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Dre Taz

Blogue de la Dre Tasnime Akbaraly
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!

septembre 2009 - Billets

Nos experts
  • 10 commentaire(s)
    2 117 aperçus

    Allez en paix

    Parfois, une dose de mélancolie transforme mon bureau en confessionnal.

    Mes patientes croient être dans le péché. Et seules au monde. J'aimerais tellement vous convaincre : 85 % des mamans ressentent la même chose. Je ne dis pas ça pour vous faire plaisir. Ces chiffres sont basés sur des études sérieuses.

    La maternité est bénie et à la mode : le taux de natalité augmente et plus de femmes restent au foyer pour prioriser la famille plutôt que leur carrière.
    Secrètement, peut-être ne comprenez-vous pas. Mais c'est inavouable.

    Inavouable que la grossesse n'ait été qu'une accumulation de kilos entre les nausées et les maux de dos. Que ces gentils mouvements de pieds dans le ventre s'avèrent de vicieux coups de poing dans les côtes.

    Inavouable que l'accouchement vous ait semblé l'enfer et qu'on aurait mieux fait de vous écarteler vive.

    Inavouable que bébé ressemble à un nain centenaire à la voix criarde plutôt qu'au chérubin sur les paquets de couches.

    Inavouable que vous ressembliez à une baleine elle-même enceinte, avec seins pendouillants et vergetures. Inavouable que votre vagin vous charcute comme un sac de rasoirs et votre vessie coule comme une outre trouée.

    Inavouable que vous soupçonniez papa d'avoir quelque chose de grave à se faire pardonner pour ne pas vous quitter immédiatement. De toute façon, il vous énerve : il a l'immense chance de ne pas être une femme, lui.

    Inavouable que l'allaitement vous relègue au rang de vulgaire vache nourricière. Vous passez vos journées à changer des couches pleines de ce que vous fournissez entre 2 fissures mamelonnaires. Et en plus, ça vous empêche de manger des sushis et boire du saké.

    Inavouable que les régurgitations malodorantes, les diarrhées multicolores et le cordon ombilical sanguinolent vous horripilent. Vous préféreriez être au bureau à taper des dizaines de rapports.

    Inavouable que vous émerveiller du moindre battement de paupière de bébé, ça vous ennuie et vous avez envie de faire comme avant : sortir avec les copines et danser jusqu'au petit matin.

    Inavouable qu'au lieu d'aller faire du cardio-poussette ou du scrapbooking, vous ne pensez qu'à pleurer, crier et vous enfuir jusqu'à Madagascar.

    Inavouable que vous ayez pensé à pire encore.

    Et même si vous n'avez pas le « privilège » de toutes ces raisons. Même si les kilos supplémentaires ont disparu  en 5 semaines. Que bébé se réveille toutes les 4 heures pour boire en 2 minutes et fait ses nuits au 9e jour de vie. Que vous faites l'amour toutes les nuits avec le papa le plus merveilleux du monde. Que votre patron vous offre 2 ans de congé payé. Que vos parents se battent pour garder bébé tous les samedis.

    Bref, quelle que soit votre situation, vous avez le droit de vous sentir mal.

    Vous avez le droit ne pas avoir envie de faire un 2e enfant. Vous avez le droit de penser parfois que vous n'auriez jamais dû avoir le premier.

    Vous souffrez peut-être d'une mélancolie passagère, d'un blues du post-partum ou d'une dépression profonde. Lorsque vous irez au parc la prochaine fois, sur une dizaine de mamans, dites-vous que 7 d'entre elles sont, comme vous, dans l'inavouable.

    Allons donc, je vous absous, même si je ne sais pas de quoi exactement. Vous êtes la meilleure maman du monde, parce que vous essayez de l'être un peu. Libérez-vous de cette gluante culpabilité qui vous enlise. Allez voir votre médecin et parlez-en.

    Allez en paix. Au nom du père, de la mère et de bébé...

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
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  • 3 commentaire(s)
    1 278 aperçus

    Le «monstre» de la rentrée

    On ne m'y reprendra plus : cette fois, mon sujet arrive à point (voir ma dernière chronique).

    Chaque rentrée, j'accueille dans mon bureau des parents terrorisés par la pédiculose (le « pou », pour les intimes), telle Sigourney Weaver dans Alien. Mais qu'est-ce qui explique cette terreur? Super Docteur (avec collants mauves et cape étoilée) est là pour vous défendre (et vous détendre)!

     

    Parent affolé : Ouahhhhh! On va croire que mon enfant est sale!

    Super Docteur, le poing au ciel : Le pou est totalement DÉMOCRATIQUE. Il « attaque » sans égard à l'hygiène, au rang socio-économique ou aux groupes culturels. Cette sociabilité sans critère fait en sorte qu'il raffole de la promiscuité, notamment les écoles!

     

    Parent découragé : Oh nooooon! C'est tellement difficile de s'en débarrasser!

    Super Docteur, les deux mains sur les hanches : Il faut se demander ce que signifie « s'en débarrasser ». La présence de lentes (les petits oeufs transparents) n'indique pas nécessairement que votre enfant est infesté. Il peut rester des lentes inactives plusieurs semaines après le traitement, même si ce dernier a été efficace. Les démangeaisons ne veulent rien dire – bien d'autres choses, incluant les traitements, peuvent irriter le cuir chevelu. Il faut VISUALISER UN INSECTE VIVANT pour émettre le diagnostic. Par ailleurs, il est rare que les insecticides ne fonctionnent pas ou que les poux développent une résistance. Il peut y avoir cependant une nouvelle infestation.

     

    Parent colérique : Grrrr! Il va falloir laver toute la maison... et tous ses occupants!

    Super Docteur, vous donnant une tape rassurante dans le dos : Le pou ne sait ni sauter, ni voler, ni nager (contrairement à Alien), mais il rampe. Il survit à peine 24 h sur les objets. Vous devez donc traiter tout ce qui touche à la tête de l'enfant en même temps que l'enfant lui-même : literie, serviette, brosse, chapeau, etc. N'oubliez pas les cachettes secrètes : le siège auto et les écouteurs! Il existe plusieurs moyens peu coûteux « d'assassiner » les poux envahissant ces objets : l'asphyxie (un sac en plastique, fermé pendant 10 jours) ou la crémation (10 minutes de sécheuses ou un bain à 65 °C)!

    En ce qui concerne les malades, il y a une controverse sur le fait de traiter tous les occupants de la maison, même ceux qui semblent épargnés. Mais ce qui est certain, c'est que TOUTE LA MAISONNÉE (sauf le chien) doit être soumise à un examen minutieux du scalp, et tous les malades doivent être traités en même temps. Des heures de plaisir. (Profitez-en pour réviser les tables de multiplication!).

     

    Parent consterné : Il faudra lui couper les cheveux et le retirer de l'école (à cause des poux, pas à cause de la nouvelle coupe, quoique...).

    Super Docteur, le sourire confiant : Aucune de ces mesures n'a démontré une diminution de l'infestation!

     

    Parent méfiant : Les insecticides me semblent dangereux. Y a-t-il d'autres solutions?

    Super Docteur, l'index levé : Évidemment, ces produits présentent une certaine toxicité. Il ne faut donc jamais répéter un traitement et il faut respecter les posologies. Certaines études avancent que le nettoyage « mécanique » seul, comme un peigne dans une chevelure enduite d'un corps gras, serait suffisant. Mais au Canada, on recommande encore cette dernière en complémentarité aux insecticides. De modestes études ont analysé l'efficacité de l'huile d'olive : 1 l d'huile pendant 2 heures semblait prometteur... mais difficile à concrétiser!

     

    En espérant que Super Docteur est parvenu à vous rassurer (pour plus d'information, consultez la rubrique pédiculose sur notre site.)

    Sachez de toute façon que, même si le pou est une bête horrible, il est complètement inoffensif! Sinon, il y a toujours la fameuse formule magique : « Bijou, caillou, chou, genou, hibou et... pou! ».

    Mais peut-être êtes-vous un Super Parent Antipou? Quels sont vos trucs?

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
    Mot clés:
 
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