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Dre Taz

Blogue de la Dre Tasnime Akbaraly
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!

juin 2010 - Billets

Nos experts
  • 5 commentaire(s)
    1 501 aperçus

    La paresse: un art à enseigner!

    Il fait enfin soleil, c'est la coupe mondiale de soccer ET le Festival de jazz, ma liste de patients reste toujours aussi longue et ma rédactrice s'arrache les cheveux parce que ma chronique est encore en retard!

    Heureusement, en tant que maman, et comme la plupart des « super » parents, je développe mon sens du « multitâche ». Donc, entre 2 patients et pendant ce qui devrait être 5 minutes de liberté, j'en profite pour rédiger cette chronique, rattraper quelques dossiers, imprimer la programmation du Festival de jazz, allonger mes jambes sur le bord de la fenêtre pour parfaire mon bronzage, allumer la radio pour connaître le score... et tout ça en mangeant mon sandwich multigrain bio.

    La vie est courte, je vous l'accorde. Nos voulons tout, tout le temps, tout de suite... et pareil pour Fiston. Je l'ai inscrit au meilleur camp de vacances, entre des cours de natation et le tournoi de soccer. J'ai déniché une gardienne anglophone pour l'initier au bilinguisme et acheté un cahier d'exercices pour peaufiner son alphabet. Et en musique de fond à la maison, c'est toujours du Mozart: il paraît que ça multiplie les neurones. Voilà. Fiston ne s'ennuiera pas : son été sera super.

    Vraiment?

    Les études affluent sur le manque de sommeil et le stress chez les enfants. Je suis très souvent confrontée à de petits patients qui somatisent : « z'ai mal au ventre » ou « ma tête me fait mal »... En fin de compte, l'examen médical ne révèle rien, et on conclut à l'expression d'un stress. À 3 ans. On en fera des adultes angoissés, perfectionnistes, incapables de création ni d'un moment de solitude.

    Il s'avère que l'art de ne rien faire, le farniente, la paresse est aussi nécessaire que n'importe quelle acquisition du développement, comme le langage ou la motricité fine. Des périodes de vide total. De temps non structuré. Aucune obligation de performance, de mémorisation, de compréhension. Rien. L'autostimulation.

    Je ne me rappelle même plus la dernière fois que j'ai parlé au téléphone en portant une attention complète à mon interlocuteur. J'en profite pour nettoyer le comptoir, ouvrir le courrier, ranger des vêtements. Quand est-ce que j'ai écouté une nouvelle musique, assise dans un fauteuil, les yeux fermés? Non, j'en profite pour congeler le souper, arroser mes plantes, repasser...

    Je n'ai pas envie de transmettre ce pathétisme à Fiston.

    Enseignons à nos enfants à prendre conscience de leur corps, de leur environnement, de leur respiration. Faire une chose à la fois, tranquillement, avec satisfaction et sérénité. N'est-ce pas le principe même du yoga, de la méditation, de la prière, de toutes les philosophies du bien-être? 

    L'été de nos enfants sera beau et comblé par leurs propres initiatives. Une activité par-ci, par-là reste évidemment un grand plaisir. Mais assurons-nous qu'il n'y ait pas trop de routine, qu'il y ait de la place pour les siestes, le jeu libre et l'imagination.

    Ils auront toute leur vie pour prouver ce qu'ils valent dans l'étrange mécanisme de notre société. D'ici là, laissons-les être ce qu'ils sont, à leur rythme.

    Bon, mon bronzage semble un peu plus uni et ma chronique est terminée. Ma secrétaire m'appelle encore, les patients s'impatientent... Je savoure un dernier rayon de soleil en fermant les yeux, sur un air de Miles Davis... Le cahier d'exercices d'alphabet et le tournoi de soccer sont sûrement facultatifs après tout...

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
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  • 7 commentaire(s)
    1 930 aperçus

    Le quiz des vacances

    À l'orée de la belle saison, j'ai besoin de légèreté (bien que je ne sache au moment où je tape ces mots si le Canadien est encore dans la course à la coupe Stanley). Pas de sujet grave ou important cette semaine. Amusons-nous et donnons notre 110 %!

    Au fil de mes années de pratique de bureau, quelques questions reviennent souvent, et les parents attendent la réponse avec angoisse. Je réprime un sourire et suis très heureuse de désamorcer ce genre d'inquiétude! La vie est assez compliquée comme ça, inutile d'en rajouter!

    Il a avalé une gomme à mâcher. Est-ce que c'est dangereux pour sa santé?

    Combien de parents sont mortifiés par cette menace?

    A priori, la gomme à mâcher ne contient aucun ingrédient nocif. Ce qui en reste une fois qu'elle n'a plus de saveur est éliminé tel quel, sans être digéré ou absorbé. Elle va d'ailleurs probablement ressortir dans le même état qu'elle est entrée dans le système digestif.

    Il n'est donc pas plus nocif d'avaler la gomme à mâcher que de la mâchouiller pendant des heures!

    Cela dit, elle reste une sucrerie qui cause des caries et peut provoquer des étouffements si donnée à de trop jeunes enfants.

    On ne doit pas mettre de plante verte dans la chambre d'un enfant.

    Pourtant, quoi de plus agréable que d'avoir un peu de verdure dans sa chambre! Un enfant apprend un certain sens des responsabilités à devoir arroser et entretenir une plante verte.

    Il est vrai que, pendant la nuit, les plantes vertes inversent leur système de respiration en consommant de l'oxygène et en rejetant du gaz carbonique. Mais la respiration d'une plante verte est, à poids égal, inférieure à celle d'un mammifère.

    Autrement dit, le chien ou l'ami venu dormir à la maison absorbe l'oxygène encore plus goulûment que votre fougère.

    Par contre, il faut vérifier que la plante en question convient aux jeunes enfants (certaines sont toxiques), que ses feuilles ne sont pas tranchantes et qu'elle ne provoque pas d'allergie.

    Chaque fois que bébé perce une dent, il a de la fièvre, de la diarrhée ou des boutons.

    Il s'agit certainement du mythe le plus tenace que j'ai à affronter quotidiennement dans ma pratique. Une dent qui perce est un phénomène purement local : une dent qui cherche à traverser la gencive tout simplement. Cela n'a aucune conséquence sur le reste de l'organisme ou sur le système immunitaire.

    Bien sûr, bébé peut-être irritable parce qu'il a de la douleur (souvenez-vous de votre dernière couronne!), mais il ne fera ni fièvre, ni diarrhée, ni boutons. Si vous vous souvenez de mes chroniques précédentes, un enfant contracte de 10 à 12 virus annuellement. Mathématiquement, le virus et l'arrivée des dents peuvent survenir parallèlement, mais n'ont aucun lien de cause à effet.

    Si votre bébé a des symptômes qui persistent, ne vous consolez pas faussement en attribuant cela aux dents, et consultez!

    Voilà pour cette semaine. J'espère vous avoir appris quelque chose, mais vous ai-je convaincu? Par ailleurs, j'en suis à ma 25e chronique et je dois avouer que mes sujets s'épuisent ou est-ce que j'ai besoin de vacances pour stimuler mon inspiration? Bref, j'attends vos commentaires, vos suggestions et vos questions! Et dites-moi, quelle a été la chronique que vous avez préférée jusqu'à maintenant et pourquoi?

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
 
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