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Dans mon assiette

Blogue de Stéphanie Côté
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque semaine!
Stéphanie Côté
6 commentaire(s)
1 843 aperçus

Serpents, échelles et nouveaux aliments

Connaissez-vous le quinoa? Si oui, vous savez peut-être qu’il existe du quinoa ordinaire (blanc crème-beige) et du quinoa rouge. Quelle est la différence entre les deux? Mes enfants ne mangent pas le rouge!

Mes enfants sont néophobes... comme la plupart des enfants. La néophobie, ce n’est pas la peur du quinoa rouge. C’est la crainte du nouveau. Des nouveaux aliments, en l’occurrence.

C’est en partie de ma faute si Laura et Benjamin n’aiment pas (encore) le quinoa rouge. Je n’en ai pas fait assez souvent. J’ai cuisiné le quinoa ordinaire régulièrement depuis 2 ou 3 ans, mais je leur ai servi du quinoa rouge pour la première fois il y a 2 jours. Il ne suffit pas que ça porte le même nom pour qu’ils l’adoptent aussitôt. C’est rouge, ce n’est plus blanc, c’est donc nouveau. On repart à zéro.

À la case départ, il y a le premier contact avec un aliment. À l’arrivée, l’enfant aime cet aliment. Entre les deux, il y a tout un parcours. Comme un jeu de serpents et échelles. Un parcours comprenant plusieurs étapes, où les enfants cheminent à leur rythme. Parfois, case par case. Plus rapidement s’ils rencontrent des échelles. Beaucoup plus lentement s’ils tombent sur des serpents en route.

Les échelles sont les contacts positifs avec l’aliment ainsi que les modèles positifs. La meilleure façon d’aider un enfant à apprivoiser un nouvel aliment est de le servir régulièrement, de ne pas mettre de pression et d’en manger soi-même avec plaisir. Et malgré cela, la partie peut être longue.

La première fois qu’un aliment inconnu se trouve dans son assiette, l’enfant le chassera possiblement hors de son territoire. Dans votre assiette, sur la table ou sous la table, mais pas dans son assiette à lui! La deuxième fois, ledit aliment aura peut-être le privilège de rester dans son assiette. Peut-être, peut-être pas. Il est possible que ça prenne plus de temps. L’enfant finira par oser le regarder. Puis y toucher. Et enfin le goûter… mais le recracher. Un jour, il y goûtera et avalera un morceau, pour réaliser qu’il n’est ni malade ni mort. Il acceptera de répéter l’expérience et, ô surprise, il finira par aimer ça.

Les mots-clés, quand on parle d’apprivoiser des aliments, sont répétition, patience et plaisir. Répétition, car ça peut prendre 8, 12 ou même 15 fois avant qu’un enfant accepte certains aliments. Patience, c’est ce que ça vous prendra. Et plaisir, parce que vous devez montrer à votre enfant que vous appréciez les aliments. Vous, mais aussi son grand frère, sa grande soeur et sa mamie qu’il aime tant. Ses modèles, quoi!

Il faut éviter de forcer l’enfant à manger, même à goûter un aliment. On peut l’inviter, l’encourager et lui montrer l’exemple, mais pas l’obliger. Vous le savez, vous risquez de rencontrer de la résistance si vous le contraignez. Ou s’il obéit, il n’en retirera aucun plaisir et personne n’aura vraiment gagné.

Chez nous, on vient de commencer une partie qui met en jeu le quinoa rouge, mais on a aussi une partie de commencée avec les courgettes et une autre avec les champignons. J’arrive encore à voir ça comme un jeu. Je vous en reparlerai dans quelques mois!

Comment se passent la découverte et l’apprivoisement des aliments pour vos enfants?


 
 
Publié par
Stéphanie Côté

Commentaires

 

Merci c'est très instructif. Surtout de savoir qu'il ne faut pas se décourager!!

Par

Alexandra Leduc

  | 7 décembre 2010 9:39
 

Pour mes enfants, du moins mon fils plus difficile côté alimentation, je lui dis toujours qu'il a le droit de recracher sa bouchée s'il n'aime pas ça. Parfois même je lui apporte un petit bol à la table juste pour recracher. J'admets que ce n'est pas très "chic", mais c'est pour la bonne cause. Et juste ça, de savoir que c'est permis de recracher ce qu'on aime pas, ça le rassure et ça rend l'expérience moins stressante, ça lui permet de se dire "c'est bon, ça va, j'ai le choix, j'ai une porte de sortie, ce n'est pas un piège!". Ça fonctionne assez bien dans son cas.

Par

Pascale

  | 7 décembre 2010 3:41
 

Mets ton quinoa rouge dans tes soupes. Un succès à coup sûr, il disparait quasiment!!

Par

MC

  | 7 décembre 2010 3:49
 

Bonne idée que celle de donner l'opportunité de goûter sans forcer à avaler. Ça aidera certainement d'autres parents.

Je retiens l'idée d'ajouter du quinoa rouge à la soupe. Cela dit, pour favoriser "l'apprivoisement" du quinoa rouge, il faut aussi offrir des occasions de goûter où les enfants réalisent qu'ils en mangent.

Par

Stéphanie Côté

  | 7 décembre 2010 8:31
 

Ça fait toujours du bien de se rappeler que la patience est de mise, car parfois, cela devient exaspérant de voir à quel point mon garçon de 4 ans a de la difficulté à intégrer de nouveaux aliments.

Mon garçon a une défence tactile.  L'introduction des solides a été très ardue, il vomissait à la moindre texture en bouche.  J'ai donc dû faire des purées lisses plus longtemps que d'ordinaire.  Mon fils ne recrachait pas quand il n'aimait pas... il vomissait, et pas juste un peu...

Encore à 4 ans, chaque nouvel aliment le rebute, ou même un aliment connu mais présenté de façon différente.  Ce qui l'à aidé : le début de la garderie (à 2 ans et demi) avec les autres enfants qui mangeaient autour de lui.  Comme tous les enfants, il veut faire pareil.

Et malheur, l'histoire semble vouloir se répéter avec ma fille qui aura bientôt 1 an.  Diversitifaction très difficile.

Les deux ont souffert de fort RGO (reflux), je ne sais pas si cela peut avoir influencé leur relation avec la nourriture.

Bonne Chance à toutes!

Par

Annick

  | 8 décembre 2010 9:42
 

J'aime beaucoup l'analogie avec le jeu de serpents et échelles !  Ça me fera voir la ''bataille'' autrement !!!  Nous avons la chance d'avoir deux filles qui ''aiment beaucoup manger''... elle ne sont pas gourmandes et ne font pas d'embonpoint, mais elles aiment bien découvrir de nouvelles choses, alors les nouveaux aliments ne sont pas nécessairement repoussés automatiquement.  La plupart du temps elles acceptent d'y goûter, et le refus se présente ensuite !  Mais, effectivement, à force de leur présenter le nouvel aliment cuisiné de différentes façons, elles finissent par l'aimer !!!

Par

Mylène

  | 9 décembre 2010 2:04
 
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