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Dre Taz

Blogue de la Dre Tasnime Akbaraly
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!

janvier 2010 - Billets

Nos experts
  • 5 commentaire(s)
    2 198 aperçus

    Un câlin contre la douleur

    Quelle est votre dernière douleur? Un doigt dans la portière de la voiture? Le petit orteil contre le pied du lit? Un coup de tête de votre cadet dans l'entrejambe?

    Quel est votre premier réflexe? Les plus timides répriment un cri en serrant les dents. Les plus exubérants lâchent un juron. Et s'il y a des témoins, on aime bien recevoir un signe de compassion, genre sourire gêné. Et si on a un conjoint ou une maman dans le coin, on apprécie une tape dans le dos. On n'a pas encore appliqué un pansement ou de la glace, mais on se sent déjà un peu mieux!

    Pendant longtemps, on a ignoré la douleur des nouveau-nés. On a cru que les nourrissons ne pouvaient ressentir de la douleur, ou très relativement du moins.

    Quant aux pleurs, tout le monde a son avis. J'entends encore régulièrement que ce n'est « qu'une matière d'attirer l'attention », que « ça développe la voix et les poumons », et « qu'il ne faut pas prendre bébé trop souvent dans les bras parce que ça rend capricieux ».

    Ces mythes sont révolus. Un bébé a développé toutes les fibres nerveuses impliquées dans la sensation de la douleur, bien avant sa naissance. Et s'il pleure, c'est parce que c'est son moyen de communication le plus sonore et le plus efficace pour demander de l'aide.

    Un nouveau-né doit malheureusement subir vaccins et prises de sang avant de quitter l'hôpital; procédures douloureuses, mais obligatoires. Et qui sait les dizaines d'autres raisons pour verser des larmes, hormis la faim et l'inconfort d'une couche mouillée? Peut-être bébé souffre-t-il de douleurs abdominales? Peut-être a-t-il froid? Chaud? Ou se sent-il seul?

    Évidemment, les méthodes usuelles de diversion ou de contrôle de la respiration, comme chez l'enfant plus âgé, ne fonctionnent pas. Donner des analgésiques n'est pas non plus une solution envisageable.

    Bébé pleure pour que vous trouviez la solution.

    Une étude récente parue dans le Pediatrics, un magazine médical américain reconnu, apporte des données très intéressantes. Elle affirme que donner un peu d'eau sucrée en plus de prendre bébé dans ses bras pendant 2 minutes avant et après une procédure douloureuse, comme un vaccin par exemple, amoindrit la douleur.

    Les chercheurs parviennent à cette conclusion en objectivant des signes externes de la douleur : les pulsations cardiaques, la vitesse de la respiration, les ondes cérébrales, l'agitation des membres, la tonalité des pleurs, etc.

    On pense que le contact et l'odeur de la mère (car l'étude n'est faite qu'avec les mamans, petite faiblesse), en plus du bruit de ses battements cardiaques, « bloquent » les signaux de la douleur qui se rendent au cerveau de bébé, et stimulent la production d'analgésiques internes, comme l'endorphine.

    Il y a longtemps que nos neurones et notre coeur de parent ont compris la valeur du câlin. Mais qui aurait cru qu'un geste aussi naturel et spontané aurait une valeur SCIENTIFIQUE? Le câlin est l'anesthésiant parfait : gratuit, facile, rapide, disponible et sans effet secondaire!

    Alors, pourquoi en priver bébé?

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
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  • 2 commentaire(s)
    2 031 aperçus

    La maladie du jour de l'An

    Les Fêtes sont finies, ainsi que les buffets à gogo, les becs sucrés, les courses aux cadeaux, les partys, les files pour s'asseoir sur le père Noël, les nuits blanches... Et ce qui arrive chaque année arrive encore une fois en 2010 : l'amygdalite! Moi, j'étais en vacances, mais pas mon système immunitaire!

    Votre humble docteur est en train de taper ces mots dans le fond de son lit, tremblante de fièvre, les amygdales crevées par des millions de petites aiguilles, et affamée parce que chaque bouchée avalée est une véritable torture. Ça vous dit quelque chose? Je me remémore tous ces jeunes patients - parce que les victimes sont surtout les enfants - que je vois au « sans rendez-vous » et que je prive d'antibiotiques.

    Chers parents, je ne suis pas un bourreau sadique, mais un médecin. Pour ceux qui en doutent, voici l'explication :

    D'abord, une amygdalite est une infection des amygdales. En général, elle est causée par un virus et s'associe à un rhume (le nez qui coule, de la toux, une fièvre modérée). Dans 10 % à 30 % des cas, c'est une bactérie qui provoque l'amygdalite : le streptocoque B-hémolytique (30 points au Scrabble!). C'est une amygdalite plus importante, plus douloureuse, avec plus de fièvre, sans symptômes de rhume. Elle est parfois accompagnée de lésions cutanées : la fameuse scarlatine.

    Virus ou bactérie, on s'attend à une guérison en 5 jours, sans traitement. Mais si c'est une amygdalite à streptocoque, on préfère donner de la pénicilline pendant 10 jours. Pourtant, les antibiotiques ne réduiront que de 24 h la symptomatologie. Pourquoi en prescrire alors? Pour cesser la contagion et prévenir les rarissimes, mais potentielles, complications (le rhumatisme articulaire aigu, l'abcès péri-amygdalien, etc.).

    Cela dit, il reste difficile de différencier les 2! Pour un parent, est-ce que notre enfant n'est pas toujours « très » malade? Un médecin expérimenté peut faire la distinction, mais s'il est confronté à un dilemme, c'est la technologie qui vient à la rescousse : « Dites aaaaaahhhhh » et un long « Q-Tip » au fond de la gorge et voilà! La culture bactérienne nous donne la réponse. Ce test n'est pas idéal et sans faille, et on ne l'utilise que si notre flair clinique est altéré.

    Amygdalite bactérienne ou non, le reste du traitement est le même :

    • des gargarismes à l'eau chaude salée (2,5 ml de sel dans 240 ml d'eau)
    • une bonne hydratation : de petites quantités de liquide froid
    • selon la tolérance, prendre des aliments à consistance molle et froide (de la crème glacée, quoi!)
    • de l'acétaminophène
    • maintenir la température intérieure ambiante à 20 °C ou 21 °C et le taux d'humidité à 45 %.

    Alors voilà, je ferme mon ordinateur, je m'ensevelis sous la couette... et je prends la ferme résolution (encore!) de faire davantage attention l'année prochaine! Et vous, quelle est votre résolution « santé » cette année?

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
 
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