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Blogue de Stéphanie Côté
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque semaine!
février 2012 - Billets
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On ne se doute pas que les belles joues rondes de notre bébé qu’on aime tant bécoter puissent un jour se creuser au point de nous inquiéter. On n’imagine pas que ses cuisses dodues qu’on aime bien chatouiller puissent se décharner. On ne s’imagine pas que celle qui boit avidement à notre sein ou qui mange son repas avec appétit puisse un jour refuser de s’alimenter. On refuse de croire que son regard rieur puisse un jour déformer son corps. Pourtant, l’anorexie nerveuse et la boulimie menacent toutes les petites filles (et même les garçons). Dont la mienne.
On croyait que les troubles alimentaires comme l’anorexie nerveuse et la boulimie ne touchaient que les adolescentes. C’est faux. Des fillettes de moins de 10 ans en souffrent. Les médecins eux-mêmes sont mystifiés. Et préoccupés, il va sans dire. L’anorexie nerveuse menace tout de la croissance : la solidification des os, le développement des muscles et du cerveau, la maturation sexuelle, etc. En fait, l’anorexie nerveuse menace même la vie.
Cette réalité me donne froid dans le dos. Puis-je prévenir une éventuelle dégringolade menant à l’autodestruction?
Oui et non. Il existe une prédisposition génétique à l’anorexie et à la boulimie à laquelle je ne peux rien. Ma fille peut être vulnérable, peut ne pas l'être. Et si elle est vulnérable, elle développera peut-être la maladie si un événement ou une condition la déclenche. Ça fait beaucoup de « peut-être » sur lesquels je n’ai pas de pouvoir. Les seuls facteurs sur lesquels j’en ai, ce sont les attitudes, les comportements et les paroles qu’elle observe et qu’elle entend à la maison. On ne peut pas la protéger de tout, mais on peut la protéger de nous. (Oui, j’ai écouté la chanson Les belles années, de Vilain Pingouin récemment!)
Mes enfants ont seulement 3 ans et 5 ans et, déjà, j’ai cette protection et cette prévention en tête. Concrètement, leur père et moi (parce que c’est l’affaire des deux parents) :
- évitons les commentaires relatifs à leur poids;
- évitons les commentaires relatifs au poids de leurs petits amis ou éducatrices;
- évitons de critiquer notre poids ou notre silhouette devant eux;
- demandons gentiment à leurs grands-mamans de faire la même chose;
- ne parlons pas « d’aliments qui font grossir ou non »;
- n’essayons pas de contrôler les quantités d’aliments que nos enfants mangent;
- ne privons pas les enfants de dessert ou de croustilles quand nous en mangeons.
Comme parents, nous sommes des modèles pour nos enfants. Avec nos qualités et nos défauts. À travers tout ce que nous faisons, disons et même pensons, nous influençons leur développement. Il faut donc être conscient qu’à travers nos travers, ils sont susceptibles de développer une préoccupation à l’égard de leur poids et de l’alimentation. Pour les aider à s’aimer comme ils sont et pour les aider à aimer manger sainement, il faut essayer d’appliquer ces principes à soi aussi.
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Votre bébé est allaité ou nourri au biberon? Attention, il est la cible du nouveau Baboo! N’ayez crainte, ce n’est pas un monstre ni une mascotte. Il s’agit d’un lait de transition conçu par Natrel, pour les enfants de 12 à 24 mois. La question qui tue : Baboo répond-il à un besoin… ou en crée-t-il un?
Comme parents, on veut ce qu’il y a de mieux pour notre bébé. Si on nous dit qu’il est préférable de procéder en douceur vers le lait de vache, on y pensera certainement. C’est ce que Natrel propose. Comme il le fait d’ailleurs en France depuis des années, où les laits de transition sont monnaie courante. La composition de Baboo se situe quelque part entre le lait maternel et le lait de vache. Il est plus gras et moins riche en protéines que le lait de vache, et ses protéines sont plus digestes. Est-ce un réel avantage? Plusieurs de mes collègues et moi sommes sceptiques.
Au Canada, nous donnons du lait de vache aux bébés à partir de 12 mois environ, alors qu’ils ont une alimentation variée. Une alimentation qui comprend notamment du fromage et du yogourt. Le petit système digestif de bébé a ainsi fait ses premières armes côté digestion des protéines laitières. S’il les tolère bien, on s’attend à ce qu’il digère également bien le lait entier. Pour certains bébés, ceux pour qui la digestion des produits laitiers ou des protéines en général est plus laborieuse, un lait de transition présente probablement un intérêt. Mais Baboo n’est certainement pas un passage obligé.
La teneur en vitamine C, en vitamine A et en oméga-3 de Baboo n’est pas un argument infaillible non plus. La vitamine C est facile à obtenir dans les fruits, le brocoli, le poivron, et autres. La vitamine A se retrouve en abondance dans les carottes, les courges d’hiver et les patates douces dont les bébés raffolent. Les bons gras oméga-3 sont intéressants, car moins répandus dans l’alimentation, mais ce n’est qu’une fraction de la quantité contenue dans les poissons gras (saumon, truite, hareng, etc.).
Vitamines, minéraux et oméga-3
Finalement, ce lait de transition contient 3 fois moins de vitamine D et 2 fois moins de calcium que le lait entier, des nutriments importants. Si votre bébé buvait Baboo durant quelques semaines ou quelques mois, il serait justifié de poursuivre les suppléments de vitamine D comme lorsqu’il est allaité.
La décision d’offrir un lait de transition à votre bébé dépendra aussi en partie de vos moyens financiers, puisqu’il coûte 2 fois plus cher que le lait entier. Avec une consommation d’environ 600 ml par jour pendant 1 an, c’est une différence qui frise les 380 $.
Quand mes enfants ont eu 1 an, j’ai poursuivi l’allaitement en alternance avec le lait entier quelques semaines. C’était le temps d’habituer leurs papilles, plus que leur estomac, je dirais. Quand j’ai cessé d’allaiter et que mes réserves de lait maternel congelé se sont épuisées vers 14 mois, le lait de vache leur convenait parfaitement. Si j’avais offert une préparation pour nourrissons plutôt que mon lait, j’aurais sans doute opté pour la même stratégie : une alternance entre celle-ci et le lait de vache. Aux bébés qui tolèrent bien cette façon de faire, Baboo ne peut pas nuire, mais il ne répond pas à un besoin non plus. À ceux qui éprouvent des difficultés digestives, il peut être utile. Votre bébé est unique : il n’y a donc pas de réponse unique!
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« Un âge minimum pour les sucreries », titrait La Presse, le 2 février dernier. Cette nouvelle vous a-t-elle fait réagir? C’est ce que le titre espérait faire, bien sûr. L’article original, publié dans la revue scientifique Nature propose d’interdire, d’ici 10 à 15 ans, la vente de boissons gazeuses aux mineurs mais ses auteurs proposent d’autres recommandations moins drastiques qui méritent réflexion. Ils suggèrent, dans un premier temps, d’interdire la publicité sur les friandises, boissons et gâteries. Dans un deuxième temps, d’en interdire la vente dans les commerces près des écoles. Puis, par la suite, d’imposer un âge minimum pour acheter des boissons gazeuses.
Personnellement, je crois qu’il faut éviter le piège d’une loi qui fera des boissons gazeuses et sucreries des aliments interdits. Cela ne les rendra que plus attirants. Le sucre n’est pas le tabac. Il compose des aliments. Pas toujours les plus nourrissants, je l’accorde, mais des aliments qui peuvent avoir une place dans la saine alimentation. Et puis, le véritable problème est la surconsommation de sucre plutôt que le sucre lui-même. Même les auteurs de l’article dans Nature l’admettent. Des bonbons à l’Halloween, du chocolat à Pâques et à la St-Valentin, de la tire sur la neige au printemps, des desserts traditionnels à Noël, et même des bons desserts gourmands à l’occasion ne ruinent pas la santé. C’est une question de fréquence et de dosage. Entre les occasions où mes enfants se sucrent le bec, ils mangent du yogourt nature, des fruits, des céréales peu sucrées, du jus dilué une ou deux fois par semaine, des muffins maison, etc. Ce n'est pas une loi qui me dictera le gros bon sens.
Est-ce qu'une loi modifierait les habitudes de certains parents? J’ai en mémoire une dame ayant déjà écrit un commentaire sur mon blogue dans lequel elle se désolait d’avoir vu une maman offrir une boisson gazeuse dans un biberon à son bébé. À quoi bon interdire la vente de boissons gazeuses avant l’âge de 17 ans si certains parents en offrent de toute façon à leurs enfants, avant même qu’ils aient 17… mois? Ce cas est extrême et relativement isolé (j’ose espérer, car il n’y a pas de données là-dessus), mais les foyers où l'on boit plus de boissons gazeuses que d’eau et de lait réunis existent. Une loi s’adressant aux enfants ne changerait donc rien à l’alimentation de ces familles puisque ce sont les parents qui décident de la nourriture qui entre dans leur frigo.
Si les gens étaient mieux informés et davantage sensibilisés, cela améliorerait-il la situation? Non, disent les auteurs de l’article dans Nature. Ils rappellent que les études sur le sujet prouvent que l’information ne suffit pas à améliorer les comportements et encore moins la santé publique. Les gens ont beau être informés, tout autour d’eux les incitent à manger des sucreries et des boissons gazeuses : leur très grande disponibilité, leur omniprésence dans les commerces, leur coût minime et la publicité qui les entoure, notamment. C’est ce qu’on appelle l’« environnement alimentaire » et je crois aussi que c’est en grande partie là-dessus qu’il faut agir.
Ainsi, selon les auteurs et plusieurs experts de la santé publique, jouer sur l’offre alimentaire et le marketing des friandises et des boissons gazeuses peut vraisemblablement améliorer les habitudes de consommation. Si on ne retrouvait pas les aliments ultra-sucrés partout, s’ils coûtaient un peu plus cher, si les formats offerts étaient de taille plus raisonnable, si le marketing était moins agressif, si les aliments ayant une meilleure valeur nutritive étaient mieux valorisés... Si plusieurs de ces mesures étaient mises en place pour favoriser les choix d’aliments sains et rendre la concurrence plus loyale, on n’aurait peut-être pas besoin de parler de loi. Mais peut-on y arriver sans légiférer? À qui, croyez-vous, revient la responsabilité de ce que nous mangeons?
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