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Entre père et mère

Blogue de Danny Raymond
On a beau s’y préparer, devenir papa, ça change une vie! Voici les hauts et les bas de la mienne...

juin 2010 - Billets

Entre père et mère
  • 7 commentaire(s)
    2 261 aperçus

    Un père, c'est l'envers d'une mère

    Un père est génétiquement programmé pour agir à contresens de la mère. C'est mon analyse darwinienne.

    J'en ai eu la révélation quand je manipulais la machine à café, cette semaine. Le détail est très important, puisque je préparais le « café » au lait pour les enfants. Une tasse à espresso d'adulte remplie d'une goutte de lait chaud mélangée au chocolat en poudre, beaucoup de mousse, et 10 secondes de pur bonheur. Normalement, c'est le dessert. Moi, je l'ai donné avant le repas principal. Surtout avant l'arrivée de maman, partie enregistrer son émission de radio du dimanche. Erreur.

    — Bonjour les amours! Vous n'étiez pas censés m'attendre avant de manger?
    — C'est ce qu'on a fait Chérie, on n'a pas encore dîné!
    — Pourquoi alors êtes-vous en train de boire du café au lait avec des biscuits?
    — Ben quoi, on en avait le goût, tout simplement!
    — ...

    Ces fameux silences, qui ébranlent plus que mille reproches. Ils ne laissent aucune réplique possible, seulement les remords.

    Mais des remords pour quoi, au fond? Je me suis alors demandé pourquoi il fallait toujours faire les choses normalement. La normalité, c'est l'univers de maman. La liste des objets à se rappeler avant de partir en voyage : débarbouillette humide, vêtements de rechange, tous les groupes alimentaires font partie des collations et des repas, un chandail contre le vent frais, un léger chandail pour l'air chaud, et j'en passe. 

    Mon instinct paternel, lui, prend une forme plutôt minimaliste. Un brin de soleil se montre et hop!, les gilets sans manches, les shorts et les sandales. Pour lire dans l'agenda des enfants, quand je passe les chercher en fin de journée, la note de l'éducatrice qui suggère fortement de prévoir des vêtements plus chauds à l'avenir!

    Ou bien les batailles avec mon garçon, juste après le souper. Je l'admets, il a déjà vomi après une séance intense de tourniquet aérien. Mais on avait tellement rigolé juste avant! Et ma petite fille, que j'adore chatouiller. Un conseil, messieurs, évitez de le faire à table, en mangeant... Fou rire et craquelins secs ne font apparemment pas bon ménage!

    Sans parler de ma dernière visite monoparentale chez mes parents à Sherbrooke. J'avais oublié d'apporter la suce de Toute-Petite et son biberon... Et quelle crise elle avait piquée, à la hauteur de L'Ange-Gardien, pendant les 90 minutes qui nous séparent de la destination! Si Chérie avait su que j'avais aussi oublié les couches et sa poupée préférée, j'étais cuit! Heureusement qu'après, mes grimaces incessantes et la rencontre avec ses grands-parents ont enfin réussi à lui enlever ce petit teint écarlate qui semblait lui coller à la peau.

    Ce sont ces situations magiques qui, au fond, rendent la présence de papa si éblouissante, rafraîchissante, déstabilisante même! Ces oublis, ces moments d'inattention, ces désinvoltures créent la sensation de vivre une aventure chaque fois!

    Chérie dit que je pourrais m'en passer. Elle a sûrement raison! Mais moi, je préfère lui montrer le bonheur multiplié des enfants qui retrouvent la sécurité, le réconfort et l'attention minutieuse de leur mère après.

    Et à quel point, au fond, on forme une merveilleuse équipe.
    Bonne fête des Pères!

    Publié par
    Danny Raymond
     
  • 7 commentaire(s)
    1 320 aperçus

    Homme 101

    Je vois mes enfants grandir à vue d'oeil. Souper après souper, mes Tout-Petits s'assoient toujours un peu plus haut à table.

    Devant Chérie, je contemple ma famille et je bombe le torse. Aujourd'hui, je me considère comme un vrai un homme, bien assis à la place du père à table. Pas celui qui prononce le bénédicité. Pas un homme au sens où j'ai dévissé la tête d'un adversaire au bout de la patinoire. Un homme dans ma contribution à la création. Et quelle responsabilité à assumer!

    « Papa, à la garderie, Untel-Eudes m'a poussé et je suis tombé par terre! » Mon fils termine sa phrase et déjà, je me vois déjà à la rescousse, en train de secouer l'assaillant la tête à l'envers. « Et toi, tu as réagi comment? », je lui demande. « Bien papa, j'ai rien fait! »

    Mes conseils s'imposent d'urgence. Chérie me fixe intensément, attend mes sages paroles. Toute-Petite me dévisage, me dit que j'ai un gros nez... Tout à coup, je me sens propulsé sur la tribune du Conseil de sécurité de l'ONU. Je me prononce.

    « Mon garçon, quand on te pousse, tu repousses encore plus fort! Après, tu vas dénoncer l'agresseur à l'éducatrice! » Mauvaise réponse, à en juger par les yeux exorbités de Chérie. Je sais qu'elle rage, à voir la vigueur avec laquelle elle pique sa salade. Pourtant, j'avais mûri ma réflexion depuis longtemps. Dans une autre situation semblable, Chérie lui avait bien déjà conseillé de se rendre directement à l'éducatrice pour rapporter la situation. Mais la stratégie m'a toujours paru incomplète... Il manquait la riposte défensive. La claque qui défoule sans incriminer et envoie un signal clair : tu ne me toucheras plus, bonhomme, j'ai pas peur de toi. Un message pour l'agresseur. Mon message à mon fils.

    Pendant un court instant, on s'entend respirer, entrecoupé du bruit des ustensiles dans l'assiette. Puis, l'Assemblée se manifeste.

    — Non, Danny, on ne leur apprend pas à frapper! [Espèce de gars, toujours prêt à vouloir frapper!]

    — Mon amour, le karaté donne le droit de répliquer à une attaque, non? [C'est bon comme exemple! Puis c'est assez les moumouneries! J'imagine que tu voudrais discuter!]

    — Je veux bien, mais on parle d'enfants au CPE! [Cowboy, on ne se fait pas justice soi-même!]

    Les enfants écoutent très attentivement notre échange en ping-pong. Tout-Petit déballe ses scénarios. « La prochaine fois, papa, je vais lui envoyer des lasers ultraviolents dans les yeux pour le faire dormir et puis un coup au coeur et il arrêtera de respirer, et puis... » WO les moteurs, Destroyer. Je veux bien t'apprendre à te défendre, mais fais comme moi et contiens tes fantasmes!

    Et là, il y a les yeux de Chérie. Deux boules de feu qui me décochent un regard que l'on peut traduire par « Bravo! Regarde ce que tu viens de déclencher! » Ma petite fille, qui veut bien participer au chaos, y va d'une description de torture bien à elle. J'interviens pour calmer l'atmosphère. « Écoutez-moi bien les enfants. On ne frappe jamais, on ne mord jamais, on ne fait jamais mal à un ami... en premier! »

    Chérie allait exploser quand fiston a essayé de m'écraser la main, en réplique à mon petit coup de pied décoché sous la table (diversion oblige!). À la place, son bras frappe le jus de raisin qui m'explose dessus! Je n'ai même pas eu le temps d'une réaction quand j'aperçois un sourire rayonnant. « Vous voyez les gars, les batailles finissent toujours mal! » Et vlan dans les dents!

    Publié par
    Danny Raymond
     
 
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