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Dans mon assiette

Blogue de Stéphanie Côté
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque semaine!

septembre 2010 - Billets

Nos experts
  • 5 commentaire(s)
    2 215 aperçus

    Cueillette... et compote de pommes

    En famille, on va aux pommes chaque automne. Cette année, la garderie nous a devancés. Si je m’occupais d’un groupe d’enfants, l’idée de les amener courir et se fatiguer dans un verger m’aurait aussi tenté. Des pommes, des citrouilles, une promenade dans une remorque tirée par un tacteur vert, un pique-nique; le bonheur pour les petits boute-en-train! Et j’aime beaucoup l’idée de les rapprocher des champs et des aliments bruts.

    Je n’ai pas participé à cette journée, mais je devine un peu comment ça a pu se passer. Selon moi…

    Les enfants ont commencé par cueillir eux-mêmes des pommes. De belles pommes rouges et parfaites dans l’arbre. Des petites mains qui tirent trop fort. Des pommes qui tombent par terre, que les enfants ramassent et lancent dans le sac. J’imagine Benjamin, le petit homme fort, essayer de soulever son butin. Il réussit à décoller le sac du sol d’un demi-centimètre, puis le laisse retomber en réalisant qu’il n’est pas mûr pour impressionner les filles avec ses gros bras. Il décide donc de traîner son sac de pommes par terre pour se déplacer d’arbre en arbre.

    La cueillette finie, on monte dans la remorque pour le tour du verger en tracteur. Je pense que les sacs de pommes ont suivi. Pout pout pout pout pout… Ça bouge, ça brasse, tiré par un tacteur vert, Benjamin est aux oiseaux. Il y a des trous, des bosses, les enfants rient en disant « boum » chaque fois.

    Sur le chemin du retour, les petits somnolent. Ils pensent à la récolte qu’ils montreront et partageront fièrement avec papa et maman. À l’arrière, les sacs de pommes sautent au rythme des nids de poules.

    Ce soir-là, à la maison, on ouvre le sac aux trésors de Benjamin. On a tous hâte de croquer dans une belle pomme, y compris Benjamin, qui doit pourtant déjà avoir mangé son quota. La première pomme que je prends est un peu trop maganée pour être mangée telle quelle. La deuxième, la troisième, la quatrième et la cinquième aussi. Je réalise alors que les pommes sont aussi fatiguées que mon garçon. En allant laver les pommes que nous voulons manger, je bifurque vers le frigo. Ni vue ni connue, je remplace les pommes meurtries par des pommes fermes achetées à la fruiterie. Le principal intéressé ne s’aperçoit de rien et tout le monde est content de manger les pommes de Benjamin.

    On a terminé cette journée spéciale par une autre activité. En fait, on a simplement continué le travail amorcé par les enfants… on a fait de la compote.

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
  • 33 commentaire(s)
    4 824 aperçus

    On ne force pas un enfant à manger

    « On ne force jamais un enfant à manger! On n’oblige pas MA fille à manger au-delà de sa faim. Ça fait 4 ans qu’elle écoute naturellement les signaux de faim et de satiété que lui envoie son corps et elle se porte à merveille. Personne ne viendra brouiller ces messages et compromettre ce précieux réflexe. AUCUNE interférence, compris?! »

    C’est dans ma tête que cette voix hurlait. J’ai su trouver une réponse et un ton plus courtois pour répondre à une éducatrice qui voulait que Laura mange tout son sandwich.

    - « Pardon, mais je ne force jamais ma fille à vider son assiette. Un enfant est le mieux placé pour savoir s’il a encore faim. »

    - « Vous avez juste à moins lui en mettre dans son lunch. »

    La voix dans ma tête hurle de plus belle.

    « Et comment puis-je deviner si Laura aura une grosse ou une petite faim? L’appétit d’un enfant varie d’un jour à l’autre. Je ne veux pas qu’elle se retrouve l’estomac dans les talons parce que je voulais lui éviter de manger à en avoir mal au cœur! »

    Mais je réponds poliment :

    - « Vous savez, l’appétit d’un enfant varie souvent. Je souhaite que Laura puisse manger à sa faim les jours où ses besoins seront plus élevés. Je préfère qu’elle laisse un peu de nourriture dans sa boîte à lunch plutôt qu’elle en manque. »

    - « Et comment vais-je gérer les autres enfants? À leurs yeux, votre fille ne doit pas faire exception. »

    Décidément, mes nerfs de maman qui reconduit son enfant à l’école pour la première fois sont en boules. Et ma corde sensible de nutritionniste qui veut le bien des enfants est irritée. Heureusement, je suis la seule à m’entendre.

    « Je ne vous parle pas d’exception, je vous parle d’une NORME! Il n’y a pas que Laura qui devrait respecter sa faim. Tous les enfants devraient être encouragés à le faire. Continuez à les forcer et bientôt, ils perdront toute communication avec leur estomac. Allô la prévention de l’obésité! »

    Au lieu de ça, je conclus, d’une voix vacillante :

    - « Je comprends et je ne veux pas semer la zizanie. Mais peut-être devriez-vous permettre à tous les enfants d’arrêter de manger quand ils sont rassasiés? Pendant que vous y réfléchissez, je vais demander à Laura de refermer discrètement son contenant et de le ranger lorsqu’elle n’en voudra plus. »

    J’embrasse Laura, je salue l’éducatrice et je sors. Je n’en peux plus.

    J’ai beau avoir un trop-plein d’émotion, ce n’est pas un caprice, c’est le gros bon sens. Les spécialistes, les livres, les études le disent : on ne force pas les enfants à manger quand ils n’ont plus faim.

    Je ne suis pas de nature agressive non plus. MAIS PERSONNE NE FORCE MES ENFANTS À MANGER!

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
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    2 416 aperçus

    Pour ou contre le lait au chocolat?

    Je m’appelle Stéphanie Côté et je suis « choco-olique ». En fait, je suis « lait-au-chocolat-olique ». J’en bois tous les jours. Certains ont besoin d’un café au petit-déjeuner. Moi j’ai besoin de lait au chocolat. C’est donc clair en ce qui me concerne : je suis pour.

    Je suis pour le lait au chocolat même pour mes enfants, à condition que la consommation soit raisonnable. Qu’ils en boivent un petit verre de temps en temps, ou même chaque jour, ça ne me pose pas problème. J’avoue que ça me préoccuperait davantage s’ils ne voulaient boire que ça et s’ils refusaient le lait ordinaire.

    Je suis pour le lait au chocolat, mais je le trouve trop sucré. Une tasse (250 ml) renferme 24 g de sucres. Ce ne sont pas 24 g de sucres ajoutés, puisque le lait ordinaire renferme naturellement 11 g de lactose. Tout de même, ça fait 3,5 c. à thé de sucre ajouté par portion de lait au chocolat.

    Au goût aussi, je le trouve trop sucré. Il faut dire que je le dilue avec du lait ordinaire et que mes papilles s’y sont habituées. Celles de mes enfants aussi d’ailleurs, car je leur ai toujours servi du lait au chocolat mélangé à du lait blanc entier (moitié-moitié). Alors, aux fabricants qui refusent de revoir leur recette sous prétexte que les enfants préfèrent le lait au chocolat plus sucré, je réponds qu’ils n’ont qu’à les habituer à du lait moins sucré. L’offre du marché est en partie responsable du fait que les enfants s’habituent aux aliments sucrés et qu’ils les préfèrent. Et depuis quand faut-il demander la permission aux enfants avant de leur offrir un meilleur produit pour leur santé?

    Le lait au chocolat a beau être sucré, il s’agit tout de même de lait, à la base. Du lait, avec une quinzaine d’éléments nutritifs, dont le calcium, la vitamine D et les protéines. On est bien loin des boissons gazeuses et du punch aux [cristaux de] fruits.

    À mon avis, le lait au chocolat édulcoré au sucralose (pour remplacer une partie du sucre) n’est pas la solution. Dans ce cas, la teneur a beau être réduite, le goût lui est toujours aussi présent. Et il entretient l’attrait pour le sucre. Ce n’est pas de cette façon qu’on apprendra à aimer les aliments moins sucrés.

    À quand du lait au chocolat moins sucré, tout simplement? Je pense que c’est une solution à explorer pour rallier ses défenseurs et ses détracteurs. Avec les débats que le lait au chocolat suscite actuellement dans certaines écoles, la question se pose plus que jamais.

    Avis aux fabricants : je suis disponible comme goûteuse.

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
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