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Dre Taz

Blogue de la Dre Tasnime Akbaraly
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!

février 2012 - Billets

Nos experts
  • 2 commentaire(s)
    1 134 aperçus

    Comment éviter les engelures l'hiver

    Habiller son enfant l'hiver est un défi. Pas à cause des mitaines qui disparaissent systématiquement ou des bas qui s'extirpent en même temps que les bottes! Mais quand j'enlève la combinaison de mon fils et qu'il est tout en sueur, je me demande : est-ce que j'ai exagéré? Et quand ses chaussettes sont toutes mouillées : est-ce qu'il a eu froid? En ce moment, le climat est plutôt clément, mais l'hiver n'est pas encore fini et les températures peuvent toujours chuter.

    En général, on suggère d'habiller bébé d'une couche de vêtement supplémentaire que ce que nous portons nous-même. Pour les enfants plus âgés, on les habille comme nous. La température corporelle d'un enfant s'autorégule plus difficilement que celle d'un adulte. Si vous avez froid, dites-vous que votre enfant souffre encore plus. Il est donc plus sensible aux engelures. 

    Le conseil de grand-mère de toujours leur mettre un bonnet n'est pas complètement désuet : c'est effectivement par la tête qu'on perd sa chaleur. C'est d'ailleurs vrai pour toutes les extrémités. Portez une attention particulière aux oreilles, aux mains et aux pieds. Préférez les mitaines aux gants, car les doigts collés ensemble conservent mieux leur chaleur. Les bottes doivent être légèrement plus grandes que le pied pour pouvoir mettre une paire de chaussettes supplémentaire et pouvoir bouger les orteils. 

    Ce raisonnement vaut pour tout le corps. Habillez votre enfant de plusieurs petites couches de vêtements : s'il a trop chaud, on pourra retirer une seule couche. Car si votre petit transpire et qu'il est mouillé, il aura encore plus froid.

    On a beau vanter les mérites des activités extérieures, gardez bout de chou à l'intérieur s'il fait moins de 25 °C sous 0 ou si le facteur éolien abaisse la température à moins de 28 °C sous 0, car c'est le seuil à partir duquel la peau non couverte peut geler. Le meilleur indice pour savoir si votre enfant est suffisamment habillé, ce sont les joues. Si elles sont tièdes, c'est représentatif de leur confort. Ne vous fiez pas à leurs mains qui ont tendance à être plus froides. 

    Cela dit, un enfant est toujours à risque d'engelure. Les oreilles, les doigts et les orteils sont des parties moins vascularisées par le liquide chaud qu'est le sang. Lorsque des cristaux de glace se forment dans ou entre les cellules, causant la mort de tissus corporels, on parle d'engelure.

    Sauriez-vous diagnostiquer une engelure?

    • La peau est rouge et enflée, pique et brûle.
    • À un stade plus avancé, la peau est grise et fourmille.
    • À un stade grave, la peau est blanche et luisante, et complètement anesthésiée.

     Que faire?

    Il faut réchauffer l'engelure, mais très lentement, au moins en une demi-heure, pour ne pas « cuire » les tissus. Consultez un professionnel de la santé. Voici ce que vous pouvez initier en attendant :

    • Retirez doucement le vêtement qui recouvre la partie touchée et encouragez votre enfant à bouger, même si c'est douloureux.
    • Réchauffez la partie atteinte en la couvrant de vos mains ou en la mettant dans votre aisselle, mais ne frottez pas et ne massez pas.
    • Vous pouvez utiliser de l'eau à la température de la pièce, mais surtout pas d'eau chaude.
    • Si votre enfant ressent de la douleur, offrez-lui de l'acétaminophène. 
    Et surtout, quand votre enfant rentre d'une dure bataille de boules de neige, faites comme ma regrettée maman : offrez une énooooooorme tasse de chocolat chaud au milieu de laquelle flottent 3 miniguimauves. Ça réchauffe non seulement le corps, mais aussi le coeur!
    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
  • 16 commentaire(s)
    1 747 aperçus

    La mort dans la vie des enfants

    Tout d'abord, avec un peu de retard, je voudrais vous souhaiter une année 2012 en santé!

    J'ai été durement éprouvée récemment par le décès d'un proche, et je me relève avec mal. Le destin frappe parfois cruellement nos vies et nous apprenons tant bien que mal à affronter les deuils. Mais être parent, c'est aussi faire fi de ses émotions pour préserver nos enfants de la souffrance. Comment le faire? Cacher nos émotions? Tout leur expliquer?  Voici les conseils recueillis auprès de références en la matière.

    Même s'il ne comprend pas, l'enfant ressent tout.

    Il est vain de croire que nous pouvons dissimuler quoi que ce soit à des enfants. Sans compter qu'ils sont narcissiques et croient que le monde tourne autour d'eux. Votre enfant pourrait donc croire qu'il est la cause d'événements obscurs en cours et de la peine que vous démontrez. Rassurez-le en clarifiant la situation : « Maman est triste, mais ce n'est pas à cause de toi. »

    Expliquez les faits de façon simple et adaptée à son âge. 

    Les enfants ont une forme de pensée très concrète : le père Noël descend VRAIMENT par la cheminée! Il peut s'avérer confondant d'utiliser des analogies. Soyez clair : « Grand-mère était malade et son corps a arrêté de fonctionner. » Vous pouvez y aller de vos convictions spirituelles (le paradis, la réincarnation), mais attendez-vous à des questions supplémentaires : « Elle est où dans le ciel? », « Pourquoi on ne la voit pas? », etc. Cela dit, vous pouvez répondre « je ne sais pas ».

    Certains enfants vont demander si ça peut leur arriver. Allez-y d'une réponse honnête, mais prudente : « Ça arrive à tout le monde un jour. C'est pour ça qu'on va chez le médecin, pour vérifier si notre corps est en santé. »

    L'enfant exprime sa détresse par la colère.

    Il ne comprend pas son mal-être et va probablement l'exprimer par un comportement oppositionnel (« Non! »), de l'agressivité (tapes sur le toutou ou sur la petite soeur), voire de la régression (recommencer à faire pipi au lit ou sucer son pouce). Soyez indulgent. Passez plus de temps avec votre enfant et validez ses sentiments : « Je sais que cela est difficile pour toi et c'est pour ça que tu es triste et fâché. »

    Proposez à votre enfant de poser des gestes tangibles afin de canaliser sa tristesse en quelque chose de constructif. Par exemple, faire des dessins pour consoler les membres de la famille ou vous aider à ramasser des sous pour des fondations contre certaines maladies.

    N'associez jamais la mort au sommeil.

    Ne dites jamais d'un défunt « qu'il dort ». Encore une fois, les enfants prennent les explications au pied la lettre. Cela pourrait sérieusement perturber leur sommeil, occasionner des troubles de l'endormissement et des phobies.

    La routine est rassurante.

    Dès que les événements aigus sont passés, reprenez le rituel du dodo, la garderie, les heures de repas, les devoirs, comme avant. C'est une forme de sécurité pour l'enfant et il faut montrer que la vie continue.

    Faites-vous aider

    Plusieurs bons livres expliquent la mort aux enfants. Demandez à l'éducateur qu'il accorde plus d'attention à votre petit. Mobilisez les proches pour venir le prendre quelques heures afin que vous puissiez vous ressourcer. Et si votre enfant présente une anxiété ou une colère qui nuit à son fonctionnement quotidien, consultez un professionnel.

    La vie n'est pas un long fleuve tranquille et les épreuves sont inhérentes au quotidien. Même si nous voudrions éviter toute forme de souffrance à nos enfants, c'est impossible. Il nous reste donc à développer leur capacité d'adaptation, sans toutefois crever la bulle de l'enfance. Pas une mince affaire!

    Et vous, avez-vous déjà fait face à un deuil avec votre enfant?

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
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