- « R’garde maman, est zaune! »
- « Oui, c’est jaune. Bravo mon trésor. »
- « R’garde maman, est vert! »
- « Tu as raison Benjamin, c’est vert. »
- « R’garde maman, est ose! »
- « C’est rrrrose Benjamin. Rose. »
- « Rrrrose! »
C’est aux couleurs que mon petit garçon de 2 ans s’intéresse lorsqu’il mange des Smarties. Moi, c’est aux colorants. Ça ne peut pas faire autrement, puisque récemment encore, on en parlait en mal dans l’actualité. À la mi-juillet, on apprenait que l’Union européenne oblige désormais les fabricants à inscrire une mise en garde sur l’étiquette des aliments contenant certains colorants artificiels.
« Peut avoir des effets indésirables sur l'activité et l'attention chez les enfants. »
Ce soupçon n’est pas nouveau. Il remonte au moins aux années 1970, au moment où un médecin américain associait le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) à des additifs alimentaires, incluant des colorants. Quelques études scientifiques ont été menées par la suite et ont donné des résultats contradictoires.
Aujourd’hui, les avis sont partagés. L’implication des gènes (hérédité) semble plus probable que celle de l’alimentation dans le développement du TDAH. Néanmoins, l’Union européenne et plusieurs groupes de défense des consommateurs ont des doutes assez sérieux pour réclamer le retrait de certains colorants artificiels des aliments, surtout ceux destinés aux enfants. Dans le collimateur : bonbons, boissons sucrées, gomme à mâcher et autres friandises.
Les colorants incriminés sont ceux de type « azoïque ». En Europe, on mentionne notamment le « E 102 » (tartrazine), le « E 110 » (jaune orangé S), le « E 124 » (rouge cochenille A, ponceau 4R) et quelques autres. On retrouve certains de ces colorants dans les produits canadiens aussi, mais pas la peine de chercher leurs noms dans les listes d’ingrédients, puisque les fabricants n’ont pas à préciser quels colorants sont utilisés. Le terme « colorants » suffit, en vertu de la Loi canadienne.
Si vous envisagez d'éliminer tous les aliments contenant des colorants de l’alimentation de votre enfant, sachez qu’il faut regarder beaucoup plus que les friandises. Certains yogourts, craquelins, céréales, barres tendres, confitures, marinades, etc. font également appel à leur service. Ça en fait des listes d’ingrédients à consulter! Cela dit, dans toutes les catégories de produits, il est possible de trouver des marques « sans colorants artificiels ». De plus en plus de fabricants prennent d’ailleurs la peine de le mentionner, comme si c’était devenu un avantage concurrentiel. Et c’est probablement le cas.
Tiens donc, les Smarties sont « sans colorants artificiels ». Tant mieux. Pourtant, ça n’empêche pas mes 2 cocos de se courir après en criant…
- « Aïe! Donne mes oses, Laura. »
- « Nan nan nan nan! »
La faute aux colorants… vraiment?