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Dans mon assiette

Blogue de Stéphanie Côté
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque semaine!

mars 2011 - Billets

Nos experts
  • 5 commentaire(s)
    1 401 aperçus

    Le temps des sucres... et des substituts

    La nouvelle saison est arrivée : le sirop… euh le printemps, je veux dire. Le printemps est néanmoins synonyme de sirop d’érable pour bien des Québécois, dont ma petite famille. C’est ce mois-ci qu’on s’approvisionne pour l’année auprès de nos amis acériculteurs. Nos crêpes, pains dorés, yogourts nature, muffins, poudings ou tapiocas maison, vinaigrettes et autres plats en bénéficieront toute l’année.

    C’est sa saveur qui justifie qu’on utilise le sirop d’érable à toutes les sauces et non sa valeur nutritive. J’en ai fait un billet l’an dernier, et je n’ai pas changé d’avis depuis. Le sirop est avant tout du sucre et je ne compterai jamais sur lui pour combler un quelconque apport en éléments nutritifs. Aucun sucre, aussi naturel soit-il, ne peut se vanter de contribuer significativement à combler nos besoins en vitamines ou en minéraux. À part peut-être la mélasse verte (blackstrap), dont 15 ml (1 c. à soupe) fournissent 16 % de la valeur quotidienne recommandée en calcium et 26 % de celle en fer. Rien à voir avec la mélasse « de fantaisie ».

    Je ne conteste pas que le sirop d’agave, le sucre brut, le sucanat, le miel, le sirop de riz brun et sûrement d’autres produits sucrant renferment des substances nutritives intéressantes. Surtout en comparaison du sucre blanc, dénudé de tout intérêt nutritionnel. En revanche, je crois fermement qu’avec les quantités normalement consommées, les divers sucres procurent des doses seulement minimes de vitamines, minéraux et antioxydants.

    En bref, au-delà de la qualité du sucre utilisé, je crois que la quantité prime. La modération, devrais-je dire. Dès leur plus jeune âge, habituez vos enfants aux aliments modestement sucrés. Diminuez la quantité de sucre requise dans vos recettes de muffins ou biscuits, préférez les céréales peu sucrées et le yogourt nature ou faiblement sucré, etc. Bien sûr, les enfants aiment naturellement les saveurs sucrées. Mais donnons-leur la chance d’apprivoiser les saveurs plus subtiles.

    C’est pour cette raison également que je déconseille l’achat de yogourts, de biscuits, de boissons et d’autres produits édulcorés avec des substituts, qu’il s’agisse d’aspartame ou de sucralose (je pense à la population en général et non aux diabétiques). Sans référence au caractère controversé de certains édulcorants artificiels, je crois que ces substances sont de fausses solutions à un problème. Elles ne sont qu’un pansement sur le « bobo » de la surconsommation de sucre. Elles entretiennent l’attrait pour la saveur sucrée. Considérant par ailleurs que les enfants ont besoin de calories pour grandir en santé, les aliments allégés sont plus ou moins indiqués.

    C’est donc avec grand plaisir et sans autres attentes que je consomme du sirop d’érable et en donne à mes enfants. Chez nous, le sirop d’érable, on en mange un peu… passionnément!

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
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    Les règles autour du dessert

    Je crois que vous commencez à connaître ma position par rapport au dessert. En fait, ce n’est pas « ma » position, mais celle de plusieurs experts de la nutrition durant l’enfance. Elle se résume à : un enfant a droit au dessert, même s’il n’a pas terminé son assiette principale. Reste à mettre ce beau principe en application!

    Plusieurs parents répondent à cela par : « Mon enfant ne mangerait que du dessert. Que faire? »

    Et c’est là qu’il convient d’expliquer comment gérer ce fameux principe.

    1. Chaque chose en son temps
    Si votre enfant dit qu’il n’a plus faim et qu’il est prêt à passer au dessert, faites-le attendre. Dites-lui que tous les membres de la famille doivent avoir fini de manger avant de passer au plat suivant. Il doit demeurer avec vous à la table. S’il a encore faim, parions qu’il mangera encore quelques bouchées dans son assiette. Et s’il ne reste effectivement qu’une petite place dans son bedon, il apprendra à patienter.

    2. Une seule portion
    Il faut se limiter à une portion de dessert, pour tous les membres de la famille. L’enfant doit apprendre que si le dessert est inclus dans une bonne alimentation, en revanche, on ne se nourrit pas de dessert. Que l’enfant ait vidé son assiette ou non, la portion reste la même. Encore faim ensuite? Deux options : on ressort l’assiette inachevée qui n’était pas très loin, ou on attend la prochaine collation à l’heure prévue. Pour montrer l’exemple, le papa gourmand qui veut se servir une deuxième portion de gâteau devrait attendre le dodo!

    3. La manière de l’offrir
    Le dessert ne doit pas être vu comme une récompense. Même si, en tant qu’adulte, il nous arrive de nous « gâter » avec une pâtisserie ou de la crème glacée à la fin d’une grosse journée ou d’un entraînement éreintant. Évitons de transmettre cette perception aux enfants.

    Ainsi, le dessert ne doit pas être offert comme une récompense pour avoir vidé son assiette. Le plat principal ne constitue pas une épreuve. Surtout, la privation de dessert de doit pas être la punition donnée à un enfant qui a écouté ses signaux de satiété et qui a arrêté de manger avant d’ « exploser ». Il peut volontairement choisir de se garder une petite place pour le dessert.

    4. Zéro interdit, mille possibilités
    La majorité du temps, le dessert devrait être un fruit, du yogourt nature avec des petits fruits surgelés, un muffin maison, du tapioca, etc. Bref, être intéressant d’un point de vue nutritionnel. Les desserts moins nourrissants, comme les biscuits, le gâteau, la tarte et la crème glacée peuvent être servis à l’occasion, disons environ 2 fois par semaine. Il existe aussi toute une panoplie de desserts « spéciaux » à découvrir. Des desserts maison réduits en sucre (sans édulcorant artificiel) et mettant en vedette des ingrédients comme la farine de blé entier, des légumes, du tofu et même des légumineuses. Sceptiques? Essayez le Carré chocolaté, la Tendresse aux pêches et le Gâteau de Bette la sorcière du site Nos petits mangeurs. Vous m’en redonnerez des nouvelles!

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
  • 9 commentaire(s)
    2 317 aperçus

    Des grands-parents «gâteaux»

    Ah, les grands-parents! Que ferait-on sans eux? Ils gardent nos enfants et les dorlotent. Ils veulent ce qu’il y a de mieux pour nos trésors, mais ils veulent aussi les gâter.
    Craignez-vous qu’à trop les gâter, ils en viennent à gâcher vos efforts de saine alimentation?

    C’est possible, si on se fie à certaines études scientifiques, dont une menée en Grande-Bretagne auprès de 12 000 bambins de 9 mois à 3 ans. Les résultats publiés dans l’International Journal of Obesity l’hiver dernier révèlent que les enfants qui se font garder par leurs grands-parents à temps plein présentent 34 % de plus de risque d’avoir un surpoids, et 15 % de plus s’ils sont à la charge de leurs grands-parents à temps partiel. Les gâteries et le faible niveau d’activité physique pourraient expliquer en partie le phénomène.

    Mais ce n’est pas une fatalité. Peut-être faut-il discuter avec nos parents et beaux-parents de certains principes que l’on tente d’appliquer. Loin de moi l’idée de jouer à la police, de contrôler et de commenter la moindre action. Je choisis mes batailles. J’ai des principes auxquels on ne touche pas. Voici lesquels :

    Manger à sa faim
    Je n’accepte pas que mes parents ou beaux-parents forcent mes enfants à finir leur assiette. Et je reprends poliment celui qui félicite Laura ou Benjamin d’avoir tout mangé. Je reste sur mes positions, même si on me répond « elle n’a plus faim pour son repas, alors elle n’a plus faim pour son dessert ». Désolée, mais oui, elle a droit au dessert.

    Tout est permis
    Il n’y a pas de « bons » ou de « mauvais » aliments. « Cochonneries » ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je suis d’accord pour « gâteries », qui sous-entend que certains aliments sont occasionnels, mais en aucun cas interdits. Et on ne parle pas de poids.

    Plaisir
    Les repas sont l’occasion de resserrer des liens, de parler, d’écouter, de fournir un modèle positif aux enfants, de favoriser les découvertes de nouveaux aliments et une relation harmonieuse avec les aliments, et plus encore. Les sujets de discussion agréables sont les seuls acceptés au menu.

    Pour le reste, je n’interviens pas. Devant la crème glacée garnie de Smarties ou le Jello-O garni d’oursons en gelée, je souris. Quand les craquelins risquent de gâcher le souper, je me tais. Quand les enfants boivent plus de jus que d’eau, je laisse faire. À la fréquence de nos visites, ça reste occasionnel. Je ne m’inquiète pas des conséquences. Les enfants se laissent gâter et le regard qu’ils me lancent me confirme qu’ils savent que c’est « spécial ». Et pourquoi pas? Tous les grands-parents que je connais veulent se prévaloir de leur droit à gâter leurs petits-enfants!

    Et je m’en voudrais de passer sous silence tous les louables efforts de mes parents et beaux-parents. Des légumes à tous les repas, des fruits en collation, du yogourt nature, du poisson régulièrement, et j’en passe.

    Et vous, êtes-vous parfois en désaccord avec les façons de faire de vos parents envers vos enfants, côté bouffe? Intervenez-vous?

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
 
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