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Entre père et mère

Blogue de Danny Raymond
On a beau s’y préparer, devenir papa, ça change une vie! Voici les hauts et les bas de la mienne...

mars 2010 - Billets

Entre père et mère
  • 1 commentaire(s)
    1 113 aperçus

    Du son en masse et des brioches partout!

    Sons et brioches, c'est le nom délicieux donné à une série de spectacles présentés à la Place des Arts. Grâce à marraine Joce, mon fils et moi faisons partie du troupeau endimanché à envahir régulièrement le Piano nobile. Tout le monde s'assoit par terre, sur les coussins imprimés des lettres de l'établissement. Aucune place assignée. En fait, aucune place, point. Chacun se stationne où il peut, surtout autour de la scène et dans les escaliers. Rapprocher les arts du monde, ça doit être ça l'idée.

    Au programme d'aujourd'hui : Orféa et la harpe dorée. Ce n’est pas rien, la légende d'Orphée aux enfers, pour les 3 ans à 12 ans! Mon bout d'homme et moi étions les premiers en avant. Je suis grand, je cache les petits, alors je nous déplace vers l'arrière. « Il faut montrer l'exemple, mon vieux. » Un papi et une mamie se dépêchent à prendre la place avec leur petite-fille.

    Euridice arrive sur la scène. Ça va commencer, disent les papas et les mamans. Cinq minutes plus tard, le murmure continue. Pas grave, on est confortablement installés, comme à la maison avec la télé qui joue en musique de fond. « Tiens-toi sagement, il faut garder le silence », je dis à mon garçon. À ma droite, 3 papas font des efforts pour s'entendre parler. Le technicien de la sonorisation vient les prier de s'asseoir en silence. Ça eut l'air de les avoir dérangés...

    Tiens, Orféa arrive avec sa harpe dorée, élégante et gracieuse. Je souris à mon fils, en lui faisant chut avec mon doigt, au moment où il ouvre la bouche. Son doigt indique les 4 bambins juste devant qui se tiennent debout. Je hausse les épaules. Ils parlent avec leur maman. Il faut les comprendre, ils ont la bougeotte. 

    OrféaLes deux chanteurs s'époumonent maintenant sur la scène. Ils se démènent depuis 10 minutes, et les plus petits commencent à chigner. Le spectacle est pourtant déconseillé aux enfants de moins de 3 ans. C'est vrai, mais quels parents irresponsables les laisseraient tout seuls à la maison?

    La fillette d'à côté nous donne des coups de pied depuis le début. À la 6e fois, je lui lance mon regard de feu. Elle a déjà la tête ailleurs, trop occupée à manger son muffin, dont la plage de miettes s'agrandit drôlement. Il faut les comprendre, les pauvres, ils ont faim à cette heure! Les panneaux d'interdiction de manger placardés partout n'y changeront rien!

    Quant à moi, je suis déjà parti. Loin dans ma tête. Je serre mon garçon contre moi pour rester calme. Les interprètes me font pitié. La foule parle fort, des parents excédés lancent des « Chut! » de moins en moins subtils. Puis, c'est la fin. Est-ce que c'est l'ovation ou bien c'était juste le monde debout, déjà prêt à partir? Enfin...

    « Puis, tu as aimé ça? » je demande à mon fils, sur le chemin du retour. Il fait son petit air songeur.

    — Papa, je n'ai pas trop bien compris...

    — Bah, moi non plus. Allez, viens.

    Dans les corridors du métro, le vent d'une flûte traversière se faufile à travers les passants indifférents. Fiston s'arrête devant les CD étalés devant le musicien, qui semble transporté, tellement il est absorbé par sa musique. « Pourquoi il joue devant personne? » demande Tout-Petit. C'est peut-être mieux comme ça, mon gars, c'est peut-être mieux comme ça!

    Publié par
    Danny Raymond
     
  • 6 commentaire(s)
    1 528 aperçus

    J'ai inventé un papillon imaginaire qui sème la pagaille!

    Nous sommes 3 pour le souper aujourd'hui. Chérie a fait défection pour son cours du soir.

    Jusqu'ici, tout se passe très bien. Depuis l'instant où j'ai coupé le moteur jusqu'à l'entrée de la maison, aucune crise pour voir maman. Pas de « je-deviens-molle-comme-une-guenille-parce-que-je-voulais-sortir-TOUTE-SEULE-de-la-voiture » , pas de bataille pour enlever ses bottes en premier. Jusqu'ici, 10 belles minutes sans anicroche!

    « Je vous aime très fort, vous savez! » Les mots ont explosé de ma bouche. Une bouffée d'émotion subite, comme il arrive dans des moments magiques comme ceux-là. Mes 2 trésors sont attablés, rigolent ensemble, tout est parfait. J'en profite tranquillement pour surveiller le pâté qui finit de se réchauffer tout seul au four.

    Le temps s'allonge un peu, le pâté est un dur à cuire au fond. Mes trésors s'impatientent. Pas de problème, j'ai inventé un passe-temps imaginaire. « Hey les enfants, regardez le papillon tout bleu! » Tout-Petit sourit. On colle ensuite nos pouces ensemble, question de sceller la fraternité père-fils. Ensuite, on fait « pshwiiit » avec la bouche. Toujours le même rituel. Je sais qu'il est admiratif du génie à l'oeuvre.

    Le plus merveilleux dans tout ça, c'est qu'on n'a pas besoin de crayons salissants, pas besoin de sortir 1 000 gugusses du bac à recyclage pour « créer » une oeuvre structuro-constructiviste. Le jeu imaginaire les fascine! Vive Papa!

    Mais le papillon bleu qui n'existe pas, je ne veux pas m'en occuper. Au fond, je tiens juste à retrouver mon pâté, qui cuit tranquillement!

    — Attention, papa, le papillon vient de se poser sur ton épaule!
    — HIIIIIIII, crie Toute-Petite, la tête en point d'interrogation, avec ses grands yeux ronds, la bouche ronde.
    — Ah, non, vite petit papillon, retourne t'amuser avec les enfants.
    — Non, il s'est posé sur ta main et ne veut plus partir...
    — Il est sur ta main, ne veut plus partiiiiirrreee, résonne la petite voix en stéréo.

    Un à zéro les enfants. Ils me forcent à participer. Mais je ne plierai pas!

    — Ne bouge plus, ma petite, le papillon vient de se poser sur tes cheveux! (Un autre éclair de génie, Danny!)

    Un à un, point de matchs.

    — Attends, je vais te l'enlever.

    Le petit s'élance sur sa soeur, kidnappe le lépidoptère imaginaire.

    — MON PAPILLON!  crie la petite.

    Tout à coup, je me retourne, Petit-Monsieur esquive les coups de sa soeur, dont les larmes giclent des yeux. « Toi, retourne à ta place. Et toi, excuse-toi auprès de ton grand frère, on ne se frappe JAMAIS, comprends-tu cela? »
    Finie, la partie est remise à cause de la pluie.

    J'ai parlé un peu fort. Les 2 crient ensemble, maintenant. « Bon, ça suffit. Il n'existe pas le papillon. Vous voyez, il N'Y A QUE NOUS DANS LA MAISON. » J'en crois pas mes oreilles!

    Puis tout à coup, ça me vient. L'ARAIGNÉE! Ça marche toujours, le truc de l'araignée.

    Je me glisse tranquillement derrière Toute-Petite. « L'araignée monte, monte, monte! », en promenant mes doigts sur son cou. Elle sourit, un peu, puis commence à se tordre de chatouilles. « Moi aussi, moi aussi je veux que tu me fasses jouer avec l'araignée! »

    L'araignée traverse la table et saute sur mon fils. Le même manège, les mêmes rires. Miracle, la bonne humeur est revenue. En tout cas, le papillon bleu, lui, ne remettra plus jamais les pieds ici!

    Publié par
    Danny Raymond
     
 
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