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Dre Taz

Blogue de la Dre Tasnime Akbaraly
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!

février 2010 - Billets

Nos experts
  • 0 commentaire
    1 766 aperçus

    «Lavez, lavez, savez-vous savonner?»

    Non, non, je n’ai pas une soudaine nostalgie de Martine Saint-Clair (ce qui n’enlève rien à son talent). Mais il est vrai qu’en ces temps froids et maussades, j’ai eu envie d’un sujet léger et ensoleillé! Alors, je fais comme si le printemps était à notre porte.

    C’est vrai que, médicalement parlant, qui dit printemps dit gastroentérite et autres virus qui attaquent sans pitié mes petits patients… Mais qui dit printemps dit aussi GRAND ménage!

    On fait beaucoup pour que nos bambins évitent de tomber malade : vaccins douloureux, vêtements en tissu naturel, aliments biologiques au prix astronomique, lavage frénétique des mains. À tous ces atouts s'ajoute un ménage bien ciblé. Certains endroits sont tellement évidents qu'on oublie de les nettoyer. Pourtant, ce sont des nids de microbes exposant nos enfants à la contamination croisée : mains, visage et aliments.

    Allons, à nos chiffons! Voici les pièges qui hébergent des germes pathogènes et devraient faire l’objet de notre regard acéré!

     

    1. Les robinets et les distributeurs de savon. D'ailleurs, je suggère toujours qu'on prenne le savon AVANT d'ouvrir le robinet, et fermer ce dernier avec la serviette avec laquelle on va s'essuyer. Mais bon, allez expliquer ça à un enfant qui ne cherche qu'à inonder les 2 mètres carrés de notre toilette...
    2. Les poignées : de la salle de bain aux portes des armoires de cuisine, sans oublier celles du four et autres électroménagers. (mon fils se fait une joie d'ouvrir la portière de la laveuse pour la remplir de linge sale : pourvu que ça dure!)
    3. Les produits électroniques : le combiné de téléphone et les télécommandes de toutes sortes (plus attrayants, semble-t-il, que n'importe lequel jouet de dentition). Les claviers d'ordinateurs aussi.
    4. Les bouteilles de condiment : sel, poivre, et surtout, la sacrée bouteille de ketchup!
    5. Les sacs : à main, à dos, à couches... Selon une étude, mesdames,  nos sacs à main seraient aussi sales que l’argent ou les boîtes de conserve… et que ce soit un Chanel dernier cri n’y change rien…

     

    Il y a évidemment d'autres endroits particulièrement « germophiles » contre lesquels nous n'avons aucune emprise. Je pense aux chariots d’épicerie, aux menus de restaurants, et aux toilettes publiques (surtout la porte et la chasse d’eau). Et si comme moi, vous ne savez pas utiliser le cellulaire, et que vous êtes adeptes des téléphones publics, vous savez à quel point ils peuvent être dégoûtants! J’ai une solution qui n’est ni économique ni écologique, mais en attendant de pouvoir convaincre mon fils qu’il ne faut rien toucher, je n’ai rien trouvé de mieux : j’ai toujours sur moi un paquet de lingettes désinfectantes et zou! un petit coup ni vu ni connu…

    Cela dit, malgré toute votre vigilance, il se peut que la gastroentérite attaque bébé par traîtrise (à la garderie, entre autres!).

    En général, ce sont des virus qui causent diarrhées et vomissements. Parfois, ce sera accompagné d’un peu de fièvre. Le tout rentre dans l’ordre en 48 h à 72 h en moyenne. Assurez-vous seulement que bébé reste bien hydraté, quitte à lui donner, toutes les heures, de 2 à 3 c. à thé de la préparation habituelle de liquide de réhydratation (en pharmacie, ou ma recette secrète). Avis aux grands-mamans : les boissons gazeuses dont on a enlevé les bulles ne sont pas recommandées. Leur concentration en sucre risque d’aggraver les diarrhées.

    Mais si vous décelez le moindre signe de déshydratation, soit des cernes sous les yeux, une absence de larme, des pipis moins fréquents, la langue ou la peau sèche, consultez immédiatement.

    Et bien sûr, votre immense amour parental vous aidera à surmonter votre dégoût et à nettoyer scrupuleusement toute trace de vomi malodorant ou de selle diarrhéique… comme on les aime, nos enfants!

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
  • 3 commentaire(s)
    1 886 aperçus

    «Mea-culpa»: l'autisme n'est pas relié aux vaccins

    Ça nous arrive souvent, mais c'est rare qu'on l'admette.

    La médecine s'est trompée.

    La semaine dernière, le vénérable magazine médical The Lancet, pour seulement la 12e fois en 186 ans d'histoire, s'est rétracté concernant une étude reliant l'autisme et le vaccin RRO (rubéole, rougeole et oreillons).

    En 1998, le médecin britannique Dr Wakefield publie les résultats d'une recherche sur une douzaine d'enfants autistes et conclut que leur maladie semble causée par ce vaccin pourtant bien établi sécuritaire.

    L'étude est peu rigoureuse et farcie d'erreurs, sans compter qu'elle compte très peu de sujets (en général, il y a des centaines, idéalement des milliers d'individus impliqués). Mais elle est suffisamment impressionnante pour que le magazine accepte sa publication. Le monde médical est ébranlé.

    Les parents d'enfants atteints de cette regrettable maladie trouvent enfin un responsable (parce que l'humain est humain et qu'il est rassurant de trouver un bouc émissaire à ses malheurs). Les médias s'emparent de cette affaire croustillante (imaginez les titres : « Le gouvernement empoisonne nos enfants »). Vous-même, n'avez-vous pas déjà entendu parler de l'association vaccin-autisme, même vaguement?

    Les choses prennent tellement d'ampleur que le nombre d'enfants britanniques vaccinés baisse de 70 % à 50 %! Cette tendance s'observe dans beaucoup d'autres pays aussi.

    Les effets sont dévastateurs.

    On dénombre une augmentation des victimes de la rougeole, rubéole et oreillons, et pas exclusivement des enfants, mais aussi des femmes enceintes et surtout les foetus qui subissent des malformations congénitales.

    De nombreuses études de bien meilleure fiabilité contrediront par la suite les résultats du Dr Wakefield, mais les conséquences se font encore sentir : il m'arrive encore de devoir faire le point avec des parents hésitants.

    Malgré cela, ce fut la catastrophe d'un point de vue médical : on a reculé de dizaines d'années sur le plan de la prévention. On doit de nouveau éduquer la population. Au début des années 2000, on a revu des épidémies de ces maladies pourtant désuètes.

    Après une multitude d'enquêtes et de commissions, après des années de batailles juridiques, après des sommes astronomiques d'argent, les instances britanniques et américaines se sont prononcées : les auteurs de l'étude sont qualifiés de « malhonnêtes » et « irresponsables ». On est en plein roman-feuilleton : on parle de corruption, de fraude, de simulation.

    Je suis heureuse, qu'au Canada, les enfants ne meurent plus de la diphtérie ou de la coqueluche. Pour les médecins de ma génération, ce ne sont que d'horribles maladies moyenâgeuses qui illustrent nos manuels de microbiologie. Mais je vous assure, quand je fais des missions humanitaires, qu'il me suffit de voir un bébé souffrant du tétanos ou déformé par la poliomyélite pour être convaincue du bien-fondé de certains vaccins.

    Mea-culpa. Pardon d'avoir donné de faux espoirs à des parents plongés dans le deuil d'avoir un enfant « différent ». Pardon d'avoir semé le doute, voire la panique, chez d'autres. Quant à ceux dont la confiance envers leur médecin est maintenant chancelante, j'espère qu'on saura la solidifier.

    On doit rester vigilant par rapport à toute l'information qui concerne la santé de nos bambins : même celle découlant du monde « irréprochable » de la science.

    Avez-vous fait vacciner votre enfant contre la rougeole, rubéole et oreillons? Et vous, vos vaccins sont-ils à jour?

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
 
Reproduction et droits d'auteur © 1998-2012 Fondation Lucie et André Chagnon. Tous droits réservés.

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