouchement. Grand bien lui fasse! À elle comme à toutes les mamans que cela motivera (et j’en profite pour confirmer la chose).
Enfin, bon courage à l’Américaine monoparentale qui vient d’accoucher d’octuplés (8 bébés), tandis qu’elle en avait déjà 6. On apprend qu’elle allaite dans la joie.
Vous avez dit tabou, l’allaitement? La presse s’en charge et, moi, je m’en félicite!