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Dre Taz

Blogue de la Dre Tasnime Akbaraly
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!

août 2010 - Billets

Nos experts
  • 3 commentaire(s)
    1 188 aperçus

    Mon univers: les allergies alimentaires

    Ma famille vit dans un univers unique. L'assiette de mon fils est le soleil autour duquel nous gravitons. Les constellations se nomment « auto-injecteur d'adrénaline » et « antihistaminique »; les météorites, « régimes » et « tests cutanés ». On y croise des extra-terrestres : les allergologues.

    Mais cette chronique ne sera pas la millionième sur les allergies alimentaires. On est submergé d'information sur ce fléau touchant 7 % des moins de 5 ans.

    A priori, les allergies sont du ressort des adultes. Détecter et gérer les symptômes, reconnaître les urgences, aviser l'entourage, prendre les rendez-vous médicaux, renouveler les médicaments, etc. Malheureusement, j'oublie (et ça me consolerait de savoir que vous aussi) que mon fils, s'il est allergique, n'est pas un martien pour autant. Son jeune âge ne l'empêche pas de ressentir des émotions qui demandent validation.

    Mme Lise, webmestre du site À propos des allergies alimentaires a eu l'heureuse initiative de traduire et présenter le texte de Gina Clowes, fondatrice d'un groupe de soutien pour allergiques.

    Voici donc « les 10 choses que les enfants qui ont des allergies alimentaires aimeraient que vous sachiez » ou, à mon sens, « ce qui se passe dans la tête de mon fils ».

    1. J'ai vraiment envie d'être intégré. Je comprends que ma protection implique un certain isolement. Mais on souligne tellement mes différences qu'on néglige mes ressemblances avec les autres enfants. J'aimerais tellement plonger mon doigt dans un glaçage de gâteau! Peut-on faire en sorte que ce soit possible, avec des produits de substitution?
    2. J'ai peur de mourir. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais les parents en parlent et ça a l'air terrifiant... Réconfortez-moi svp.
    3. J'ai l'impression d'être seul. Vous parlez avec des parents allergiques, de vive voix, dans la salle d'attente de mon allergologue ou sur Internet sur des forums. Moi aussi j'aimerais verbaliser avec d'autres enfants allergiques!
    4. Je suis confus lorsque des adultes m'offrent des aliments. Quand on m'offre une gâterie, j'aimerais tellement la prendre et dire merci! Mais on m'a appris à être méfiant et refuser. J'ai du mal à comprendre.
    5. Je ne suis pas assez brave. Je fais parfois des réactions allergiques quand on me fait des bisous avec des lèvres qui ont été en contact avec des allergènes. Je n'ai pas toujours le courage de refuser cette marque d'affection tellement agréable! J'aimerais que ce soit les autres qui fassent plus attention.
    6. J'aimerais vous entendre parler de toutes les choses merveilleuses qui me caractérisent. Je ne suis pas QUE des allergies. Je ne suis pas UN allergique. Je ne suis pas QUE la terreur ou la pitié que mon état peut inspirer. J'ai une personnalité!
    7. Je suis gêné quand les gens se préoccupent beaucoup de ce que je mange. Je suis conscient qu'on fait attention à ce que je mange. Mais se nourrir est une activité agréable et naturelle. N'attirez pas exagérément l'attention sur moi au moment des repas.
    8. Parfois, je suis triste d'avoir des allergies alimentaires. C'est difficile de ne jamais pouvoir partager des collations et ne pas pouvoir participer pleinement aux anniversaires. J'aimerais faire comme mes amis!
    9. Je vous observe, maman et papa. Quand vous traînez mon auto-injecteur d'adrénaline ou que vous déchiffrez les ingrédients de mes céréales, je saisis toute l'importance que ces gestes comportent et je les reproduirai quand je serai grand.
    10. Je vais réagir aussi bien que vous. Si les parents sont courageux, je le serai aussi! Mes allergies ne m'empêchent pas d'être ce que je suis.

    Parents d'enfants allergiques, faites ce que je vais faire à l'instant : un voyage intergalactique dans notre univers avec mon fils et relire ce texte avec lui!

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
  • 10 commentaire(s)
    3 331 aperçus

    La règle des 5 secondes et les aliments

    Je dois avouer que je le fais souvent, et sans scrupule. Dans la cuisine, dans le salon, dans les chambres à coucher. Parfois dans la cour sur le gazon. Mais rassurez-vous, jamais je n'oserais dans la salle de bains et encore moins sur le trottoir : j'ai un peu de pudeur. Et je ne parle pas de sexe, petits coquins!, mais simplement de ramasser un morceau d'aliment tombé par terre pour continuer à le savourer!

    Mon fils fait tomber de la nourriture constamment, sans égard à l'endroit ou à l'aliment en question. Il a une préférence pour ce qui roule et se rend loin : les bonbons et les céréales, mais parfois il se laisse aller avec la tartine matinale et autres. Bien sûr, les intrus camouflés sous le tapis, entre les craques du sofa ou sous Spider-Man dans le coffre à jouets finissent immanquablement dans la poubelle.

    Mais si je suis témoin de la scène et que c'est une pièce de la maison relativement hygiénique, je me contente de souffler rapidement dessus pour rendre la chose de nouveau comestible.

    Mais devrais-je le laisser faire cela? Après tout, combien de germes peuvent sauter sur un seul biscuit en trois secondes? Question existentielle cette semaine, surtout quand je lis la chronique de ma collègue sur les dangers microscopiques qui nous guettent et attendent patiemment notre relâchement. Par ailleurs, j'ai appris à un moment dans mes 10 ans de médecine que Salmonella et autres bactéries peuvent survivre jusqu'à 1 mois sur une surface, même sèche, qui n'est pas consciencieusement nettoyée.

    Une étude australienne affirme qu'il y a un risque, même pour un aliment ayant à peine effleuré le sol et été ramassé immédiatement. Cette conclusion contredit une étude antérieure qui permettait un délai de 5 secondes pour ramasser l'aliment. Elle-même démentait 2 études américaines datant de quelques années nous assurant qu'un aliment ayant « traîné » pendant 5 minutes restait sécuritaire.

    D'autres études précisent que tout dépend de l'endroit où tombe la nourriture. Le pire semblerait... la cuisine! (Moi qui croyais le contraire!) On considère que c'est là que se trouve potentiellement la plus grande concentration de résidus alimentaires crus.

    Alors, chers amis parents, faut-il commencer à s'entraîner à s'élancer constamment sur le plancher comme des joueurs de volley-ball?

    Par contre, si je crois cette autre étude qui a suivi 2 000 sujets malais pendant 20 ans, les enfants exposés à de hautes concentrations de « microbes » ont des taux de Protein-Réactive-C (CRP) très bas. Ce biomarqueur sanguin est prédictif du risque de contracter une maladie cardiovasculaire dans le futur. Les enfants qui ont attrapé plusieurs gastroentérites sont donc moins susceptibles de faire un infarctus à l'âge adulte.

    Voilà qui vient ébranler un monde médical qui, depuis 160 ans, et particulièrement ces dernières années avec le H1N1, prône l'hygiène la plus stricte et absolue.

    Bien sûr, il faut prendre ces 2 études avec un grain de sel. Est-ce qu'un aliment sur lequel s'est posé un micron de salmonelle suffit à rendre malade? Et il faudra certainement attendre une autre vingtaine d'années avant de savoir la réelle signification d'un CRP bas par rapport au risque cardiovasculaire.

    Reste qu'en attendant, qu'est-ce qu'on fait avec le pétale de céréales multigrains qui vient de s'échoir sur le plancher?

    Moi, je vais continuer à souffler dessus et le rendre à fiston. Je vais peut-être ajouter une petite formule magique pour m'assurer qu'il n'y a pas assez de bactéries pour donner une gastroentérite, mais suffisamment pour le protéger d'une crise cardiaque dans 40 ans...

    Et vous, vous faites quoi?

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
 
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