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Dre Taz

Blogue de la Dre Tasnime Akbaraly
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!

septembre 2010 - Billets

Nos experts
  • 19 commentaire(s)
    4 283 aperçus

    Dodo, l'enfant do, l'enfant dormira bien viiiiiiiiite...

    « À quel âge va-t-il faire ses nuits? »

    Après l'interrogation sur la vie après la mort, c'est probablement LA question que nous nous sommes tous posée, une dure nuit d'épuisement où le sommeil nous manquait cruellement, mais que bébé en avait décidé autrement...

    Cette privation de sommeil dont nous souffrons TOUS en tant que nouveaux parents, comme le dénonce si bien ma collègue Marie Charbonniaud, a des conséquences sur notre santé cardiovasculaire, métabolique et neurologique. Étonnamment, le sommeil des enfants, sujet de prédilection des parents, le semble moins de la part des chercheurs. 

    L'Institut de la statistique du Québec a procédé à l'ELDEC, l'Étude longitudinale du développement des enfants du Québec 1998-2010. Elle inclut une partie sur le sommeil des enfants et s'avère très intéressante.

    Parlons d'abord de la « normalité » que nous, parents, chérissons tant, la « moyenne » tellement rassurante...

    • « Faire ses nuits » : Médicalement parlant, ça veut dire 6 heures consécutives de sommeil. C'est atteint par 75 % des enfants dès l'âge de 5 mois.
    • Dormir suffisamment : Dès l'âge de 2 ans, les enfants dorment 10 heures par nuit. La moyenne de l'heure du coucher étant 19 h 44.
    • Sieste : À l'âge de 4 ans, 63 % des enfants font encore une sieste.

     Pourquoi la réalité semble si différente? Parce qu'il existe d'autres moyennes!

    • Les enfants de 1 an à 3 ans se réveillent en général 3 fois par nuit.
    • 10 % des enfants en bas de 5 ans résistent à l'heure du coucher et prennent plus de 30 minutes à s'endormir (« j'ai soif, j'ai envie, j'ai peur... »).
    • 97 % des enfants éprouvent l'une ou l'autre de ces parasomnies suffisamment pour perturber le sommeil occasionnellement, mais sans problème de santé sous-jacent : mauvais rêves (95 %), somniloquie (89 % parlent dans leur sommeil), bruxisme (54 % grincent des dents), terreurs nocturnes (44 %), syndrome des jambes sans repos (35 %), énurésie (30 % font pipi au lit), somnambulisme (22 %).

    La partie de l'étude que j'ai trouvée la plus pertinente porte sur comment les parents perçoivent leur bébé qui semble ne pas bien dormir : un enfant au tempérament difficile, en mauvaise santé, ou encore la conviction d'être un parent inefficace.

    On entre alors dans un cycle infernal : des soi-disant problèmes de sommeil (qui s'avèrent être communs après tout) entraînent des comportements surprotecteurs de la part du parent, qui nuit au développement de la capacité d'endormissement, ce qui à son tour perpétue l'inquiétude du parent...

    Pourtant, ce qui différencie un bon dormeur d'un mauvais dormeur, c'est la capacité à se rendormir seul après un éveil, quelle qu'en soit la cause. L'enfant qui semble être un mauvais dormeur a simplement la malchance! d'avoir un parent qui est témoin de ses microréveils...

    Retenons que le sommeil est un apprentissage, au même titre que parler ou marcher. Et, comme pour toute étape du développement, il faut établir une relation sécurisante avec son enfant tout en favorisant son autonomie, pour lui permettre de s'endormir seul. 

    J'avoue, j'admets, il est difficile de résister à un gémissement ou à un sanglot... notre instinct de parent nous éjecte littéralement dans la chambre de bébé au moindre murmure. Il faut préconiser la méthode du 5-10-15, c'est-à-dire attendre 5, puis 10, puis 15 minutes avant d'aller voir bébé. Résister à l'envie de le prendre ou de lui parler. Faire une caresse pour le rassurer, et quitter la chambre... Il est plus facile d’utiliser cette méthode vers l’âge de 10 à 12 mois, une fois que la phase d'anxiété de séparation est passée.

    Allons, un peu de courage, il en va des insomnies de bébé et des nôtres! Votre enfant est-il un bon dormeur? À quel âge a-t-il « fait ses nuits »?
    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
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    La liste de la rentrée

    Septembre. En tant que maman digne de ce nom, j'accours au magasin W et me bats avec mon chariot dans les allées incompréhensibles (pourquoi les boyaux d'arrosage sont après le sirop d'érable?). Voilà ce à quoi ressemble la liste de la rentrée de Fiston :

    • 3 cahiers Canada (orange, bleu et mauve). Fiston, tu diras que ta maman est daltonienne. Non, pas dalmatienne!
    • 24 crayons de couleur pointe fine. Que je vais passer toute l'année à aiguiser.

    Pendant que je fais la file à la caisse pendant 40 minutes et que j'explique à Fiston pourquoi le stylo Spider-Man n'est pas indispensable à son doctorat en astrophysique, je réalise que d'autres listes sont bien plus importantes à compléter à la rentrée. Je vous les transmets, en tant que médecin digne de ce nom (bien plus que la mère, j'espère). Elles s'appliquent à tous les enfants d'âge préscolaire qui commencent à fréquenter un milieu d'apprentissage.

    • Rendez-vous au CLSC

    On vérifie que l'immunisation est bien à jour. Notamment vers l'âge de 4 ans à 6 ans, on oublie parfois le DCaT et Polio (diphtérie, coqueluche, tétanos et polio); et on en profite pour s'assurer que la 2e de RRO (rougeole, rubéole et oreillons) a bien été administrée. On en profite pour discuter de tous les risques et avantages des autres vaccins. Dans la sécurité de son foyer, un enfant non vacciné est relativement protégé. Mais qui dit garderie ou école dit contacts multiples et fréquents avec peut-être d'autres enfants non vaccinés.

    Par ailleurs, si votre enfant aîné peut développer une maladie discrètement, il rapportera peut-être le microbe à la maison et mettra à risque grand-maman ou le petit dernier, aux systèmes immunitaires beaucoup plus vulnérables. Restons vigilants sur ce point. La Californie et plusieurs autres États américains sont aux prises en ce moment avec une tragique épidémie de coqueluche qui a fait des morts parmi des enfants.

    • Examen de la vue

    Selon l'American Academy of Pediatrics, 25 % des enfants de la garderie à la 6e année auraient des problèmes de vision!

    Il m'est arrivé de recevoir de jeunes patients et leurs parents angoissés : ils craignent le trouble d'apprentissage, le retard intellectuel, le trouble d'hyperactivité et le déficit de l'attention... qui s'avère finalement une banale myopie! Ce n'est malheureusement pas anecdotique. Un examen de vision annuel s'impose avant que les performances scolaires ne soient en péril et l'estime personnelle atteinte.

    • Dentiste

    C'est probablement le plus occulté. On recommande une visite chez le dentiste dès l'âge de 1 an (certains disent même dès qu'une dent se pointe). Selon l'OMS, les problèmes dentaires représentent 51 millions d'heures scolaires manquées dans le monde! Plus de 50 % des enfants de 5 ans ont déjà une carie!

    Il n'est pas mauvais d'exposer son enfant à l'environnement d'un cabinet dentaire pour éviter les traumatismes (ah! la fraise qui fait zzzzz comme une scie sauteuse) et qu'une tierce personne rappelle l'importance de se brosser les dents - t'as compris ce que le monsieur te dit, Fiston?.

    Sur ce, dépêchez-vous de compléter votre liste... avant le premier rhume ou la première gastro de la rentrée!

    • 3 crayons à mine HB34533245. On utilisera ceux que j'ai piqués au congrès sur les maladies cardiovasculaires.
    • 1 bâton de colle 284 g. Sans commentaire.

    Je vous épargne le reste. Mon sarcasme m'épuise.

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
 
Reproduction et droits d'auteur © 1998-2012 Fondation Lucie et André Chagnon. Tous droits réservés.

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