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Dans mon assiette

Blogue de Stéphanie Côté
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque semaine!
Nos experts
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    Des enfants végétariens et en santé

    Le mets préféré de mon fils est le tofu. Du tofu à toutes les sauces et surtout à la sauce aux arachides qui me vaut un « t’es la meilleure maman du monde » chaque fois que j’en prépare. Des recettes végétariennes, j’en ai des dizaines en banque. Chez nous, les repas « avec pas de viande » sont monnaie courante. Mais nous ne sommes pas végétariens. Notre boucher est trop bon! Si pour une raison ou pour une autre, nous décidions de nous convertir au végétarisme, j’oserais embarquer nos enfants dans l’aventure. Car oui, c’est possible pour les enfants de grandir normalement et en santé tout en ayant un régime végétarien bien équilibré.

    Ce n’est pas seulement moi qui le dis, mais aussi des experts comme la Société canadienne de pédiatrie et les Diététistes du Canada.

    Et, dans cette prise de position, le mot clé est « équilibré ». En éliminant la viande du menu, il faut surveiller plusieurs aspects de l'alimentation de nos enfants. Et plus encore si tous les produits animaux (oeufs, produits laitiers, poissons) sont exclus, comme c’est le cas dans le végétalisme, ou végétarisme strict. Voici les différents nutriments auxquels il faut accorder une attention particulière :

    • Protéines. Même quand on est omnivore, on en fait tout un plat des protéines! Pourtant, les besoins des enfants sont plus faciles à combler qu’on le pense. Dans le régime végétarien, les légumineuses, le tofu, les oeufs, les produits laitiers, les poissons, les noix et les graines « remplacent » la viande. Il est assez simple d’en inclure dans chaque repas. Dans le régime végétalien, où tous les produits d’origine animale sont exclus, les bonnes sources de protéines se limitent aux légumineuses, au tofu, aux noix et aux graines. Le défi pour varier les sources et les recettes est donc plus grand. Attention, les « mets végétariens » comme le végépâté, le seitan et le pâté au millet ne sont pas de bonnes sources de protéines. Et du fromage, comme seule source de protéines, suffit rarement.
    • Vitamine B12. Cette vitamine est hyper importante pour maintenir les globules rouges du sang et les cellules nerveuses en santé. Une carence à long terme peut engendrer des problèmes neurologiques irréversibles. Quand les œufs et les produits laitiers font partie du menu, la vitamine B12 est au rendez-vous. Dans le cas du végétalisme pur, il faut absolument en procurer aux enfants avec des aliments enrichis comme la boisson de soya, la levure alimentaire  (ex. Red star) et les produits de simili-viande végétariens (ex. Yves Veggie).
    • Fer. Le fer fourni par les oeufs, les céréales, les légumineuses et certains légumes est moins bien absorbé par le corps que le fer de la viande. Pour en favoriser l’absorption, assurez-vous d’inclure une bonne source de vitamine C dans chaque repas végétarien : fraises, kiwi, orange ou jus d’orange, brocoli, poivron rouge, etc.
    • Calcium. Avec le lait et les produits laitiers, c’est plus facile de combler les besoins en calcium des enfants. Mais avec les boissons de soya enrichies, les haricots blancs, le chou chinois, le brocoli, les amandes et certains aliments enrichis de calcium, il est également possible d’y arriver. Puisque le calcium gagne à être consommé avec de la vitamine D pour en favoriser l’absorption, les boissons de soya enrichies sont plus intéressantes à ce chapitre, car elles combinent les deux, comme le lait. 

    On ne s’improvise pas végétarien et encore moins végétalien. Dans certains cas, la prise de suppléments peut être recommandée. Puisque l’équilibre est si important à la croissance et au développement optimal de vos enfants, je vous suggère fortement de rencontrer une nutritionniste.

    Végétarien ou non, on gagne à faire découvrir les légumineuses, le tofu et le soya à nos enfants. Ils n’ont pas de préjugés, eux. C’est le meilleur temps pour les habituer. Voulez-vous ma recette de tofu aux arachides pour débuter? Il y a peut-être un petit tofuphile qui se cache en vous!

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    Stéphanie Côté
     
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    Fête d'enfants: s'amuser avec les aliments

    L’anniversaire de mes deux enfants est au printemps. À peine 15 jours les séparent. Je viens tout juste de terminer ce blitz de fêtes. J’ai un plaisir fou à confectionner des gâteaux amusants! Le gâteau de fête est sacré. Je ne boude ni le beurre ni le sucre, ni les colorants alimentaires. Cela dit, je me reprends sur les autres éléments du menu et de la fête. Oui, les fêtes d’enfants peuvent être l’occasion d’en apprendre sur les aliments et même apprendre à bien manger!

    Dès que ma « grande » fille a distribué ses cartes d’invitation, j’ai commencé à penser à des activités qui mettent en vedette des aliments. Il y en a des dizaines qui demandent juste un peu d’imagination et de préparation.

    • Fais-moi un dessin sur le thème des aliments.
    • Bricolage en tout genre.
    • Des chansons, des devinettes, des comptines et des histoires. On peut en inventer avec les enfants ou en trouver qui existe déjà. Parmi les histoires, j’aime bien celles de la collection Mandarine et Kiwi.
    • Décorer chacun son cupcake.
    • Le jeu des odeurs : faire sentir des aliments et des ingrédients les yeux bandés dans le but de les identifier.
    • Une sortie au marché, à la ferme ou en autocueillette quand c’est la saison.

    Cela dit, je n’ai pas une classe de prématernelle à animer à l’année. J’ai seulement 3 heures pour amuser 7 fillettes et un petit frère. Bref, il faut choisir. C’est la jubilée qui  tranche : une chasse aux cocos… inspirée par celle de Pâques de la semaine précédente. Après tout, on peut adapter une chasse aux cocos à n’importe quelle sauce. Dans notre version, les œufs en plastique cachés ici et là renferment des petits bouts de papier. Sur chacun d’eux se trouve le nom d’un aliment. Une fois la chasse complétée, on rassemble tous les butins. Chaque enfant, à tour de rôle, ouvre un oeuf et doit faire deviner le mot aux autres. En guise d’indices, il lui faut décrire l’aliment : couleur, forme, texture, saveur, comment il se mange, etc.

    J’ai choisi la deuxième activité que j’ai appelée « Bricolez votre sandwich ». Les filles m’ont trouvée bien drôle quand je leur ai présenté le matériel de « bricolage » : tortillas, poulet froid, fromage, légumes, hoummos, etc. Pourquoi me compliquer la vie quand cuisiner est un jeu pour les enfants? Surtout que personne ne lève le nez sur le sandwich qu’il s’est préparé. Que d’avantages à faire popoter les enfants!

    En terminant, je voudrais faire une suggestion à ceux qui aiment offrir un petit présent aux invités. Offrez une carte de remerciement avec les cartes de la campagne de financement Un jardin pour chaque enfant, de l’organisme Jeunes Pousses. Cette campagne nationale se déroule jusqu’au 6 juin. Elle vise à amasser des fonds qui permettront à des milliers d’enfants défavorisés du Québec de s'initier aux plaisirs de jardiner et de manger sainement grâce au programme « Un trésor dans mon jardin » et aux ateliers d'éveil au goût de Jeunes Pousses. Chaque carte renferme des graines de fleurs, de basilic ou de laitue dans son papier et qui sont faites pour être plantées. Pour savoir comment vous les procurer, visitez le site de Jeunes Pousses. C’est pour deux bonnes causes : les enfants défavorisés ET vos petits invités en profiteront!

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    Stéphanie Côté
     
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    Ma relation amour-haine avec McDo

    Deux ou trois fois par année, je me retrouve en famille chez McDo. Je n’aime pas particulièrement McDonald ni aucune chaîne de restauration rapide. Mais j’y amène tout de même mes enfants à l’occasion. Qu’est-ce qui explique cette relation amour-haine avec le géant du fast food?

    Je n’aime pas le menu en général qui incite à manger de grosses portions et tous les concentrés de sucre et de sel. Je n’apprécie pas qu’on offre une boisson gazeuse par défaut avec le trio. Je trouve décevant de devoir choisir entre les frites et les pommes quand on achète un Joyeux festin, car ça élimine trop souvent les pommes. Je considère les boîtes de carton des Joyeux festin comme un gaspillage outrageant. Je trouve toutes les stratégies de fidélisation de la (jeune) clientèle déplorables. Bref, j’y trouve de nombreux irritants!

    Pourtant, j’arrive à manger relativement bien quand je vais dans un restaurant rapide. Je choisis un sandwich au poulet grillé (plutôt que pané) et je l’accompagne d’une salade plutôt que de frites. (Je pige dans celles de mon chum, c’est assez!) Pour mes enfants, cependant, ce n’est pas le repas du siècle. Pour eux, le grand M est synonyme de croquettes et de frites. Dieu merci, je n’ai pas besoin de me battre contre les boissons gazeuses puisqu’ils acceptent le lait avec plaisir. Mais au final, malgré les crudités de ma salade que je leur distribue, leur plateau demeure essentiellement d’un beige déprimant.

    Ça ne m’empêche pas de dormir. Un repas moins nourrissant une fois de temps en temps ne gâche pas tous les efforts que je déploie pour qu’ils soient en santé!

    Quand nous y allons, c’est pour prendre une pause d’une longue route en voiture afin de laisser Laura et Benjamin se dégourdir les jambes. ET parce qu’il pleut. Parce que s’il fait moindrement beau, on cherche un parc ou une halte routière. Bref, ce sont les modules de jeux qui m’incitent à aller chez McDonald afin de permettre aux enfants de bouger. Mais j'y vais toujours un peu à reculons parce que je n’aime pas contribuer à son succès. Le menu qui se diversifie sans cesse, les Joyeux festins, les bébelles ou figurines pour enfants, les nouveaux smoothies ou le McCafé ne me feraient faire aucun détour à eux seuls. Au contraire.

    Et vous, allez-vous dans les chaînes de restauration rapide? Comment gérez-vous vos visites dans ce type de restaurant?

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    Stéphanie Côté
     
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    10 conseils pour prévenir l'obésité des enfants

    Comme vous, je souhaite que mes enfants soient en santé et qu’ils ne développent pas de problèmes de poids. C’est aussi une préoccupation pour plusieurs experts, si bien que de nouvelles recommandations en matière d’activité physique pour les enfants de 0 à 4 ans ont récemment été publiées. Elles visent notamment à prévenir l’obésité infantile. J’ai pensé y ajouter mon grain de sel en proposant des conseils en lien avec l’alimentation qui peuvent aussi aider nos enfants à maintenir un poids santé. La santé n’est pas toujours tributaire du poids, mais elle peut grandement l’influencer, alors on fait ce qu’on peut, comme on peut! De petits gestes et habitudes peuvent changer bien des choses.

    1. Étanchez la soif avec de l’eau.
    2. Offrez aux enfants un maximum d'un verre de jus par jour. Le jus fournit des calories sans toutefois avoir d’effet rassasiant. Ce sont donc des calories qui peuvent s’accumuler rapidement sans réduire l’appétit pour d’autres aliments.
    3. Accordez environ le tiers de l’assiette aux fruits et aux légumes, à tous les repas.
    4. Mettez souvent au menu du poisson, du tofu et des légumineuses.
    5. Préférez les produits céréaliers à grains entiers au moins une fois sur deux quand on mange des pâtes, du riz, du pain, des céréales, etc.
    6. Prévoyez des collations nutritives à la maison et pour les déplacements. Des fruits, barres tendres ou muffins maison, du fromage et autres aliments nourrissants sont des bons dépanneurs quand on prend la route ou lors de sorties en famille. Ils sont plus intéressants sur le plan nutritionnel que la plupart des aliments offerts dans les lieux publics.
    7. Mangez à la table, sans distraction. Évitez de manger devant la télévision. Quand ils écoutent la télévision, les enfants consacrent toute leur attention au son et aux images qui défilent devant leurs yeux. Mes enfants ne doivent pas être les seuls à paraître hypnotisés devant leurs dessins animés, n’est-ce pas? Servez-leur un repas ou une collation à ce moment et que feront-ils? Ils mangeront jusqu’à toucher le fond du bol. Leur attention, qui est dirigée vers le petit écran, n’est aucunement tournée vers leurs signaux internes de faim et de satiété.
    8. Évitez les régimes, tant pour les enfants que pour les adultes. Si vous avez du poids à perdre, évitez les régimes draconiens. Envisagez plutôt la modification de vos habitudes alimentaires de manière progressive et durable. Ne parlez pas d’aliments « engraissants » ou « pour maigrir ». Planifiez des menus nourrissants et préparez le même repas pour tous les membres de la famille. On évite surtout d’isoler un enfant en lui servant des aliments juste à lui ou en lui en interdisant d’autres. Mettre un enfant au régime, c’est risquer d’exacerber le problème de poids et de santé. Si l’enfant doit envisager une perte de poids, c’est sous la surveillance d’un médecin et d’une nutritionniste. Cela dit, c’est très rare qu’on recommande à un enfant de perdre du poids. On veillera plutôt à se qu’il grandisse sans trop en prendre et surtout à s’assurer qu’il ne manque de rien pour sa croissance et son développement.
    9. Servez à l’enfant des portions adaptées à ses besoins. Les grosses portions incitent à manger au-delà de notre faim. Servez des portions d’enfants aux enfants. Mieux encore, laissez-le se servir lui-même. Sinon, demandez-lui de vous guider en vous disant s’il a une petite ou une grosse faim. En veut-il plus ou moins? Laissez à l’enfant la possibilité de manger à sa faim et de se resservir au besoin. J’en ai parlé récemment : restreindre un enfant ou lui interdire des aliments risque de générer une préoccupation malsaine à l’égard des aliments. Nourrir un enfant, c’est lui fournir des aliments. Non le restreindre.
    10. Laissez à l’enfant le contrôle sur la quantité d’aliments qu’il mange. Insister ou forcer un enfant à finir son assiette peut avoir des conséquences à long terme que l'on souhaite éviter.

    Est-ce que ce sont des conseils que vous trouvez réalistes? Lesquels trouvez-vous les plus faciles ou difficiles à appliquer?

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
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    Alimentation: le vrai défi des parents

    Un récent sondage mené auprès de mamans, et publié dans le journal The Gazette, laissait entendre que celles-ci connaissaient mal les recommandations du Guide alimentaire canadien pour leurs enfants d’âge préscolaire (2 à 5 ans).

    Quarante pour cent des mères ont répondu se préoccuper de la quantité d'aliments nutritifs que consommait leur tout-petit tous les jours. Une maman sur trois a reconnu que de parvenir à faire manger à leur enfant des aliments nourissants était un défi quotidien. Ces résultats m'ont amenée à me questionner sur les aspects théoriques et pratiques des « recommandations officielles ». Quel est le plus gros défi?

    La théorie d’abord. Je ne vous mets pas à l’épreuve. Voici le nombre de portions suggéré pour chacun des groupes du Guide alimentaire canadien pour les enfants de 2 à 5 ans:

    • Viande et substituts : 1 portion
    • Lait et substituts : 2 portions
    • Produits céréaliers : 3 portions pour les 2-3 ans et 4 portions pour les 4-5 ans
    • Fruits et légumes : 4 portions pour les 2-3 ans et 5 portions pour les 4-5 ans

    Pour appliquer ces recommandations, il est pratique de savoir à quelle quantité correspond une portion : 75 g de viande, 250 ml de lait, 1 tranche de pain, un fruit entier, etc. On peut évidemment atteindre l’objectif à coup de demi-portions et les répartir durant la journée. Le Guide alimentaire canadien recommande de varier les aliments de chaque groupe, chaque jour.

    Je pourrais détailler davantage les recommandations du guide, mais ce n’est pas mon objectif. Passons plutôt à la pratique.

    Si les informations fournies par le Guide peuvent nous aider à offrir à notre enfant les aliments dont il a besoin, c’est un excellent point de départ. Cela dit, ce ne sont que des chiffres. Comment faire, dans la vraie vie, pour que les enfants mangent réellement ces quantités recommandées? Devant un enfant qui refuse la moindre verdure, la connaissance théorique des 4 portions de fruits et légumes est inutile. Devant l’enfant qui boude le lait et la boisson de soya, savoir qu’il devrait en prendre 2 portions ne lui fournit pas le calcium et la vitamine D dont il a besoin. Comment faire en sorte que notre enfant apprécie les aliments qu’on sait bons pour lui?

    Bref, j’ai l’impression que le plus gros défi des parents n’est pas de savoir quels aliments offrir aux enfants, mais de savoir comment gérer les repas avec un enfant « difficile ». En plus des 1, 2, 3, 4 ou 5 portions de ceci et de cela, comprendre comment se développent le goût des enfants rassurerait bien des parents au moment des repas. Voici quelques conseils pour vous aider à y parvenir:

    • Un enfant gagne à être exposé plusieurs fois à un aliment pour l’apprivoiser.
    • Évitez d'insister, cela rendra votre enfant encore plus récalcitrant.
    • Donnez le bon exemple : votre enfant finira par vous imiter.

    Et vous,  suivez-vous le Guide alimentaire canadien pour vos enfants? Quel est votre défi concernant leur alimentation?

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
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    Horaire des boires: faites confiance à bébé

    Quand on parle de l’alimentation des bébés, on aborde le plus souvent la question du « quoi » : lait maternel ou préparations pour nourrissons. Selon plusieurs experts, il faudrait aussi accorder de l’importance au « quand ». Nourrissez-vous votre bébé sur demande ou selon un horaire? La réponse pourrait influencer ses futures notes scolaires, rapporte une récente étude.

    Des chercheurs du Royaume-Uni ont mené une vaste étude sur plus de 10 400 enfants, sur une période d’environ 14 ans. Ils les ont placés en 2 catégories : les bébés nourris sur demande et ceux nourris selon un horaire établi par les parents. Il s’est avéré que les premiers ont obtenu de meilleurs résultats aux tests cognitifs que les seconds à l'âge de 5, 7, 11 et 14 ans. Ils avaient aussi un QI légèrement supérieur, mesuré à l’âge de 8 ans. Afin de connaître l’impact de l’horaire des boires, les chercheurs ont fait en sorte d’isoler ce facteur des autres influences, comme le niveau d’éducation des parents, le revenu familial, le sexe et l’âge des bébés, l’état de santé de la mère et le style parental.

    La différence entre l’horaire déterminé par le bébé et l’horaire décidé par le parent se confirmait tant avec l'allaitement qu’avec les préparations pour nourrissons. Comment expliquer cela? Une des hypothèses est que le développement optimal du cerveau dépend en partie de la communication entre son « cerveau émotionnel » et les réponses de sa mère à ses besoins. Ainsi, nourrir bébé au moment où il exprime la faim serait la méthode à privilégier. Une méthode qui risque de rendre la maman plus fatiguée, selon les observations des chercheurs… On n’est pas à un sacrifice près pour nos petits amours!

    Un autre point important, quand on parle d’alimentation des bébés, c'est la quantité. J’en parle souvent, car il est primordial de permettre aux enfants de manger à leur faim, ni plus, ni moins. Ça débute dès le plus jeune âge. L’allaitement permet naturellement de mieux respecter la faim d’un bébé, car on ne sait pas quelle quantité il boit, contrairement à un biberon. Cela dit, même au sein, il faut prendre garde de ne pas insister ou restreindre. Sa faim varie d’une journée à l’autre et au cours d’une même journée. On ne peut pas s’attendre qu’il « vide » les deux seins à chaque boire.

    En résumé : soyons à l’écoute de notre bébé. Chaque jour, on apprend un peu mieux à être parent. Et celui qui peut nous en apprendre le plus sur les besoins de notre nourrisson, c’est justement lui-même!

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    Stéphanie Côté
     
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    Faut-il attribuer des superpouvoirs aux aliments?

    Comme tous les parents, il y a au moins une chose que je sais sans avoir besoin d’être nutritionniste : un enfant mange ce qu’il aime et refuse ce qu’il n’aime pas. C’est un constat évident, me direz-vous. Pourtant, combien d’entre nous essayons de convaincre notre enfant de manger en lui disant que tel aliment est bon pour sa santé ou que tel autre le rendra fort et grand, et cela peu importe ses goûts? Alors, la question se pose : est-ce qu’on doit utiliser le raisonnement pour faire manger un enfant?

    Il y a plusieurs facteurs qui influencent nos choix alimentaires. La valeur nutritive des aliments en est un. Ultimement, on continue à manger un aliment en particulier si on en retire un certain plaisir ou, à tout le moins, si l’expérience est neutre. Il est toutefois peu probable qu’on mange quelque chose si on a besoin de se boucher le nez et fermer les yeux. Une réticence, voire un dédain devant certains aliments prend le dessus sur n’importe quel argument rationnel ou discours nutritionnel. Ainsi, pour environ les 3/4 des jeunes enfants qui vivent une phase de néophobie, cette crainte devant la nouveauté occulte le « bon pour la santé ».

    Un enfant accepte de manger un aliment lorsqu’il l’aime. Et il aime un aliment lorsqu’il lui est familier. La familiarisation nécessite du temps et elle est grandement favorisée par une expérience positive avec l’aliment. Si on force un enfant à manger et même à goûter un aliment, son souvenir associé à cet aliment risque de demeurer négatif. Or, si l’association est négative, il y a peu de chance que l’enfant souhaite répéter l’expérience. Bref, on ne convainc pas un enfant de manger ses légumes, son poisson ou son riz brun en lui disant que c’est bon pour lui. Ce qui l’amènera à apprivoiser et à apprécier des aliments, c’est d’en avoir dans son assiette régulièrement sans être forcé d’en manger. C’est de voir ses parents s’en régaler et c’est d’avoir du temps devant lui. Parfois, beaucoup de temps.

    Si les arguments d’ordre nutritionnel ont peu d’effet sur un jeune enfant, ça ne signifie pas qu’on doive éviter de parler des qualités et des bienfaits des aliments pour autant. Au contraire, dès la petite enfance, on peut expliquer simplement à l’enfant ce que la nourriture lui apporte. Que ce soit pour lui dire que manger est important ou que certains aliments sont plus nourrissants que d’autres. Par exemple :

    « Les aliments que tu manges donnent de l’énergie à ton corps et te permettent de jouer, de bien grandir et de devenir fort. »

    « Comme un dessin que tu colores avec plein de couleurs, ton corps aime recevoir des aliments de plusieurs couleurs. C’est pour ça qu’il aime tant les fruits et les légumes. »

    Mais, attention, utiliser le raisonnement ou faire de l’éducation, ce n’est pas exagérer et encore moins manipuler. Mieux vaut éviter les fausses promesses ou les raccourcis comme « mange tes épinards si tu veux être fort » ou « tu as absolument besoin de manger du poisson pour grandir ». Entre raisonnement et pression à manger, la ligne est parfois mince. Mieux vaut se tenir du côté du raisonnement.

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    Stéphanie Côté
     
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    Comment rendre extraordinaire un aliment ordinaire

    L'autre soir, comme ça leur arrive souvent, mes enfants m’ont demandé un dessert spécial. Je leur ai servi… du yogourt nature et des fruits. Croyez-vous qu’ils ont trouvé ça spécial? Eh bien oui! Voulez-vous savoir comment je réussis à faire passer pour « spécial » du yogourt nature et des fruits? J’ai charmé leurs oreilles et leurs yeux.

    Premier truc : jouer avec les mots. Nos papilles gustatives sont influencées par notre imagination. Celles des enfants aussi. J’ai annoncé à Laura et Benjamin que je leur préparais un « parfait ». Ils ne connaissaient pas ce dessert; ça avait donc le potentiel d’être spécial.

    Si ce truc fonctionne, ce n’est pas parce que les enfants sont naïfs. Jouer sur les appellations influence les perceptions des petits comme des grands. Des études ont d’ailleurs déjà prouvé ce point en comparant la popularité des plats au menu et l’appréciation des clients de restaurants en fonction des noms donnés aux mets. Lesquels des plats suivants vous mettent le plus en appétit? Le « poulet grillé » ou le « suprême de poulet de Bresse »? Le « potage de légumes » ou le « velouté de légumes d’automne »? Les clients des restaurants étudiés choisissaient non seulement davantage les mets aux noms recherchés, ils en faisaient également une critique plus positive, même si les plats étaient exactement les mêmes.

    Les appellations alléchantes programment nos papilles afin qu’elles savourent le plat. Pour charmer les oreilles ou l’imaginaire des enfants, et ainsi charmer leurs papilles, on peut par exemple faire référence à des lieux géographiques qu’ils connaissent, à des personnes aimées ou des héros, à des souvenirs, aux sens, à la magie, et plus encore. Ça peut parfois être aussi simple que « le spaghetti de quand maman était petite », que ma fille aime particulièrement.

    Deuxième truc : une nouvelle présentation. Plutôt que d’utiliser les petits bols de couleur IKEA dans lesquels ils mangent tous les jours, j’ai sorti mes tasses à cappuccino en verre. Ça aurait pu être n’importe quels verres transparents. L’idée était d’abord de changer la routine et de créer une présentation jamais vue. Puis, évidemment, de plaire dès le premier regard, puisqu’on mange d’abord avec les yeux. Les couleurs, les formes, la disposition, la vaisselle et certains éléments décoratifs influencent tous notre perception de ce que nous mangeons.

    Transformer des aliments ordinaires en mets spéciaux, c'est à la fois un art et une science.

    Au fait, je ne vous ai pas donné ma « recette ». J’ai simplement déposé de petits dés de mangue dans le fond des tasses, recouvert de yogourt nature et saupoudré de céréales muesli. Un dessert en trois étages, c’est spécial! Le « yogourt-cachette » que prépare leur papa est une variation sur le même thème : des raisins frais au fond d’un bol recouverts de yogourt.

    Et vous, transformez-vous des mets banals en recette spéciale-spatiale? Ce serait bien de se créer un répertoire, non?

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    Stéphanie Côté
     
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    Prévenir l'anorexie, ça commence tôt

    On ne se doute pas que les belles joues rondes de notre bébé qu’on aime tant bécoter puissent un jour se creuser au point de nous inquiéter. On n’imagine pas que ses cuisses dodues qu’on aime bien chatouiller puissent se décharner. On ne s’imagine pas que celle qui boit avidement à notre sein ou qui mange son repas avec appétit puisse un jour refuser de s’alimenter. On refuse de croire que son regard rieur puisse un jour déformer son corps. Pourtant, l’anorexie nerveuse et la boulimie menacent toutes les petites filles (et même les garçons). Dont la mienne.

    On croyait que les troubles alimentaires comme l’anorexie nerveuse et la boulimie ne touchaient que les adolescentes. C’est faux. Des fillettes de moins de 10 ans en souffrent. Les médecins eux-mêmes sont mystifiés. Et préoccupés, il va sans dire. L’anorexie nerveuse menace tout de la croissance : la solidification des os, le développement des muscles et du cerveau, la maturation sexuelle, etc. En fait, l’anorexie nerveuse menace même la vie.

    Cette réalité me donne froid dans le dos. Puis-je prévenir une éventuelle dégringolade menant à l’autodestruction?

    Oui et non. Il existe une prédisposition génétique à l’anorexie et à la boulimie à laquelle je ne peux rien. Ma fille peut être vulnérable, peut ne pas l'être. Et si elle est vulnérable, elle développera peut-être la maladie si un événement ou une condition la déclenche. Ça fait beaucoup de « peut-être » sur lesquels je n’ai pas de pouvoir. Les seuls facteurs sur lesquels j’en ai, ce sont les attitudes, les comportements et les paroles qu’elle observe et qu’elle entend à la maison. On ne peut pas la protéger de tout, mais on peut la protéger de nous. (Oui, j’ai écouté la chanson Les belles années, de Vilain Pingouin récemment!)

    Mes enfants ont seulement 3 ans et 5 ans et, déjà, j’ai cette protection et cette prévention en tête. Concrètement, leur père et moi (parce que c’est l’affaire des deux parents) :

    • évitons les commentaires relatifs à leur poids;
    • évitons les commentaires relatifs au poids de leurs petits amis ou éducatrices;
    • évitons de critiquer notre poids ou notre silhouette devant eux;
    • demandons gentiment à leurs grands-mamans de faire la même chose;
    • ne parlons pas « d’aliments qui font grossir ou non »;
    • n’essayons pas de contrôler les quantités d’aliments que nos enfants mangent;
    • ne privons pas les enfants de dessert ou de croustilles quand nous en mangeons.

    Comme parents, nous sommes des modèles pour nos enfants. Avec nos qualités et nos défauts. À travers tout ce que nous faisons, disons et même pensons, nous influençons leur développement. Il faut donc être conscient qu’à travers nos travers, ils sont susceptibles de développer une préoccupation à l’égard de leur poids et de l’alimentation. Pour les aider à s’aimer comme ils sont et pour les aider à aimer manger sainement, il faut essayer d’appliquer ces principes à soi aussi.

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    Stéphanie Côté
     
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    Lait de transition: est-ce nécessaire?

    Votre bébé est allaité ou nourri au biberon? Attention, il est la cible du nouveau Baboo! N’ayez crainte, ce n’est pas un monstre ni une mascotte. Il s’agit d’un lait de transition conçu par Natrel, pour les enfants de 12 à 24 mois. La question qui tue : Baboo répond-il à un besoin… ou en crée-t-il un?

    Comme parents, on veut ce qu’il y a de mieux pour notre bébé. Si on nous dit qu’il est préférable de procéder en douceur vers le lait de vache, on y pensera certainement. C’est ce que Natrel propose. Comme il le fait d’ailleurs en France depuis des années, où les laits de transition sont monnaie courante. La composition de Baboo se situe quelque part entre le lait maternel et le lait de vache. Il est plus gras et moins riche en protéines que le lait de vache, et ses protéines sont plus digestes. Est-ce un réel avantage?  Plusieurs de mes collègues et moi sommes sceptiques.

    Au Canada, nous donnons du lait de vache aux bébés à partir de 12 mois environ, alors qu’ils ont une alimentation variée. Une alimentation qui comprend notamment du fromage et du yogourt. Le petit système digestif de bébé a ainsi fait ses premières armes côté digestion des protéines laitières. S’il les tolère bien, on s’attend à ce qu’il digère également bien le lait entier. Pour certains bébés, ceux pour qui la digestion des produits laitiers ou des protéines en général est plus laborieuse, un lait de transition présente probablement un intérêt. Mais Baboo n’est certainement pas un passage obligé.

    La teneur en vitamine C, en vitamine A et en oméga-3 de Baboo n’est pas un argument infaillible non plus. La vitamine C est facile à obtenir dans les fruits, le brocoli, le poivron, et autres. La vitamine A se retrouve en abondance dans les carottes, les courges d’hiver et les patates douces dont les bébés raffolent. Les bons gras oméga-3 sont intéressants, car moins répandus dans l’alimentation, mais ce n’est qu’une fraction de la quantité contenue dans les poissons gras (saumon, truite, hareng, etc.).

    Vitamines, minéraux et oméga-3

    Finalement, ce lait de transition contient 3 fois moins de vitamine D et 2 fois moins de calcium que le lait entier, des nutriments importants. Si votre bébé buvait Baboo durant quelques semaines ou quelques mois, il serait justifié de poursuivre les suppléments de vitamine D comme lorsqu’il est allaité.

    La décision d’offrir un lait de transition à votre bébé dépendra aussi en partie de vos moyens financiers, puisqu’il coûte 2 fois plus cher que le lait entier. Avec une consommation d’environ 600 ml par jour pendant 1 an, c’est une différence qui frise les 380 $.

    Quand mes enfants ont eu 1 an, j’ai poursuivi l’allaitement en alternance avec le lait entier quelques semaines. C’était le temps d’habituer leurs papilles, plus que leur estomac, je dirais. Quand j’ai cessé d’allaiter et que mes réserves de lait maternel congelé se sont épuisées vers 14 mois, le lait de vache leur convenait parfaitement. Si j’avais offert une préparation pour nourrissons plutôt que mon lait, j’aurais sans doute opté pour la même stratégie : une alternance entre celle-ci et le lait de vache. Aux bébés qui tolèrent bien cette façon de faire, Baboo ne peut pas nuire, mais il ne répond pas à un besoin non plus. À ceux qui éprouvent des difficultés digestives, il peut être utile. Votre bébé est unique : il n’y a donc pas de réponse unique!

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    Stéphanie Côté
     
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    Faut-il interdire les sucreries aux tout-petits?

    « Un âge minimum pour les sucreries », titrait La Presse, le 2 février dernier. Cette nouvelle vous a-t-elle fait réagir? C’est ce que le titre espérait faire, bien sûr. L’article original, publié dans la revue scientifique Nature propose d’interdire, d’ici 10 à 15 ans, la vente de boissons gazeuses aux mineurs mais ses auteurs proposent d’autres recommandations moins drastiques qui méritent réflexion. Ils suggèrent, dans un premier temps, d’interdire la publicité sur les friandises, boissons et gâteries. Dans un deuxième temps, d’en interdire la vente dans les commerces près des écoles. Puis, par la suite, d’imposer un âge minimum pour acheter des boissons gazeuses.

    Personnellement, je crois qu’il faut éviter le piège d’une loi qui fera des boissons gazeuses et sucreries des aliments interdits. Cela ne les rendra que plus attirants. Le sucre n’est pas le tabac. Il compose des aliments. Pas toujours les plus nourrissants, je l’accorde, mais des aliments qui peuvent avoir une place dans la saine alimentation. Et puis, le véritable problème est la surconsommation de sucre plutôt que le sucre lui-même. Même les auteurs de l’article dans Nature l’admettent. Des bonbons à l’Halloween, du chocolat à Pâques et à la St-Valentin, de la tire sur la neige au printemps, des desserts traditionnels à Noël, et même des bons desserts gourmands à l’occasion ne ruinent pas la santé. C’est une question de fréquence et de dosage. Entre les occasions où mes enfants se sucrent le bec, ils mangent du yogourt nature, des fruits, des céréales peu sucrées, du jus dilué une ou deux fois par semaine, des muffins maison, etc. Ce n'est pas une loi qui me dictera le gros bon sens.

    Est-ce qu'une loi modifierait les habitudes de certains parents? J’ai en mémoire une dame ayant déjà écrit un commentaire sur mon blogue dans lequel elle se désolait d’avoir vu une maman offrir une boisson gazeuse dans un biberon à son bébé. À quoi bon interdire la vente de boissons gazeuses avant l’âge de 17 ans si certains parents en offrent de toute façon à leurs enfants, avant même qu’ils aient 17… mois? Ce cas est extrême et relativement isolé (j’ose espérer, car il n’y a pas de données là-dessus), mais les foyers où l'on boit plus de boissons gazeuses que d’eau et de lait réunis existent. Une loi s’adressant aux enfants ne changerait donc rien à l’alimentation de ces familles puisque ce sont les parents qui décident de la nourriture qui entre dans leur frigo.

    Si les gens étaient mieux informés et davantage sensibilisés, cela améliorerait-il la situation? Non, disent les auteurs de l’article dans Nature. Ils rappellent que les études sur le sujet prouvent que l’information ne suffit pas à améliorer les comportements et encore moins la santé publique. Les gens ont beau être informés, tout autour d’eux les incitent à manger des sucreries et des boissons gazeuses : leur très grande disponibilité, leur omniprésence dans les commerces, leur coût minime et la publicité qui les entoure, notamment. C’est ce qu’on appelle l’« environnement alimentaire » et je crois aussi que c’est en grande partie là-dessus qu’il faut agir.

    Ainsi, selon les auteurs et plusieurs experts de la santé publique, jouer sur l’offre alimentaire et le marketing des friandises et des boissons gazeuses peut vraisemblablement améliorer les habitudes de consommation. Si on ne retrouvait pas les aliments ultra-sucrés partout, s’ils coûtaient un peu plus cher, si les formats offerts étaient de taille plus raisonnable, si le marketing était moins agressif, si les aliments ayant une meilleure valeur nutritive étaient mieux valorisés... Si plusieurs de ces mesures étaient mises en place pour favoriser les choix d’aliments sains et rendre la concurrence plus loyale, on n’aurait peut-être pas besoin de parler de loi. Mais peut-on y arriver sans légiférer? À qui, croyez-vous, revient la responsabilité de ce que nous mangeons?

     

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    Stéphanie Côté
     
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    Céréales pour bébé: lesquelles choisir?

    « Jusqu'à quel âge tes enfants ont-ils mangé des céréales pour bébé? »

    La question venait de mon amie dont le fils a 15 mois. Depuis quelque temps, Adrien apprécie beaucoup moins ses céréales en purée. Il préfère les céréales à déjeuner et les rôties qu'il peut prendre avec ses petits doigts. Cela dit, comme un nombre incalculable de mamans qui ont lu le livre Comment nourrir son enfant, de Louise Lambert-Lagacé, mon amie sait que son petit bonhomme gagnerait à manger des céréales pour bébé jusqu'à 2 ans.

    On recommande les céréales pour bébé jusqu'à environ 24 mois parce que ces céréales sont enrichies de fer. Elles sont d’ailleurs la meilleure source de fer de l’alimentation de bébé sur une base quotidienne. Et puisque ses besoins sont relativement élevés, l’apport de ces céréales est très important.

    Cela étant dit, on ne rentre pas des céréales de force dans la bouche d’un enfant. Alors, on fait quoi quand notre petit trésor refuse obstinément la purée qu’il mange tous les jours depuis plus de 6 mois? On ne peut tout de même pas le blâmer de vouloir passer à autre chose!

    Quand mes enfants ont commencé à moins apprécier ou à carrément refuser les céréales en purée, je me suis mise à les cuisiner (les céréales, bien sûr!). J'en faisais des crêpes, des galettes et des muffins, et j’en ajoutais au yogourt ou à la compote. La recette de muffins aux dattes et à l'orange de Louise Lambert-Lagacé était la préférée de Laura, de Benjamin... et de maman. Avec 2 tasses de céréales dans la préparation, chaque petit muffin fournit 5 mg de fer, soit 71 % de l’objectif quotidien pour les enfants de 12 à 24 mois. C’est plus qu’en fournit la viande, car à cet âge, ils en mangent seulement de petites portions. Et c’est aussi plus que les légumineuses, le tofu et les légumes verts, même si ces aliments contribuent tous, dans une certaine mesure, à combler les besoins en fer des bébés.

    À surveiller : fer, sucre et fibres

    Les meilleures céréales à offrir jusqu'à l’âge de 2 ans sont les céréales les plus simples : celles de grains entiers idéalement, non aromatisées de fruits, de légumes, de yogourt, de miettes de biscuits ou autres. Non aromatisées signifie aussi sans sucre ajouté, ce que l’on souhaite. Toutes les céréales pour bébé sont enrichies de fer. La teneur varie d’une marque à l’autre et il faut donc la vérifier dans le tableau de valeur nutritive. Repérez le « % VQ » (valeur quotidienne) et privilégiez celles offrant au moins 60 %.

    Depuis quelques années, il y a sur le marché des céréales croustillantes conçues pour les bébés, qu’ils peuvent prendre avec leurs petites pincettes. Les Nutrios de Heinz, la gamme Tout-petits de la même marque, les Teddy Puffs, ainsi que les céréales « pour toute la famille » Cheerios non sucrées de General Mills. Elles peuvent contenter le goût pour l’aventure de votre petit chéri. Pour contenter votre désir de lui offrir les meilleurs sur le plan nutritionnel, optez pour les moins sucrées et les plus riches en fer. Les Nutrios sont plus riches en fer que les Cheerios et que les Teddy Puffs, et elles sont moins sucrées que les céréales Tout-petits. Toutefois, il faudra un bol de 250 ml pour rencontrer 100 % VQ, tandis que 45 ml (3 c. à soupe) des Tout-petits suffisent.
     
    Finalement, vous serez peut-être tentés par les biscuits de céréales, qui sont eux aussi enrichis de fer. Ils sont plus sucrés que les Nutrios, mais semblables ou moins sucrés que d’autres céréales aromatisées. Côté fibres alimentaires, ce n’est pas fameux. Bref, tout considéré, rien ne vaut les muffins maison que vous pouvez préparer avec des céréales pour bébé à grains entiers. Voici la recette. Donc, pas d'excuse!

    Muffins à l’orange et aux dattes

    250 ml (1 tasse) de jus d’orange
    125 ml (1/2 tasse) de dattes finement hachées
    1 œuf
    45 ml (3 c. à soupe) d’huile de canola
    45 ml (3 c. à soupe) de sirop d’érable ou de miel (après 12 mois)
    250 ml (1 tasse) de farine de blé entier
    500 ml (2 tasses) de céréales enrichies de fer, pour bébé
    10 ml (2 c. à thé) de levure chimique (poudre à pâte)

    Au mélangeur ou au robot, mélanger le jus d’orange, les dattes, l’œuf, l’huile et le sirop d’érable ou le miel.
    Dans un grand bol, mélanger les ingrédients secs. Verser les ingrédients liquides sur les ingrédients secs et brasser juste assez pour humecter tous les ingrédients.
    Verser la préparation dans de petits moules à muffins bien graissés ou des moules en silicone. Faire cuire à 200 °C (400 °F) environ 15 minutes.

    Donne 24 petits muffins
    Se conservent de 3 à 4 jours au réfrigérateur, et jusqu’à 3 mois au congélateur.

    Recette tirée de : Comment nourrir son enfant, de Louise Lambert-Lagacé, Éditions de l’Homme

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    Stéphanie Côté
     
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    Des suppléments pour prévenir le rhume?

    La saison des petits nez qui coulent bat son plein. Même s'il y a des problèmes plus graves que le rhume, on n’aime pas voir nos petits trésors malades. Peut-on les prémunir contre les vilains microbes à l’aide de certains aliments ou suppléments?

    Votre réflexe est peut-être de penser à la vitamine C. Ça ne date pas d’hier, cette vitamine a la réputation de prévenir, voire de guérir le rhume. Une réputation surfaite, cela dit. En effet, les études scientifiques confirment que les mégadoses de vitamine C sont très peu efficaces pour prévenir le rhume chez l’humain. Et encore moins pour le soigner. La prise régulière de suppléments parviendrait tout au plus à réduire de quelques heures la durée des symptômes de rhume – qu’on contracte de toute façon.

    La dose de vitamine C administrée le plus souvent par les chercheurs pour en évaluer les effets contre le rhume est de 1 000 mg par jour. C’est jusqu’à 40 fois plus que l’apport quotidien recommandé pour les enfants de 0 à 8 ans. Bref, c’est beaucoup. Même si les surplus de vitamine C sont éliminés dans l’urine, j’aime plus ou moins l’idée de donner des mégadoses de vitamine (peu importe la vitamine) à mes enfants sur une base continue et prolongée. Tout ça pour quoi? Ils connaîtront autant de périodes de rhume. On économiserait simplement quelques mouchoirs si le rhume dure 4 heures de moins!

    Chez nous, la vitamine C se consomme dans les clémentines, les oranges, les pamplemousses, les poivrons rouges, le brocoli et compagnie.

    Les probiotiques?

    Il n’y a pas d’aliments spécifiques qui peuvent protéger nos enfants contre les infections. Cela dit, tous les aliments qu’ils mangent y participent d’une certaine façon, car une alimentation variée et équilibrée les aide à se forger un bon système immunitaire. En plus des aliments, les probiotiques contribueraient eux aussi à la santé du système immunitaire.

    Les probiotiques sont de bonnes bactéries qui offrent un renfort aux micro-organismes déjà présents dans nos intestins. Sachant qu’environ 80 % de nos défenses immunitaires se trouvent dans nos intestins et que le rôle des bonnes bactéries y est primordial, l’intérêt des probiotiques va de soi. C’est ainsi que des chercheurs se sont intéressés aux bienfaits possibles des probiotiques contre le rhume. Les résultats les plus prometteurs ont été publiés en 2009. Ils rapportaient qu’une dose de 10 milliards de deux souches de bactéries probiotiques bien précises, prise tous les jours pendant 6 mois, permettait de réduire l’incidence de fièvre, de toux et de rhinorrhée (un beau mot pour « nez qui coule », n’est-ce pas?) d’enfants âgés de 3 à 5 ans. La prise d’antibiotiques et l’absentéisme étaient également réduits.

    Malheureusement, les suppléments sur le marché n’offrent pas exactement les mêmes souches bactériennes, ni les mêmes doses que celles étudiées. Il est donc impossible d’extrapoler les résultats à tous les probiotiques sur le marché.

    Toutefois, pour éviter de trop nombreuses périodes d’yeux larmoyants, de joues rougies par la fièvre et de petits nez croûtés, on est souvent prêt à essayer des produits, même si leur efficacité reste à être prouvée dans les règles de l’art. Pourvu qu’ils soient sécuritaires, bien sûr. Je vous dirais donc que dans cette optique, vous ne perdez rien à essayer les suppléments de probiotiques puisqu'ils sont sans danger.  Au mieux, les petits soldats du système immunitaire auront du renfort. Au pire, ce sera le statu quo. Sachez cependant que les suppléments de probiotiques coûtent cher et que les yogourts probiotiques de l’épicerie, bien que beaucoup plus économiques, n’ont pas le même effet sur la santé.

     Voici quelques-uns des probiotiques ayant démontré un potentiel à ce jour :

    • Lactobacillus acidophilus;
    • Lactobacillus plantarum;
    • Bifidobacterium Lactis;
    • Lactobacillus GG;
    • Lactobacillus Johnsonii;
    • L.reuteri;
    • L.rhamnosus;
    • L.casei rhamnosus;
    • B animalis subsp lactis.

    Vous pouvez les chercher sur l'étiquette des suppléments ou, encore mieux, demander conseil à votre pharmacien.

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    Stéphanie Côté
     
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    3 résolutions réalistes pour 2012

    L’heure des bilans de l’année est arrivée et l’heure des résolutions a sonné. Avez-vous l'intention de prendre des résolutions concernant l’alimentation de votre famille pour 2012? Permettez-moi de vous faire des suggestions. Ça ne sert à rien de voir trop grand ou d’avoir une liste trop longue. Voici donc 3 bonnes intentions que je considère comme particulièrement importantes.

    1. Fermer la télévision durant les repas

    Avec nos rythmes de vie effrénés, les occasions de prendre du temps en famille sont précieuses. Le repas du soir est certainement un moment privilégié dans plusieurs foyers. On raconte nos journées respectives, on écoute les enfants, on dit des blagues, on fait des projets, etc. Il y a cependant une condition essentielle pour que cette communication soit possible : pas de télé! Or, environ la moitié des jeunes familles québécoises invite actuellement la télévision à leur table… 

    2. Cuisiner avec les enfants

    Ce n’est pas facile au quotidien, c’est vrai. C’est beaucoup plus facile de faire participer les enfants à la préparation des crêpes du dimanche matin qu'à la préparation du souper d’un jour de semaine. Le temps et la patience dont on fait preuve sont 2 éléments qui permettent de rendre un moment agréable. 

    Cela dit, on gagne à faire participer les enfants de manière un peu plus régulière, pour une grande diversité de recettes. Ils exercent progressivement différentes manipulations, ils apprennent à mieux connaître les aliments et ils pourront, d’ici quelques années, être de véritables aides-cuisiniers si le plaisir de cuisiner est cultivé. 

    Il n’y a pas d’âge pour commencer. Il faut simplement tenir compte des capacités de l’enfant. À 1 an, on peut approcher sa chaise haute du comptoir pour qu’il nous voie popoter. À 2 ans, on peut l’installer sur une chaise ou un banc près de nous pour qu’il mélange ou simplement pour qu’il sente et touche les ingrédients. Sa contribution sera de plus en plus stimulante. Regardez bien ses yeux brillants la première fois où vous lui demanderez de casser un œuf!

    3. Planifier les repas à l’avance

    Je suis fière de nous quand on réussit à planifier le menu hebdomadaire la fin de semaine, faire les achats, et parfois même cuisiner 2 ou 3 repas en avance. Fière, mais surtout plus relaxe et plus patiente les soirs de semaine. Planifier permet de diversifier davantage les menus parce qu’on prend le temps de consulter des livres de recettes. Planifier permet de faire des économies, parce que tout est prévu; il n’y a pas de visites quotidiennes à l’épicerie où on finit par acheter plus d’aliments que nécessaire. Pas d’achats impulsifs sous l’influence de la faim de loup ou des enfants impatients. Planifier aide à récupérer de précieuses minutes les soirs de semaine, lorsque tout va toujours trop vite. 

    Même si je suis convaincue des bienfaits de la planification, reste que je n’y arrive pas toutes les semaines. C’est décidément ma résolution en ce début d’année. 

    De votre côté, est-ce que ces 3 suggestions de résolution sont déjà ancrées dans vos habitudes? Avez-vous d’autres intentions relatives à l’alimentation?

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    Stéphanie Côté
     
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    Des odeurs en souvenir

    Ils étaient des dizaines et des dizaines de petits bonshommes, d’anges, de pères Noël, d’étoiles et de sapins à prendre forme dans la pâte à biscuits, sous les emporte-pièces de Laura et de Benjamin. Tour à tour dans le four, ils contribuaient à l’odeur de galettes à la mélasse qui se faisait de plus en plus insistante.

    Pas très originale comme tradition, mais la confection de ces biscuits de Noël est tout de même porteuse de souvenirs. Outre l’activité en soi qu’ils affectionnent énormément et les petites mains enfarinées dont ils se souviendront peut-être, leur nez est un vecteur important de souvenirs. Plus encore que les autres stimuli sensoriels, les odeurs se taillent une place très particulière dans la mémoire des enfants. Encore aujourd’hui comme adulte, les odeurs suscitent des retours en arrière.

    Personnellement, l’odeur des clémentines me ramène aux temps des Fêtes de mon enfance. « Dans mon temps », les clémentines du Maroc arrivaient à l’épicerie comme un cadeau de Noël. Aujourd’hui, on en mange sur une trop longue période pour que mes enfants les associent à Noël uniquement. Leurs souvenirs olfactifs seront assurément différents des miens. En partie du moins, car ils retrouveront, comme moi, l’odeur de la saucisse maison de mon père, du ragoût et des pâtés à la viande de ma mère et du vrai sapin chez Papi et Mamie.

    Les odeurs laissent des traces dans notre mémoire à longueur d'année. J’ai tout de même l’impression que certaines odeurs caractéristiques du temps des Fêtes sont plus tenaces. Ou plus facilement identifiables, du moins. Sans doute parce qu’elles reviennent annuellement. C’est le cas des biscuits de Noël dont les effluves de mélasse, cannelle et gingembre embaument la cuisine à la mi-décembre chaque année. Aux odeurs s’ajoutent la musique de Noël, la manipulation de la pâte, du rouleau à pâte et des emporte-pièces, la vue de la centaine de biscuits alignés sur le comptoir et, bien sûr, la dégustation des biscuits encore chauds. Bref, l’expérience est multisensorielle! Comme le seront sans doute les souvenirs de Laura et Benjamin. Et dans ma mémoire de maman, j’ajouterais le bonheur tout simple de cuisiner avec mes enfants.

    Avez-vous des souvenirs de Noël du même ordre? Poursuivez-vous des traditions qui forgeront les souvenirs de vos enfants?

    Merci de me lire semaine après semaine. C’est un cadeau à l’année! Je vous souhaite un merveilleux temps des Fêtes!

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
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