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Entre père et mère

Blogue de Danny Raymond
On a beau s’y préparer, devenir papa, ça change une vie! Voici les hauts et les bas de la mienne...

novembre 2010 - Billets

Entre père et mère
  • 0 commentaire
    1 039 aperçus

    Les missions de Danny

    La semaine dernière, à Les missions de Danny

    Fistonne s'arrache enfin de l'attraction gravitationnelle de maman. J'en profite pour jeter la vieille pinte de lait imaginaire avec la photo de ma fille dessus. Je regagne ainsi ma place, reprend ma fille, convoque Garçon en conseil et propose une mission à trois. Expédition centre-ville en métro.

    Cette semaine, à Les missions de Danny - Le départ

    Je jette un dernier coup d'oeil à la maison avant de sortir. Les ronds de poêle ont l'air éteints. Les portes sont verrouillées. La guenille traîne encore sur la table, signe indéniable pour Chérie qu'un ménage a bien été amorcé, mais à l'évidence abandonné au profit d'une plus grande urgence. Le chrono indique 10 minutes, Yes, et l'équipée se tient sur le perron, prête à partir. Tout un contraste avec les 10 000 vérifications de maman, quand elle coordonne la sortie de la maison!

    Le trajet

    Arrivé au métro, je donne mes instructions. « Écoutez-moi bien. Nous n'avons qu'une petite ration de nourriture, pas d'eau, que les vêtements de base (traduction : départ un peu rapide, quelques oublis essentiels et pas assez chaudement vêtu). Il faudra donc marcher un peu plus vite que d'habitude pour garder sa chaleur! » Le visage illuminé des enfants ne ment pas : ils sont ravis!

    Dans les wagons du métro, les petits refusent de s'assoir. C'est bien plus amusant de s'agripper aux poteaux. Je me tiens prêt à en attraper un au vol, si le métro freine brusquement. La plupart des voyageurs observent les enfants et me sourient tendrement. Surtout les femmes. Avouons-le, un père qui ose s'aventurer seul avec ses deux petits dégage la puissance virile d'un Brad Pitt flambant nu!

    La destination

    L'Apple Store, juste là au coin de la rue avec sa pomme incandescente. Aussi merveilleux que le château de Walt Disney. Les enfants traînent la patte. Manque flagrant d'énergie. C'est vrai que le petit-déjeuner remonte déjà à loin... Mais bon, il faut continuer. La magie de l'électronique suffira sûrement à calmer leur appétit. Je leur promets de pouvoir toucher à un iPad s'ils se tiennent tranquilles. Chanceux!

    L'émotion

    La Sainte-Tablette rayonne de tous ses feux et caresse le visage des trois aventuriers. Un clic plus tard, on regarde Caillou. C'est aussi un peu pour eux aussi que je l'achète, non? « Juste un vilain gadget pour ti-gars », avait déjà rétorqué leur mère, sans aucune considération des infinies promesses de l'appareil sur le couple. Films à louer à partir d'un clic, à regarder coller chaudement au lit, recettes à imprimer... Surtout, SURTOUT le fait de libérer l'ordinateur principal, quelle chance, non? Les enfants ont acquiescé, parfaitement rangés à mes arguments.

    La fin

    La famille réduite s'est arrêtée à la crêperie du coin. Les enfants, ravis de leur épopée, se délectent du sirop qui déborde de l'assiette. Quant à moi, je rêve de toucher la tablette et enfin de montrer à mon amour tout le bonheur emmagasiné dans un seul objet. Enfin, mon bonheur à moi :)

    Publié par
    Danny Raymond
     
  • 11 commentaire(s)
    2 077 aperçus

    La photo de ma fille sur une pinte de lait

    Le jour de sa naissance, j'ai perdu ma fille. Elle s'est immédiatement collée sur sa maman, pour ne s'en séparer que 2 1/2 ans plus tard... il y a quelques semaines à peine.

    Quand je parle de la situation à mon entourage, la réaction est toujours la même. « Nah, t'exagère mon vieux! » En réplique, je sors toujours mon exemple en puissance, un sommet d'humiliation paternelle.

    Une nuit, chérie m'envoie apaiser Toute-Petite, toute en détresse. J'avais même pas avancé ma pantoufle dans la chambre que Pucette m'avait déjà repéré. « NON, PAS PAPA! » Elle agrippe sa suce bien-aimée et la lance sur le mur!

    Quelle a été ma réaction? Figé raide. Non, j'ai implosé, en fait. J'ai tourné les talons pour aller me coller en petite boule sur Chérie, qui en avait deux maintenant à consoler.

    Au petit-déjeuner du lendemain matin, je mangeais mes céréales à la table familiale devant la pinte de lait, avec l'idée fixe d'y faire imprimer la photo de ma petite fille dessus!

    Pendant 2 1/2 ans, donc, c'était toujours la même chose. La petite se cogne : MAAAAAMAAAAAN! Je veux lui faire un câlin, elle refuse, veut maman. J'en étais presque arrivé à supplier de changer ses couches, question d'essayer de profiter d'un petit moment captif. Rien à faire. C'était MAMAN, MAMAN, MAMAN.

    Sauf que l'indifférence temporaire (que je pensais éternelle dans mes moments creux) de ma fille m'a rapproché de l'univers de mon fils. Durant cette période, il a développé le goût pour la lutte avec moi. Au sens propre, je veux dire. Un moment tellement attendu pour moi, le jour où j'allais pouvoir me chamailler avec lui, une étape initiatique dans la  relation père-fils. Lui et moi, on a couru plus que d'habitude, plus rigolé, plus écouté la télévision. Nous en avons profité encore plus pour développer notre relation de gars en parallèle.

    Mais je n'avais pas perdu espoir de gagner le coeur de ma petite fille. Je continuais à placarder la maison d'avis de recherche «  Papa cherche sa petite fille ». J'étais triste certains matins. D'autres, complètement fâché. «  Attends à l'adolescence, je vais te facturer rétroactivement l'essence pour les 2 mois où toutes ces nuits j'ai roulé en voiture pour calmer tes coliques. Petite ingrate! »

    ***

    Un matin de cet été, j'allais finalement jeter la pinte de lait avec ta photo imaginaire dessus. Tu t'es précipitée pour l'empêcher de tomber dans la poubelle. Dans le geste, tu t'es cogné la tête, pauvre Pucette. Résigné, j'ai fait signe à Chérie d'aller te consoler. Tu as repoussé les mains de maman en criant Paaapaaaaaa! Je m'en souviendrai toute ma vie, j'ai failli t'emmener avec moi au travail, tellement je voulais rester collé contre toi toute la journée! Et j'ai remplacé ta photo de la pinte de lait par ta petite bouille souriante, qui me colle toute la journée dans mon portefeuille.

    Publié par
    Danny Raymond
     
 
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